Récit de la course : Raid Le Puy - Firminy 2015, par bubulle

L'auteur : bubulle

La course : Raid Le Puy - Firminy

Date : 22/11/2015

Lieu : Le Puy En Velay (Haute-Loire)

Affichage : 1390 vues

Distance : 67km

Objectif : Pas d'objectif

17 commentaires

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Le Puy-Firminy, 5ème....et 6ème

Le Puy-Firminy, cela fait déjà 4 fois que je vous le raconte. À force, ça commence à être difficile de se renouveler. Il fallait faire quelque chose.

Alors, pour changer, je vais surtout vous raconter Firminy-Le Puy.

Eh oui, finalement, comme se le sont dits certains un jour sur la Saintélyon : le problème de ces raids ville à ville, c'est de se rendre au départ. Cela fait toute une logistique compliquée, des bus ou des trains à prendre, de savant calculs pour savoir quand être au départ, comment ensuite attendre, etc.

Autant faire simple et se rendre au départ....à pied.

Un autre défaut de ces raids ville à ville nocturnes, c'est qu'on ne voit rien. C'est malin de passer dans de jolis endroits pour ne pas y voir plus loin que le bout de sa frontale.

Autant faire simple et venir voir le paysage...de jour.

À pied. De jour. Voilà, le concept est lancé. Là où le Lyon-Saintélyon est devenu « la 180 », je vais donc cette année inventer en même temps le FLPF qui sera donc « la 127 » (42+43+42). Inventer est d'ailleurs un bien grand mot car je suis à peu près sûr qu'en 47 années d'existence du raid Le Puy-Firminy, il doit bien exister quelques fous qui ont déjà fait le coup. D'ailleurs, à ses débuts, le raid allait de Firminy au Puy, c'est dire que l'idée a de l'intérêt.

Bref, tout simplement, le plan est donc de partir de Firminy le samedi matin à 9h, d'arriver au Puy....quand je peux, d'attendre le départ....où je peux, puis repartir anonymement avec la course.

Enfin, tout simplement....c'est vite dit. Car Elisabeth veille sur son chéri même lors de ses pires folies (relisez le CR de l'Échappée Belle !) et j'ai une intrépide maman à qui une occasion originale de partir en vadrouille ne fait pas peur. Du coup, une assistance s'improvise pour que le coureur solitaire des plateaux altiligériens ne soit pas totalement solitaire. La Kangoo est mobilisée, deux points de rendez-vous organisés, avec ravitaillement au vol et abri possible en cas de météo difficile. Des rendez-vous sont fixés, à Monistrol vers 13h, puis à Beaux vers 16h. Nous convenons que je ne les ferai pas aller jusqu'au Puy et que je me débrouillerai sur place. De plus, le cousin organisateur a confirmé que le stade serait ouvert vers 18h30, donc il sera possible de s'y abriter.

Bref, logistique en place, il n'y a plus qu'à. J'ai proposé sur le forum à ceux qui le veulent de partager cette expérience (je n'en suis pas encore au degré d'organisation de la 180), mais presque jusqu'au dernier moment, personne ne s'est proposé de se joindre à moi.

À l'exception toutefois de Raymond Le Vieux Croûton (c'est son pseudo !) qui m'indique finalement qu'il a monté avec des connaissances à lui (du forum Raidlight) le même aller-retour et me propose de le partager. C'est en fait un poil tard et je me dis qu'on verra bien : il me faut toujours du temps pour me lier et je me suis finalement fait à l'idée d'une randonnée solitaire donc...on verra bien.

Le jour J, après une « préparation » qui a consisté pendant plusieurs semaines à empiler les kilomètres pour « avoir la caisse » (je suis assez bourrin dans mes entraînements, et plutôt peu scientifique), nous voilà, Elisabeth, maman, la Kangoo et moi, devant le CLCS.

Mais que vois-je ? Une voiture nous suivait depuis le bas de Firminy et....se gare à deux places de nous. Et qui vois-je en surgir, hilare ? Notre Jean-Mimi Touron national ! Je comprends en une fraction de seconde. Fidèle à ses légendaires habitudes de planification, Jean-Mi a décidé à la dernière minute de venir passer 24 heures entre Firminy et Le Puy.

Génial, juste génial.

Un message de Raymond : lui et ses acolytes (Franck, Wilfrid, Bruno, Dominique)  sont là, aussi. Nous nous retrouvons donc tous au CLCS, accueillis par la « core team » de l'organisation, que mon cousin Gérard, infatigable leader du LPF annuel, a prévenus de notre petite folie.





Photos, re-photos, discussions, re-discussions, attente des derniers arrivants, c'est avec 45 bonnes minutes de retard que nous finissons par démarrer. En pratique, Jean-Mi et moi-même partons un peu en éclaireurs. Raymond et sa bande vont suivre, à leur rythme à eux, et si on se retrouve en route, eh bien, « on verra bien ».

Nous voilà donc partis, avec Jean-Mi, à travers Fraisses, puis la montée vers Lafayette. Le temps passe très vite, on trouve tellement de choses à se raconter. Montée bien raide, d'ailleurs, que j'ai tellement l'habitude de descendre à tombeau ouvert (et de nuit, les deux dernières années) que j'en ai oublié la pente. Je fais même marcher un peu les bâtons de marche nordique que j'ai apportés, à tout hasard.

Nous sommes en nage. En effet, la météo est normalement mauvaise, avec des averses de pluie ou de neige prévues à peu près toute la journée, et nous sommes bien couverts. Trop...pour le superbe soleil qui règne en ce début de matinée ! Les couches tombent (bon, pour jean-Mi, c'est vite fait, il est parti en débardeur avec un coupe-vent).

Les arrêts photo sont nombreux : c'est un des avantages de cet aller que de pouvoir, sans pression, immortaliser les paysages rencontrés (et les publier dans ce compte-rendu pour que les futurs lecteurs ou participants de LPF puissent savoir où ils passent).


Lafayette, nous voilà. Elle descend bien, quuand même, la « montée » caillouteuse qui, d'habitude, suit le ravito et qu'il m'est pourtant arrivé de courir il y a deux ans.


Le hameau est désert et nous faisons le détour, juste pour voir, au « ravito-crèpes »...mais les crèpes, et le propriétaire du garage qui les héberge, ne sont pas là.

Direction les gorges de la Semène, LA partie vraiment trail de la course. Je les ai déjà faites de jour, en fin de course, sur mes deux premiers LPF, donc je sais à quoi cela ressemble. Mais cela ne m'empêche pas de faire des tas de photos car, en course (surtout à ce moment de la course), la tête est rarement aux photos).



La descente est très glissante, notamment les grandes dalles plates, et il faut rester vigilant.


La remontée en single étroit de l'autre côté, ne sera pas facile à négocier au retour, avec les jambes qui seront nécessairement dures, et le pas approximatif. Pour l'instant, évidemment, c'est « mode ballade ».




Nous avançons tout de même bien, courant une partie de la montée au dessus d'Oriol. J'hésite un peu sur le trajet car le balisage (toujours léger) est tout de même fait pour le sens inverse. Donc, aux bifurcations, il indique où on doit aller dans l'autre sens...mais guère d'où on vient (qui est la direction où NOUS devons aller, vous suivez ?). Je décide au final de passer par le bois où nous passions en 2011 et 2012, trajet un tout petit peu moins direct, mais dont je suis plus sûr.



Le plateau entre Oriol et Ouillas offre une superbe vue sur les monts du Massif Central, au loin (Cantal et massif du Mézenc) ainsi que les Gorges de la Loire (où nous allons finir par aller). Encore des occasions de photos, toujours avec un temps superbe.

La traversée sur le plateau via le hameau de La Peyrouse passe assez vite. Du haut de la côte, à La Peyrouse, nous apercevons au loin nos 5 compères, qui suivent à environ 1 kilomètre.

Raide, la côte vers Lapeyrouse !


En haut de Lapeyrouse. Noter la tenue estivale de Jean-Mi


Un retour sur le bitume nous amène rapidement à La Chapelle d'Aurec et sa superbe église, à côté de laquelle se situera le 6ème ravito, au km 55 environ.



Pendant ce temps, le temps se prépare à changer. Nous avons vu arriver droit sur nous un front froid spectaculaire, poussé par le vent depuis la Plaine du Forez.

Qui c'est qui va en prendre plein la tronche ?


La neige est proche. A la sortie de La Chapelle, nous remettons donc en vitesse les couches.



Bien nous en prend car en 2 minutes, le blizzard est sur nous. La température chute brutalement de plusieurs degrés et une violente averse de neige s'abat. L'ambiance change d'un coup et les alentours sont nettement moins accueillants !



La descente sur le Pont Tranchard se fera ainsi : sous une averse de neige horizontale, la tête baissée. Cela reste supportable, toutefois.



D'autant que, finalement, cela ne dure guère et le très long faux plat montant qui remonte vers Monistrol se fait dans uen ambiance plus calme, mais plus fraîche. Du coup, nous courons une majorité de ce passage bien que la pente ne soit pas négligeable. Je comprends pourquoi j'ai déjà fait ce passage à plus de 11 à l'heure sur la course.

Un aperçu du balisage

La paaaaaaassionnante route vers le Pont Tranchard


Le chateau de Martinas, qu'on ne voit jamais, au retour



Nous voici donc, après une dernière descente, à Monistrol, où nous faisons le crochet par la petite place où se situe le 5ème ravito de la course (km 50) et où nous avons rendez-vous avec mon assistance de choc.

Ravito.....fermé !


Y'a pas plus foule à midi qu'à 5h du matin !



Elisabeth et ma maman ne sont pas encore arrivées et nous attaquons donc l'énorme saucisson que trimballe Jean-Michel. Il ne fait pas très chaud et l'arrivée du « ravito-Kangoo » est appréciée, avec le pain et le remplissage des flasques (même si, évidemment, je n'ai pas encore assez bu, pendant ces 3 heures).

Nous avons rattrapé tout le retard du départ puisque Monistrol est atteint en 3h au lieu de 3h45 (qui étaient quand même très pessimistes). Le temps de caler le rendez-vous à Beaux avec Elisabeth et nous repartons assez rapidement avant de nous refroidir. Notre assistance, pendant ce temps, va se chercher un resto pour quand même déjeuner au chaud.

En repartant, nous croisons Raymond et les autres, arrêtés à une des boulangeries de Monistrol, en train de la dévaliser. Nous restons donc proches et il n'est pas exclu de se retrouver plus loin.

Petite alerte de mon côté : je nous impose un arrêt car je sens une grosse humidité au bas du dos, signe, en général, d'une fuite de poche à eau. Vérification faite, il n'y a rien, c'est simplement la grosse humidité de l'averse de neige qui descend. Du coup, j'ai les doigts gelés et nous « poussons » un peu pour nous réchauffer, dans la « ligne droite de la mort », à la sortie de Monistrol. Ligne droite toujours redoutée sur la course, car vraiment sans fin, à un moment où les jambes commencent en général à piquer.

La descente sur Pont de Lignon passe très rapidement. Il faut dire que le papotage est intense avec Jean-Michel : j'essaie de lui donner envie, un jour, de s'essayer au Raid 28 et je lui raconte mes aventures de débaliseur sur cette course.

Le site de Pont de Lignon et Confolent est spectaculaire, de jour, avec le grand viaduc autoroutier dominant les Gorges du Lignon, le confluent entre celui-ci et la Loire, ainsi que le pont suspendu du 19ème siècle, qui emjambe la Loire à cet endroit. Notre moyenne va sérieusement ralentir pour des raisons....photographiques.



La Loire à Confolent


A Confolent, un crochet par le célèbre « bistro » de l'amicale bouliste locale, immortalisé sur le film réalisé en 2012 par Gilles Revol (« Patron, un petit blanc sec ! »).


Il est fermé, mais son panneau d'affichage vaut le détour :

Gorges de la Loire à Confolent


Nous poursuivons sur la route de Beauzac (gouz, gouz, la irac) le long de la Loire (photo, courir, photo, courir), puis la bonne petite côte sur la rive gauche avec le croisement improbable d'une grand-mère locale qui garde ses chèvres. On est en plein Pagnol, quasiment, du moins si nous étions en Provence. Toutefois les cigales ne chantent guère car.....le vent se lève et ça caille ferme sur le plateau en direction de la Croix de l'Orme !



Pour une fois, nous croisons quelques humains en la personne de randonneuses qui semblent avoir du mal à croire qu'effectivement, ce soir, nous repassons par là et qu'on fait bien la course (qu'elle connaissent) dans les deux sens. J'imagine leur tête quand elles vont croiser nos 5 compères quelques minutes plus tard...:-)

Encore plus amusant, dans la descente nous voyons arriver une 205 qui se gare et en sort.... un ami de Jean-Michel, qui est venu faire coucou sur le parcours. Un grand habitué de LPF, d'ailleurs, qu'il a souvent fini dans le top 5, et même deuxième une année. Impressionnant, quand même, le carnet d'adresses de Jean-Michel ! Du coup, nous papotons rapidement : après tout, on n'est pas pressés, si ?

Tout cela nous amène au pont de Bransac, le bas de la « descente de la mort de Beaux ».


Pont de Bransac, la Loire


6 kilomètres de bitume qui ont la fâcheuse tendance d'exploser les quadris survivants, sur la course. Mais là, ce sera la « putain de montée de Beaux » et.....c'est quand même long, 6 kilomètres de bitume en côte, à 6-8%...surtout lorsqu'il en reste 96 à avaler ensuite.


Et pendant ce temps, la lumière baisse...et la neige revient



Il nous faudra donc une petite heure pour monter tout cela, heure pendant laquelle le temps choisit à nouveau de virer du « joli soleil voilé » à « blizzard de la mort tout pourri », ce qui nous fait arriver dans un silence lugubre dans le charmant village de Beaux, totalement désert....

La soupe, à la salle des fêtes, n'est pas encore prête !



....à l'exception évidemment de la Super-Kangoo qui nous attend, avec le chauffage à fond et dans laquelle nous ne sommes pas mécontents de nous réfugier quelques minutes pour dévorer pain, saucisson, fromage, tucs, etc. Minutes pendant lesquelles nous voyons passer nos 5 compères qui émettent quelques protestations à propos de ce ravito sauvage.

C'est exactement dans les temps du roadbook, soit au bout de 6 heures, que nous repartons de Beaux. Il est un peu plus de 16 heures, nous avons largement le temps d'avaler les 28 derniers kilomètres, mais nous allons chercher à éviter de trop traîner pour avoir le moins possible de parcours de nuit sur des routes qui seront encore assez fréquentées.


La descente vers Malataverne est rapide et sans histoires, et nous voici à nouveau avec une longue montée en direction de St-Julien du Pinet et du point culminant du parcours : 150 mètres en 5 kilomètres, rien de bien terrible, mais cette montée, qui est évidemment une descente sur la course fait partie de celles qui font mal...et qui semblent interminables.

C'est loooooong

C'est gaiiiiii

C'est mouilléééééé


Nous alternons marche et course, toujours sans difficulté particulière et, vers le haut de cette côte, nous voyons nos 5 acolytes à quelques dizaines de mètres devant nous.



La jonction va être faite exactement au point culminant, au moment où...il se remet à neiger.


Le petit bout de chemin entre le sommet et le hameau de Coindet est bien enneigé, comme il l'est souvent. Il faut être vigilant car il est assez irrégulier. En passant, nous affolons un peu un troupeau de vaches qui ne doivent guère avoir l'habitude de voir, de jour, 7 zozos en tenue de Superman courir dans la neige.



Au ravito de Coindet, Fabien n'est pas encore là...donc le ravito se résume actuellement à....un local à poubelles.


Jean-Michel apercevant une vache n'oublie pas le traditionnel selfie pour Benos...puis nous dévalons allègrement la petite route vers Rosières, dans la pénombre.

Rosières nous voit faire une dizaine de minutes d'arrêt pour sortir les frontales. En effet, une longue section de route nous attend et, aux alentours de 17 heures 30, il y a évidemment du trafic ! Cette partie ne va pas être la plus drôle du parcours.

Merci au Conseil Général de la Haute-Loire pour cet abribus bien pratique



Il n'y a que de la route de Rosières à Malrevers avec une sévère montée de 100D+ sur 1,5km. Jean-Michel qui n'est pas un grand adepte de la marche, se fait un peu distancer mais nous avons choisi de tous nous attendre. Dans la nuit, tout de même, c'est plus sûr. Ma mémoire fonctionne bien pour retrouver le parcours à l'envers, notamment les petits chemins goudronnés qui évitent de faire tout le trajet sur la route départementale.

Nous passons donc assez rapidement à Malrevers : je repère le garage où se tient le premier ravito (signalé par un célèbre panneau lumineux, le même d'année en année)...et voilà la dernière difficulté.

Elle est sérieuse, cette dernière côte. On ne s'en rend pas trop compte sur la course car on est alors au début de la course, c'est une descente qu'on sent "roulante", mais c'est quand même 150m de dénivelé sur 2,5km, donc 6%, ce n'est pas rien. Jean-Mi termine d'ailleurs un peu difficilement, et le petit groupe est nettement étalé une fois arrivés en haut.

Il ne nous reste donc plus qu'une longue descente sur Le Puy, avec 2 long kilomètres de quasi-plat le long de la RN88. C'est un peu dans un grand silence que nous allons la dérouler car la lassitude est un peu générale et, pour ma part, les cuisses commencent à chauffer. Clairement, ce n'est pas la partie la plus drôle du parcours, notamment le début de cette descente, sur la départementale avec pas mal de trafic de voitures.

Surtout, pour ma part, je commence à avoir sérieusement mal à l'avant des pieds. Malheureusement, mes Hoka Mafate sont un peu trop justes, ce que je n'ai jamais ressenti sur des distances plus courtes, mais qui commence à être frappant au bout de 70 kilomètres de sol dur.

Enfin, nous arrivons à Brive-Charensac et au pont romain, où cela commence à sentir l'écurie. Quelques hésitations à cet endroit car, comme cela m'avait été annoncé, le parcours n'est pas balisé et des travaux empêchent de passer par le parcours usuel. Mais nous finissons par retrouver le chemin du stade Lafayette (nous voilà !) où nous arrivons sous une énorme averse de neige. Il était temps de se mettre au chaud.

La salle est quasiment vide, il est un peu plus de 20 heures et nous avons mis 10h20 soit quasiment ce que j'avais prévu. La fatigue est tout de même conséquente et cela laisse pressentir un retour où il faudra « gérer » mais cela ne paraît pas impossible.

Les 3h30 d'attente ne paraîtront pas trop interminables. J'essaie bien de dormir un peu, mais le sommeil vient difficilement et, malgré la couche chaude que j'ai pris soin de trimbaler dans mon sac toute la journée en prévision de cette attente, je grelotte trop. Comme, de plus, les bénévoles reviennent rapidement de leur repas, et que le premier car arrive vers 22h30....le bruit devient trop fort pour pouvoir dormir.

Le repos sera donc limité et cette attente sert surtout à détendre des muscles tout de même bien contractés. J'ai aussi grand plaisir à retrouver les kikous qui arrivent, notamment mon compère de fin d'Échappée Belle, Franck, avec qui nous ressassons évidemment cette petite aventure et ses péripéties (y compris les désormais fameux « secouristes du Pontet »).

Un groupe très lyonnais, mais très sympathique quand même....:-)

 

L'arrivée des kikous signifie aussi pour moi la possibilité de pouvoir me changer enfin, grâce au sac apporté par snail69 (à droite sur la photo ci-dessus), sac qu'il avait récupéré la veille sur le quai de la gare de la Part-Dieu lors d'une improbable opération de logistique kikoutière, « sauvons le soldat Bubulle », digne de l'opération « des bâtons pour ch'ti Gone » de l'Échappée Belle.


Le remplissage final de la salle est impressionnant : nous sommes près de 300 dans environ 200m2. Autant dire que l'atmosphère est....chaleureuse...et parfumée...:-). Il est vrai que le déballage de nos 14 pieds dès notre arrivée avait déjà largement pourri ladite atmosphère.



Et après ? Eh bien, il ne reste plus qu'à rentrer et ça, je vous l'ai déjà raconté 4 fois, donc je ne vais pas recommencer, n'est-ce pas ?

Je vais donc juste garder quelques images et impressions fugitives :

Me retrouver isolé dès le pont romain : tout le peloton devant court plus vite que moi et moi, je trottine....quand même plus vite que les marcheurs. Du coup, je suis en « chasse patate » au bout de 2 kilomètres. En réalité, je retrouverai assez vite des coureurs, quand même.

Voir passer un Jean-Michel extra-terrestre dans la montée vers Malrevers, qui court allègrement en short et débardeur et ne paraît aucunement entamé. Il finira près d'une heure avant moi, quelle santé !

Prendre son temps à Malrevers, ravito que je zappe allègrement d'habitude. Là, franchement, un petit pain au chocolat est bienvenu (le croissant, ce sera à Confolent) !

Encore une ènième fois emmener un mini peloton dans Rosières. Décidément j'y suis abonné, il doit y avoir écrit « meneur d'allure » dans mon dos. Pourtant, ladite allure est quand même bien lente....

Saluer Fabien et Karine à Coindet et donner rendez-vous à Fabien à Lafayette.

Commencer à sérieusement souffrir des pieds : j'ai bien soigné une ampoule au Puy mais le point douloureux revient de temps en temps et la descente vers Malataverne est vraiment longue....et solitaire. A ce niveau, dans le peloton (je suis vraiment à ce moment là vers la 200ème position, je pense), il n'y a plus grand monde.

Avaler quatre bols de soupe à Beaux. Je bois très (trop) peu en route, donc je compense ainsi. Et cela fait un grand bien. Et se dire qu'il ne reste « que » 40 kilomètres, c'est bien, après tout, non (alors que ceux qui font la course se disent plutôt qu'il reste « encore » 40 kilomètres).

Regarder la montre afficher « 100 km » dans la descente de Beaux. Eh, tiens, c'est mon premier « 100 bornes » qui ne soit pas en montagne. Et, surtout, commencer à faire le pacman à partir de Beaux, justement.

Profiter de faire le pacman, comme d'habitude (sauf la première année). « La course commence à Monistrol » qu'on dit....mais la commencer à Beaux, c'est pas mal, aussi.

Avaler deux cafés à Confolent. C'est que le sommeil commence à pointer son nez et il faut ensuite enquiller le « vide intersidéral altiligérien » comme l'a qualifié coco38, à Pont de Lignon.

Regretter les bâtons de marche nordique (abandonnés volontairement dans la Kangoo à l'aller car alors assez inutiles) dans la remontée vers Monistrol...mais quand même continuer à y faire le pacman.

« Foncer » dans la ligne droite de la mort de Monistrol avec 2km en 11'30 : courir à plus de 10 à l'heure au bout de 120km, ça le fait.

Regretter le sandwich au saucisson pris à Monistrol : le pain est impossible à avaler. Mais apprécier d'y passer à nouveau juste quand la boulangerie ouvre ses portes : y passer à 5h du matin, c'est glauque.

Re-foncer dans la descente au Pont Tranchard. 3 km en 18'30". Bon, OK, ce n'est pas 11,5km/h comme il y a deux ans, mais ça se défend encore, non ?

Appréhender le chemin caillouteux entre La Chapelle et Ouillas...et finalement le passer sans difficulté, toujours en remontant petit à petit quelques coureurs.


Oriol, un peu plus blanc qu'à l'aller


Galérer sévèrement dans la descente des gorges de la Semène. Là, c'est vraiment difficile : le sol est glissant, mon pas n'est pas du tout sûr. Bref, je marche en descente et je ne peux faire mieux...mais j'ai une pensée pour la fille que je dépasse quand même et qui est en galère absolue, totalement tétanisée, et aidée comme il le peut par son compagnon. Oh, je sais comme on peut ramer dans ce petit passage technique.

Retrouver Fabien comme prévu à Lafayette et ENFIN Y MANGER UNE CRÈPE. Je n'en n'avais jamais pris le temps jusque là et quel bonheur....enfin les premières bouchées car je vais ensuite machouiller ma crèpe pendant toute la dernière côte !

Retrouver un compagnon, justement, dans cette côte et l'emmener dans toute la descente pour....me faire déposer comme une vieille chaussette à l'arrivée sur Firminy, incapable que je suis de relancer.

Recevoir une rafale géante de SMS quand j'annonce justement cette dernière descente. Merci encore mille fois à vous tous qui m'avez soutenu dans cette épopée par vos messages, notamment à mes chers compagnons de la Mordor Rire(s) Team, tous aux taquets sur notre fil de discussion sur les rézosocio.

Retrouver bien évidemment ma chérie préférée très contente cette fois-ci d'arriver à suivre sans problèmes mon final parce que, quand même, ça pique !



Savourer l'arrivée et les félicitations de la salle du CLCS et me dire intérieurement que « putain, merde, quand même, je l'ai fait »....et voir aussi dans les yeux de ma super-chérie que, même si elle trouve que son Christian il est franchement zinzin, elle en est quand même assez fière.

Constater que j'ai mis 9h22 au retour, soit....exactement le temps que j'avais mis à mon premier Le Puy-Firminy. Roadbook explosé de 40 minutes et, au final, 137km en 19h42.

Recevoir les SMS  de dizaines d'amis...mais surtout ceux de mes filles puis, plus tard, un coup de téléphone de Montréal, bien entendu. Et aussi retrouver plus tard ma soeur préférée qui a bel et bien terminé son deuxième Sainté Trail Urbain...et qui, l'an prochain, terminera son troisième en duo avec son frère (eh oui, ça y est, c'est décidé : l'an prochain, ce sera LPFSTU).

Les traditionnelles saucisses-lentilles pour le podium de la 127



Revenir, bien entendu, à la remise des prix et profiter, comme toujours, de cette ambiance chaleureuse post-course...et même avoir droit, avec Jean-Michel (premier de « la 127 »), Raymond (deuxième de notre épopée) et Dominique (qui a terminé avec Wilfrid et Franck, aux alentours de 11h30...notre dernier compagnon, Bruno, ayant du abandonner sur blessure à Beaux après une entorse sur le bitume), à une superbe coupe pour ce qui était apparemment le tout premier aller-retour connu (là j'en doute un peu : d'autres ont certainement déjà eu cette idée saugrenue).

Grande discussion avec Madame le Maire de Beaux, sur la quiétude de son village sous la neige, un samedi après-midi. Remise de la troisième « coupe des Kirikou » consécutive.

 


Voilà, c'était mon 5ème « Le Puy-Firminy ». Et, évidemment, rendez-vous l'année prochaine pour une sixième édition et un nouveau TALC (Truc A La Con). Difficile de faire autrement, non ?

En tout cas, cet aller-retour, je crois que je recommencerai une autre fois. Pour l'instant, direction Roanne pour boucler le cycle des « ville à ville de la Loire » avec un Roanne-Thiers qui suivra cette « 127 » de deux toutes petites semaines...   

17 commentaires

Commentaire de PhilippeG-569 posté le 29-11-2015 à 17:17:34

Bravo Bubulle !
Mince, je t'ai loupé sur ce coup là, pas vu que tu t'engageais dans ce truc de zinzin ;-)
Pfffiou, félicitations, encore un truc dur comme tout, pas pour moi mais ton récit est chouette, plein de bonnes rencontres encore une fois.
Et le Jean-Mi qui arrive devant toi, j'y crois pas ? (je blague...)
Très bien le reportage photo, comme quoi il y a de très beaux coins partout en France...
Bonne récup avant ta prochaine aventure !
@+
Philippe

Commentaire de coco38 posté le 29-11-2015 à 17:35:50

Encore Bravo ! Quel plaisir de revivre cette course à travers ton reportage photo !
Je ne sais pas comment tu fais pour absorber de telles distances et donc forcément de tels volumes d'entraînement. Dis-donc.. a quelle heure il part le STU ? Il va falloir foncer l'année prochaine. En attendant bon courage pour ton prochain défi et à se voir l'année prochaine. Montagn'hard (peut-être) et LPF (surement) pourraient être dans mon programme.
Jean-Claude

Commentaire de bubulle posté le 29-11-2015 à 18:21:55

Le STU part à 9 heures, donc, oui, faut pas traîner en route sur LPF. Bon, j'ai déjà fait 7h15, donc l'objectif sera bel et bien de battre ce record..:-)

Commentaire de Bacchus posté le 29-11-2015 à 18:19:00

Merci pour ce compte rendu aux petits oignons (ça va bien avec les saucisses lentilles)
Quel périple incroyable, ça m'étonnerait que d'autres aient fait ça avant vous. Un
aller-retour sur la LPF, faut être un peu Zinzin quand même pour imaginer un truc comme ça.

Commentaire de ch'ti lillois d'vizille posté le 29-11-2015 à 18:22:38

Tout ça me fait languir et désireux de revenir à Firminy et pourquoi pas faire ce TALC.
Bravo pour ce parcours en A-R avec des conditions digne d'une STL.
Je ronge mon frein dans ma rééducation du pied.
Bravo.
Manu

Commentaire de Arclusaz posté le 29-11-2015 à 18:33:30

bon, j'avoue, j'ai juste regarder les photos, faut que je trouve 2h pour tout lire........

mais, déjà, c'est bien !

Commentaire de patfinisher posté le 29-11-2015 à 18:53:14

On a failli attendre !!!!...plus sérieusement bon récit, superbe aventure, bien accompagné ! toujours précis et plein d'humanité ;-)

Commentaire de le vieux crouton posté le 29-11-2015 à 19:53:57

ah enfin un peu de lecture.
merci pour ce partage. cool pour les photos je vais t'en piquer quelques unes. Au plaisir d'avoir croisé ton chemin ainsi que d'autres kikous. Nous aurons certainement l'occasion de nous rencontrer sur les sentiers. En attendant je te souhaite de te faire autant plaisir sur la Roanne Thiers. Je penserai à toi et aux copains du club qui la feront.

Commentaire de coba posté le 29-11-2015 à 20:17:53

Bravo pour la 127, et j'espère te voir à Roanne Thiers.

Commentaire de Arcelle posté le 29-11-2015 à 20:50:00

Ouf, c'était parfait !
Ta course certes (encore un énorme bravo), mais aussi ce CR : c'est toujours un peu angoissant de voir tes publications, on sait qu'on va se régaler à les lire, mais on craint toujours un peu le temps que ça va prendre :-)
Là (et comme toujours ...), c'est clair et concis malgré la longueur de cet AR un peu dingue, que du bonheur, MERCI !

Commentaire de franck de Brignais posté le 29-11-2015 à 21:04:11

Un énorme bravo Christian. J'ai adoré ce concept pour la 180, il prend encore plus de sens sur cette course. Merci pour le partage de lentilles... et je pense que l'on devrait se croiser encore et encore !!...

Commentaire de Kirikou69 posté le 29-11-2015 à 21:27:51

Merci pour le CR et pour les photos de jour : Que c'est beau la Haute-Loire.
A l'année prochaine

Commentaire de snail69 posté le 29-11-2015 à 23:07:14

Définition de quintessence : "Ce qu'il y a de plus raffiné en quelque chose, ce qui est l'essence même de quelque chose." En ce qui me concerne, la LPF est ce qu'il y a de plus proche de la quintessence de la course à pied. Voilà, c'est dit.
Sinon, vraiment sympa de voir le parcours de jour et à l'envers. Bravo et merci
Hâte d'avoir tes impressions après la Roanne-Thiers.

Commentaire de Benman posté le 29-11-2015 à 23:27:15

Bravo, tu as réussi à embarquer jean-Mi sur Lapeyrouse, ne pas coincher à Confolent, puis ensemble à faire les Beaux sous la neige, pour finalement descendre au Puy.
Au retour, l'exploit est là. Bravo. Allez, reprends un TRUC!

Commentaire de flyingkitty posté le 30-11-2015 à 17:49:04

Bravo pour cet aller et retour! Toujours au top!
Et merci pour ce CR et les photos. Ca donne envie d'aller s'y promener.

Commentaire de philtraverses posté le 30-11-2015 à 19:22:52

merci pour ce cr très détaillé et bien écrit comme toujours. Vu à travers le prisme de la passion bubulienne ce parcours, guère attractif à la base, pour moi en tout cas, finit par le devenir..

Commentaire de RayaRun posté le 02-12-2015 à 00:34:30

Pffffff à cause de tes récits interminables, je vais encore me coucher à une heure du matin. Arrête d écrire des trucs que j ai envie de lire jusqu au bout !

Bravo quand même, j aurai bien voulu t accompagner, ....enfin...., te suivre ;-)

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