Récit de la course : Raid 28 2007, par Karllieb

L'auteur : Karllieb

La course : Raid 28

Date : 13/1/2007

Lieu : Bures Sur Yvette (Essonne)

Affichage : 2387 vues

Distance : 85km

Matos : Collant Raidlight long - guêtres CO Raidlight - maillot technique manches longues DK - veste raidlight- chassures trail Addidas GTX Gore Tex - chaussettes DK - Sac DK 10 L avec deux poches à eaux - frontale Tikka + Petzl avec une torche à main mixte (diodes et krypton).

Objectif : Terminer

14 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Il était une fois l'équipe Kikourou

Remerciements

Avant de commencer ce CR du Raid 28 2007 – je vous préviens, ça va être long alors prévoyez de la caloreen et des gels – je tiens d’abord à remercier ma chère et tendre épouse qui, si elle n’a pas encore compris l’intérêt d’aller gambader pendant de kilomètres en pleine nuit l’hiver, accepte de bon coeur le fait que ce soit important pour moi (les hommes sont de grands enfants).

Je souhaite aussi – et évidemment - rendre hommage à mes camarades de l’équipe Kikourou. Chers ami(es), vous m’avez fait l’honneur de m’accepter comme capitaine et j’en suis extrêmement fier. Je n’ai pas eu le sentiment de vous avoir soutenu mais plutôt celui d’avoir été porté par vous tellement chacun a remplis son rôle simplement et efficacement et joué sa partition à fond sur le plan sportif. Capitaine d’une telle équipe, c’est « que du bonheur !».

Ki est ki ?

Permettez moi de vous présenter l’équipe. Honneur aux dames. May-yen (ou Yeu, c’est selon), dite Sushimaki, dite May (Paris). Elle n’est pas grande et pas épaisse. On ne sait pas combien elle pèse (le sait-elle elle-même ?). Oui mais… May, c’est du concentré de volonté. Marathonienne et nouvelle venue sur l’ultra, elle est accrocheuse. Elle nous a vraiment impressionné et n’a pas fait mentir le vieil adage selon lequel, sur le Raid 28, les filles commencent derrière mais finissent devant (je viens de l’inventer). En fait, elle est un peu comme le lapin Duracell : plus elle s’use, plus elle accélère.

Place aux messieurs, par ordre alphabétique : Nicolas, dit Nicnic38, anciennement Nicnic69, dit Nico (Grenoble). Grand garçon à l’air calme et à lunettes mais doté d’un humour dévastateur. Sportif multicartes, il fait de la CAP, de l’orientation, de la rando à ski, du roller de vitesse… C’est aussi un puit de science sur l’alimentation du sportif. Pièce maîtresse de l’équipe, il qui nous a guidé tout au long de la nuit et une bonne partie de la journée (après quoi il s’est occupé de rattraper mes bourdes en orientation… ). Tout ça réclame une concentration telle que, parfois, il pète un plomb en poussant une espèce de cri de guerre incompréhensible, du genre : « Kikourou ! ». Quand on n’est pas prévenu, ça fait peur !

Phil, dit Philou, jamais Philippe. Phil, c’est un monstre… D’abord d’humour parce que s’il fait les choses sérieusement, il ne se prend pas au sérieux. Notre homme a un palmarès sportif impressionnant, surtout sur marathon (moins de 3H) mais aussi sur des distances plus longues. Quand le lascar aura vraiment trouvé ses marques en ultra, ça va décoiffer ! Phil a été le poinçonneur principal de l’équipe (avec Zeb). Il a fait des petits trous 17 heures durant, sans rechigner, même quand il fallait se mouiller les pieds ou passer sur des troncs d’arbres glissants ! Phil a quand même un petit défaut : il fuit par le bas et doit donc faire de nombreuses pauses techniques.

Zeb, dit Seb, dit Sébastien (Reims). Son programme 2007 vous en dira beaucoup sur le gaillard : Raid 28, 100KM de St-Nazaire, GRR 73, UTMB.. et quoi d’autres ! Sa femme est un ange pour supporter de vivre avec cet obsédé de la course à pied. Bon, il a quand même quelques qualités, la première étant d’être un excellent compagnon de route. Jamais stressé, sauf au départ et lorsque ses tendons le chatouillent (auquel cas on a droit à un bulletin spécial tous les ¼ d’heure). Il a assuré à la fois le rôle de poinçonneur (des Lilas) bis et de lecteur de définitions. Trois heures du matin, dans la boue, un cri jaillis : « Seb, c’est quoi la 22 ? ». Et lui, imperturbable : « 250M au 360° de la grande mare derrière le troisième rocher à l’ouest de l’est du G du Bois de la Guyonerie ». Tout ça en sirotant son camel ! Car Zeb, c’est le contraire de Phil. Il fuit par le haut… Il bois trop.

Olivier, dit… Olivier, parfois Tribondeau (Villebon-sur-Yvette). Pas beaucoup de cheveux mais beaucoup de gentillesse. En dépit de son forfait pour cause de douleur récalcitrante au pied (contrairement à une rumeur répandue par un concurrent aigri), il a assuré la logistique technique de l’avant course en nous recevant chez lui pour une pasta-party qui a certainement compté dans la réussite de l’équipe. Olivier, c’est un maître traileur, dejà finisher de l’UTMB. On t’as bien regretté Olivier (d’autant que le match entre Nicnic et toi en matière d’humour s’avérait prometteur) et je suis sûr que toi aussi… Mais ça n’est que partie remise. Rendez-vous l’an prochain.

Quand à votre serviteur, il aura l’immodestie de dire trois mots sur lui-même. Jérôme, dit Karllieb, dit le Pitaine (Villejuif). Totalement néophyte en raid d’orientation, novice en trail, plutôt adepte du bitume… On se demande vraiment comment je me suis s’est retrouvé à la tête d’une équipe sur le Raid 28 (probablement qu’il fallait un couillon pour signer le chèque). Principale qualité ? Assez inconscient pour se lancer dans l’aventure et faire croire aux autres que « ça va le faire ». Principal défaut ? Vraiment, j’ai beau chercher, je ne vois pas… Non, je plaisante. J’ai des tas de défauts mais je ne vais quand même pas m’amuser à les énumérer dans un texte que ma femme et mon employeur pourrait lire. Pas fou non ! Je dirai juste qu’à mon âge avancé, les fins de course sont parfois dures. Ils m’ont fait souffrir les p’tits jeunes dans les derniers KM… ouille !

Le rideau se lève

22 H. Samedi 13 janvier. Gymnase du CAE à Bures-Sur-Yvette. Je suis aligné derrière la ligne du Raid 28, avec une cinquantaine d’autres capitaines d’équipes. Mes coéquipiers de l’équipe Kikourou attendent dehors avec 250 autres rigolos habillés en collants avec des petites lumières sur la tête. Dans le gymnase, on plaisante, on se pousse du coude, on rigole… mais il y a de la tension dans l’air. Pappy Turoom, le patron du Rais, arbore le sourire du chat qui s’apprête à manger une souris et le Kloug, sorte de fou du Roi, prend un malin plaisir à faire monter la pression… Dans quelques secondes, on va nous remettre les instructions pour le départ de ce raid en orientation qui va durer jusqu’au lendemain 16H (au plus tard). Gloups… mais qu’est ce que je fais là ?

Genèse d’une équipe

La création de l’équipe Kikourou sur le Raid 28 remonte à la dernière Saintélyon. Cette course (fameuse) avait été l’occasion pour une bonne vingtaine de kikoureurs de se rencontrer lors du resto d’avant course. Et comme au même moment Mathias avait lancé le chat Kikourou, après la STL, tout ce petit monde s’est naturellement retrouvé sur le dit chat pour papoter à qui mieux (souvent pendant les heures de travail… ). Et une chose en entraînant une autre, fatalement, quelqu’un a proposé (je crois que c’est Zeb) de monter une équipe pour le Raid 28. Ce à quoi j’ai malencontreusement répondu : « pourquoi pas… ». Il faut dire que je sortais d’une mauvaise expérience : mon abandon sur la STL 2006. J’avais donc une revanche à prendre - et rapidement - sur moi-même. Me voilà le doigt pris jusqu’au coude dans l’engrenage. En moins de temps qu’il n’en faut au Castor junior pour boucler un 24H, Olivier, Nicnic et Phil font acte de candidature. Après quoi on part à la chasse aux filles (enfin... à la fille) car il faut au moins une féminine par équipe pour pouvoir s’inscrire au Raid 28. Coup de bol : l’appât déposé sur le forum UFO nous permet de piéger May. Une inconsciente (non, non, May… te fâches pas !) qui voulait juste faire une sortie longue en prévision de l’UTMB. Tu parle d’un entraînement !

Bref, tout ça ne se goupillait pas trop mal. En dehors du fait que je ne connaissais absolument pas les autres – hormis Zeb croisé brièvement à la STL – que je ne savais à peu près rien à l’orientation, que j’ignorais si notre équipe serait suffisamment homogène et que je commençai à me demander si je ne me m’étais pas lancé dans un truc de dingues (c’était d’ailleurs bien le cas). Sans compter que j’avais été catapulté capitaine de cette première équipe Kikourou sur le Raid 28. Aïe, si ça coinçait, j’allais m’en mordre les doigts. Il allait falloir assurer... grave ! C’est là qu’est intervenu un sympathique personnage - Domi, ou Gros camion, ou Monstertruck – un raideur expérimenté qui nous a permis, à May et moi-même, de faire nos premières armes en orientation lors d’un entraînement au Vaux-de-Cernay (lieu prémonitoire). Puis rebelote pour une sortie de nuit (sans May) dans les bois de Verrières. Merci à lui. Il m’a permis d’apaiser mes plus gros doutes sur la faisabilité de l’affaire. Je vous passe les autres étapes de la préparation, ponctuées par de nombreux mails dont j’ai abreuvé jusqu’à plus soif mes coéquipiers : « lisez bien le règlement, envoyez vos chèques et vos certificats, n’oubliez pas le brassard fluorescent, pensez à prendre des lampes assez puissantes… et de la boisson en suffisance ». Comme ils sont bien élevés, ils ne m’ont pas fait remarquer que je radotais (contrairement à ma femme qui, elle, ne s’en prive pas).

Sachez seulement que la question de savoir si un sac de 10L était préférable à un sac de 17L, voire de 27L, a occupé Zeb bien des nuits (tout ça pour courir acheter un 17L la veille du raid). Quant à Nicnic, il nous a fait passer un bon moment lorsqu’il nous a expliqué, le plus sérieusement du monde, qu’il emmenait des pastilles désinfectantes pour l’eau… je n’ai pas osé lui demander s’il emmenait aussi le fusil à alligators ! Autre perle : Olivier qui, s’il était venu, pensait fermement se munir de ses chaussons de plongée pour traverser les cours d’eau et autres mares. Vu le nombre de fois où on a eu les pieds dans l’eau, j’imagine le sketch répétitif du changement de chaussures ! Olivier - moins drôle - m’a aussi fait passer une mauvaise nuit lorsqu’il a confirmé son forfait… le coquin !

« Vous avez vos papiers ? »

Toujours est-il que nous voilà à pied d’œuvre le jour J. Premier rendez-vous chez moi, pour un déjeuner, avec Nicnic, Zeb et May. On est encore un peu intimidés, on ne se connaît pas, on se fait des politesses… L’atmosphère va vite se réchauffer lors du trajet pour aller chez olivier, à la faveur d’un jardinage routier de votre serviteur dans la banlieue sud (je m’étais trompé de route). Quelle idée aussi de griller un feu et un sens interdit juste sous le capot d’une voiture de police ! Aïe… ça commence mal pour le Pitaine de l’équipe ! Je suis rouge de honte… Heureusement, les deux pandores, plutôt froids de premier abord, ne saleront pas l’addition (aucun point de perdu… ouf). Le dialogue final vaut quand même son pesant de Green magma. Le CRS : « Et vous allez où comme ça ? ». Le kikoureur : « Ben… à une course d’orientation ». Le CRS : « Ah ! C’est pas gagné… ». Le kikoureur : « … euh, merci m’sieur l’agent ». Et lorsque qu’une heure plus tard, Phil, récupéré à Epernon, me racontera qu’il avait été contrôlé en venant par les douanes volantes. Lesquelles avaient été jusqu’à mettre le nez dans son tube de dentifrice, j’ai cru que le mauvais sort s’acharnait sur nous ou alors que certains concurrents (à la queue et aux dents longues) nous avaient dénoncé anonymement aux forces de l’ordre. Autant dire que la pasta party concoctée par Olivier dans sa douillette maison de Villebon fut bien accueillie. Elle a même, sans aucun doute (bisque bisque Cédric !), contribué au succès de l’équipe 48 (Kikourou !!!).

Déjà trois pages et on n’a pas commencé à courir. Il serait temps de passer aux choses sérieuses. Nous voilà donc partis dans la nuit, à deux voitures, pour rejoindre le gymnase du CAE à Bures. Olivier, en régional de l’étape, prend la tête… et se perd. Bravo l’orienteur en second ! Nicnic prend alors les choses en main, s’empare de la carte et nous mène impérialement à bon port. Evidemment, aucun panneau ne signale l’arrivée à proximité du lieu de départ. Ce serait trop facile ! T’es un raider oui ou merde ! Mais on trouve quand même l’entrée du gymnase qui commence à se remplir. Suivent la mise en tenue et les formalités d’usage (vérification des sacs, retrait des dossards, photo d’équipe). Tout ça dans la plus parfaite bonne humeur. L’occasion aussi de rencontrer quelques kikoureurs connus ou non : L’Castor, L’Blueb, l’Ourson, Taz… (j’en oublie, qu’ils me pardonnent). On se goinfre de gatô sport et de riz au lait. Zeb entame son fameux sketch de « La poche à eau qui fuie » ("si, si, touche, je te dis que c’est mouillé !"). Un vrai succès ! Les minutes passent. On est bien tassés (y a de plus en plus de monde) mais on est finalement assez relax. De toute façon, nous ne sommes pas là pour la gagne. Notre stratégie : finir dans les délais, tous ensemble, en ramassant le plus de balises vertes possibles. Et si on glane quelques bleues au passage, tant mieux. Malgré tout, sans oser nous l’avouer, nous sommes tous un peu inquiets de voir comment l’équipe va se comporter. Est-ce que ça va être la cata dès les premières balises ? Un léger doute subsiste dans un coin de ma tête comme dans celles, je pense, de mes équipiers. Il sera vite levé…

Le coup d’envoi est donné

Trois, deux, un… Partez. Les capitaines récupèrent la première carte, qui donne les indications permettant de récupérer le road-book de la course, et se précipitent dehors pour retrouver leur équipe. Nico, fin stratège, attend juste à la sortie. Je lui passe la carte. Une dizaine de secondes d’incertitude (où on est ?) et on démarre en suivant le flot des coureurs. Tout ça nous mène, en contrebas, dans un vaste tunnel où brûlent des feux de bois et des feux de détresse. Ambiance… On nous remet – enfin – le road book du Raid 28. Première chose à faire : repérer où nous sommes. Je suis un peu largué. Heureusement, Nico nous remet dans le bon sens. Nous prenons quelques minutes pour relever les balises vertes jusqu’au PC2. Et, en route pour l’aventure…

Le premier PP (point de passage) se situe à l’entrée sud d’un pont. Evidemment, il y a un bel embouteillage. Où est la balise ? Phil, plein d’enthousiasme, s’engage dans le raidillon qui descend sous le pont. On jardine… Où est cette satané balise ? Mais… elle est là ! Juste sous notre nez, masquée par des paquets de raiders ! Evidemment, Phil, qui a le carton de pointage, a disparu sous le pont. Ça commence bien ! 5mn plus tard, la balise enfin pointée, toute l’équipe s’engage sous le pont, direction le PP 4, les 2 et 3 étant des balises bleues, donc ignorées. On suit Nico à travers champ et on tombe pile sur la balise, juste là où il l’avait située. Le moral remonte en flèche. On est contents. Une course tient parfois à de petits détails et notre Raid 28 à tenu, en partie, à cette seconde balise trouvée en 10 secondes au coin d’un champ. Le ton était donné et la confiance en notre orienteur en chef solidement ancrée.

On arrive au 1er PC qui se trouve dans un village, sur la traversée d’une départementale. Evidemment, on a pris trop large et on déboule à 200 M de la bonne intersection. Une manie chez nous d’arriver par là où on ne nous attend pas ! Pas grave. On passe le pointage et nous voilà repartis. Après le PP suivant, on arrive au bout d’un champ en haut d’une pente boisée et broussailleuse. Normalement, c’est tout droit. Qu’est-ce qu’on fait ? On file dans la pente ou on fait un détour par le chemin. J’hésite… Je me dis qu’il faut peut-être jouer la prudence et ne pas risquer l’aventure en début de course. Avant que je me décide, Nico coupe court en s’engage dans la pente. Il s’agit en fait d’une espèce de décharge avec des gravats et des bouts de barbelé… Beurk. Mais ce « tout droit » nous permet de gagner un temps précieux et renforce encore le moral de l’équipe. Bonne décision Nicnic. Je m’en veux de ne pas l’avoir prise moi-même.

Temps doux pour la saison

Un mot sur la météo. On nous annonçait un WE printanier. Le beau bonnet Kikourou restera donc dans le sac, aux vestiaires. La première partie de nuit sera un tout petit peu humide avec, parfois, un léger crachin et des températures très acceptables. En raison de quelques passages ventés, je supporterai néanmoins un maillot technique, manches longues, et ma veste Raidlight (je n’aime pas avoir froid au ventre, c’est comme ça… ). En cours de nuit, le ciel se dégagera et nous aurons droit à un beau ciel étoilé (les étoiles, c’est beau mais il est plus prudent regarder la carte ou ses pieds) et à des températures en baisse notable. Pas loin de zéro autours de 6H du matin. Quant au dimanche, il sera royal (normal dans la forêt de Rambouillet) avec beau soleil et grand bleu. Bref, une météo totalement atypique pour un Raid 28. Alors, bien sûr, certains grands anciens vous diront qu’un raid 28 à plus de 5°, ça n’est plus un raid 28. Laissez les dire… Nous sommes, nous, de la nouvelle génération. Celle du réchauffement de la planète et des ananas cueillis sur l’arbre dans les forêts d’Ile-de-France. L’an prochain : moustiquaire et nivaquine obligatoires pour tous les raiders.

La première partie de la nuit se déroule à toute vitesse. On court, on marche, on grimpe, on pointe, parfois on jardine… En deux ou trois occasions, on se trompe de chemin mais on s’en aperçoit assez vite et on revient en arrière (grrrr… ). Comme après le PP 15, à St-Rémy-les-Chevreuses, lorsque nous voyons les autres équipes filer tout droit et que, comme un seul homme, nous décidons de prendre à gauche la route qui monte. 500 m plus loin : « Mais où en est là ? ». Hop, demi-tour. Mais dans l’ensemble, ça roule. Nicnic oriente, Phil et Zeb chasse les balises. Tous les deux PC, on ravitaille et on reporte les balises suivantes. Notre équipe s’est donnée pour règle de courir le plus possible. Et dès que le terrain le permet, on relance. C’est l’un des points forts de l’équipe Kikourou qui va beaucoup courir tout au long du raid, même si sur la fin elle a parfois levé le pied. Tout le monde suit sans gros problème. Du moins je le crois. J’essaie de garder un œil sur May. Je ne voudrais pas qu’elle se mette dans le rouge en voulant suivre un rythme collectif trop élevé. Mais ça a l’air d’aller. En revanche, elle n’est pas à l’aise avec les définitions de balises qu’elle est chargée de lire à Nico. Assez rapidement, Zeb prend la relève. Nicnic, lui, garde le nez sur la carte. Quant il hésite, il me demande ce que j’en pense… A deux, on est parfois moins bêtes. En tout cas, on avance. Je ne sais plus à quel PC, on nous dit qu’on est en troisième position. Wouaouh ! On sait que ça ne durera pas mais on est contents de nous. Quand à moi, je ne suis pas encore tout à fait dans le coup. Comme souvent en début de course, mon estomac fait un peu des siennes et je m’alimente prudemment mais régulièrement pour ne pas risquer la panne sèche. Je suis le capitaine mais l’équipe fonctionne toute seule et ça me va tout à fait.

Sur le parcours, on croise régulièrement d’autres équipes mais il y a assez peu d’échanges. Chacun est dans sa course et, ne connaissant pas bien les mœurs des orienteurs, je ne me risque pas à engager la conversation. Même quand on rencontre l’équipe de l’Electron. Lequel z’animal, j’avais déjà croisé à l’été 2006 à l’occasion de son magistral UTRPP. Mais pour l’heure, tel Bonaparte, il est à la manœuvre. Houlà ! Ne pas déranger… En revanche, les passages aux PC sont les plus souvent conviviaux. Les bénévoles nous encouragent, nous proposent de laisser nos papiers gras, nous plaisante gentiment. C’est à chaque fois une petite bouffée d’oxygène avant de replonger dans la carte et dans le raid. Et puis le parcours est globalement superbe. Certains endroits valent le déplacement, comme ce passage, à Chevreuse, sur un pont SNCF désaffecté et recouvert de gravier blanc qui brille dans la nuit… magnifique !

Des vertes… et des pas mûres !

On arrive aux Vaux-de-Cernay, une partie du parcours plus technique située entre Cernay et Auffargis. Là même où nous avions fait notre séance d’entraînement avec les Monstertruck. Le terrain ne m’est donc pas totalement inconnu. Autre atout : Olivier, qui a fait un tour en VTT le matin même dans le coin, a repéré la balise 32. Il faut dire qu’elle est immanquable, sur l’énorme monument au mort qui se trouve juste à l’angle du lac. Nous sommes donc en confiance. D’autant que nous séchons allègrement la spéciale CO mitonnée par le Kloug. Dommage mais il est préférable de nous en tenir à notre objectif initial : les vertes, rien que les vertes, toutes les vertes… Je tiens absolument à ce que nous passions les barrières horaires des PC 11 et 12. Etre éliminé sur dépassement de temps ? Pas question ! Ce qui ne nous empêchera pas d’ailleurs de louper la verte des « Vallées » - nous ne l’avons jamais trouvé - et de moissonner quelques bleues, que nous ne cherchions pas, en suivant d’autres équipes. C’est le jeu… Le parcours n’est en tout cas pas trop méchant. Pas de grimpette pleine pente comme au Trail de Chevreuse qui passe dans le coin. On suit gentiment, ou presque, les courbes de niveau. L’équipe va bien. Quant à moi, l’estomac a pris son rythme de croisière. Les jambes aussi. Je court parfois en tête, parfois derrière, en évitant de forcer la machine. Il y a encore de la route. On essaie de penser à s’hydrater et à s’alimenter régulièrement. Sinon, gare aux crampes et à l’hypoglycémie !

Des chutes… il y en a eu. Car il faut dire que le parcours du raid 28 est assez mal tenu et que les obstacles ne manquent pas : branches, rochers, ronces, flaques de boue, descentes en forme de patinoire… (que fait l’équipe Turoom ?) Au petit jeu du nez dans le gazon, May et Zeb obtiennent sensiblement le même score avec 3 ou 4 chutes chacun. Un accessit toutefois est décerné à May qui a été à deux doigts de se retrouver au fond d’un ruisseau glacé. Nicnic et Phil, eux, ont eu beaucoup moins de réussite avec seulement 1 ou 2 cassages de gueule. Quant à votre serviteur – la honte de l’équipe – il a trouvé le moyen de ne jamais se flanquer par terre. Désolé… j’essaierai de faire mieux la prochaine fois.

Raid 28 : faut se mouiller

Un petit mot aussi sur les franchissement de cours d’eau et autres mares. Quand vous faites le Raid 28, dites-vous bien qu’à un moment ou un autre, vous aurez les pieds mouillés. Certes, sur le premier tiers du parcours, je me suis félicité d’avoir des chaussures en gore-tex. J’avais les pieds bien secs et au chaud. Mais il m’a bien fallu mettre les pieds dans l’eau, aux Vaux-de-Cernay, pour traverser un cour d’eau sous l’œil sadique de l’équipe Turoom et de ses caméras. A partir de là, nous avons alterné : une couche de boue, un nettoyage à l’eau… jusqu’aux trois quart du parcours.

Intermède
Et là je dis : de qui se moque-t-on ? Pourquoi nous obliger à emporter une paire de chaussettes de rechange qui restera dans le sac ou qui sera rapidement aussi mouillée que la première ? Non, messieurs de l’équipe Turoom ! Nous n’acceptons pas cette provocation à l’endroit de pauvres raiders qui ont payé fort cher le droit de passer sous vos fourches caudines ironiques et grimaçantes ! Ah mais !
Fin de l’intermède

Ça fait du bien… Reprenons. C’est justement au Vaux-de-Cernay que croisons une équipe qui à l’air de carburer fort. Mais, bizarre.. l’un des équipiers est encordé avec la féminine de l’équipe, un peu comme s’il la tractait. Je dois dire que sur le moment, je suis passablement choqué. D’autant que la pauvre fille à l’air déjà cramée. J’ai même l’impression qu’elle a un problème à la jambe droite. On les suit un moment – ce qui nous permet de récupérer deux balises bleues – et le curieux équipage continue d’avancer grand train. Vraiment bizarre. On m’expliquera plus tard que le fait de s’encorder est habituel en raid. Sans doute, mais quand même. Je n’aimerai pas être à la place de la fille au bout de la corde.

De mémoire de raider

Sortis des Vaux-de-Cernay, je me sens en pleine forme et je prend régulièrement la tête de l’équipe. Je fonce… Nico, toujours attentif, me fait comprendre qu’il faudrait peut-être lever le pied car May rame un peu en queue de peloton. Oups… Il a raison. Je me suis emballé. Ben alors capitaine ? On oublie ses coéquipiers ? De toute façon, nous avons de la marge sur les barrières horaires et nous décidons de nous risquer sur la spéciale mémory qui se trouve sur notre route. Pendant 28 secondes, on regarde une carte sur laquelle il faut mémoriser les emplacements de six balises. Chacun doit en repérer une. Nous ne parvenons à en reporter que trois de mémoire sur notre carte. Go ! Après quelques tâtonnements, nous trouvons la première balise. La seconde, c’est moi qui l’ai relevé et je suis certain de pouvoir la trouver. Je prend la tête de l’équipe. Gauche, droite, gauche, on s’enfonce dans la pinède… Et m… ! Pas moyen de trouver cette p… de balise ! On laisse tomber mais je suis vexé. Pas si facile l’orientation. Quelques dizaines de mètres plus loin, on tombe nez à nez avec une ligne de chemin de fer. Six belles rangées de rail brillantes alignées avec un train qui fonce dessus. Euh… Comment ont fait là ? Facile, répond Nico, on suit la ligne sur la droite et on tombe sur le PC 8. Si tôt dit, si tôt fait. Au PC 8, les bénévoles ont l’air de très bonne humeur. Et pour cause ! La balise suivante, à 50 M de là, se trouve juste sous le pont SNCF… sous lequel se trouve une belle mare d’eau bien froide d’environ 40 M de long et 60 cm de profondeur. Merci les gars ! Une fois passée le Rio grande, nous laissons tomber les trois autres bleues de la mémory et filons jusqu’au PC suivant (9) qui se trouve sur la N10, a peu près à mi parcours.

Merci pour le chocolat

Nous voilà dans la forêt de Rambouillet que nous ne quitterons qu’en vue d’Epernon, donc de l’arrivée. C’est le petit matin et la température chute aussi vite que Zeb quand il se prend les pieds dans une branche. Fait frisquet – gla, gla,gla - et je sort mes gants du sac. Le jour va se lever – lentement – et nous allons profiter d’une magnifique journée dans cette forêt vraiment superbe. L’équipe Turoom a d’ailleurs eu la bonne idée de mettre une balise au pied de l’un des deux plus beaux chênes de la forêt. Impressionnant ! Il n’y aurait pas les chasseurs qui font du bruit (grrr), ce serait parfait. Surtout que Phil sort trois tablettes de chocolat de son sac et Zeb son paquet de Tuc. Miam… Dommage qu’on soit un peu juste sur la boisson. Surtout Zeb qui tourne sur ½ litre depuis la mi-parcours. En ce qui me concerne, je suis parti avec deux poches à eau de 2L (St-Yorre et poudre énergétique dans l’une, coca dans l’autre). Ce sera tout juste et je serai bien content que May me donne un peu d’eau dans les derniers KM (merci May). L’équipe Kikourou continue néanmoins de tailler la route et arrive bientôt en vue du PC 11 qui constitue la première barrière horaire. Nous avons à peu près deux heures d’avance. Yesss ! C’est avec une intense satisfaction que nous longeons le bus destiné aux rapatriements des blessés et des retardataires et dans lesquels nous ne monterons pas (du moins cette année). Ceci dit, il ne faut pas traîner car il y a 14 balises vertes à trouver d’ici au prochain PC (12), lui aussi éliminatoire.

Le PC 12, justement, nous pensions le rallier en une heure environ. Nous mettrons près de deux heures ! Il faut aller chercher ces balises qui se font désirer, les coquines. Par exemple, au PP 79, on envoie Phil pointer la balise qui est censée se trouver 250 M plus loin. On le voit s’éloigner et, plus de nouvelle… Nicnic part à sa recherche. Au bout d’un moment, ils reviennent tous les deux. En réalité, ils ont bien du faire 1 KM aller-retour pour dénicher cette fichue balise. On jardine aussi au PP 83 qui se trouve sur l’une des nombreuses mares du coin. Zeb et May sont restés en arrière et nous sommes partis chercher la balise avec Phil et Nicnic. Après avoir fait le tour de la mare plusieurs fois, nous finissions par la trouver mais ça use.

C’est moi l’orienteur !

La fatigue aidant, le rythme se baisse notablement. Nous nous offrons quelques moments de marche et ça fait du bien. Nous croisons d’autres équipes au hasard des balises, dont les Juckson’s five, aisément reconnaissables à leurs magnifiques touffes noires. Beaucoup sont au ralentis. Nicnic, qui accuse le coup d’une nuit d’orientation, m’a passé le relais et la carte au PC 11. A moi de montrer ce dont je suis capable. J’ai l’impression d’être au bord de la piscine avant de sauter dans le grand bain ! J’essaie de prendre un air déterminé et… en avant la musique… Finalement, je ne m’en sort pas trop mal, sauf lorsque sur une balise, je tente de marcher à la boussole. Boum ! Plantage. Heureusement, Nico est là pour m’aider à nous recaler. Quoiqu’il en soit, j’adore ça ! C’est un vrai jeu et il y a une intense satisfaction à mener son équipe d’un point à un autre sans se tromper. Je recommencerai volontiers.

Le PC 12, enfin, et la seconde barrière horaire. Maintenant, nous sommes certains d’aller au bout. Depuis la mi-parcours, je savais déjà que, sauf accident, l’équipe Kikourou rentrerait dans les délais à Epernon. Mais là, c’est du pesque sûr. On repart pour la dernière grande étape (13 KM) qui commence par un nouveau passage dans l’eau au barrage sur la « Guesle rivière ». Encore de l’eau ! Il y a d’ailleurs un petit embouteillage à cet endroit et nous retrouvons l’équipe de l’Electron – toujours à la manoeuvre - et celle du Castor junior. Je croise ce dernier sur le bord de la rivière. Il a la mine déconfite et lâche : « on est à la rue… ». ça me fait de la peine car la « parfaite lumière » avait des ambitions dans ce Raid. Elle finira quand même devant nous en temps compensé mais je crois que l’ambiance n’y était pas. Dommage…

Le masochisme du coureur de fond

Les chaussures à nouveau humides et crottées, je décide de monter tout droit à travers un pare-feu. Ça c’est de l’orientation ! Au PP 99, on jardine. Phil et Zeb commence par aller chercher la balise sur mes indications. Pendant ce temps, avec Nicnic, on jette un nouveau coup d’œil sur la carte… Zut, on s’est trompé ! Ils ne vont pas la trouver. Nicnic file les chercher et s’embarque dans la mauvaise direction. M… ! Au bout de 10mn, tout le monde finis quand même par se retrouver. Je leur propose de commencer à marcher vers le prochain PP pendant que j’irai pointer la baise. Ce sera mon seul moment de solitude sur ce Raid. Je file vers l’endroit où se trouve, selon moi, la balise. Elle y est. Il y a d’ailleurs trois raiders qui font une pause à côté. Je poinçonne et je repart en courant à la poursuite de l’équipe. Je souffre et en même temps je ne donnerai pas ma place pour un empire. Faut vraiment être dingue pour continuer à courir après plus de 15 H de raid !

Je rejoint mes équipiers, vidé. May, elle, en revanche, a repris depuis un moment du poil de la bête. Elle est toujours devant. On ne la tient plus. Les trois autres garçons ont l’air de suivre mais je sens bien que ça tire. Ça devient d’autant plus difficile que les distances entre les balises s’allongent. Nous sommes sortis de la forêt et nous suivons d’interminables chemins agricoles. Mais l’équipe Kikourou ne baisse pas les bras. On relance. On rattrape et on double des équipes qui marchent. Au PC 13, nous sommes applaudis. Ça fait chaud au cœur. Cela dit, j’ai du mal à garder ce rythme alors je propose une Cyrano : 4mn en courant, 1mn en marchant. Ça permet d’avancer tout en conservant des phases de récupération. Je me goinfre de Tuc. Miam…c’est bon ! Merci Zeb. Je me rend compte que j’avais un petit début d’hypoglycémie. Alimentation insuffisante. C’est le métier qui rentre… Et puis je meurs de soif. Je rêve d’un grand verre d’eau fraîche et d’un bon demi glacé. Quelle torture !

Le jardin des Hautes-Bruyères

« Au fait, il n’y avait pas un PP 101 ? »,demande tout à coup Nico. Espèce de crétin ! (ça c’est moi qui me cause à moi-même) En reportant les PP au PC 11, j’en ai oublié un. Zut, flûte et crotte ! Trop tard pour retourner en arrière. C’est trop loin. Je me donnerai des baffes. Nous n’avions raté qu’une seule verte jusque là… Il faut se faire une raison mais c’est rageant. ! Bref, après plusieurs KM de course et de marche ininterrompues, nous arrivons au PP 102. Il s’agit de ruines qui doivent se trouver près d’une grosse ferme que l’on voit se détacher sur fond de champ et de ciel bleu. Facile ! Je propose à May d’y aller pour qu’elle poinçonne au moins une balise. Et puis Phil à l’air à la ramasse. May file donc vers la ferme avec Zeb en chevalier servant. Phil continue le chemin en marchant mais je l’envoie sur la mauvaise route et nous sommes obligés d’aller le rechercher avec Nico. Le temps qu’on revienne au croisement, May et Zeb ne sont toujours pas revenus. Je me dis qu’ils ont été invités à boire un coup à la ferme. Nous partons les chercher avec Nicnic. « Ben alors ? Qu’est ce que vous faites. Elle est où la balise ». Ils sont tout déconfits. Ils ne l’ont pas trouvé. Nous refaisons le tour de la ferme, à quatre, en regardant bien partout… Nada. Pas plus de balise que de beurre en broche. A l’arrivée, nous apprendrons que nous n’avons pas été les seuls à jardiner sur ce PP. Seules les équipes de tête ont trouvé la balise. Au total, ça nous fait donc trois vertes de chute. Heureusement que nous avons engrangé 8 balises bleues au long de notre périple.

On y est !

L’arrivée est bientôt en vue. Plus que quatre balises et un PC que nous avalons rapidement. Au PP 103, au bord d’un petit étang, plusieurs équipes tournent en rond. Tout le monde cherche. Je croise une promeneuse qui me demande : « Vous cherchez la balise ? Elle est là-bas, juste derrière le petit sapin ». Merci m’dame… Je me précipite, aussitôt repéré par les autres équipes. Pas grave. On s’amuse. Dans la descente vers Epernon, May retrouve des jambes de feu. Je repasse le relais de l’orientation à Nico. D’abord parce que je suis « out ». Ensuite parce qu’il me semble que c’est à lui que revient l’honneur d’orienter sur les derniers KM. Voici bientôt a dernière balise, sur le monument aux morts. Zeb, qui a encore la pêche, grimpe les quelques mètres qui nous en sépare pour la poinçonner. Et on fonce vers l’arrivée. Sauf qu’on se débrouille comme des manches et qu’on prend le mauvais chemin (je viens de voir sur le raod book qu’il était indiqué sur la dernière balise comment rejoindre l’arrivée… évidemment personne ne l’a lu !). May est au sprint dans les rues d’Epernon. Je crie : « Attends, il faut qu’on arrive ensemble ». Zeb est mort de rire. Et puis M… ! Je suis cramé mais je propose quand même à Zeb de mettre la gomme pour rattraper notre fugueuse. Ça fait du bien de cravacher… Tant et si bien que nous arrivons comme des fusées au stade… mais du mauvais côté ! C’est pas vrai ! On commence à faire le tour mais un chauffeur de bus nous arrête : « C’est là bas l’entrée ». Demi-tour. On rentre dans le stade par la porte de service, derrière la ligne d’arrivée. N’importe quoi l’équipe Kikourou ! On se faufile pour se remettre dans le bon sens et nous voilà, tous les cinq, main dans la main, sur la ligne d’arrivée que nous franchissons ensemble. Il est 15h03mn. Nous l’avons fait !

De la suite, je ne raconterai qu’une seule chose : la gentillesse de Taz qui était déjà au départ et qui était encore à l’arrivée avec mille et une attentions (et plein de bonnes crèpes) pour tous les Kikoureurs (et il y en avaient). Elle avait même apporté sa bouteille de pastis suite à une plaisanterie faite pendant la course au téléphone par Nicnic. Adorable… Merci Taz.

Le bilan.

Nous terminons 27ème (15H03 en temps compensé) – juste derrière Monstertruck - sur 43 équipes classées et 51 au départ. Pas mal non ? Nous étions des néophytes sur le raid 28 et nous sommes arrivés au bout en bon état, même si j’ai un peu tiré la langue sur la fin. Bien sûr, la météo a été plus que favorable. Mais quand même… Il fallait le faire. L’équipe s’est révélé très homogène, tant sur le plan sportif qu’humain. Nous nous sommes bien entendus. Il n’y a pas eu de frictions. Et surtout, je crois que nous y avons tous pris beaucoup de plaisir. Ce qui était quand même l’essentiel. Voilà. Tout est dit ou presque. Désolé d’avoir été un peu long.

Prêts pour l’année prochaine ?

14 commentaires

Commentaire de _azerty posté le 18-01-2007 à 18:29:00

Voila c'est fait. Vous êtes rentrés de la plus belle des façons dans le monde des raideurs.

Désormais, vous allez surveiller le calendrier pour savoir où et quand remettre le couvert ;-)

Félicitations à tous et longue route à l'équipe Kikourou.

A très bientôt pour une sortie commune
Domi

Commentaire de may posté le 18-01-2007 à 19:33:00

j'ai beaucoup ri en lisant ton CR qui retranscrit parfaitement l'ambiance du raid de l'équipe, car il est vrai que nous avions beaucoup ri à travers ces chemins boueux.
merci encore à vous, c'est une expérience qui m'a enrichie sur le plan sportif, mais surtout humain, et cela, je vous le dois.
Bise, à ++ May

Commentaire de L'Castor Junior posté le 18-01-2007 à 20:26:00

Merci Jérôme pour cet excellent moment passé à te lire, le sourire jusqu'aux oreilles (même lorsque tu évoques un certain concurrent aigri dont je doute qu'il puisse exister réellement ;-)) ).

Je suis vraiment très heureux pour vous, presque fier de l'exploit que vous avez accompli pour ce premier plongeon dans le monde du Raid et les eaux froides de la Vallée de Chevreuse et de la Forêt de Rambouillet.

Car, même si les conditions climatiques étaient plutôt clémentes, cette épreuve en reste une, vraiment, et j'ai trouvé cette édition plus difficile que celle de l'an dernier (ouh la la, je me vieuxconnise, là ;-)) ).

Rendez-vous l'année prochaine pour de nouvelles aventures !

Commentaire de akunamatata posté le 18-01-2007 à 20:45:00

Maousse costauds les kikoureurs !
Karllieb au top du classement pour le récit aussi.

Commentaire de taz28 posté le 18-01-2007 à 21:34:00

Karllieb, même pas vrai que c'est long à lire !!! J'ai aimé tous ces détails que tu donnes durant votre parcours, et tous les petits clins d'oeil qui m'ont bien fait rire !!! May est un sacré petit bout de femme, Zeb est touchant par son humilité, Nicnic adorable, Phil que je connais moins l'est certainement tout autant, et toi si sympathique, je suis ravie d'être venue à votre rencontre dans le gymnase de Bures...

Merci pour la conclusion où tu me mets en avant
;-)

Il faut dire qu'en me dirigeant vers l'arrivée, je riais toute seule dans les rues d'Epernon chargée de mon pastis, de mes bières, et de mes crêpes !!! Mais j'avais un devoir, apporter le ricard pour Zeb
Mission accomplie
Bisous Jérôme

Taz

Commentaire de agnès78 posté le 19-01-2007 à 07:43:00

Ouh, là là : il est ENORME to CR au même niveau que votre performance, d'ailleurs!

MERCI de nous avoir fait partager cette course au coeur de votre belle équipe!

On s'est peu croisés mais suffisamment cependant pour ressentir cette bonne humeur qui règnait au sein de votre groupe!

Un grand BRAVO à toute et tous!

A très bientôt sur un trail, raid....

Bises

agnès

Commentaire de Zeb posté le 19-01-2007 à 10:04:00

Magnifique ! Evidemement, c'est pas trés objectif, puisque membre de cette équipe, mais c'est le premier mot qui me vient à l'esprit ma-gni-fi-que ! J'ai encore "grandi" ce weed-end là, moi, humble petit "padawan", au contact de vous tous, de mes coéquiers bien-sûr, mes aussi des autres, briévement rencontré ou non (je sais, je vais me répéter, mais bon :haaaaa, la bière de Taz......), et puis j'ai aussi appris "sur moi-même"....on verra cela peut-être dans un autre CR...

Si avec cela, on a pas trois équipes kikourou l'an prochain....

Merci Jérôme !

Zeb_Kikoureur_heureux !

Commentaire de gdraid posté le 19-01-2007 à 10:12:00

Bravo Karllieb !
Tu réussis un récit géant, en plus d'une grande course !

Commentaire de le_kéké posté le 19-01-2007 à 17:02:00

Excellentissemmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmme
bravo et merci pour ce magnifique CR

Commentaire de béné38 posté le 19-01-2007 à 21:44:00

Super, magnifique, génial !!!
J'ai presque regretté d'avoir refusé ton offre de faire partie de l'équipe !! Mais honnêtement je ne sais pas si j'aurai pu tenir comme May l'a fait.
Merci pour ce récit qui reflète bien la bonne humeur et la bonne organisation de votre équipe.
A bientôt
Béné38

Commentaire de nicnic38 posté le 19-01-2007 à 23:22:00

Waouh... apres ça difficile de faire un CR...

Chapeau Captain!

Plus que sportivement, ce WE restera un moment de pur bonheur partagé en à faire notre passion : la course à pied...

Merci d'avoir tout fait pour que le projet ce réalise. Et de ton (votre) indulgence sur mes errements cartographiques...

Faut monter une Equipe Kikourou Isère, Bébé38??? avec LtBlueBerry...;)

Commentaire de l'ourson posté le 20-01-2007 à 16:14:00

Félicitations pour l'exploit sportif et merci pour ce CR de très grande qualité ! Pas besoin de photos, j'ai reconnu tous les endroits !!!

Commentaire de Olivier91 posté le 23-01-2007 à 15:16:00

J'ai enfin pris le temps de le lire ce CR. Vraiment très sympa .... sauf que çà me fait encore plus regretter de n'avoir pu être des vôtres ... partie remise pour l'an prochain???

Commentaire de rapace74 posté le 24-01-2007 à 02:48:00

je ne dirais qu'une chose ... bravo les gars!!!

en plus il n'a meme pas marqué que je vous ais encouragé!!!!!pffffff

j'espere bien que je pourrais le faire l'année prochaine
manu

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran