Récit de la course : L'Echappée Belle - 140 km 2013, par the dude

L'auteur : the dude

La course : L'Echappée Belle - 140 km

Date : 30/8/2013

Lieu : Vizille (Isère)

Affichage : 1872 vues

Distance : 140km

Objectif : Pas d'objectif

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Le Dude l'a échappé belle

   Une semaine après le départ (et 5 jours après l’arrivée)  j’entame le récit de ce qui est  et restera sûrement longtemps le plus long (en durée) et le + dur ultra de ma vie.

J’essaie de prendre du recul, d’analyser mais je n’arrive toujours pas à vraiment savoir si j’en ressors heureux, déçu, frustré, satisfait, sans doute un peu tout ça.

Sur une course aussi longue, je suis passé par tellement d’états physiques et psychologiques qu’il est bien difficile de se les remémorer tous et d’en faire une synthèse.

 

Lorsque je m’inscris en début d’année, j’ai en tête une distance et un D+, ça me semble jouable.

Plus le temps passe, plus le tracé se précise et plus les retours de ceux qui ont pratiqué des recos laissent présager quelque chose de beaucoup plus dur que ce à quoi les chiffres laissent penser.

A priori ça ne me gêne pas trop, je suis tellement nul quand il s’agit de courir que le bon pentu technique ça fait mes affaires, enfin c’est ce que je crois.

Seule grosse crainte : la durée ! Ma plus longue course a durée moins de 24H, ici ce sera peut-être plus de 40, comment je vais encaisser ça ?

 

Vendredi 30 août, 05H30, parc du château de Vizille :

On attend sagement le départ, je suis avec mon pote Christophe, son objectif est de terminer, le mien est de terminer… « bien » classé si possible.

On a décidé de partir ensemble doucement et ensuite en fonction des sensations on se séparera plus ou moins tôt, on espère quand même aller ensemble jusqu’à Fond de France.

 

Allez c’est parti.

On trottine un peu dans le parc et attaque la première montée.

Ça monte bien, le chemin est large, pas de difficulté particulière dans cette partie-là.

On a même le temps de discuter un peu avec les cueilleurs de champignons et…Michel Riondet, venu nous encourager au bord du chemin.

On arrive assez vite – très vite même – à l’Arselle, 16 km et 1350m + avalés, et j’ai 45 minutes d’avance sur mon estimation la + optimiste !!!

On échange qques mots avec Vogoy’ et Badgone, qui coachent leurs compagnes respectives, courte pause et on repart.

Il n’y a pas eu de pointage à l’Arselle, je ne sais pas combien on est mais j’ai la sensation qu’on est assez loin en terme de classement.

On y verra plus clair à la Pra.


Il fait maintenant bien jour, on progresse toujours bien avec Christophe, et on débouche sans trop s ‘y attendre au lac Achard.



Je me sens toujours frais et je force un peu l’allure dans les montées, en bon coureur de saucisson, j’ai toujours envie d’aller chercher ceux de devant.

Arrivé au col de l’Infernet, Christophe m’avoue qu’il commence à souffrir un peu en montée.



Argh, il est encore un peu tôt pour se mettre dans le rouge.

Je lui propose de repartir plus doucement, d’autant que jusqu’aux lacs Roberts c’est assez roulant, mais il préfère que je parte à mon rythme et qu’on se retrouve – si possible – au refuge de la Pra.

Ça m’embête un peu qu’on se sépare si tôt, mais je ne veux surtout pas l’obliger à se mettre en sur-régime et lui ne veut pas me freiner alors que je suis dans une bonne passe.

Je repars donc à mon allure, ce passage est l’un des derniers où l’on peut courir, donc je me lâche un peu.





En effet après les lacs Roberts on s’écarte du GR pour attaquer la première montée « dans le pentu dans les blocs » d’une trèèèès longue série.


Comme le peloton n’est pas encore étiré, ça bouchonne un peu et on avance vraiment pas vite, pressé d’arriver à la Pra, après il y aura de la place.

 

05H20 de course et voilà la Pra, 27km et un peu + de 2200m+, c’est déjà bien pentu cette histoire.

Je suis pointé 202ième, pas top, je suis parti un peu loin et même si j’ai encore beaucoup de temps pour reprendre des places, ça va être compliqué d’être dans les 50-60 comme je l’espérais.

A part ça les voyants sont au vert, excepté les pieds qui chauffent déjà un peu, je prends le temps de remettre de la crème, de toute façon j’ai prévu de faire une pause assez longue en espérant voir arriver Christophe.

Un coureur avec un chapeau de paille (!) se pose à côté de moi, ce n’est que beaucoup plus tard - et grâce à la clairvoyance du kéké – que je comprendrai qu’il s’agit du kikou Pascal Penot, dommage.

L’ambiance est bon enfant, les 2 filles qui bossent au refuge sont euphoriques, elles n’ont jamais eu autant de monde, elles s’immortalisent avec chaque coureur.

Après une bonne vingtaine de minutes  je me décide à repartir, je scrute une dernière fois la prairie devant le refuge : pas de Christophe, tant pis, j’enverrai un sms au prochain arrêt.

En fait il est pointé à la Pra 25 minutes après moi, on a dû se rater de vraiment pas grand-chose.

 


Col de la Pra, lacs du Doménon, ça monte pas trop fort, puis la bifurcation pour un aller-retour à la Croix de Belledonne, fini de rigoler.

D’ailleurs c’est sûrement exprès qu’ils ont posté ici la seule bénévole pas souriante de toute la course ;-)

C’est assez curieux de monter sur ce chemin hyper raide dans les cailloux et de croiser les bolides qui redescendent par le même itinéraire.

On passe quelques névés – là aussi les premiers d’une longue série – puis à nouveau la caillasse, un paysage lunaire, vraiment un très beau décor, dans le genre grandiose.

Je fais route avec un type – Fabrice - très sympa, qui s’amuse comme un fou à interpeller les coureurs par leur prénom – inscrit sur le dossard - comme s’il les connaissait personnellement; ça marche presque à tous les coups.

La redescente se passe sans encombre, malgré les névés, et j’ai la chance de croiser Christophe qui monte – j’estime qu’il a environ une heure de retard- il a l’air un peu marqué mais le moral est bon ; on s’encourage mutuellement et on se quitte.

Un nouveau col dans les cailloux : Freydane, bien raide mais ça passe bien, je suis toujours avec Fabrice, on raconte quelques conneries et le temps passe plus vite.

Par contre dès qu’on bascule en descente je comprends que je ne le suivrai pas longtemps.

Celle-ci est vraiment difficile, très pentue, avec des cailloux qui fuient sous les chaussures, heureusement ça n'est pas très long.

Et nous voici sur un beau sentier, presque roulant, on passe près du lac Blanc, et on entame la descente vers le refuge Jean Collet.

Tout va bien, j’ai bien gazé sur cette première grosse difficulté, pas de bobo sur les parties engagées et je suis encore frais ; bref ça roule.

Et là c’est le drame, un instant de déconcentration et la cheville qui tourne !!!

Adieu veaux, vaches, cochons…

En une seconde tout bascule, j’ai mal et mon moral s’écroule, je me vois déjà en train de rendre mon dossard au refuge.

Je suis pas un guerrier moi, 100km avec une entorse, non merci.

Je jure, je gueule, j’ai envie de pleurer, de tout péter, c’est pas vrai !!!

Je finis par me poser et me résoudre à enlever les chaussures, sortir la bande élasto et improviser un pauvre strap.

Heureusement un spectateur – Fred, un kikou - me prête son couteau pour couper la bande et me donne quelques conseils ; merci à lui.

Autre « bonne » nouvelle : la cheville n’a pas l’air trop gonflée, on verra à Jean Collet comment ça a évolué.

Je repars en boitillant, j’ai évidemment reperdu toutes les places chèrement acquises dans la portion précédente, mais à ce moment-là, le classement…

Après un très long moment de solitude, j’arrive au refuge Jean Collet.

Tout de suite l’ambiance chaleureuse me réconforte un peu, un kéké euphorique encourage à tout va, prend des photos, sonne la cloche, s’il y en avait 10 comme lui on ne s’entendrait plus ;-) ; mais putain ça fait du bien !!!

Quand je lui parle de l’entorse, il me traite de taff (snif) et me pousse à continuer : « de toute façon dans quelques heures t’auras tellement mal partout que tu la sentiras même plus »

Merci…

Les secouristes me font un vrai beau strap (le mien était pathétique) pendant que je lis les 25 sms que je viens de recevoir sur un des rares points où j’ai du réseau; mais ne peuvent me donner d’antalgique, il faudrait attendre le médecin qui devrait arriver d’ici environ une heure.

Bon ben tant pis, l’antalgique je vais aller me le chercher moi-même…à Fond de France !

 

Col de la mine de Fer, Brèche Fendue, c’est raide, ça monte encore dans la caillasse, avec des passages délicats, la cheville tire un peu mais le strap tient bon.

Je chemine avec un gars qui pratique pas mal le ski de rando dans le coin, il me détaille un peu le parcours, on avance bien ensemble.

Les paysages sont vraiment sublimes par ici.

Un peu avant (ou après ?) le Pas de la Coche je croise à nouveau Michel Riondet, on échange quelques mots, il est dégoûté parce qu’il a des crampes alors qu’il ne fait pas la course !



Et puis le voilà, le col de la Vache est en vue, celui-là c’est du lourd : 500 m+ dans des blocs, pas de sentier, on passe où on peut.

Je voudrais qu’on m’explique comment un type a pu faire monter une vache ici !

Par contre sur les parois voisines, les bouquetins nous observent, curieux et un rien étonnés de voir ces drôles de bipèdes essayer de passer par ici alors que manifestement ils ne sont pas faits pour ça.

De mon côté, c’est dur évidemment, j’en bave, mais autour de moi c’est pareil partout, c’est assez surréaliste de lever la tête et de voir ces coureurs disséminés un peu partout dans cet immense pierrier, chacun progressant à sa façon, certains assis en train de récupérer.

Enfin on atteint le sommet, je ne suis qu’à moitié soulagé car avec ma cheville j’appréhende la descente.

A raison, car elle est bien technique, bien casse-gueule et il nous faut traverser de nouveaux névés, certains sont très à l’aise et partent en mode ski tout droit ; moi je galère, me vautre, glisse sur les fesses – ça brûle – quand enfin je rejoins un chemin plus praticable, tous les coureurs avec qui j’étais, ainsi qu’un bon nombre que j’avais doublés, sont déjà loin devant.

Tant pis, c’est pas grave, après le col des 7 Laux, on aura 8 km, relativement « faciles », puis on arrivera à FdF.



Là encore on en prend plein les yeux, 2 gars m’ont rejoint et on roule bien ensemble, on longe les lacs, avant d’amorcer la dernière descente vers FdF.

Rien de particulier sur cette descente, on sera obligé de faire une petite pose pour sortir les frontales, il commence à se faire tard.

L’arrivée dans FdF fait beaucoup de bien, les spectateurs sont nombreux et enthousiastes, ça fait quand même 06H30 que j’ai quitté le dernier ravito et ça commençait à manquer sérieusement de chaleur humaine.

Déjà 15H00 de course, environ 60 km et 5000m+ d’avalés, je suis dans les temps de mon estimation « 40H » en comptant une pause d’environ une heure à FdF.

 Je croise encore quelques têtes connues: Damien qui m'encourage et me conseille - une vraie mère poule - Badgone dégoûté: Martine a abandonné écœurée par la technicité du parcours; Laurent un collègue de boulot qui semble bien...

Je commence par les « corvées » : se changer pour la nuit, faire le plein du camel et du sac, de la crème sur les pieds etc…

Ensuite un peu de réconfort : un bon repas chaud tout en discutant avec quelques coureurs, les avis sont unanimes : dur, cassant, usant, impossible de courir, cascade d’abandons, mais aussi paysages magnifiques, sauvages, et très bon accueil.

Dire qu’on n’a pas encore fait la moitié…

Je fais un saut chez le toubib qui examine ma cheville et me donne les antalgiques tant attendus, de toute façon maintenant j’ai mal partout, le kéké avait raison.

En sortant j’ai super froid, je remets une couche mais j’arrive pas à me réchauffer, il faut vite repartir.

Je cherche un compagnon de route pour la nuit, et le trouve en la personne de Marco, milanais très sympa qui a une petite expérience de l’ultra : 6 UTMB et 2 TOR, je ne sais pas pourquoi mais je me sens en confiance avec lui.

Au programme une belle montée de 900m+, avant de redescendre d’autant pour atteindre Gleyzin.

Au bout d’un moment on rejoint un coureur, je pars devant et laisse Marco avec lui, il y a des frontales devant et d’autres derrière, en cas de pépin je ne serai pas seul.

Environ mi-chemin de la montée, un coureur revient en arrière : « y a plus de balises ! »

Ah…

Heureusement j’ai rentré le tracé dans le GPS, on est bien sur la trace, le temps de quelques tergiversations et on est un groupe de 5 à repartir, je fais office de guide dans la nuit.

J’espère ne pas me planter sinon 4 paires de bâtons plantées dans le dos ça va piquer !

Heureusement on finit, après 1 km environ, par apercevoir la petite lumière d’un fanion dans la montée. Ouf.

Les bénévoles postés + haut nous expliquent que comme on est sur le GR c’est pas la peine de mettre des fanions partout ; c’est vrai mais pourquoi le faire au début de la montée alors ? Ce qui est perturbant c’est de passer de « 1 fanion tous les 100m à un fanion tous les km ».

Mais bon c’est pas très grave, on s’en sort bien et on continue à monter vers le chalet de Tigneux, puis c’est la descente sur Gleyzin.

Seulement 04H00 entre 2 ravitos, ça passe tout seul !

Depuis le début, je dis qu’une fois au Super Collet, ce sera gagné, mais ça va pas être donné d’y arriver,  la suite s’annonce carrément velue : 1000m+ sur 8km jusqu’au col Morétan, puis descente et de nouveau 850m+ ; et le road book est éloquent : Moraine, hors sentiers, blocs, hors sentiers, le tout à la frontale, quel beau programme.

L’ascension vers le Morétan est celle qui m’a le + marqué ; très vite je suis dans le rouge, je souffre, je suis fatigué, épuisé, j’arrive plus à trouver mon chemin dans ces maudits blocs et tétanise au milieu du seul névé.

J’ai mal partout, j’ai plus le moral, j’ai sommeil, je pense à tout ce qui reste encore à parcourir.

Je lève la tête, j’aperçois la farandole des fanions qui monte à l’infini et se confondent avec les étoiles dans le ciel pur de cette belle nuit, on dirait qu’ils veulent nous faire monter jusque sur la Lune. C’est magnifique et terrifiant à la fois, j’y arriverai jamais.

Après une éternité, j’arrive au col ; les bénévoles m’annoncent que + bas il faut passer par un névé gelé mais « y a une corde ».

Effectivement la corde est bien là…mais elle s’arrête au milieu du névé !?!

Et là je flippe pour de vrai, le névé est gelé et en pente, en pleine nuit on ne voit pas où ça s’arrête, le coureur qui part en glissade sur les fesses ici a de bonnes chances de s’arrêter beaucoup plus bas sur les rochers ! Honnêtement ce passage est franchement dangereux et c’est une chance qu’il n’y ait pas eu d’accident grave.

Pour ma part j’essaie de passer sur le bord du névé, dans le pierrier mais la paroi est très raide et les pierres instables, j’en ai carrément mare, envie de tout arrêter, pas envie de risquer un accident pour une course ; mais maintenant y a plus le choix, avancer ou reculer le risque est le même.

Je finis par en sortir après avoir bien transpiré, mais je ne suis pas au bout de mes peines, la suite c’est une petite crête extrêmement étroite, très très pentue et glissante, je suis crispé sur les bâtons pour essayer de contrôler ma vitesse, et je galère de nouveau, je tombe au moins 3 fois et me pourris bien le coude droit. Je suis presque soulagé de retrouver de nouveau des blocs, mais la galère n’est pas pour autant terminée : vers le lac Morétan supérieur, alors que j’ai rejoint un trio, un coureur plus rapide arrive de l’arrière saute sur les blocs de droite pour nous doubler, mauvaise réception, triple axel, double lutz et le gars se met à hurler. Il ne bluffe pas, sa main a doublé de volume !!! On sort le téléphone, appelle le PC course, couvre le gars pour qu’il ne se refroidisse pas.

Décidément ce col de Morétan, c’est le passage maudit.

Après concertation le groupe de 3 que j’avais rejoint décide de rester avec le blessé pour l’accompagner doucement au prochain pointage, je pars devant avec un relayeur.

Enfin une partie plus roulante et le lever du soleil dans cet immense alpage me redonnent un peu le moral après cette terrible fin de nuit. On passe près d’une cabane et les fameux patous nous aperçoivent, commencent à aboyer et…ne bougent pas, ouf, il manquait plus qu’une bonne morsure au tableau.

La descente est longue et un peu monotone, on arrive dans une sorte de vallon encaissé, sur une large piste où je me fais doubler plusieurs fois car j’ai un peu de mal à courir.

Une nouvelle montée, dont je garde peu de souvenirs, c’est dur mais comparé au Morétan ça parait « facile », je croise les doigts pour que le ravito du Super Collet soit dans la station mais il me semble me souvenir qu’il est en haut des pistes et effectivement il est tout en haut.

Samedi 10H00 du matin, Oscar Perez vient de passer la ligne en vainqueur, et moi j’arrive enfin au Super Collet, j’ai quitté le précédent ravito depuis 08H00 (01H30 de retard sur mon plan).



Là encore les bénévoles nous accueillent chaleureusement, discuter, s’asseoir, lire quelques SMS, c’est bon après cette nuit dantesque.

On nous annonce : « maintenant c’est plus roulant vous allez pouvoir courir », ah oui génial mais même sur le meilleur des sentiers je NE PEUX PLUS courir, mes cuisses sont en béton, tétanisées.

Je repars seul, incapable de suivre les autres coureurs qui trottinent sur la sente herbeuse ; mais le moral est revenu, il fait jour, il fait beau, le coin est superbe (je m’en veux encore de ne pas avoir immortalisé le tout petit lac rouge framboise juste après le ravito, dites-moi que ce n’était pas une hallucination).

Nouvelle descente et nouvelle montée vers la crête des Férices, encore 800m+ à avaler.  Je double Marco dans la montée, on s’encourage, puis sur la fin, vers le refuge, je rattrape un autre coureur avec qui on va former un bon duo, on s’attend, on s’encourage, on se soutient, et il le faut car après le passage de la crête on va jouer à un petit jeu sadique, le « oùkelléladescente ».



Sachant que sur la crête – encore une vue grandiose – il fait froid, il y a du vent et les nuages arrivent, sachant qu’à Val Pelouse ma petite famille m’attend et que j’ai hâte de les voir, on comprendra facilement que j’attends impatiemment le moment où l’on va basculer vers une bonne grosse descente qui nous amènera au ravito.

Sauf qu’avant cela on va enfiler les cols à 2200m comme des perles, un petit bout de descente 100 ou 200 m-, on se dit que cette fois c’est la bonne…et ça remonte !

Une fois, 2 fois, 3 fois…10 fois, j’en peux plus, non seulement ça m’épuise mais le moral en prend un coup, ma famille me manque, mon rêve d’arriver avant minuit s’envole, il faudra passer une seconde nuit dehors.

Enfin quand la bonne descente se présente, je suis gelé, épuisé et progresse très lentement.

Je mettrai encore pas mal de temps avant de voir ma femme qui vient à ma rencontre sur le sentier.

Val Pelouse, samedi 16H20, très très grosse fatigue.

Je me pose dans l’herbe près du ravito, ma femme me fait un petit massage des cuisses à l’arnica, mais ça ne me soulage pas vraiment, j’ai mal, j’ai mal, j’ai mal.

Je veux finir, je sens que je peux le faire mais je sais aussi que ce sera dans la souffrance, depuis la crête des Férices, je suis vraiment en mode survie, plus de plaisir, plus de jus du tout, je me réconforte comme je peux en me disant que la plus grosse montée qui reste n’est « que » de 400m+.

Je repars enfin accompagné de ma femme et des enfants, au sommet de la première petite bosse je croise Akuna et lui demande s’il veut bien m’immortaliser, la photo est parlante : j’ai pas l'air frais.



Peu après ma femme fait demi-tour, rdv au Col du Cucheron, je me retrouve de nouveau seul dans une descente assez plaisante au milieu d’un bosquet, au loin j’aperçois les cueilleurs de myrtilles et j’en vois se prendre une gamelle monumentale entre 2 rochers, décidément j’en aurai vu de belles!!!

Arrivé au pied de ce qui s’annonce comme la montée vers le col de la Perche, je fais une petite pause, un coureur me rejoint, on décide de monter ensemble.

On progresse lentement, on fait une pause de temps en temps, mais personnellement je ne souffre pas trop, toujours cette alternance entre moments de grande souffrance et passages un peu mieux.

Une fois de plus, le col passé je n’arrive plus à suivre mon acolyte et me retrouve seul, je profite du superbe paysage sur ce sentier en crête et finit par arriver à un pointage, vers le lac des Grenouilles, les bénévoles, encore une fois adorables s’apprêtent à prendre l’apéro, ils ont coupé le saucisson et m’en proposent une ou deux tranches, de la charcuterie et de la chaleur humaine, voilà qui me fait le plus grand bien.

L’Echappée Belle, une course au saucisson ??? Faudra que je consulte le kéké et le Bouk.

Après le sommet de la crête des Mollards, je me dis que le plus dur est fait, y a plus qu’ à descendre tranquille et c’est tout bon.

Je prends le temps de me changer (il fait de nouveau froid), et de sortir la frontale pour assurer la descente.

Je me fais encore pas mal doubler dans cette descente mais le moral est de nouveau bon, j’aperçois le bout du tunnel, c’est sans compter sur une dernière facétie de l’organisation.

Celle-ci a en effet décidé de nous ressortir le petit jeu du « oùkelléladescente », et voilà qu’on commence à tourner pendant des heures dans les bois de sapins, montée descente montée descente à l’infini, ça ne s’arrête jamais, ça n’a aucun intérêt si ce n’est rajouter des kms: on est dans les bois, il fait nuit, y rien à voir, sportivement on est au bout du rouleau, on a juste envie de FINIR, aucun plaisir, au contraire cette interminable série de bosses nous écœure, nous dégoûte, efface de nos mémoires les superbes paysages de montagne, éteint notre excitation de se voir finisher.

NUL.

Heureusement je ne suis pas seul, un coureur aussi cuit que moi m’accompagne et on râle ensemble, on finit même par douter, plus trop lucides (40H00 de course quand même) : est-ce qu’on aurait pas raté le ravito ??? Des frontales se rapprochent, voilà 3 cons coureurs pressés qui n’en ont rien à foutre de nos état d’âme et filent sans même nous écouter, ils ne veulent pas perdre une seconde il y a tellement d’enjeu à ce moment…

Lorsque enfin on atteint ce maudit ravito, on est au fond du gouffre alors qu’on devrait se réjouir; et pour tout arranger un panneau indique qu’au lieu de 14km, il en reste 18 !!!

Heureusement ma petite famille est encore là et me redonne un peu de courage.

Un bénévole nous prévient il va encore falloir jouer aux montagnes russes dans la forêt.

Et bien sûr il ne ment pas : rebelote je monte je descend, encore et encore, mon collègue Laurent, croisé à FdF nous rejoint puis nous passe, il a encore des jambes, lui.

Enfin les montagnes russes cessent et nous voilà sur une route !

Sortez vos calculettes : sachant qu’on est à environ 1200m, que l’arrivée est à 300m, que la pente de la route est de 1%, combien de kms avant l’arrivée ?

On n’ose pas imaginer que le traceur a été assez pervers pour nous faire descendre à Aiguebelle par la route, et effectivement après 1 ou 2 km, un chemin part sur la droite dans la pente, cool.

500m plus loin le-dit chemin débouche sur…la même route !!!

NOOOOON !!!

La quatrième dimension, on y est !!!

On va tourner sur cette route des heures, des jours, des années sans jamais arriver, et un promeneur nous retrouvera morts d’épuisement demain à 100m d’Aiguebelle!

En fait on va « juste » se taper 7 ou 8 km de bitume pour finir.

A l’arrivée on nous dira : « pas le choix, y a pas de chemin. »

C'est-à-dire qu’on nous a fait passer des cols à 2600m dans des blocs gros comme ma voiture, descendre de nuit sur un névé gelé sans sécurité, mais là on a trop peur de planter 3 fanions hors sentier dans la foret pour nous faire couper quelques lacets !?!

Je vous épargne la fin du calvaire ; entre l’écoeurement (j’ai vraiment failli tout lâcher à 4 bornes de l’arrivée), le manque de sommeil, la tête qui tourne, les pieds qui brûlent, et les coureurs qui nous doublent en continu.

 

Et voilà, ça y est, je l’ai passée cette arche d’arrivée.

Ce moment je l’avais imaginé, rêvé, fantasmé, je me voyais épuisé mais transporté par la joie et l’émotion, la larme à l’œil, m’écroulant juste après la ligne dans un geste dramatique pour embrasser le sol…

 


Rien de tout ça, j’ai pointé, pris mon sac finisher et suis allé m’asseoir.

Envie d’une bière.

Pas possible, pas de tireuse.

Ah.

Je rentrerai chez moi avec un goût amer, un sentiment de frustration, comme si on m’avait privé de quelque chose.

Un peu comme si tu t’économises pendant des mois pour t’offrir un bon dîner dans un restaurant haut de gamme, le dîner est parfait mais le dessert est frelaté et tu es malade toute la nuit. Au final c’est ça que tu garderas en mémoire.

 

Malgré tout, très heureux d’avoir pu finir au milieu de cette hécatombe :66% d’abandons !

Mais je me pose quand même quelques questions :

-113 ième en 48H00 alors que l’objectif était les fameux 10% soit vers les 50-60 en 40H.

- à peine aux 2/3 de la course mes cuisses sont tétanisées alors que tous les autres courent encore comme des lapins  (je me disais pourtant qu’avec un départ prudent j’aurai encore du jus là où les autres commenceraient à flancher).

 

Est-ce que je referai l’Echappée Belle ?

Non, ça été une belle aventure pendant 40H00, puis un cauchemar pendant 08H00 ; trop long, trop dur pour moi.

Est-ce que je referai un ultra de ce calibre?

Aujourd’hui j’ai envie de dire non, mais ce serait une promesse d’ivrogne, ce qui est sûr c’est que si je signe sur un autre ultra de ce gabarit il faudra vraiment revoir certaines choses pour se donner les moyens de réussir.

 

 

 

Enfin bien sûr je remercie toutes celles et ceux qui m’ont soutenu, encouragé, parlé, en direct ou par sms ; Chritsophe, mon fan club oui enfin OK le Bouk quoi, le kéké, Vogoy’, Richard, Samsam, Benoît, Fred, Titi, Fu, Akuna et tous les autres connus ou non.

Comme toujours un grand merci à ma chère et tendre.

Bravo et merci aux bénévoles, on le dit à chaque course mais je n’ai jamais ressenti autant leur gentillesse, leur attention, leur soutien que sur cette course-là.

28 commentaires

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 17-09-2013 à 21:50:44

OUI je suis président du fan-club d'elvis-dude et j'assume.
Trop drôle les 3 cons, euh non, coureurs qui vous évitent à la fin (j'ai explosé de rire tout seul :-) ).
Moins drôle qu'il n'y ait pas eu la fameuse allégresse ultime, une fois réussie l'effort surhumain d'être finisher, triste mais bon physiquement et mentalement c'était la limite hein.
Trop drôle la promesse d'ivrogne, je fais une capture d'écran.
Pas drôle de croiser le kéké qui, comme à son habitude, nous rabaisse et se fait passer pour le grand champion 2013 intouchable façon Nadal-du-saucisson.
Et... Tu était protégé, tu as vu l'esprit, l'âme, notre Dieu à nous tous, Maï-queule Riondeeeeeeeeet
BRAVO

Commentaire de the dude posté le 18-09-2013 à 13:51:54

le kéké et Michel R sur le parcours + les sms du Bouk par dizaine, si avec ça les dieux saucisson sont pas avec moi!!!
D'ailleurs je me suis marré intérieurement quand les bénévoles au lac des Grenouilles m'ont proposé de prendre une tranche ou 2 dans leur assiette, c'était le signe incontestable que la force était avec moi ce jour-là!

Commentaire de le_kéké posté le 18-09-2013 à 16:29:32

Du saucisson et une tournée de pastis, c'est en courant comme le kéké poursuivi par un bouk à Crolles que tu aurais fini, le nombre de places que tu aurais pu gagner, pffff saussion_powa (ps j'aime bien le nadal du saucisson et toi le bouk tu es le richard gasque, expert en pelles aromatisées)

Commentaire de Arclusaz posté le 18-09-2013 à 10:05:40

récit sans concession d'une course qui mérite vraiment son nom d'Ultra.
Ultra-exigeante, Ultra technique.

Bravo d'être allé au bout, la frustration va s'estomper petit à petit et tu ne te souviendras que de ton exploit....et du petit lac rouge.

Commentaire de the dude posté le 18-09-2013 à 11:01:08

Merci; il faudra quand même que j'aille faire une petite rando vers le Super Collet pour revoir le lac :-)

Commentaire de Elcap posté le 18-09-2013 à 10:23:51

Bravo à toi !!!

Si ça peut te consoler dis-toi que d'autres auraient bien voulu aller au bout de cette sortie ;-)

(ma main a repris une taille acceptable ;-) )

Commentaire de the dude posté le 18-09-2013 à 11:00:02

Ah mais c'est toi qui t'es "éclaté" au lac Morétan???
J'avais pas du tout fait le rapprochement!

Commentaire de Elcap posté le 18-09-2013 à 11:05:47

voui... éclaté c'est le mot en effet :-)

Commentaire de richard192 posté le 18-09-2013 à 12:31:38

Là je dis bravo! Je reste admiratif devant un tel exploit et une telle ténacité. Je ne te cache pas que j'avais quel doute: préparation écourtée, longueur (durée, distance, d+) du parcours, mais grâce à un mental de malade t'as vaincu tout ça. Plus la peine désormais de te cacher derrière un mental faiblard!
Finir cette course qui n'en ressemble à aucune autre est réellement une performance.
Mais ça ne me fait pas rêver et je comprends bien ton sentiment mitigé.

Commentaire de the dude posté le 18-09-2013 à 17:16:32

Comment ça t'as eu des doutes?!? :-)
Finalement c'est clair que le mental m'a "sauvé" ce coup-ci, parce que physiquement y avait plus rien dans le sac...
Mais c'est étonnant de constater que j'arrive à me faire mal pour finir ce genre de course alors que sur du court dès que ça pique un peu trop je relâche l'effort...
Va falloir travailler ça.

Commentaire de martinev posté le 18-09-2013 à 13:48:35

Bravo pour l'avoir "échappée belle" et être allé au bout. Tu peux être fier de toi. Je comprends ton sentiment sur cette course. Moi qui ait abandonné à Fond de France, je ne regrette pas mon choix. Je cours d'abord pour le plaisir et je pense que si j'avais continué je me serais sans doute blessée.

Commentaire de the dude posté le 18-09-2013 à 17:22:32

Merci, ça été un rude combat, et c'est sûr qu'il avait vraiment en avoir envie à 100% pour aller au bout.

Commentaire de Jean-Phi posté le 20-09-2013 à 11:03:53

Je suis ébahi devant ton CR où je lis autant de dégoût que de plaisir. On devine que ça n'a pas été une mince affaire ni une partie de plaisir sur les dernières heures. D'où ce sentiment de demi teinte qui émane de ton CR. Trop dur ? Trop tout ? En tout cas bravo pour ton courage, ton exploit et ta volonté. C'est grand ce que tu as fait. Pas donné à tout le monde, à commencer par moi !
Prend le temps de la récup, tu vas sûrement changer d'avis avec le temps !

Commentaire de the dude posté le 22-09-2013 à 16:38:40

Merci.
Effectivement ça a été très dur et je pense que j'étais pas tout à fait prêt à affronter ça. Heureusement quand le physique a craqué le mental a tenu...à un fil.

Commentaire de ptijean posté le 21-09-2013 à 09:30:20

En fait, on a vécu la même course et sans une énorme fatigue sur le goudron, on aurait presque pu finir ensemble.Merci pour le cr et les photos.

Commentaire de le_kéké posté le 21-09-2013 à 18:30:42

Bravo le dude tu m'as fait rêver. Ca m'a fait envie quand je vous ai vu du coté de J.Collet. Belle course et beau mental pour être allé au bout, tu es un héros. Maintenant c'était la première, alors il faut surement aménager le parcours, on verra ce que ça va devenir, mais les finishers de cette édition resteront dans la légende ;-)

Commentaire de the dude posté le 22-09-2013 à 16:36:20

Si tu m'avais vu à Val Pelouse, t'aurais moins rêvé ;-)
Je sais pas si on restera dans la légende, mais cette course-là elle restera dans ma mémoire pour longtemps ça c'est sûr.

Commentaire de sonicronan posté le 15-02-2014 à 11:46:45

Salut The dude,
Bravo pour ton récit qui est très agréable à lire. Ca n'a pas été de tout repos cette histoire ;-). Je pense que c'est avec toi que je me suis retrouvé dans la section après FdF à chercher la rubalise. Je suis le gugusse qui redescendait en demandant si quelqu'un avait vu de la rubalise. Merci pour ton aide... Content que tu ais fini cette belle épreuve.
Bravo à toi.

Commentaire de the dude posté le 15-02-2014 à 18:40:09

Ah oui je me souviens bien de toi, c'est vrai qu'on a un peu stressé mais ensuite le reste de la montée était bien sympa.
J'ai vu que tu as aussi fini et même très bien fini, bravo à toi!!!

Commentaire de bubulle posté le 26-12-2014 à 16:06:04

Hé bé.

Je passe mes vacances de Noël à lire des CR de l'EB et y'en a pas un pour rattraper l'autre.

J'AI PEUR.

Quelle idée de me dire que si je ne suis pas pris pour aller faire le kakou sur l'autoroute du trail bobo, je vais aller m'encanailler chez les Isérois. Mais plus possible de reculer, maintenant que je l'ai dit. Alors, on croise led doigts pour que je tirage au sort me soit favorable et que je n'aie pas à faire ÇA.....

En même temps, ça fait envire, quand même, y'a pas on est masos. Merci, Monsieur Dude, de m'avoir bien fait peur....maintenant, je sais où est mon nouvel Everest.

Tu croises les doigts pour moi au tirage au sort, hein?

Commentaire de bubulle posté le 14-02-2015 à 19:25:43

Bon.

J'ai relu.

J'veux paaaaaaaaaaaa y alleeeeeeer......

Commentaire de the dude posté le 14-02-2015 à 20:11:06

Mais non, mais non, avec la bonne prépa, comme une lettre à la poste!
Blague à part, un homme averti en vaut 2, et je pense que comme beaucoup de coureurs de cette première édition j'ai été surpris par la spécificité de cette course, et ma prépa n'était pas adaptée, mon objectif trop ambitieux, j'avais pas assez d'expérience, bref j'étais pas suffisamment prêt tout simplement.
T'as fait la TDS si je ne m'abuse, c'est un bon point de départ je pense, et effectivement avec la lecture des récits tu sais où tu mets les pieds et je pense que ça change pas mal de choses, et puis la partie qui m'a vraiment écœuré (la dernière portion dans les bois + le bitume) a été entièrement retracée et ça ne peut être que bien mieux.
A la fin du récit je promets de ne plus y refoutre les pieds, mais le temps passant je me dis que j'ai une revanche à prendre...

Commentaire de bubulle posté le 13-07-2015 à 16:22:57

3ème lecture...:-)

Bon, je me sens plus prêt, maintenant, mais je pense que tous ces récits seront très très très très précieux, le moment venu. Putain, 8h entre deux ravitos, quoi.....:-)

Merci encore d'avoir pris la peine de l'écrire ! Je penserai à toi, Dude !

Commentaire de the dude posté le 13-07-2015 à 18:04:51

Et surtout n'oublie pas: je serai sur le DERNIER ravito, donc s'il faut te donner un p'tit coup de pied au cul pour finir... :)

Commentaire de Vik posté le 13-07-2015 à 18:22:07

tiens toi aussi tu relis des CR de l'EBHH :)

Commentaire de Jam posté le 11-08-2015 à 15:13:26

1ère lecture...et un de ces gros bloc de pierre vient de me pourfendre la caboche. Put' ce que t'en a bavé. Ca fout la frousse. Ca force méchamment le respect, et ça donne sacrément envie aussi ;). Mais je crois que je vais me donner un peu de temps avant d'appuyer sur un éventuel bouton en décembre. Je vais attendre le CR de bubulle (parce que 140km de grimpette, ca va pas être un CR, ca va être un vrai roman d'aventure). En tout cas je garde ton CR au chaud parce qu'il faudra certainement que je le relise pour ne pas faire une connerie. Et encore un grand bravo.

Commentaire de the dude posté le 11-08-2015 à 16:00:29

Merci.
Oui c'est vrai que j'en ai pas mal chié :o)
C'est effectivement une course très très dure.
Ceci étant dit, comme je le disais à Bubulle un peu plus haut il y a un certain nombre de paramètres qui font que ça ne s'est pas bien passé, mais pour celui qui l'aborde en connaissance de cause, avec la prépa SPECIFIQUE et beaucoup d'humilité je reste convaincu que ça peut être extraordinaire (d'ailleurs j'ai vécu aussi qques moments mémorables, trop brefs certes).

Commentaire de OderF_06 posté le 12-07-2018 à 08:36:50

Note pour cette été, col des vaches et moretan, prendre une piqure de patience, bravo !!!!

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