Récit de la course : Marathon de Paris 2017, par trailaulongcours

L'auteur : trailaulongcours

La course : Marathon de Paris

Date : 9/4/2017

Lieu : Paris 16 (Paris)

Affichage : 809 vues

Distance : 42.195km

Matos : Adidas Boost

Objectif : Balade

13 commentaires

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Dimanche, j'ai couru mon premier marathon

Dimanche, j’ai couru mon premier marathon.

 

Je suis de ceux qui font souvent les choses à l’envers. Conformément à mes habitudes, j’ai démarré ma carrière de coureur en passant rapidement à du long voire du très long. Sans jamais passer par l’épreuve reine, en la snobant un peu, peut-être. A moins que le fait de ne pas avoir couru de marathon à mon âge ne tienne de la peur.

 

Une chose est certaine, j’ai toujours pris la distance très au sérieux, comme une épopée mythique à la fois intense mais courte par rapport aux distances que je peux faire en trail.

 

Cela fait quelques années que je cours régulièrement sur les chemins forestiers et montagnards, fuyant le bitume et les foules urbaines mais après les nombreux retours enthousiastes de certains d’entre vous qui lisent ce récit, je finis par me résoudre non sans une certaine excitation à m’inscrire.

 

Le plan de ce début d’année 2017 est fait dès le mois de décembre. Quelques petits trails en idf dès janvier et février. Le semi de Bullion histoire de voir où j’en suis, l’écotrail 80 en MN avec Bert’ et donc le marathon de Paris le 9 avril. Objectif : 3h30. Restons raisonnables pour une première en essayant de profiter de la capitale.

 

Mon coach, qui se reconnaîtra, a tout prévu mais voilà, un excès de confiance et mon côté immature me font taper un 10km à fond les ballons le jour de Noël, alors que je ne suis pas vraiment remis d’une O’Rigole très déraisonnable courue quelques semaines auparavant, avec une jolie déchirure musculaire à la clé. Il me faudra des semaines pour être diagnostiqué correctement puis m’en défaire. Mon état de forme en pâtit fortement. Ne parlons pas du moral.

 

Le fait d’avoir pu aller au bout de l’écotrail il y a trois semaines sans trop de mal me redonne de l’espoir même si l’objectif 3h30 me semble désormais complètement inatteignable. Niveau entraînement, c’est zéro. Un joli zéro pointé. J’ai couru quelques dizaines de kilomètres en 2 mois, à la vitesse de l’escargot pour éviter de raviver les bobos, mais aucun travail spécifique.

 

N’ayant jamais tenté les 42,195km, je suis dans l’inconnue.

 

Allez, 9 avril, 7h43. Je suis pilier sud-est de l’arc de triomphe. Une magnifique journée s’annonce. Il va faire chaud. 26°C annoncés. Pourvu qu’il n’y ait pas d’attentats.

 

Avec Freethunder, Ilgigrad et Tourist80, nous prenons la pose.

 

 

Après quelques minutes d’attente pour pénétrer dans le sas 3h30 en compagnie de Jérôme, je suis dans la place. C’est phénoménal. Je n’ai jamais vu autant de coureurs. Jérôme part devant, il vise un sub 3h30. Je reste en fin de sas 3h30 en espérant pouvoir suivre les meneurs d’allure 3h45 qui sont juste derrière.

 

Le départ de la course est donné à 08h20. Je fais les premiers pas vers la concorde à 08h32 et passe la ligne de départ à 8h37. C’est parti.

 

Patrick et TonTon me l’on dit : ne t’emballe pas. On le sait tous. Il faut en garder sous le pied. J’y arrive. Dès le premier km je suis à 11,9km/h. C’est un peu rapide, mais je suis bien. La famille m’attend à Bastille. Je suis sur un nuage. Je prends deux bouteilles d’eau, une que je bois, l’autre que je me vide sur la tête. Intégralement. Il fait déjà chaud. Les 5 premiers km sont avalés en 25’46.

 

Direction le bois de Vincennes. Je conserve la stratégie des deux bouteilles d’eau à chaque ravitaillement et prends deux morceaux de banane.

 

Les jambes tournent remarquablement bien. 15km en 1h17 et le semi arrive en 1h48. Je suis sur les bases d’un 3h33. J’avais un temps envisagé un négative split. Et si, si seulement c’était possible. Ma famille m’encourage à nouveau à la Bastille où une immense foule nous attend. Les coureurs sont galvanisés. Malgré les hurlements des spectateurs et la tension qui monte d’un cran, je garde mon calme et surtout mon rythme. Si je dois faire le split, ce sera plus tard. Je préfère temporiser et rester sur la même allure.

 

Voici les quais. C’est long. Il fait très chaud. Il y a beaucoup de coureurs et énormément de monde sur les côtés. Faut gérer. Je redoute le fameux mur du 30. Vers le km29, un type chute lourdement devant moi. Il reste au sol. Mon instinct de traileur est là, malgré ma fatigue. Je lui tends la main et commence à le relever mais il est en colère et m’intime de le lâcher. Je me souviens, d’un coup d’un seul que le vrai marathonien est un con. On me l’avait dit. C’est donc vrai. Pas grave, je continue.

 

A la sortie d’un tunnel, je me retrouve à l’arrêt. Trop de coureurs. Ca bouchonne. Ca ne dure pas longtemps. Le long serpent s’ébroue déjà.

 

Au km33, je me dis que je commence à diminuer un peu. Le km34 semble long. Je remarque que de nombreux coureurs marchent sur les côtés. Certains sont à l’arrêt. Marqués. Je sens la souffrance un peu partout autour de moi. J’ai l’impression qu’il fait 35°C.  Un type vomit. Un autre semble ne plus pouvoir respirer. Une nana me double, sourire aux lèvres, full patate. C’est génial. Je commence à bien en baver. Ma vitesse baisse. Pas ma motivation. C’est là que clairement mon expérience des ultras fait un peu la différence.

 

Au bout de la longue ligne droite du bois de Boulogne, j’aperçois un truc que je n’arrive pas à identifier. Mon esprit s’attarde quelques instants puis repart dans la course. Quelques hectomètres plus loin, à nouveau, mon regard croise ce que je ne reconnais toujours pas. Je me dis pendant un instant qu’il doit s’agir de la Fondation Louis Vuitton. Un gigantesque nénuphar posé entre les arbres.

 

Un coureur à côté de moi, frais comme un gardon encourage son copain qui est à l’agonie. Il a beau le sermonner et lui rappeler les nombreuses séances de fractionné, le gars est cuit. Je grimace.

 

Putain mais c’est quoi ce gros truc au dessus des arbres ? Malgré une lucidité vacillante et une vision embrumée de fin de parcours, je crois distinguer dans ce que je ne reconnais toujours pas des briques. Une suite de briques empilées les unes sur les autres. C’est vraiment très haut et insurmontable. Et là, soudain, je comprends. Point de Fondation Louis Vuitton. C’est le mur ! Le mur du marathon ! Celui que j’attendais au 30ème et qui n’est jamais venu. Le voilà, ce salaud de mur ! Qui se dresse devant moi mais que je vais surmonter.


 

Soudain Arcelle est à côté de moi. Elle m’a repéré. Incroyable. Elle reste à mes cotés sur quelques hectomètres. Je suis vraiment dans le dur, c’est bien d’avoir quelqu’un à qui parler juste un peu. Merci Arcelle.

 

Jusqu’au 33ème, je pensais pouvoir finir en 3h36 mais les derniers kilomètres me font perdre de précieuses minutes.

 

Porte Dauphine, la foule se masse de part et d’autre du parcours. Arrivée monstrueuse Avenue Foch. Un coureur est à terre quelques centaines de mètres avant la ligne d’arrivée, assisté par des équipes de secours.

 

Soudain mes deux filles sont là, sur le côté. Elles se précipitent vers moi et c’est avec elles et beaucoup de douleur dans les jambes que je passe la finishline en 3h40.


 

Beaucoup de joie et une furieuse envie de revenir très vite !


13 commentaires

Commentaire de philtraverses posté le 11-04-2017 à 12:55:34

Bravo pour ta perf. Je cherchais un type aux cheveux longs comme celui de ton logo kikourou. lol
Je finis à un jet de pierres derrière toi.
Moi c'est entre le 25ième et le 30 ième que j'ai ralenti. J'étais bien sur la fin. merci pour ton récit

Commentaire de Rem posté le 11-04-2017 à 14:16:19

Chouette recit pour une très belle première marque ... qui en appelle d'autres. Tu as surement le potentiel d'un 3h30 -3h15. Le marathon c'est qd même unique et ce recit, comme celui d'ilgigrad, me donne envie d'y revenir.. vite :)

Commentaire de Tonton Traileur posté le 11-04-2017 à 15:16:50

RAAAAAAHHH, LOVELY !
Quel plaisir pour moi de lire ce récit !
Franchement Bart, copte-tenu de tes déboires de début de saison, je ne donnais pas (très) cher de ta peau pour ce 1er marathon... et puis, comme tu l'expliques dans ton récit, il y eu ce magnifique Eco-Trail rondement mené avec Bert. Là, je me suis mis à espérer ... pour toi.
Come je suis heureux que ça t'ai plut et comme je suis heureux de ce beau dénouement, parce-que quand même, un tel chrono, pour une première fois et sans vraie prépa, c'est beau !
RAAAAAAAHHH LOVELY !

Commentaire de bubulle posté le 11-04-2017 à 19:13:09

Toute la question est maintenant de savoir si tu as envie de t'infliger une vrai prépa avec des trucs de la mort qui tuent, du chronos qui fait "bip" et que t'as envie de jeter à la baille, des séances dignes d'un doctorat en mathématiques avancées et des tours de stade super chiants.

Ou bien continuer à profiter des jolis forêts de notre Mordor, de faire des conneries genre les 6 heures de la colline avec des chemins de sangliers ou des trucs de ouf de trailers, mais en marche nordique. De trucs rigolos, quoi.

Enfin, je dis ça, je dis rien.

Et, sinon, le MDP, y'a toujours l'option marche nordique, aussi.....42 kilomètres de boucan d'enfer, ça te tente pas? ;-)

Commentaire de Tonton Traileur posté le 11-04-2017 à 19:48:24

Je te trouve bien "binaire", Chris ...
Je sais ton aversion pour le "plat roulant de la mort qui tue', mais il y a largement la place pour les 2 approches ... et l'un n'empêche pas l'autre... au contraire !
Une ambiance marathon de début ou de fin de saison, je trouve ça pas mal, de même qu'un beau trail en pleine nature je trouve très bien, aussi ...
Enfin, je dis ça ... ;-)

Commentaire de ilgigrad posté le 11-04-2017 à 20:06:09

Je retrouve effectivement dans ton récit toutes les traces de ce que j'ai moi aussi supporté dimanche et les mois qui ont précédé. Nous aurions sans doute du courirvensemble, de sorte qu'en nous tirant l'un et l'autre nous aurions mieux affronté les conséquences de nos collisions frontales contre le mur.
Pour une première tentative, en retour de blessure et avec un ecotrail dans les parttes, c'est un chrono très costaud.
Puisque nous devrons l'un et l'autre y revenir un jour. Je propose de preparer ensemble notre progression pour le prochain.

Commentaire de trailaulongcours posté le 12-04-2017 à 08:41:39

Pour le coup, je vais être d'accord avec TonTon. Non seulement, je compte bien remettre le couvert l'an prochain et essayer de passer sous les 3h30, m'entraîner pour, sans pour autant m'infliger trop de séances sur pistes insupportables et me dégoûter ET, je dis bien ET continuer à crapahuter dans nos belles contrées et faire de jolis trails comme je les aime. Il me semble que c'est même assez complémentaire, un peu de vitesse, un peu d'endurance...il faut de tout pour être heureux.

Commentaire de trailaulongcours posté le 12-04-2017 à 08:43:58

David, je serais ravi de pouvoir travailler nos objectifs communs pour le MdP prochain même si j'ai peur que tu ambitionnes un temps inférieur au mien. Tu avais initialement prévu 3h10, euh comment dire....

Commentaire de ilgigrad posté le 12-04-2017 à 10:16:25

Attends ! Je n'y suis pas encore. Ça ce serait la course parfaite, apres une préparation ultra-orthodoxe et un affutage qui me ferait perdre les six ou sept kilos que j'ai en trop après l'hiver. Vu le programme qui m'attend jusqu'en décembre je vais surtout diéselisé à fond (uthp - 80km MB, Cenis, TDS, Templiers, ravito du off d'elancourt et, pour finir hivernale des Templiers...), sans compter que je vieillis et que je vais commencer à m'enfoncer de plus en plus profondément dans la categorie V2... alors, pour le chrono, on en reparlera ;-)

Commentaire de trailaulongcours posté le 13-04-2017 à 12:25:07

Je suis partant. J'ai un coach particulièrement sadique qui mettra tout en oeuvre pour passer sous les 3'30'´.

Commentaire de Tonton Traileur posté le 14-04-2017 à 11:43:54

moi, j'appelle pas ça du sadisme ... mais du paternalisme ! ;-)

Commentaire de trailaulongcours posté le 14-04-2017 à 12:04:59

C'est ce qu'on dit une fois la course terminée et l'objectif atteint : ouais il est top mon coach. Un gars super, hyper pro, avec lui je tiens mes objectifs. Mais quand Pat en chiait grave au mois de février à la tombée de la nuit, tout seul dans le froid sur la piste, je pense qu'il t'aurait qualifié de sadique plutôt qu'autre chose.;) J-10 au fait tonton....tu commences à trembler dans tes bottes???

Commentaire de Tonton Traileur posté le 14-04-2017 à 15:08:12

euuuuh... je cherche un coach ! help, help !!!

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