Récit de la course : Trail de la Galinette 2010, par Free Wheelin' Nat

L'auteur : Free Wheelin' Nat

La course : Trail de la Galinette

Date : 31/1/2010

Lieu : Peypin (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 1262 vues

Distance : 25km

Objectif : Terminer

11 commentaires

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Ca m'énerve, voir la vidéo d'Helmut Cles au préalable !

Le trail de la Galinette s'est couru à Peypin près de Marseille , et ne dites pas qu'il y fait chaud là bas, c'est-pas-vrai!

Trail de la Galinette: 1ère partie!

Ce trail était une nouveauté pour moi, à la fois par le circuit, et parce que c'est le plus long jamais couru (on ne rigole pas les "ultras" )
24 km, c'est énoooorme!!!!

Les prémices comme d'hab' ont été à ma mesure, à savoir en roue libre, je m'ait encore tromper pour la réservation de l'hébergement...
Barbara Gourde je vous dis... Ca m'énerve

Je passe les détails, mais la nana était sympa et la résidence pas remplie, nous avons donc dormi au chaud et sur place.
J'insiste bien sur le "au chaud" car arrivés sur place à Peypin, nous avons commencé à nous inquiéter sérieusement à propos de la température...
Inquiétude sourde au départ qui s'est rapidement muée en angoisse le matin même puis en quasi-panique une fois sortis de la voiture sur le parking!

Nous vivons habituellement dans le froid, mais avec une hygrométrie très faible...
Pas loin de la mer, nous devenons de vraies gonzesses totalement "frigo" alors avec le vent qui régnait ce jour là vous imaginez notre état d'esprit ...

Bref, on se décide , Zhom et moi, à garder les gore-tex (j'avais même le coupe vent léger en dessous!!), les mouffles sur les gants de running, le buff avec le bonnet en polaire dessus ,la capuche etc...

L'échauffement a bien fait son office, on a pu attendre le départ sans finir congelés. Et vous savez quoi? On les a bien supportées sur toute la course ces gore!

Départ: il est rapide bien entendu et je m'entends dire de ralentir...bon...pffff, si tu veux... (ça m'énerve)

Je ne m'étendrai pas à nouveau sur les vessies masculines... , et, dans ma grande magnanimité , j'attends Monsieur...
Et pendant quelques minutes je vis l'enfer de voir toute la course partir sans nous , hééééééé!!!! Mais pourquoi je l'ai attendu!!
Nous sommes bons derniers . (Oui, ça m'énerve...)

Mais peu après mes regrets s'estompent... ça ralentit...oh non... carrément ... ça n'avance plus... Mais plus du tout! ( Ca m'énerve...)
Non, je n'ai plus de regrets, mais une rogne, lentement, sûrement, insidieusement fissure mon rempart de zénitude
laborieusement reconstruit par l'élan de mon être tout entier investi dans l'effort d'entreprendre le dur labeur de remonter la file
interminable comme l'agriculteur harassé creuse son sillon dans le sol lourd et inhospitalier!

Je lutte... je reste cool...je suis là pour me faire plaisir... pas désagréable le coin...Argggg... c'est dddduuuuuuuuuurrrrrrr....
Une corde? Un blessé?
Je vois l'Homme partir , il a réussi à se faufiler ...le vois partir... Loin... Grôôôôôôôôô.... Là , c'est une explosion thermo nucléaire qui se déclenche, je vais devoir me contenir très fort pour ne pas lui hurler dessus à l'arrivée. Ah voui?,c'est ça... AVANT l'arrivée, tiens!...
Je t'aurai, je t'aurai... Tel sera le leitmotiv qui me portera sur la première moitié de la course.
Ha, ça bouge... heu? Je ne comprends pas... De l'eau? Juste un chemin inondé??? (Ca m'énerve...)
J'oublie , ça démarre pour de bon!

Marrant cette portion, c'est un monotrace étroit, qui tourne dans tous les sens avec une végétation qui empêche de voir à plus de 50cm devant tellement elle est serrée...
On se croirait filer comme un bolide sur une piste de bobsleigh ! On ne doit pas dépasser les 9km/h mais ça fait illusion !
Ca commence à grimper sympa et vont se succéder des grandes montées-petites descentes dans la végétation basse.

A un moment je double une dame qui dit à son accompagnateur "je suis gelée"... J'ai peine pour ceux que j'ai vus en corsaire ou tee-shirt long, à la fois pour cette température extrême en plein vent et pour ces espèces de kékés que je vois labourer les mollets de celles et ceux qui me précèdent. Sont bien rouges...

Je ne vois toujours pas Parap'gab malgré la configuration du terrain qui nous permet de voir bien en amont.

Bon, j'ai fini de m'énerver, les chevaux sont lâchés ça va mieux! lol
Cela dit, je m'emploie très studieusement à gagner du terrain sur ma moitié... Ce n'est pas facile et j'ai quelques pics d'agacement à , en descente , ne pouvoir doubler... ( ça m'énerve)
C'est très monotrace et nous sommes à la queue leu leu... Vous connaissez le syndrôme bibiothèque? Cette curieuse position qui voit le corps droit et la tête penchée sur le côté afin de lire les tranches des bouquins?

Je me plains mais, ça y est, Parap'Gab en vue... Un peu loin encore et une dizaine de personnes entre nous...
Un petit coup d'oeil à gauche et je regarde un peu la plaine où pourtant les fumées restent droites. je me fais la réflexion à voix haute et le gars derrière moi me dit que le relief (j'ai oublié le nom) arrête encore le vent pour quelque temps . Il a raison, et peu de temps après effectivement,"ça rentre" .

Je me rends compte que j'accélère... je double pas mal dans les descentes et on attaque le dernière côte je crois jusqu'au Garlaban et je rejoins le trâitre qui se trouve pas loin devant.
Et là, d'un doigt vengeur pointé sur lui "toi!! la prochaine fois que tu t'arrête pour p... je ne t'attends pas!!" Je rigole à moitié, je suis contente de l'avoir rattrapé

Ca a dû rigoler aussi derrière, nous courrons sur quelques mètres la main dans la main et arrivons ensemble au sommet

Trail de la Galinette: 2nde partie!

En haut, à la croix, se trouvent des coureurs qui prennent des photos, qui repartent, et deux sombres formes vaguement humanoïdes (qui a vu "le 5ème élément" et les gros bébètes du début?) dont la caractéristique humaine se résume à juste une paire d'yeux au milieu d'une masse compacte doudouno-goretexée.
Jaillit de l'une d'entre elles un marqueur qui , d'une croix, atteste de ma victorieuse ascension (rien que ça! )

Je les remercie et leur lance un "bon courage" !
Eux: "ben vous surtout!"
Moi: "oui, mais vous ne bougez pas, vous!!"

La vigilance est de mise en ce début de descente: les pierres sont saillantes et assez "croche pattes" pour moi qui les ai courtes , justement.

Gab est derrière moi et commence à peiner quand nous abordons la partie roulante du circuit. Trois trails en un mois... il y a de quoi fatiguer...

Oh! la mer!
J'arrive au même niveau qu'une dame :
Moi:"tiens, il n'y a que les femmes qui courent sur cette côte? (les hommes marchent...)
Elle: "ah oui, tiens!"
Elle: "C'est Aix, non?" puis ... "Marseille peut-être?"
Moi: " Oh,Pas grave, c'est la mer" lui répond-je et je poursuis ma route.

Qu'est-ce que ça sent le thym, c'est hallucinant!

Arrivent de bonnes descentes , et une jeune femme et plusieurs hommes me doublent comme des balles : j'ai envie d'en garder sous le pied (et je n'ai pas envie de voir où on en est du kilométrage) donc je cherche juste à accrocher visuellement la troupe.

Et en parlant de pied, enfin, des pieds, j'ai dû m'en tordre un de chaque , je tiens à terminer sans me blesser pour de bon.

Une douleur au niveau de la voûte plantaire débarque... là ce n'est plus "je t'aurai" le mantra, mais de temps en temps "ouïe ouïe". ..

Visiblement nous arrivons déjà dans la dernière partie puisque nous abordons à nouveau le bayou du début, dans l'autre sens.

Oh, ras le bol de ces traileurs qui ne veulent pas se mouiller les pieds , mince!!

Je râle, mais c'est juste l'excuse pour me jeter au milieu de messieurs-dames pendus aux branches à droite à gauche, avec un plaisir non dissimulé!
Schplifff plofff braaaafff, ploutchhh , j'en ai jusqu'en haut du mollet presque mais qu'est-ce que je m'éclate!! (et ça me calme le pied droit).
Et ce sont des ho!...ha! limite outrés qui ponctuent mes ébats aquatiques , ben voui, j'eclabousse un peu! ...

Le plus rigolo dans tout ça, c'est que j'en double à peu près une dizaine pour me retrouver... sur la branche montante du début et plus personne en vue, héééé, mais où, je suis???
Des gars passent en contrebas et l'un me dit, "c'est à gauche!!!" heu, j'étais un chouia partie à droite avec les rubalises du début encore en place.
Ils ont dû m'entendre me traiter de gourde à voix haute ...

Avec ces bêtises, j'ai reperdu quelques places, mais c'est sans importance je me suis bien amusée!
Je vois devant moi une femme que je pense pouvoir doubler. Ce sera chose faite un peu plus tard, mais je relâche un peu et je vois son ombre remonter à ma gauche (c'est la queue de cheval qui m'a mis la puce à l'oeil...).
On attaque une côte et je donne un coup de rein d'un autre monde pour tenter de la distancer pour de bon. In petto je me dis que ça n'a pas intérêt à être trop long sinon, j'explose en vol !
J'arrive à tenir le coup et elle arrivera une dizaine de secondes après moi.

Je repars ensuite chercher ma moitié , et, peu après notre arrivée nous avisons avec plaisir une copine et son compagnon avec qui nous échangeons quelques mots. Elle m'annonce une bouteille de vin en lot participant, chouette!
Après un petit massage (le pied), nous rejoignons la remise des récompenses VF1... ce ne sera pas mon jour cette fois-ci, faut pas pousser mémé dans les orties!
On doit y aller, un coup d'oeil vite fait sur le classement et finalement, bien qu'un peu déçue par ma position, je savoure quand même mon premier 24km bien terminé et bien vécu! (plitch, plofff, ploufff, j'ai a do ré!)

Et une fois à la maison, le lendemain, je me dis qu'en fin de compte, avoir remonté 176 places, c'est pas mal du tout finalement ! Je suis arrivée 11VF1 sur 36, c'est très bien pour moi!

11 commentaires

Commentaire de akunamatata posté le 04-02-2010 à 16:07:00

hihihi super vivant ce recit, bravo !

Commentaire de NICO73 posté le 04-02-2010 à 17:53:00

Bravo pour ce récit super sympa !

Commentaire de RogerRunner13 posté le 05-02-2010 à 12:06:00

Merci pour ce récit plein d'humour,vraiment sympa.

Commentaire de didstzach83 posté le 05-02-2010 à 12:13:00

trop trop ce délire, je me suis régalé à le lire
rendez vous j'espère à la sainte Baume
moi je pars sur le 22 kms plus raisonnable suite à ma blessure physique et d'amour propre, pultôt sale après la Galinette
le 44 Kms aurait été magnifque , prudence ce sra pour 2011
à bientôt
Santé

Commentaire de riri51 posté le 05-02-2010 à 13:13:00

merci pour ce moment de lecture super agréable...en espérant te revoir le 7 mars!

Commentaire de CROCS-MAN posté le 05-02-2010 à 13:47:00

Merci pour ce récit rès vivant et bravo.

Commentaire de caro.s91 posté le 05-02-2010 à 18:16:00

Un récit plein de vie et de vitalité. On s'y croirait! On ne gagne pas à tous les coups !!! ;-)

Caro

Commentaire de fab84 posté le 05-02-2010 à 23:28:00

un super recit tres humouristique , tu auras apris une leçon " ne jamais attendre un homme qui s'arrette pour p....r" lol

Commentaire de Rudyan posté le 06-02-2010 à 13:35:00

Bravo Nat! Super recit et tres belle course! J tai trouve plutot fraiche a l arrivee. A bientot sur un nouveau trail ;)

Commentaire de DJ Gombert posté le 09-02-2010 à 19:19:00

AMHA ! J'en connais qui on commencé aussi par la Galinette, et bien je dois dire que j'attends avec impatience ton récit CCC 2012 ;-)

Commentaire de ch'ti lillois d'vizille posté le 16-02-2010 à 20:14:00

Félicitations
Ton inexpérience ta fait vivre une expérience extra à la vue de ton "com".
Garder une telle énergie dans l'écriture malgrè ta déception ( 11ème VF1 c'est top quand même ) te permet de garder l'envie de faire mieux.
Imagines toi sur plus long, le "com" devient un bouquin ( j'achète... )
à + Nat

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