Récit de la course : Eco Trail de Paris Ile de France - 80 km 2010, par Epytafe

L'auteur : Epytafe

La course : Eco Trail de Paris Ile de France - 80 km

Date : 20/3/2010

Lieu : St Quentin En Yvelines (Yvelines)

Affichage : 1511 vues

Distance : 80km

Objectif : Pas d'objectif

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Et de 2…..

 C’est plutôt énervé que le ravito de Shaville m’a vu arrivé. Enervé contre le monde entier, mais surtout contre moi ! C’est vrai que je suis un poireau, je le sais mais vu le plaisir que je prends à courir et le désintérêt total que j’éprouve pour la majorité des compétitions sportives et surtout pour leur résultat, je m’en fous. Sauf que le poireau, s’il se fout de son classement, il veut absolument être classé, avoir terminé dans les temps. Sauf que le poireau il se sait un peu limite avec les barrières horaires et s’il avait été un peu moins psychorigide, il aurait terminé. Parce que c’est une chose de se faire arrêter complètement cassé lors d’une course, mais par contre, de se faire arrêter en pleine forme avec une motivation intacte, c’est dur ! 

 

Les conditions pour partir étaient pourtant tout sauf idéales. Début février, je me fais ma petite gastro annuelle, petite gastro qui ne veut pas passer, qui a des dérives, maux de gorges, sinusites, bref la machine merde un peu. Le premier week-end de février, ça va mieux, le moral remonte et je pense en être quitte pour avoir loupé une semaine d’entraînement. Je reprends, une sortie, deux puis je me réveille un matin dans un très sale état. Une confrontation avec un miroir me choque durement ! Qu’est-ce que je suis devenu moche….. Une visite chez le médecin confirme mes pires soupçons : oreillons. 

 

Quand on est un adulte, les maladies infantiles, c’est dur ! Et comme je suis un être totalement exceptionnel, j’ai la chance d’être un cas médical. Ce sont mes deuxièmes oreillons, et mes deuxièmes post-puberté ! Bref, 10 jours d’arrêt maladie, de séjour au lit croisés avec une présence massive dans le bistrot du présent site, et la semaine d’arrêt se transforme en 3 semaines sans courir du tout. Tout ça en préparation de la plus longue distance sur laquelle je me sois jamais aligné.  

 

Tranquillement, les antibiotiques chassent les méchants virus et l’Epitaphe remonte la pente, ce n’est pas aujourd’hui encore que mon pseudo me servira de substantif. Je reprends l’entrainement, vite et fort et une fatigue s’installe peu à peu. Parallèlement aux risques de dommages collatéraux encourus par mes organes reproducteurs, un de mes collègues se retrouve coincé sous des décombres lors de vacances chiliennes alors qu’un autre se viande en ski de rando. Rien de bien grave pour chacun d’entre eux, mais les heures sup’ s’accumulent au détriment de mes heures de repos. 

 

Et pourtant, c’est gonflé à bloc que je retrouve les Kikoux sous la tour. J’ai oublié mon Ipod et mon appareil de photo dans la chambre d’hôtel, mais rien de grave. Ça déconne sec et on s’entasse dans le RER pour la jolie ville de Saint-Quentin (je dis jolie pour être bien reçu l’année prochaine…) on se change, on urine, on dépose les sacs, on fait connaissance le tout dans le désordre. Puis on s’entasse dans le sac sans prendre bien garde à un bruit lointain et presque inaudible, le briefing de l’organisation. On part sans entendre la musique, heureusement ! Pour une fois mes oreilles auront été épargnées par Vangelis ou je ne sais quelle autre daube. Un franc merci à l’organisation pour ce problème de baffles !  

 

Je suis les conseils du pilier de bistrot, Loicm, et part très doucement. Ne surtout pas me  griller. Rapidement, je me retrouve seul. La plupart des Kikoux n’ont pas la même vocation de poireaux que moi et le Ware, qui voulait faire la course avec moi, s’enferme dans son étrange monde intérieur. Il réalisera rapidement mon absence (au kilomètre 45…) et m’enverra un sympathique sms d’excuses. 

 

Je traverse plein de beaux endroits, des places de jeu sous vidéosurveillance certes, mais aussi de magnifiques forêts, de sublimissimes sous-bois, de bucoliques ruisseaux. Tout est beau et je me régale. Doucement le plaisir s’installe, je plane un peu et m’enferme dans ma bulle de coureur heureux. Les sms affluent, la FBB me soutient dans les grandes largeurs et ça fait du bien ! Merci à vous, amis, pour ces messages si précieux.  

 

Le ravito de Buc m’offre un autre cadeau. Monsieur Shunga en personne est là pour m’accueillir. 2 petites minutes pour savourer ce cadeau et je repars, remonté et pas trop en avance tout de même. Je remplis ma poche à eau tout en discutant avec Astrophytum, blessé malheureux qui arrête là sa course. Il me donne la liste des barrières horaires et je repars.  

 

C’est en traversant Buc que je fais ma première connerie. Enfermé dans mon intérieure, je descends une longue rue sans voir les rubalises sur la droite. Quand je vous disais que l’Epitaphe est un peu psychorigide… Une voiture m’arrête un peu plus tard et un type me demande si je compte participer à l’Ecotrail, en quel cas je ne suis pas sur la bonne route. Il me propose de me ramener à bon port mais je refuse de monter dans une voiture, j’ai signé la charte éthique moi… Alors il m’accompagne en roulant à mon rythme et me remets sur la bonne voie, sympa. Je repars et ralentis juste une minute pour répondre à 2 petits vieux rigolards qui m’envoient des vannes. Cette fois, je suis totalement seul. J’apprécie le feeling et en profite, savoure chaque instant.  

 

Un peu plus loin, l’Epitaphe confirme sa psychorigidité. Un long chemin monte et je ne suis pas d’humeur à monter, alors je regarde tout là-haut et me conditionne à terminer cette montée en mode [même pas mal]. Belle idée, j’arrive en haut, croise quelques cavaliers, une dame et des enfants, c’est bucolique tout plein. Pour que mon bonheur soit complet, il faudrait juste quelques rubalises… 

 

Devant mon air quelque peu égaré, la dame me remet gentiment dans le droit chemin. Mais cette fois, c’est une demi-heure que j’ai perdu. Je repars sans prendre le temps de pester contre l’auteur de ces lignes, pas le temps, je l’engueulerai plus tard.  

 

Je dépasse pourtant quelques traileurs. Puis, au détour d’un contour, un appel, le Rag’ qui a lu sur twitter mes problèmes d’orientations. Merci l’ami pour cet appel ! Arrive Meudon, sa forêt, la nuit qui tombe et l’horloge qui avance, avance, avance. Le Shung’ m’envoie un sms pour me parler de la magie de Paris de nuit, ça me fait marrer venant de lui. Peu après, l’observatoire de Meudon et cette vue magnifique sur Paris de nuit… Dommage, je n’ai pas d’appareil photo, je l’aurais envoyée au Shung à 12'000 exemplaires. 

 

Kilomètre 46, un poste de contrôle. Une dame me demande mon brassard fluorescent. Je lui répond qu’il est dans mon sac et que je n’ai pas lu qu’il était obligatoire de le porter et que de tout façon je n’ai pas le temps de déconner avec ces conneries… Plus tard, je m’en voudrai un peu, mais sur l’instant je n’ai pas réalisé que j’avais un ton quelque peu agressif. Madame, si vous surfez sur kikourou, je vous présente mes excuses ! 

 

Puis, l’orage arrive, immense. Un rideau d’eau, dense et opaque qui réfléchit durement toute la lumière que ma frontale envoie. Je ne vois pas à plus de 2 mètres, mais je cours quand même quand mon regard accroche une rubalise fluo. Malheureusement, une bonne partie d’entre elles sont arrachées. Je suis en colère, très en colère. Je sers les poings près à les mettre dans la mâchoire du premier arracheur de balise fluo que je croiserai. Je me perds, plusieurs fois, je patauge, erre, me retrouve, me reperd. Mon téléphone sonne, je ne réponds pas. De toute manière avec le bordel que fait la pluie… c’était Shunga, dommage. Une voix amie, c’est important ! Je pousse le vice jusqu’à examiner plusieurs de ces rubalises. Le constat est sans appel, les parties fluo ont bien été arrachées et emportées. J’arrose copieusement ce fameux esprit-trail de divers excrétions aussi malodorantes que difficiles à nommer sur un site de si haute tenue morale. 

 

Quand j’arrive à Chaville, c’est trop tard, la barrière est dépassée de peu mais est dépassée. La queue entre les jambes, je rends ma puce et monte dans un bus qui me ramènera vers la tour, en pleine forme, seules mes jambes tirent un peu, où je verrai quelques kikous arriver avant de partir ailleurs… trop dégoûté, trop énervé, trop déçu ! Par l’attitude de certains coureurs certes, mais surtout par ma psychorigidité et un peu par ma lenteur.   

 

Madame la tour, en 2011 je vais grimper sous vos jupes ! Le regard fier et la bouche pleine d’imprécations vengeresse envers l’échec de cette année ! vous avez intérêt à vérifier vos fondations, car ça va chier dans l’ventilo moi j’vous dis !

22 commentaires

Commentaire de loicm posté le 25-03-2010 à 22:36:00

La prochaine sera la bonne, et de manière magistrale !! En tous cas tres heureux de t'avoir croisé avant, t'avoir recroisé à mon arrivée (j'ai beaucoup apprécié), et le lendemain soir autour d'un repas leger

Commentaire de shunga posté le 25-03-2010 à 22:46:00

C'est pas drôle de se moquer de tant de déboires mais quand même tu collectionnes. Ca me rappelle une certaine course dans les alpes en aout dernier et quelques soucis dans le domaine hydraulique ^^. J'espère partager beaucoup d'autres de ces tristes moments. Il y a la course puis la version suisse, toujours bien meilleure. Allez en mai, on se la pète finisher mon frère poireau !

Commentaire de Natou posté le 25-03-2010 à 22:53:00

Attention Mme La Tour !!!!.... 2011 va être l'année où vous allez vous retrouver ligotée avec de la rubalise par Epi, retournée, les 4 fers en l'air !!!

Commentaire de Land Kikour posté le 25-03-2010 à 22:56:00

On te retrouve bien là, le Suisse, mais que veux tu, ce n'est pas une ville pour toi aussi ;-)).
Allez c'est po grave, on se revoit l'an prochain sans les oreillons et la dame t'acceuillera avec respect.
Olivier

Commentaire de hagendaz posté le 25-03-2010 à 23:06:00

courage pour la récup,
vraiment différent+++ et tellement vrai ce récit

Commentaire de fulgurex posté le 25-03-2010 à 23:07:00

Et si c'était un complot des "coureurs de bitume"?
Allez, maintenant que tu connais tous les recoins entre St Quentin et Meudon, tu devrais échapper aux barrières horaires de 2011 et finir en beauté.
Belle sortie: une 50aine de bornes et même pas fatigué!

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 26-03-2010 à 08:13:00

Faut pas être déçu par ta rigidité cher Epi.
La prochaine sera la bonne et sans les oreillons.
Avais-tu pensé à une playlist Magma pour t'accompagner ? C'est ce que j'ai préparé pour le marathon de Paris...

Commentaire de Jay posté le 26-03-2010 à 08:33:00

une belle collection de contre-temps dans cette premiere partie de course..
une frustration que je partage dans cette édition 2010 de l'Ecotrail.
RDV donc en 2011, on sera qlqs uns à la vouloir cette tour , peut etre un peu plus que les autres.

Jay

Commentaire de laurent05 posté le 26-03-2010 à 08:37:00

Epi tu auras bien d'autres occasions de te rattraper.
bonne récup et à bientôt pour d'autres aventures

laurent

Commentaire de taz28 posté le 26-03-2010 à 08:40:00

J'adore ta conclusion Epi !! :-)))
La Dame de Fer risque de trembler durant cette année d'attente...
Peut-être même la rebaptiseront-ils à ta gloire !!

Merci pour ce récit d'un gars déçu ...

Gros bisous,

Tazzzzzzzzzzzzzz

Commentaire de CROCS-MAN posté le 26-03-2010 à 13:47:00

Pas assez 80 bornes alors tu voulait allonger un peu la sauce...
Sur qu'avec le Shung vous feriez un drole de binome LOL.
Merci pour ton authenticité et pour ce super récit. Au plaisir de te recroiser.

Commentaire de chris78 posté le 26-03-2010 à 14:30:00

Quel beau récit Epi, dommage pour la course, mais entre les averses et la nuit il n'etait pas du tout evident de se diriger, j'en ai croise plusieurs qui se sont perdus.
Cette course est un entrainement pour Steenwerck, et là tu auras ta revanche !!!
A bientot, chris

Commentaire de hellaumax posté le 26-03-2010 à 14:31:00

C'est vraiment pas de bol, tout ce qui t'es arrivé avant et pendant la course! Revenge will come!
Ravi en tout cas de t'avoir rencontré!

Commentaire de Mustang posté le 26-03-2010 à 19:15:00

Ouah!! ça va fumer en 2011!!!!

Quel courage devant tant d'adversité!! Respect!

Commentaire de Astro(phytum) posté le 26-03-2010 à 23:43:00

Ben puis ça te fera une occasion de revenir.

Commentaire de llouan posté le 27-03-2010 à 00:05:00

Magnifique recit , je comprend encore plus ta colere avec ses putains de barieres horaires , mais bon j'ai eu un peu plus de chance que toi , et c'est cons qui arrache tout sur leur passage , des coups de boules se perdent .comme j'aime bien le bricolage je te donnerais un coup de main a entourer la tour eiffel de rubalise l'année prochaine, car tu reprendras ta revanche epit j'en suis sur. il faut dans les courses une part de chanche, tu auras des jours meilleurs .

Commentaire de Le Bagnard posté le 27-03-2010 à 12:48:00

C'est vrai " Y a des coups de boulet qui se perdent" concernant l'arrachage des bandes FLUO !!!
J'adore ton CR et j'ai hâte de lire celui de l'an prochain !! ;-)

Commentaire de BENIBENI posté le 27-03-2010 à 15:07:00

Si t'es sage, l'année prochaine, le Benos le fera avec toi.

Commentaire de Rag' posté le 27-03-2010 à 17:49:00

Que dire? A l'année prochaine! C'était vraiment pas ton jour. Avec Stennwerck, la CCC dans les pattes, l'Eco 2011 sera une formalité.

J'ai une idée! Si je participe, je bois un truc radioactif phosphorescent odorant et tout le tralala et, comme je pisse tous les 500m, tu n'auras qu'à suivre la trace.

Commentaire de caro.s91 posté le 27-03-2010 à 20:17:00

Je ne te connais pas, mais ton récit est tel que je ne peux pas rester sans réagir. Avec tout ce que tu as subi, tu as fait le plein d'em... pour au moins 100 courses! On espère donc te voir en 2011 au 1er étage, bien avant la limte!
Bonne récupération,
Caro

Commentaire de grandware posté le 28-03-2010 à 10:02:00

euhhhhh... désolé !

Commentaire de JLW posté le 30-03-2010 à 21:56:00

Et l'année prochaine t'auras droit à démonter la tour Eiffel et la remonter au bord du lac.

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