Récit de la course : La Chambottine - 25 km 2017, par Arclusaz

L'auteur : Arclusaz

La course : La Chambottine - 25 km

Date : 7/5/2017

Lieu : St Germain La Chambotte (Savoie)

Affichage : 1046 vues

Distance : 25km

Objectif : Pas d'objectif

24 commentaires

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La Chambottine, c'est top !

Je suis un rural.

Même si les hasards de la vie me font résider dans la région lyonnaise, je suis et resterai un campagnard : j’ai passé mon enfance et ma jeunesse (et oui, j’ai été jeune…au millénaire dernier !) à La Biolle, jolie commune de l’Albanais, entre Aix les Bains et Annecy. C’est un endroit vallonné, avec des forêts, des collines, des petits sommets (le Meyrieux, le Sapenay, la Chambotte) qui culminent à 900m. Un endroit idéal pour le trail ! Mais courir dans les chemins, ça ne se faisait pas quand j’étais gamin : j’ai néanmoins sillonné ces chemins en VTT, en marchant et un peu en courant vers mes 25 ans.

 

A 2 km de chez mes parents, il y a la commune de St Germain la Chambotte. Ce village a la particularité d’être à la fois côté albanais mais de disposer aussi d’une façade importante sur le lac du Bourget (plus grand lac naturel de France), avec notamment le magnifique site de la Chambotte, spot mondialement connu en matière d’escalade et le Belvédère sur le lac.

 


Falaise de la Chambotte (copyright grimper.com)

 

 

Le lac depuis la Chambotte (copyright le Dauphiné Libéré)

A St Germain, depuis une petite dizaine d’années, un passionné de trail a fédéré le village autour du Comité des Fêtes pour organiser deux courses : la Nocturne des Teppes fin octobre (35 km) et la Chambottine en mai (13 et 25 km).

J’ai participé trois fois à la Nocturne des Teppes.

Mais, étrangement, je n’avais jamais pu venir à la Chambottine, le mois de mai étant un mois d’embouteillage au niveau des activités familiales et des courses « lyonnaises » (Coursière des Monts du Lyonnais, Ultra Boucle de la Sarra, ….).

 

Et cette année, miraculeusement, j’ai un créneau !

Je m’organise donc un WE en célibataire et prend samedi après midi la direction de la verte Savoie. Comme à presque chaque venue en Savoie, je prends des commandes de tomes des Bauges pour les kikoureurs lyonnais et me retrouve avec 12 tomes à aller chercher à la fromagerie de St Germain. J’ai le plaisir d’y retrouver un kikoureur, LBauju, originaire du même village des Bauges que ma famille (vous ai-je déjà dit que j’étais d’origine baujue ?). C’est le gérant de la fruitière (fromagerie pour les gens de la ville) et il me fait visiter les installations : sa passion pour son métier est communicative (j’adore les passionnés !) et comme c’est un secteur que je connais « un peu » par atavisme familial,je passe un super moment. Merci LBauju. On se donne RDV pour le lendemain car bien sur il est fortement impliqué dans l’organisation de la course.

 

Bon, je voulais faire un CR court, déjà 30 lignes et la course n’a pas commencé !!! Désolé, mais j’écris ce CR pour le relire sur mes vieux jours (je sais, je sais, ça va pas tarder….).

 

Donc, dimanche, je débarque à St Germain à 8h : 130 inscrits sur le 25, 300 inscrits sur les deux courses. On est en plein dans le concept "course saucisson » (dossard à 12 euros pour le 25 km).

Je retrouve très vite Cheville de Miel/Rémi et lui remet en main propre sa tome (plus que 11 à livrer !).

Nous cherchons un peu partout Namtar, un habitué des courses à St Germain. Finalement, un SMS sur la ligne de départ nous informe qu’il a préféré la chaleur de sa couette à l’humidité des sentiers. Comme cela ne lui ressemble pas, on lui pardonne ….pour cette fois!!!!

 

Je n’ai pas parlé des conditions atmosphériques : il a plu toute la journée de la veille, les chemins vont être très très boueux, il faudra faire attention en descente.

 

On part tranquillou mais au bout d’un km, je suis essouflé et je constate qu’il n’y a déjà plus qu’une dizaine de coureurs derrière moi. J’ai annoncé au serre-fil affublé d’un balai qu’on allait passer du temps ensemble aujourd’hui : bien qu’il soit très sympathique (un gars du cru que je connais), je préférerais attendre un peu pour discuter avec lui. Car, en attendant, on discute avec Rémi de….rugby. On se découvre une passion commune pour le rugby des années 80-90 à un moment où les règles tolérantes laissaient une grosse place au folklore dans ce sport. Désolé pour les autres concurrents qu’on a du saouler avec nos histoires de CSBJ, FCG et FCSR.

Nous arrivons ainsi à la Chapelle de Cessens et nous empruntons un chemin que je ne connais pas (si, si, c’est possible) pour arriver à un endroit magnifique, le Belvédère de Cessens. J’avoue à Dominique qui nous accueille avec un « y a pire comme bureau » que je ne suis jamais monté ici : c’est sur, on va revenir en famille (d’autant qu’il y a une géo-cache !).

 

Belvédère de Cessens (copyright Sylvie Jeandet)

 

Je continue à dire régulièrement à Rémi de partir qu’il court vraiment trop doucement pour m’attendre : certes, il veut faire de l’Endurance Fondamentale mais là c’est exagéré. A l’occasion d’un faux plat montant, sans faire exprès, il creuse un trou et disparaît très vite. Nous ne nous reverrons pas.

 

Mais, je ne reste pas seul très longtemps. Je suis rejoins par une concurrente en fushia (t’as vu Patricia, j’ai casé ce mot étrange que je ne connaissais pas avant de te rencontrer). J’engage la conversation, en lui disant que nous avons fini la Nocturne des Teppes l’année dernière ensemble, elle me répond…..qu’elle n’en a aucun souvenir, c’est vexant ! Je lui dis que je reconnais bien sa queue de cheval (et non pas couette, t’as vu Patricia je sais faire cette différence aussi !). Bon, je vous vois venir tout de suite, vous allez me traiter d’infâme dragueur des pelotons : c’est quand même pas de ma faute si elle est jeune et jolie !

Je la quitte quelques temps car LBauju est là, en baliseur. Je m’arrête on discute un peu et je repars à la poursuite de la queue de cheval. Je la rejoins juste avant le premier ravito (12eme km). Bon, là aussi, c’est une connaissance du collège qui le tient, donc on discute et la queue de cheval s’éloigne…. Je la garde en point de mire (y a pire !) dans la montée des Tours de César.

 


Tours de César (copyright Aurélie Jeandet)

 

Après cette belle ruine (je parle des Tours de César, hein), on emprunte une descente un peu  scabreuse qui a été équipée par l’organisation avec quelques cordes. C’était une très bonne idée, nous aurions eu beaucoup de mal à descendre sans cette aide précieuse.

 

Je vais connaitre dans les minutes qui suivent, en longeant les falaises, en passant devant le célèbre canapé un de ces moments de plaisir qui font la magie de notre sport. Je ne force pas, j’en prends plein les yeux (un des plus beaux spots de course à pied que je connaisse même si les arbres un peu haut "gâchent" la vue sur le lac !). Le « problème » c’est que dans ces moments là, je profite tellement que….je n’avance pas ! Je ne rattraperai donc jamais la queue de cheval et à l’arrivée elle m’annoncera qu’elle a franchi la ligne un quart d’heure avant moi.

 

Nous arrivons à un autre endroit caractéristique de la région, les sartos. Ce sont des petites cabanes en pierre qui servent à la culture des vignes en surplomb du lac.

 


Sarto (copyright sentier nature)

 

C’est un endroit très beau mais….c’est aussi le point bas du parcours. Il faut remonter à la Chambotte par un sentier raide mais qui s’avèrera moins boueux que ce que je craignais. Je monte tranquillou, aucune douleur, aucune fatigue : normal, j’ai mon rythme de Papy !

J’arrive à la Chambotte sans difficulté. Dommage, on ne passe pas au Belvédère pour des raisons de sécurité compte tenu des voitures qui montent à cette heure là au resto. Le panorama est à tomber là haut : si vous êtes de passage, il faut absolument y aller. Sur le toit du restaurant qui a été refait il y a quelques années, il y a une terrasse panoramique en accès libre. Dans le virage en épingle à cheveu, juste avant le resto, ne manquez pas le "pré", incroyable belvèdère naturel sur le lac.

 


Belvédère de la Chambotte (copyright belvedere-la-chambotte.com)

 

Au dernier ravito, j’ai le plaisir de croiser un cousin, on discute un peu. La pluie s’invite alors mais il reste 30 minutes donc ce n’est pas un problème.

Je franchis la ligne en 3h21 : j’avais annoncé 3h20 à Rémi, je suis donc pas mal. Aucune idée du classement, il ne doit y avoir que 4 ou 5 personnes derrière moi mais je n’ai pas vu le serre file !

Et le classement OSEF (On S’En Fout comme disent les djeunes…..d’il y a 10 ans et oui, j’ai toujours un train de retard !).

Ma trace Strava


 

Je retrouve Lbauju à l’arrivée, on boit deux bières en parlant de course à pied, de St Germain, de kikourou, des Bauges bien sur !

 

Une formidable matinée, que du plaisir : plaisir des paysages, de l’effort physique, de revoir des amis de 30 ans, d’en rencontrer d’autres.

Je crois qu’on peut dire, qu’on fait un beau sport !!!!!!

 

Vous l’aurez compris, si ce récit est si long ce n’est pas pour parler de ma « course », cela n’a aucun intérêt. Il s’agit pour moi de vous parler de mon amour pour cette région méconnue : pour cela, je me suis permis de glaner des photos sur le net en citant les sources. Bien sur, si les photographes veulent que je les enlève, je le ferais immédiatement.

 

Mais, surtout, j’ai écrit ce CR pour remercier la formidable équipe de bénévoles qui organise cette épreuve. Dans le discours de départ, Stéphane a laissé entendre que l’épreuve pourrait disparaître après le 10eme anniversaire l’année prochaine : ce serait vraiment vraiment dommage. Je mesure évidemment les énormes sacrifices qu’il faut faire pour organiser une telle épreuve.

 

Merci pour tout.


Longue vie à la Chambottine.


 

24 commentaires

Commentaire de Noruas posté le 08-05-2017 à 17:06:22

Effectivement c'est une belle course que cette Chambottine !

Commentaire de coco38 posté le 08-05-2017 à 17:18:33

Bravo ça fait envie. La passion de la montagne et de la nature est bien notre moteur ... un peu poussif avec l'age ;). Passion aussi de tous ces bénévoles qui portent ces courses.
Et puis tu as mal compté quand même... il y a beaucoup plus que 4 ou 5 coureurs derrière toi ! (Enfin... une bonne dizaine quand même). A Bientôt j'espère sur une course, on pourra discuter loooooonguement entre vieux !

Commentaire de Kirikou69 posté le 08-05-2017 à 21:47:20

On ne dit pas plutôt Albanie ?

La prochaine fois, il faut que tu organises un voyage kikou , surtout si c'est la dernière.

Commentaire de Trixou posté le 08-05-2017 à 22:54:56

Très bon CR, VIVE LES BAUGES !

Commentaire de Arclusaz posté le 08-05-2017 à 23:32:21

oui mais là c'est pas les Bauges !!!! c'est l'Albanais, c'est limitrophe mais c'est pas pareil !
RDV le 28 octobre 2017 pour la Nocturne des Teppes. C'est un jour très particulier pour moi, je vais essayer d'organiser un truc....

Commentaire de Mazouth posté le 09-05-2017 à 00:33:29

C'est malin ça, maintenant j'ai envie d'aller à la Chambotte, là, tout de suite... mais le week-end est fini, trop dur ;) En tout cas ça fait plaisir de lire le récit d'un mec qui s'est fait plaisir !

Commentaire de TomTrailRunner posté le 09-05-2017 à 06:35:06

Argh le merveilleux guide touristique : moi qui n'est connu ce petit coin de massif que de nuit, il me faudra revenir ....

On fait un encore plus beau sport quand il se pratique dans un beau pays

Commentaire de Mamanpat posté le 09-05-2017 à 08:10:37

Ah que c'est beau le fuschia, euh les Bauges !
Merci pour la balade !

Commentaire de Trixou posté le 09-05-2017 à 11:05:20

Fais gaffe c'est pas les Bauges...

Commentaire de Arclusaz posté le 09-05-2017 à 11:25:57

c'est bien, tu commences à comprendre......

Commentaire de Mamanpat posté le 09-05-2017 à 18:08:09

Oh c'est à coté ! Et si tu insistes je te demande toutes les nuances de rose !!!

Commentaire de Arclusaz posté le 09-05-2017 à 18:16:59

tant que ce ne sont pas des nuances de grey.....

Commentaire de Namtar posté le 09-05-2017 à 08:21:47

C'est vraiment ma course de coeur. J'ai honte d'avoir préféré ma couette quand le réveil a sonné. J'espère t'y revoir l'année prochaine !

Commentaire de paulotrail posté le 09-05-2017 à 09:15:02

Toujours là le canapé ?
Ton récit donne envie de parcourir ce beau massif du Jura ;-)
A plus, pourquoi pas dans les Bauges...

Commentaire de Arclusaz posté le 09-05-2017 à 18:19:07

c'est pas le Jura non plus : le Grand Colombier et la Dent du Chat oui, géologiquement parlant. Mais la Chambotte, c'est les Préalpes.....enfin je crois !

Commentaire de Benman posté le 09-05-2017 à 09:45:03

Juste merci pour cette invitation. Va falloir y aller!

Commentaire de Philippe8474 posté le 09-05-2017 à 09:59:39

Super récit!
Et tu donnes très très envie d'aller traîner les baskets par là-bas!!!

Commentaire de Cheville de Miel posté le 09-05-2017 à 14:11:39

Vraiment top. Je me suis aussi éclaté dans ce long single à flan de Falaise. Bien sympa ses 9 premiers km ensemble aussi! Ta tome est excellente. C'est vraiment un ballade à faire. Merci pour le CR.

Commentaire de Reg posté le 09-05-2017 à 14:41:09

Magnifique récit/région. Merci pour ce moment

Commentaire de Jean-Phi posté le 09-05-2017 à 16:25:15

tiens ça donne envie d'aller y faire un tour.
Je note pour le 28/10, je suis très motivé ! ;-)

Commentaire de Davitw posté le 09-05-2017 à 19:43:14

Merci pour ce beau récit ! C'est au moins aussi agréable à lire que ce que tu as eu à te faire plaisir ! Bravo l'ami Bauju !
A très vite :)

Commentaire de Albacor38 posté le 09-05-2017 à 21:31:51

Moi je suis plutôt l'Alba niais et je m'excuse au nom de tous tes cousins d'avoir manqué ce rendez-vous sur la terre des ancêtres

Commentaire de bruno230 posté le 10-05-2017 à 18:58:44

une philosophie de course comme je l'aime.Du plaisir,du plaisir et encore du plaisir.
Sûr que comme ça on ne gagne jamais rien,encore que....

Commentaire de marat 3h00 ? posté le 12-05-2017 à 14:42:18

ça se déguste sans faim ! merci
bon, le 28/10, y'aura aussi la val'lyonnaise je crois et puis le passage d'un cap bien sûr !

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