Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées 2014, par Patricia.B

L'auteur : Patricia.B

La course : Le Grand Raid des Pyrénées

Date : 22/8/2014

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 1190 vues

Distance : 120km

Objectif : Terminer

20 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Mon tour des Cirques - Il parait que les paysages sont magnifiques

Piau 8h00 : Le car vient de nous déposer à la station et Alain, le responsable des bénévoles nous fait rentrer dans la salle hors-sac pour que nous ne restions pas une heure sur la place alors que la température est assez basse. Le temps est gris mais nous sommes prévenus ; il va pleuvoir et il faut s'attendre à des orages.

Nous patientons, qui sur des chaises, qui assis par terre adossé au mur. Des petits groupes se forment aussi. Sonia soupèse mon sac et le trouve beaucoup trop lourd, selon elle j'ai certainement plein de choses inutiles dedans. C'est vrai que je n'aime pas être prise au dépourvu et je trimballe beaucoup d'eau.

8h45 nous sortons sur la place devant l'arche du départ. La tension monte, c'est mon 4ème ultra de montagne de plus de 100 km et j'ai abandonné ou été arrêtée aux BH sur les 3 premiers (GRP 160 2012 et 2013, MH 100 2014). Je pense être mieux préparée cette année et pour rompe le sort, après mes 2 échecs sur le GRP 160, j'ai choisi le Tour des Cirques, course dont c'est la première édition, qui promet de nous en mettre plein la vue... et les runnings.


"Viva la Vida" de Coldplay et hop c'est le départ qui est donné à 9h00 pétantes. Nous nous engageons dans une descente avant d'attaquer les 750m de D+ de cette boucle - dans un paysage typique de station de ski en été - qui nous ramènera quasiment au départ. Mon plan de course prévoit 2h02, je gagnerai 10 mn. La pression de la première BH s'est faite un peu sentir peut être au delà du raisonnable... Je remplis ma seconde gourde au ravito boisson.

Nous entamons ensuite le contournement du cirque de Piau pour rejoindre le port de Campbieil qui nous rajoutera 770m de D+ dans les cuissots. Je marche à bonne allure, pas question de courir, la journée sera longue. Je me suis fait un plan de course en 32h auquel j'ai rajouté prudemment 2h pour tenir compte d'une côte fêlée 2 semaines avant lors d'une chute en VTT et qui se fait encore sentir.

 La pluie a commencé à tomber il y a déjà une heure en attaquant le sentier du port, les cailloux aussi. Un bloc de 3 ou 4 kg dévale la pente schisteuse qui mène au col. Nous sommes prévenus par les coureurs au-dessus : "PIERRE !". Il fait froid au col, il y a du vent et rien à voir. J'attaque la descente jusqu'à Gèdre.


10 km et 1500 m de D-, un peu trou noir cette descente, je ne m'en souviens pas beaucoup sinon d'avoir trébuché et de mettre rattraper de justesse en quelques foulées très rapides pour éviter la chute en avant. 1 km avant Gèdre je rattrape une traileuse qui boite : contracture au mollet, sa course est finie.

Je suis trempée. A Gèdre je retrouve Sonia qui attend la navette de retour: Entorse de la cheville en fin de descente à Piau, sa course est finie aussi. Elle m'aidera pour le ravito ; une championne pour assistanteSourire.


Il y a un axiome dans la science du trail ce que tu descends tu dois le remonter (exception faite des binouzes de l'arrivée ou en cours de course pour ceux qui s'acoquine avec les serre-files débaliseurs sisisi j'en connais)

Donc 1500 m de D+ à gravir sur un peu moins de 14 km. La pluie se calme avant d'atteindre le barrage du lac des Gloriettes. Puis les nuages se dispersent un peu ce qui nous donne de temps en temps un aperçu du cirque d'Estaubé et le port des pinèdes mais le mont Perdu le reste toujours. Nous sommes un petit groupe de 4, ce que nous voyons nous sera commenté par un habitué du lieu tout en montant à la hourquette d'Alans perdue dans le brouillard. 

Il faut perdre ensuite 1000 m à près de 20% pour rejoindre le gave de Gavarnie juste au dessus de la ville du même nom. Le début de la descente de la Hourquette doit être un peu aérien vu le blanc qui nous entoure. Le brouillard est là et bien là; une cloche nous guide vers la soupe au refuge d'Espuguettes au 41ème km. Une bonne surprise qui fait du bien.

L'arrivée au gave se fait après une belle descente en forêt avec cailloux et racines. Puis avant de rejoindre le ravito de Gavarnie, il faut faire l'aller retour à l'Hotel du Cirque. Un peu moins de 5 km de promenade touristique en petites foulées sur faux-plat - qui ont l'avantage de reposer les cuisses - pour aller admirer la chute de la cascade. Je discute avec les bénévoles et je repars tranquille, je suis toujours en phase avec mon plan.


Ravito de Gavarnie 50 km et 3200 m D+ : Je tente le mélange pâtes, soupe, gruyère. Digne d'un 3 étoiles pour la traileuse trempée que je suis devenue ces dernières heures. Le brouillard n'aide pas à sécher. J'ai un tee-shirt de rechange dans mon sac, je ne regrette pas d'avoir porté ces 200 gr pendant ces 12 dernières heures. Je garde les manchettes et j'enfile la seconde couche obligatoire et accroche ma veste coupe-vent au sac avec le vain espoir qu'elle sèche pendant la nuit.

Il est l'heure de mettre la frontale. Un coup de fil, un post sur FB et c'est l'heure de repartir. Tous ceux présents ne sont pas prêts à repartir ou ont abandonnés.


Je repars seule. Par chance 2 traileurs avaient leurs assistance familiale sur le parking à 1 km du ravito, ils me proposent de continuer ensemble. Nous descendons un chemin boueux qui nous apprend à le respecter assez rapidement par quelques jolies chutes pour atteindre Bas Bareilles puis c'est la montée vers la crête de Pouey Boucou. C'est nous qui allons finir par puer beaucoup à macérer dans notre jus depuis des heures et à faire des valdingues dans la boue des sentiers. Ceux-ci, par moment, sont plus proches des sentiers de moutons avec les arbustes qui nous griffent les jambes et accrochent nos bâtons.

Nous loupons 2 ou 3 bifurcations mais j'ai toujours un œil sur l'écran navigation de ma Suunto qui m'indique si nous sommes sur le tracé ou pas. Cela nous évite de jardiner trop longtemps.

Nous avançons pas mal tous les trois et nous finissons par rejoindre plusieurs traileurs. Nous entamons la descente, le ravito du parking de Bué se fait désirer. Certains ressentent durement la fatigue où les blessures suite aux chutes. Les groupes se défont et se refont en fonction de la forme de chacun. Je rejoins William qui ne peut plus avancer à cause de problèmes digestifs.

Parking de Bué : Un gyrophare le signale et quelques bénévoles accueillent nos petits groupes. Il nous annonce Esquièze dans 12 km. Un traileur visiblement déçu et très fatigué leur lance : "C'est pas possible mon GPS donne 6 km pour Esquièze.". Le bénévole lui lance un regard compréhensif sans rien répondre. 


Je n'ai pas envie de me refroidir aussi je profite qu'un traileur reparte de suite pour l'accompagner. Nous discutons un moment en descendant la piste qui revient un sentier gras. Il a reconnu le parcours il y a 3 semaines et ses indications seront précieuses dans nos relais dans la montée du roc d'Arrode. De même que les conseils des bénévoles présents sur place aux passages délicats. Il fait nuit mais on sait que c'est aérien dans les parages. Pas question de faire un faux pas.

Mon compagnon de route a prévu d'arrêter à Esquièze et dans la montée après Sia il me laissera tracer mon chemin à mon rythme.

Je descends sur St Sauveur, séquence émotion dans le village puisque j'y ai passé de nombreuses vacances d'hiver avec mes parents dans mon enfance et cela fait plusieurs décennies que je ne suis pas venue sur Luz. Je reconnais l'hotel Ardiden où nous avions nos habitudes.

Un long faux-plat avant de pouvoir... enfin!!!!!... se changer de pied en cap à Esquièze. Des ampoules aux pied sur le coté intérieur des talons. Elles me feront souffrir seulement après Merlans. Je discute avec Romain qui jette l'éponge, tandis que Michel (Mic31) s'apprête à repartir.

Quentin, le fils de Caro fait aussi son ultra en tant que bénévole d'abord à Artigues puis ici à Esquièze. Je me restaure, fait noker un bobo de friction dans le dos et je repars sans frontale à 7h12.


Ensuite yoyo avec Michel qui bombe dans les montées pentues mais aisées et que je rattrape sur le plat. J'arrive à Tournaboup et suis interviewée par le journaliste de l'épreuve. Je passe une demi-heure à me restaurer et me reposer. Le ciel se dégage enfin et j'attaque la montée sous un beau soleil.

Je devine facilement l'épreuve que font les coureurs qui me doublent à leur allure : les avions sont sur le 80, ceux qui me doublent moins rapidement sont sur l'ultra et ceux qui me doublent péniblement ou avec qui je fais le yoyo sont sur le tour des cirques. Simple comme bonjour non ?


Baraque d'Aygue-cluses. Ravitaillement en eau. Je passe quelques minutes pour discuter et remplir gourdes et poche à eau. La montée à la hourquette de Nère sous le cagnard va être sévère.

150 m sous la hourquette, je sens que je n'ai plus de jus du tout. Mais rien du tout ! Les jambes ne répondent plus ! Il n'y a plus que la tête pour mettre un pied devant l'autre. J'atteindrai la hourquette 3h15 après Tournaboup. Je reste 10 mn pour récupérer et surtout en prendre plein les yeux de ce paysage minéral des hauteurs pyrénéenes. Les lacs et laquets en contrebas sont magnifiques.

Je reprends la piste derrière Michel. La descente vers le lac de l'Oule est un calvaire de lenteur. J'ai décidé de ne pas forcer pour récupérer car il reste ensuite 400 m de D+ et il faudra que je trouve les ressources pour les faire.

Mes pieds chauffent, ça devient sensible. J'ai dû prendre un coup de chaud dans la montée de la hourquette ou en début de descente. Arrivée au lac de l'Oule, je commence à avoir mal au crane, j'ai pourtant mouillé ma casquette dans chaque ruisseau depuis Tournaboup.

La montée vers Merlans est moins pénible que dans mon souvenir du 80 en 2011. Un coureur, Alain (il me dira son prénom le lendemain au repas d'après course) , qui était à la ramasse dans la hourquette finit par me rejoindre. Je lui demande si ça va, aucune réponse...

Arrivée à Merlans, je papote avec les bénévoles, mets un mot sur FB, rassure les mien par téléphone, me restaure puis le coureur silencieux vient vers moi en s'excusant : "Ma tête était toute à faire avancer les jambes, je ne pouvais pas parler". Je lui propose de finir la course ensemble.


Le soleil se couche et il fait froid et venteux sous le Portet. La descente derrière le col est raide avant de rejoindre la piste. J'arrive néanmoins à recourir dans le plat descendant malgré les pieds qui deviennent douleureux avec les ampoules mais j'ai toujours mal au crane et la fièvre est là. Je bois beaucoup sans que cela me désaltère. Il reste 10 kilomètres et ça va le faire.

Faux plat descendant sur sente boueuse. J'anticipe de quelques secondes en me mettant de côté l'arrivée des coureurs du 80 et du 160 qui me doublent rapidement en me lançant systématiquement 2 mots "Merci" et "Courage".


Enfin, je reconnais les hauteurs de Vignec, ses descentes "coupe-lacet" humides et boueuses, puis c'est l'arrivée sur le bitume, les applaudissements et les mots d'encouragements sur les 2 derniers kilomètres. Vielle-Aure est au bout du chemin. Tout en courant le dernier km en petites foulées, je réalise avec émotion que je l'ai fait ce trail, et qu'en mettant les pieds sur le tapis rouge de l'arrivée je mettrai fin à cette série de trails non achevés.

Ma montre GPS me donne 117,3 km, 7133 m de D+, 8122m de D- en 35h50.

Je suis 230ème sur 236 arrivants pour 397 partants.

Il me reste à savourer le plaisir d'être finisheure de ce format de course avant d'en tirer les enseignements pour la suite, pour mieux gérer l'humidité, la chaleur, l'équipement à emporter, les descentes, sur du très long. On n'en finit pas d'apprendre.


Un grand bravo à l'organisation qui est quasiment sans faille et à la gentillesse des bénévoles aux petits soins pour les coureurs et les coureuses.

Seul petit bémol: le tee-shirt finisher uniquement en taille S pour les filles. Manches bleues pour les garçons et rouges pour les filles. 

20 commentaires

Commentaire de Bacchus posté le 26-08-2014 à 14:36:34

Bravo Patricia pour ce finish. Belle gestion de course dans ces conditions météo éprouvantes, ça ne devait pas être facile mais tu l'as fait, bravo, la série de tes ultra démarre en fait.
Merci pour ce CR (d'ailleur faut que je pense à faire le mien...)

Commentaire de Jean-Phi posté le 26-08-2014 à 14:42:58

Bravo Patricia, belle course ! Et très content que tu aies pu mettre un terme à ta mauvaise série sur ultra de + de 100 ! ;-)
Récupère bien !

Commentaire de anyah posté le 26-08-2014 à 14:50:57

Passionnant de lire ton récit Patricia : il a tellement de concordances avec le mien (UT4M).. Quant à la série d'échecs, je connais : je suis en plein dedans ! Un grand bravo à toi, tu as très bien géré ta course !

Commentaire de SoniaS posté le 26-08-2014 à 14:55:06

Bravo Pat pour ta gestion ton courage et surtout ton mental . T es arrivée à Gedre et repartie trompée sous une pluie battante. Super Pat !! Je confirme que ton sac pèse deux fois le mien en plus de la météo !! Chapeau, je suis admirative . Bonne recupe

Commentaire de float4x4 posté le 26-08-2014 à 15:58:08

Super récit et encore bravo :) On y retrouve bien les moments difficiles de ce 120.

Commentaire de mic31 posté le 26-08-2014 à 16:06:56

Bravo Patricia, on a eu à quelque chose près la même allure lente mais sûre, celle qui mène au bout. C'était sympa de se croiser et se dépasser, on a vécu là une très grosse course au vu des conditions que l'on a rencontrées.
Pour les paysages je confirme qu'ils sont très beaux, pour avoir eu le plaisir de les voir en reco. Bonne récup.

Commentaire de float4x4 posté le 26-08-2014 à 16:15:09

Super récit et encore bravo :) On y retrouve bien les moments difficiles de ce 120.

Commentaire de jack91290 posté le 26-08-2014 à 16:18:22

Bravo patricia tu as su gérer ta course comme tu l avais défini. Félicitations tu une grande traileuse.
Content de t'avoir revu ce weekend.
A tres vite.
jack

Commentaire de laulau posté le 26-08-2014 à 18:06:40

Bravo Patricia d'avoir été au bout de cet ultra bien costaud et merci pour cette lecture !

Commentaire de arnauddetroyes posté le 26-08-2014 à 21:46:37

Félicitations pour cette victoire de finisheuse sur presque 50 % d abandon ca invoque le respect.
Merci pour le CR.

Commentaire de patfinisher posté le 26-08-2014 à 23:45:24

Sacrée course... et belle victoire sur toi meme et contre les éléments ! A très bientot sur les chemins parisiens ;-)

Commentaire de TomTrailRunner posté le 27-08-2014 à 08:08:34

Très heureux d'avoir suivi ta régulière progression jusqu'au bout de cet première édition pas évidente. L'ultra, c'est aller plus loin chercher au fond de soi des ressources pour profiter du voyage : tu as su les mobiliser sans pour autant être récompensée par les paysages ; j'imagine que ta satisfaction intérieure en est d'autant plus grande.
BRAVO

Commentaire de Lanternerouge posté le 27-08-2014 à 10:47:38

Super Patricia, cela donne envie, mais...faudrait que je sois plus rapide.

Commentaire de Japhy posté le 27-08-2014 à 10:48:04

Ha ouais, en fait t'es 230ème sur 400 quoi! Bravo! Et tant mieux pour ce succès après cette petite série d'ultras décevante.
(pauvre Sonia, elle et ses chevilles, ça dure non?)

Commentaire de caro.s91 posté le 27-08-2014 à 12:43:41

Bravo Patricia.
Très fière de toi et de ta course. Avec ta cote fêlée quelques jours avant et encore douloureuse, j'avais peur que tu ne puisses finir.

Bisous,
Caro

Commentaire de nico79 posté le 28-08-2014 à 14:55:50

Bravo a toi Patricia,
J'ai couru ou plutot marché avec toi aprés le ravito de Gavarnie , j'étais un des 2 coureurs à t'avoir proposé de continuer ensemble (celui qui avait un genou en vrac et ne pouvais faire les descentes ....)
Je suis trés content pour toi que tu ai réussi à finir cette trés belle course , moi j'ai du abandonné a Bué , la douleur de mon genou en descente était vraiment trop dure .... J'espere pouvoir la refaire un jour !!!
Savoure cette belle victoire et au plaisir de te croiser sur une autre trés belle course
Nico79

Commentaire de kikourkool posté le 30-08-2014 à 20:15:35

J'ai mis le temps pour lire ton C R
BRAVO, ta cité fêlée ne t'a pas aidée mais tu as fini
C'était bien là l'essentiel
Au plaisir de se revoir sur une prochaine épreuve

Commentaire de grumlie posté le 30-08-2014 à 20:53:59

Les 2 ravitos ou l'ont s'est croisés, tu donnais l'impression d'être au top de la gestion. La suite l'a confirmé!!! Bravo à toi pour ce bouclage de tour!

Commentaire de trailaulongcours posté le 01-09-2014 à 17:21:02

Bravo Patricia. Je suis content que cette fois-ci était la bonne. Sympa à lire ton CR, j'ai bien rigolé et souffert avec toi! à très vite...

Commentaire de Fane301 posté le 04-09-2014 à 15:22:48

Bravo Patricia,
je suis un des deux coureurs à avoir fais une partie de parcours de nuit après le ravito de Gavarnie, pas celui avec le genou en vrac l'autre! Félicitation à toi, par la suite j'ai redémarré quelques secondes après ton départ de Bué, puis je t'ai aperçue à Esquièze.
Je profite de ce message pour passer un bonjour à nico79 que j'ai laissé à Bué, ça sera pour une prochaine.
Au plaisir de vous recroiser,
Stéphane.

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran