Récit de la course : La Course de la Vente des Vins 2009, par fulgurex

L'auteur : fulgurex

La course : La Course de la Vente des Vins

Date : 14/11/2009

Lieu : Beaune (Côte-d'Or)

Affichage : 979 vues

Distance : 21.1km

Objectif : Pas d'objectif

14 commentaires

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La Grande Vadrouille

Je suis arrivé sur Dijon  l’année où la lune a quitté la terre pour aller dans le cosmos, les moins jeunes ont suivi : en 1999. Voilà donc 10 ans exactement que je fais ce semi de Beaune. Je ne sais pas pourquoi, je l’aime bien ! Peut être parce qu’il est exigeant, qu’il y a du relief, qu’on y voit de belles vignes sous le soleil, parce qu’il y a du monde, parce qu’on passe dans le parc du château de Meursault… Je pense ne pas en avoir raté une édition depuis. Je suis allé deux fois du coté de Savigny au nord de Beaune, mais maintenant, c’est systématiquement le Sud.

 

La semaine prochaine : marathon, donc ce WE, je vais jouer l’homme tranquille ! Malheureusement, Jupette est partie avec ses accessoires et les met tous en scène à Belfort pour le 5ème festival des arts gourmands. Et la Star, c’est elle : un article dans le journal.

 

Du coup, je joue aussi le solitaire !  Je propose donc de faire meneur d’allure en 1h50.

Je vais chercher mon dossard au dernier moment. L’organisation exagère un peu : 22€ au lieu de 15 ! L’inscription sur place est un peu élevée. 1€ le km !

 

Au rendez vous, viendront MC21 (et Corinne) et Nikita (et son frère). Enfin, Nikita, un peu plus tard.

 

On fini par partir tous ensemble en mode échauffement. J’essaye de faire des photos, mais l’appareil photo de mon téléphone n’aime le temps gris… le reportage photo commence mal !

 

mais arrêtez de bouger!

 

Tout arrive en même temps : nous, le départ du 10 et la pluie ! L’effet est immédiat : les filles cherche un petit coin.

Notre championne s’échauffe, sautille de tous les cotés, fait des accélérations : on sent la Winneuse !

 

En arrivant sur Dijon, j’ai appris un nouveau verbe : « gauger ». Et aujourd’hui, je comprends ce que cela signifie !

 

Gaugé mais stoïque, j’amène tout ce petit monde à l’arrière, pour être peinard, en me disant que le départ séparé des 10 et du semi va faire diminuer le bouchon de sortie de Beaune.

Mais on est tellement loin que je n’entends même pas le coup de feu du départ.

 

C’est parti quand même. On écoute les conseils de riri51 : cool le départ, cool. En fait, c’est plutôt « coule » le départ. On a coulé le chrono dès le premier kil, mais l’eau coule de tous cotés.

A la sortie de la ville, on monte dans les vignes par une route étroite bordée de murets. La circulation est déjà restreinte en temps normal, mais là ! L’eau emprunte plus de la moitié de la route. Et c’est une course sur route ! On est loin de l’ambiance trail : "chouette une flaque d’eau, je saute dedans" (à part le frère de Nikita).

Donc, trois solutions :

  • je garde les pieds au sec et je profite du mètre restant, à la vitesse de l’escargot de bourgogne
  • je sors de la route et je tente de suivre les vignes, mais je glisse dans la boue tel un sanglier
  • je cours comme si de rien n’était dans les 5 cm d’eau, sur la route, sans aucune gène puisqu’il n’y a personne, tranquille comme un fulgurex

 

Nikita choisi l’option sanglier de gauche et MC21 choisi l’option sanglier de droite. Est-ce la venue de Ségolène sur Dijon ce jour là, mais le sanglier de gauche se sent pousser des ailes et s’envole vers un record personnel. J’espérais secrètement un épuisement en cours de route pour pouvoir le doubler, mais il est costaud et on n’a jamais revu sa soie.

 

Pendant que je cherche le couple Nikita-fréro, j’aperçois un autre buff rouge et blanc. Plouf, plouf, plouf je le rejoins en 2 coups de palmes. Je fais la connaissance d’abord de Jurassik-runner puis de Pedromiguel, MC21 nous rejoins. Comme on est en retard sur le chrono et que ça monte, MC21 en profite pour accélérer. Je quitte Prédromiguel, rattrappe MC21 et nous arrivons au premier ravito. Je ne bois pas, mais à peine un km plus loin, j’ai une envie subite de me réchauffer les doigts. Pendant que j’officie, MC21 prend de l’avance. Je repars, marche sur mon lacet, doit m’arrêter pour le remettre, mais mes doigts gourds ont du mal de le permettre. J’ai pris pas mal de retard. Je repars en courant vite et fini par apercevoir son Kway. Je fini par rattrapper le Kway, mais ce n’est pas MC21 dedans. « au secours ! on m’a volé mon copain » Mais j’ai de la chance, il est, par hasard, juste à coté. Heureusement que je ne l’ai pas perdu, lui aussi…

 

Ça monte, on court à 12.5 km/h, je rappelle à MC (je vais l’appeler MC maintenant, c’est plus intime), je rappelle donc à MC que la vitesse régulière pour faire 1h50, c’est 11,5 ! On va un peu vite, mais c’est lui qui se sent (bien).

 

Bon, on arrive au château de Meursault. Le ravito est pris tranquillement pour éviter la Grande Vadrouille dans la grosse montée qui suit. Pour une fois, le pain d’épice n’est pas trop sec.

 

Pas de flon flon cette année à la sortie du château…

 

Le Meursault est mon blanc préféré, et en parlant de Mont Blanc, on monte … la cote en compagnie de monsieur feuille, qu’on laissera sur place.

 

je crois que ce que préfère MC, c'est les montées

 

J’ai un peu peur que MC s’emballe, mais je le laisse se gérer. Il profite de la micro descente pour s’arrêter attacher son lacet. Comment peut on être si négligeant ! On repart de plus belle. Une nouvelle côte, mais celle-ci semble lui miner le moral. Pourtant, c’est à ce moment que la météo change et que le beau se montre enfin. On va sécher. (en passant, je n’ai absolument eu aucune gène de courir les pieds mouillés, les chaussettes techniques modernes sont fantastiques)

 

Pour essayer de remotiver ma troupe, je lui propose de tester la prise d’un gel. Ça n’a pas eu l’air de le refroidir. Effet dans 10 minutes, on devrait être vers la côte du 17ème (non, pas le Sacré Cœur, le kilomètre).

 

En attendant, longue descente, j’en profite pour filer vérifier que les vendanges ont bien été faites. Puis je repars et rattrappe MC dans la cote de Pommard, à coté du château dont j’ai connu la cave lors d’un WE Saint Vincent de 91 (je crois)… ça monte, ça descend, ça tournicote dans les rues. Je me retrouve à coté d’un coureur de l’ACR qui avais fait le lièvre lors de mon record sur semi du printemps. Déjà qu’à 14 km/h il s’économisait, alors là ? que faisait il ? Il accompagnait des filles du club puisqu’il se remet d’une rupture du tendon d’achille au 40ème km de Millau, et qu’il a 2 marathons coup sur coup tout prochainement… Y’en a des quand même !

On tournicote et on arrive au ravito en pleine cote. MC boit bien tranquillement, enfin me semble t il. Et on repart en cote. Peut être a t il trop bu, ou trop vite (ou du rouge en cachette) ? Toujours est il que rapidement, il se plaindra de son ventre. Un point de coté. Je compatis, moi qui en ai eu un au 8ème l’an passé.

Le point ne passe pas. Dommage, on avait 4 minutes de retard sur l’objectif et on gagnait 15 s au km. Mais c’était sûrement trop.

Pedromiguel en profite lâchement pour nous rattraper. Je venais de calmer MC dans ce raidillon du 17ème en lui disant de tout lâcher dans la descente qui suit, en l’avertissant que c’est toujours là que je récupère des crampes aux mollets parce que la descente tape (la pente est forte). Je ne sais pas si c’est la remontée de Pedro (je vais l’appeler Pedro maintenant, c’est plus intime) mais mon MC est parti telle la fusée. Malheureusement, quand je lui ai dit de tout lâcher, je ne parlais pas des abdos ! Le point revient de plus belle.

 

 

 

On taille la bavette avec Pedro, mais MC ralenti de plus en plus. Je reste un peu avec Pedro pour faire plus connaissance et on découvre qu’on a le même terrain d’entraînement Lorrain : ces beaux parents habitent le village tout à coté de chez mes parents, sur le même relief. Peut être même, on s’est déjà croisé dans la forêt, prés de la Vierge (IL Y A ENCORE UNE VIERGE DANS LE VILLAGE DE MES PARENTS ! oui Monsieur ! mais il n’y a plus de curé, c’est peut être pour cela) . Blague à part, on promet de se faire signe quand on ira visiter la famille.

 

Et mon MC dans tout ça ? Bin, il est plus derrière. Je m’arrête et l’attend pour la photo. Il bougonne, mais avance quand même.

Les tous derniers kilomètres sont fastidieux, on a l’impression de ne pas avancer et j’ai l’impression que MC ne se bat plus. J’essaye de le motiver pour ne pas passer la barre des 2 heures. Ça marche, il repart, et quand on voit le portique final, il sprint presque ! Le même que mon fils ! Il en avait sous la semelle, mais n’a pas voulu le lâcher plus tôt.

1h59. l’honneur est sauf. Le record sera pour une prochaine fois, mais si on bat son record à chaque fois, c’est pas marrant. Peu importe, on a passé un bon moment.

 

 

On traverse la tente pour recevoir sa bouteille … d’eau ooooohhhhhh… mais aussi de vin aaaaaahhhhhh !

 

A la sortie, les kikous se rassemblent et papotent avec entrain. Sauf Nikita que je ne revois pas.

 

Je repars en voiture vers Dijon, mais pas trop vite, je ne veux pas payer 90€ après chaque course.


14 commentaires

Commentaire de intuitiv posté le 17-11-2009 à 06:21:00

toujours extra tes recits!!!

Commentaire de CROCS-MAN posté le 17-11-2009 à 07:21:00

"Du coup, je joue aussi le solitaire " Merci pour la référence, tu t'en tires comme un chef!!
Bon les conseils de RIRI ne sont pas tjs bon lol, souvent plus modéré que "a fond a fond et on verra". Meri pour le récit et à bientôt.

Commentaire de riri51 posté le 17-11-2009 à 07:43:00

Merci pour ton cr...une autre façon de vivre le semi du frangin...bon à présent je vais régler quelques comptes avec "le solitaire"! A+

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 17-11-2009 à 08:03:00

La vente des vins sous l'eau...M'enfin !
Ah, le semi, ma distance préférée ! Merci pour ce gai récit super fulgur.

Commentaire de Bnco posté le 17-11-2009 à 16:13:00

Excellent CR !! Bien rigolo on sent que l'humeur était au beau fixe pas comme le temps !!

Commentaire de MC 21 posté le 17-11-2009 à 20:19:00

Et moi qui pensais me connaitre. C'est trop fort de revivre sa propre course avec un tel CR. Il faut que je rediscute avec mon ego. Encore merci de m'avoir assisté dans ce semi.

Commentaire de Jerome_I posté le 17-11-2009 à 23:11:00

tu es prêt pour le marathon du beaujolais... Tu fais la tournée des cuvées? Et Medoc? Et Alsace?

Jérome

Commentaire de le Styx posté le 17-11-2009 à 23:30:00

Bon, la mort dans l'âme de ne pas avoir pu faire ce semi... tu m'as ressucité... excellent... dis-donc, les crampes c'est pour le côté patos ? Et fulgurange, il a été noyé par fulgurémon ? euh rémon c'est plus intime !)...

Commentaire de Mame posté le 18-11-2009 à 08:49:00

Bien vu le récit... Qui De Funes, qui Bourvil? il y en a bien un qui finit sur les épaules de l'autre, non?

Commentaire de fulgurex posté le 18-11-2009 à 20:09:00

J'sais pas! Mais il y a un grand calme et un petit nerveux qui cause beaucoup...
MC21 voulait courir tranquille, mais il m'a eu sur le dos tout le temps ;o)

Commentaire de nikita posté le 19-11-2009 à 19:05:00

Sympa ton récit!

J'adore ta première photo, ça montre bien mon état d'esprit de la journée! lol
Euh sinon j'ai fait sanglier de droite en fait, ça m'a tellement surprise que je suis partie et après j'ai couru sur la route tout le long! -c'était plus fun d'asperger tout le monde lol-!

Dis vu le monde qui critique notre fréquence 'radio', on court la prochaine ensemble? ^^

Bonne course du Beaujolais à toi et Jupette!

Commentaire de Gibus posté le 19-11-2009 à 21:33:00

Ba ba mon vélo
Ba vous alors
C la 2° fois qu'vous faites ça.

Ah Meursault avec le peintre et le chef d'orchestre

Bravo Mr Fulgurex.

A bientot

Commentaire de MOZ posté le 20-11-2009 à 14:28:00

Au fait, j'ai RDV avec la vierge le 28 novembre vers 10h30 - 11h00.

Commentaire de patcap21 posté le 21-11-2009 à 10:21:00

Merci pour ton Cr toujours aussi vivant et plaisant à lire.

@++

Pat

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