Récit de la course : La Foulée Vénissiane 2008, par Baobab

L'auteur : Baobab

La course : La Foulée Vénissiane

Date : 23/11/2008

Lieu : Venissieux (Rhône)

Affichage : 1092 vues

Distance : 10km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Le récit

Après les Foulées Vénissianes 2007, 2008 devait être consacré à la progression sur 10km. Une fois la Saintélyon 2007 passée, digérée et compte-renduée dûment, j'attaque 2008 avec une ferme mottivation : attaquer sur du 10km, monter en puissance, enchaîner 2/3 cycles, puis me changer les idées avec la Course nature de l'Arbresles en juin, avant de nouveaux cycles 10km, à clôturer en apothéose si possible lors du rendez vous des Foulées Vénissianes 2008.

 

Mais les résolutions du 31/12/2007 n'auront pas tenu longtemps. Un matin, je passe en revue mes signets et tombe sur l'excellent courseapied.net, sur un post faisant état de l'arrivée d'un petit nouveau au pays des marathons français : le 30 mars 2007, à Clermont Ferrand : 1er marathon «des oubliés des vacances ».

 

Je réfléchis rapidement et opte pour un changement de stratégie. Exit les sorties seuil+, j'attaque une prépa marathon, un peu light tout de même, avec pour objectif de taper sous 3h30.

 

Le marathon passé, digéré et cé-èr-é dûment, avril pointe le bout de son nez et l'actualité familiale me tient éloigné de l'entraînement pour quelques semaines.

Pas tant que ça finalement puisqu'en juin, je prépare entre deux courtes nuits le 10km de Surat (63) qui se court le 11 juillet 2008 à 20h.

Le crash est difficile à digérer même si les conditions étaient très loin de l'idéal pour un record : course le soir, après une journée de marche lesté, parcours cassant...et manque de jus (surentraînement).

 

Je prévois en août la suite de la saison : résolument du 10 bornes...il serait temps !

 

Mais le destin en décide autrement. Ma belette de 2 ans et demi m'offre à la bibliothèque de la Part Dieu un dépliant sur le semi marathon de Lyon(ahhh c'est bien la fille de son père...elle ne songe qu'à se marrer !!!). je ne connais pas cette distance particulièrement. Ça me branche bien, c'est fun, nouveau...et j'ai besoin d'oxygène en ce début d'année scolaire.

 

Le semi se passe, bien, je récupère une semaine (de courbatures aux mollets), et voici déclarée ouverte la prépa 2008 sur le 10 bornes !!!!

 

Il me reste 8 semaines avant l'objectif : Les Foulées Vénissianes 2008.

 

3 séances par semaine + du vélo pour aller au boulot (60km/semaine). C'est impossible d'en caler une de plus. Une de moins et j'explose avec la tension nerveuse qui s'accumule entre mes différentes activités.

 

Le programme : tenter de me construire un entraînement équilibré mais pointu, exigeant mais adapté. Pour cela je synthétise des informations glanées sur le net, en évitant les références à la FCM (je cours sans cardio) et à la VMA (je ne peux que l'estimer à la louche.

 

Sur le début de la prépa je fais un peu de VMA sous forme de 2*9 30/30 (150m c'est à dire 18km/h). Très rapidement j'axe sur 1) 4*1500 en 5'50 récup 3' et des séries à l'allure (ou un peu plus rapidement) au moyen de 4-5 *1000m récup de 2' à1'30 (en fin de prépa) ou 3000/2000/1000 (récup 2'30-2'00) ou encore des « mix » 2000/1000/2000. J'adore travailler cette allure aussi j'en abuse un peu. Je garde systématiquement une sortie d'endurance (entre 1h00 et 1h30).

 

Préparant malgré tout la Saintélyon 2008 (par gourmandise), je veille à allonger peu à peu les distances, en passant davantage de temps sur l'échauffement et sur la récup.

 

 

La prépa se passe parfaitement bien, le moteur ronronne de manière rassurante, et aucun pépin physique ne vient m'inquiéter.

Je ne prends pas de semaine allégée non par désintérêt, mais pour des raisons de calendriers. Aussi la semaine avant la compétition, après 5 semaines intensives, je ne cours qu'une séance de 40mn agrémentée de 6 « lignes droites » bien appuyées.

 

Dimanche 23 Novembre 2008, me voilà fin prêt.

 

Il fait grand beau, le froid est piquant, et on ne devrait pas être gêné par un léger vent.

 

Je me rends à Vénissieux à vélo (½ heure) retire mon dossard puis cherche désespérément des épingles à nourrice (je les ai oubliées).

Je n'en trouverai pas sur les tables des organisateurs, aussi heureusement qu'un ami qui venait lui aussi courir en avait en rab' !

Je discute un instant avec un bénévole de l'association ADOT (pour promouvoir les dons de sang, organes, moelle osseuse), puis je pars avec mon ami pour un court échauffement (15/20 mn). Après cette mis en jambe je décide de courir en T shirt manches longues. Il fait la même température que l'an dernier mais sans le brouillard et avec un soleil magnifique, les sensations n'ont rien à voir.

 

Nous quittons le parking, direction le départ. On s'incruste un peu à l'arrache dans la fosse aux fauves. Ça sent l'eucalyptol, le rayon running de décathlon et la lessive. Je me bouche les oreilles avec mes écouteurs fait démarre le mp3... Boum ça part...flûte je n'ai pas déclenché le chrono. Au départ c'est n'importe quoi, un fou furieux pousse tout le monde pour passer devant. File bonhomme, va chercher ton chrono c'est bien là l'essentiel. Je m'aperçois que mon chrono n'a pas été déclenché à la ligne de départ aussi après plusieurs secondes de retard je remédie à la bourde et me met dans la course.

Je fais bien attention de ne pas gaspiller d'énergie dans des slaloms inutiles, mais je reste sur mes gardes : parfois il faut s'imposer si on ne veut pas se faire piétiner.

Le groupe devient plus fluide, je trouve mes jambes... voici le premier km : 3'46.

 

L'objectif est 40' soit 4mn au kilomètre. J'ai encore foiré mon premier kilo, une vilaine habitude sur la distance (je n'ai pas ce problème sur marathon). Je crois que le problème est plus dur à gérer qu'un simple stress. Il faut trouver ses jambes, se placer dans la foule compacte...et surtout faire abstraction de la vitesse du voisin. Pas facile.

 

2ème erreur, j'hésite entre chercher le 4'/km sur le deuxième (et conserver mon avance), ou bien ralentir un peu pour raccrocher le train 4/8/12 etc... En fait je ne choisis pas, je cherche mes jambes.

Au km 2 j'ai réduit l'avance. J'ai du faire 4'05. C'est pas bon du tout d'autant que j'avais l'impression d'être plus rapide.

 

Idem au km 3. Le kilomètre a été avalé en 4'05, un truc du genre. Mais ça ne va pas du tout. Elles sont où mes jambes ? Il est où mon métronome ?

Nous sommes à proximité du parc de Parilly. C'est vraiment agréable de courir ici. L'automne est magnifié par un soleil éclatant, et l'air est vivifiant.

 

Au km 4, j'arrive en 16' , c'est lourd : je suis régulier mais résolument trop lent. Mais que se passe t'il ?

 

Nous sommes maintenant dans le Parc de Parilly. L'automne est magnifié par un soleil jovial. Le tapis de feuilles au sol donne une impression de chaleur et de douceur. L'envie de se rouler dedans m'étreint.

 

Je m'imagine un instant, découragé par le chrono qui est loin devant. Je consdère un instant le banc, planté là au bord du chemin. Derrière moi 500 furieux me doublent sans un regard. Je prends là un coup de coude, là un jet de morve (grand classique des courses automnales). Je sors du passage, m'assois sur le banc froid. Il est encore humide de la nuit, aussi pas question de regarder passer le train. J'arrache mon dossard, trop las pour ouvrir les minuscules épingles à nourrice. Dans le lecteur MP3 la musique continue mais avec des tonalités acides, décalées. Un sourire de clown comme dirait Renaud. Je dois bien être à 4km de mon vélo, et il faut que je me les tape à pince. Le métro ne va pas jusqu'à carrouf...dommage.

QUOI ? 4Km en marchant ? Mais ça serait plus rapide en courant !!!!!!

 

Je quitte mes rêves, et négocie au plus juste les courbes à travers le parc.

 

 

A mi course, (10/2 = 5) je constate que j'ai non seulement grillé mon avance, mais que j'ai commencé à prendre du retard. La seule montée du parcours se trouve par là (un peu avant le 5 je crois). Il faut sortir du coeur du parc, par un raidillon pas méchant mais casse rythme quand même (comme tout raidillon qui se respecte). Toujours à la recherche de mes jambes, je pense à mes 5*1000, mes 4*1500, mes 3000/2000/1000...il faut allumer le feu, pas souffler sur la braise !!!!

 

Km6,

 

Si ça continue, ce ne sera pas 40' (presque impossible), ni 40'30, mais 41' ou 41'15 (comme en juillet). Ça me met en rogne, aussi je me motive et change de foulée.

 

Km7, un frémissement au chrono, ça pourrait passer en 40'30, mais il faudrait se réveiller !!!

 

Km8 Ça y est, j'ai chopé le truc. Pour aller vite il suffit de courir vite !...et ne pas passer 25 minutes à l'allumage en mode décrassage !

J'avale le bitume, je me sens super bien. C'est plaisant de gratter du monde. Je survole ces deux derniers kilomètres avec une fraîcheur surprenante. Je m'aperçois qu'une foulée peut devenir facilement lourde. L'écrasement consomme une énergie précieuse, transformant en chaleur ce qui était consacré initialement à la vitesse. Je me rappelle mes portions d'entraînement pieds nus. Sur bitume, sur sentier, sur herbe...tu t'écrases comme quand tu es chaussé, tu ne fais mal. Le pied caresse le sol, la voûte plantaire est un ressort, le talon est en verre et il faut le préserver. Surtout ne pas taper au talon sous prétexte qu'un mélange de mousse synthétique et de gel donne une impression de sécurité. Si tu tapes avec le talon, tu avances en freinant !!!

je cherche donc ma foulée dynamique, et remarque la différence flagrante. La musique commence à me fatiguer. Je ne l'écoute plus vraiment mais je ne veux pas prendre le risque de ranger le fourbi dans ma poche (gros risque de faire tomber un accessoire)

 

Km9

Qu'il est beau celui-là. J'en remets une couche.

Je cours à bonne allure (3'50/ km environ, peut être moins). De temps à autre un mec s'accroche. J'aimerais bien terminer avec l'un ou l'autre mais la fraîcheur est derrière la plupart. Je finis seul. Voici la courbe qui laisse deviner l'arrivée. Un mec me trace à toute allure : chapeau, c'est beau comme finish. Je le suis, beaucoup plus lentement, mais je prends encore 5 places. Comme un gamin, je double encore un gars à 1 seconde de la ligne. C'est pas sympa mais j'ai un chrono à descendre tout de même.

 

Arrivée

 

 

40'21 en réel.

 

 

Au ravitaillement d'arrivée (ou buffet devrait-on dire) je prends de l'eau (2 petites bouteilles), des quartiers d'oranges (plein), deux demi bananes, et une barre de céréales. Je travers ela tente de ravito, et pars plus loin pour un léger footing de récupération. Je veux éviter des douleurs musculaires : la semaine à venir j'ai une prépa Saintélyon à boucler.

 

Je retrouve quelques amis , on discute de nos chronos. Nous avons tous descendus un record, chacun selon sa mesure.

 

Pour ce qui me concerne, j'ai gagné 30 secondes par rapport à l'année dernière. L'entraînement a été correct, et assez adapté il me semble. Il me manque par contre une expérience en répétition de cycles me semble t'il. Après la Saintélyon 2008, je m'attellerai à cette tâche avec pour objectif de passer sous 40 minutes. Il y a du boulot, mais ça ne devrait pas être insurmontable.

 

 

Sur la course en général,

 

 

Je n'ai pas aimé : l'ambiance du départ, les coureurs peu scrupuleux se croyant obligés de faire des queues de poisson ou de serrer l'adversaire (c'est comme ça que l'autre est considéré parfois) alors que le chemin est très large. Vous ne faites pas honneur aux maillots de vos clubs, ceux-là même que vous arborez fièrement. C'est ce que je n'aime pas dans le sport, et les trentenaires conquérants étiquetés Au running club de mon clocher il est beau sont aussi laids le Dimanche que le reste de la semaine lorsqu'ils pestent dans les embouteillages à causse de la grand mère qui traverse la rue

 

J'ai aimé : le parcours roulant, la gentillesse des bénévoles, la présence de l'association ADOT, le buffet d'arrivée, le passage dans le parc de Parilly (5 bons kilomètres à l'intérieur ou autour), le T Shirt offert au retrait des dossards (synthétique cette année).

 

Merci aux organisateurs, aux bénévoles, et à la majorité des présents sans qui cette course n'aurait pas été si belle, si colorée...et si parfumée à l'eucalyptus ! ; )

7 commentaires

Commentaire de thunder posté le 24-11-2008 à 17:26:00

Bravo pour cette saison de court ;)

L'année prochaine tu vas pouvoir bosser sur des basesde 3'50 au kilo et tu vas la bouffer cette barre des 40' bonne récup et bonne sainté

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 24-11-2008 à 21:16:00

40'21, tu tournes bien gamin ! On n'était pas loin de la barrière !

Commentaire de vial posté le 24-11-2008 à 22:33:00

Tu m'as fait peur Baobal j'ai cru que tu t'étais arrêté, mais la suite de ton récit m'a rassuré...Tu as connu l'enfer de Vénissieux tu as bien saisi l'ambiance de la course
c'est pas du trail c'est chacun pour soi....
Michel

Commentaire de astra wally posté le 25-11-2008 à 13:27:00

Félicitations ! Encore 21 fichues secondes pour que tu passe en-dessous. En tout cas c'est bien que tu te soit laissé une plage de repos la dernière semaine avant la compet'. T'es pas arrivé avec des jambes fatiguées par un dernier entrainement. Suis ravi de voir que t'a mis un gros coup de turbo dans les 2-3 derniers km. Tu vois que tu en a de la ressource ! bravo à toi Vincent et au printemps tu passeras sous les 40' à coup sûr. En attendant...fait une réserve de graisse et hiberne au chaud
a bientôt en Alsace
Laurent

Commentaire de agnès78 posté le 25-11-2008 à 15:49:00

bon, un it peu de gourmandise pour la sainté pi après on passe à la prépa 10kils, vincent? Tu vas aller me chercher ces 21 foutues secondes ;-)))) Merci pour ce récit plein d'humour. Bonne récup' et à bientôt
bises
agnès

Commentaire de YannC posté le 25-11-2008 à 23:49:00

Belle course Baobab. J'ai également cru que tu t'étais arrêté.

C'est clair que ce 10 km est très orienté club et points FFA. Cela rend l'ambiance à l'intérieur de la course très compétition. C'est pas l'ambiance trail quoi ... (malheureusement c'est un peu le cas sur toutes les courses sur route)

Heureusement que les bénévoles sont très sympas et que tout ce beau monde se détend à l'arrivée.

Nul doute que tu vas passer sous les 40' très bientôt. Bonne SaintéLyon.

YannC

Commentaire de Mirabelle* posté le 27-11-2008 à 08:24:00

Ben moi je savais que tu ne t'étais pas arrêté lol
J'aime bien te lire..c'est amusant et vivant, on s'y croirait. Sauf que les 40' je suis loin de les faire, moi c'est plutôt 70' mais j'ai deux fois ton âge..lol
Continue et rendez-vous à la SaintéLyon le 7 décembre..

mirabelle

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran