Récit de la course : Grand Raid du Golfe du Morbihan - 177 km 2013, par PtitLudo

L'auteur : PtitLudo

La course : Grand Raid du Golfe du Morbihan - 177 km

Date : 28/6/2013

Lieu : Vannes (Morbihan)

Affichage : 1683 vues

Distance : 177km

Objectif : Terminer

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I'll be back !

Ce grand raid est mon objectif majeur de cette année, un peu moins de 3 mois après le marathon de paris qui aura constitue la "rampe de lancement".


Le marathon de paris s'était bien passe malgré une blessure en fin de préparation qui m'avait oblige a couper mon entrainement les 15 derniers jours. Je prenais donc 15 jours de repos et reprenais par le trail des lavoirs en relais. Initialement prévu sur la grande boucle, je basculais sur la première boucle de 22km car j'éprouvais encore une gêne tenace a la hanche.


J'adapte ma préparation car impossible d'effectuer les séances au seuils prévues, je ne peux compter que sur le volume. Étant donne le travail de vitesse fait depuis le début de l'année, j'espère que ca ira.


Je prévois quelques courses, et pour le reste je me concocte des randos courses au sud de Paris.


Le trail Yonne 63 début mai ne se passe pas trop mal, même si j'ai un coup de barre du fait d'être parti trop vite. J'éprouve juste a quelques reprises des douleurs dans ma cheville droite, restes de mon entorse du mois d'octobre.
3 semaines après c'est le trail des cerfs qui la aussi se passe plutôt bien.


La semaine d'après c'est le tournant de ma préparation qui se déroulait jusque la plutôt pas trop mal malgré mes problèmes de hanche et de reste d'entorse.


Début juin c'est donc le 24h des Yvelines auquel je m'étais inscrit pour voir ma capacité a tenir longtemps sur une épreuve, ma course la plus longue ayant été jusque la le raid du Morbihan 2012 qui s'était moyennement déroule.
Je ne reviens pas sur cette course, il y a un compte-rendu pour cela. Le bilan est lourd par contre, notamment une tendinite tenace au releveur droit. Après un repos de CaP d'une semaine j'entreprends le castor fou et la, catastrophe ! Impossible de courir comme il faut a cause de cette tendinite, la douleur est forte et je fais les derniers km de la course en boitant...


A 3 semaines de la course,  ca sent vraiment le roussi. Je fais donc une semaine de repos complet (y compris vélo), en déclarant au passage forfait pour le off des ponts de Paris (désolé bubulle) et pour le trail du pays de sully, puis après uniquement du vélo et un peu de natation, excepte le lundi d'avant la course pour un petit test afin de voir si ca vaut vraiment le coup de prendre le départ.


Une autre douleur est apparue a la malléole droite entre temps, mais pas de signe de la tendinite sur les 11km du test. Je prendrai donc bien le départ, mais sans illusions sur mon objectif initial de 30h, il faudrait un miracle pour que tout se passe bien et que ma tendinite se fasse oublier autant de temps d'affilée.


Je prépare ma course au mieux pour éliminer tous les autres problèmes potentiels. Nous arrivons avec mes collègues coureurs le mercredi soir au camping le conleau. Le mercredi soir, nous ferons ainsi une reco du parcours a l'envers a partir du tour de la presqu'ile de conleau puis sur le chemin par lequel on débouche. C'est l'occasion de tester les frontales, et a ce jeu, la ferei hl40 s'avère un vrai phare, on ne se rend même pas compte que les autres sont allumées. Au moins suis-je bien équipé de ce cote la.


Le lendemain soir nous ferons la reco jusqu'au port avec un autre collègue arrive le jeudi, sans frontales cette fois, nous ferons donc le retour au camping par la route.


Vendredi matin nous allons chercher les dossards le plus tôt possible puis rentrons au mobile-home pour préparer les sacs. Je profite pour alléger un peu mon équipement compte-tenu de la météo qui s'annonce clémente.
Ensuite repas a base de pâtes puis nous tentons une petite sieste. Pour ma part l'excitation de la course est déjà la et je n'arriverai pas trop a me reposer.


Après la sieste, nous nous équipons, pour ma part ce sera cuissard et manchons skins et t-shirt technique en haut. Je vais tester des bandes elasto dans le dos contre le frottement du sac mais finalement ca ne tiendra pas et il faudra tout enlever. Ça sera donc vaseline a la place, après avoir galéré pour retirer la colle.


Nous partons a 17 heures passées, mais le parking est déjà plein, nous irons donc nous garer derrière le gymnase qui se trouve a proximité du départ.


Ensuite c'est la longue attente jusqu'à 19h pour le départ "non officiel". stefanos et valdes viennent me saluer puis je retrouverai leptitmichel et olafmax dans le sas de départ. Je suis avec mon collègue qui a un objectif de 33h approximativement. Mes autres collègues (dont mon collègue qui assurera l'assistance et les collègues du 86) sont la pour nous encourager.

Avant le départ, devant la grande arche qui va se dégonfler juste avant le coup d'envoi lol Sourire

Derrière, il y a encore du monde !


Le départ est donne pour un tour dans vannes avec un bon petit coup de cul dans lequel je retrouverai olaf. Nous marcherons jusqu'en haut puis repartirons sur un rythme assez tranquille.


Nous revenons au port et passons la ligne de départ officielle, après déjà 1,5km de parcourus. Je fais les premiers km avec Olaf jusqu'à une pause technique dans les buissons. Mon collègue quant a lui est parti très vite des le départ et je n'ai pas voulu le suivre de peur de me griller prématurément, comme ce qui m'était arrive l'an dernier sur le raid.

le départ en compagnie d'Olaf

Olaf a l'air en forme à ce moment ...


Je repars sur le même rythme et arrive au premier ravito en avance  de plus d'1/2h sur mon plan de route. Est- ce que j'aurai du temporiser, repartir cool pour éviter mes problèmes futurs ? Je n'aurai bien sur jamais la réponse a cette question ... Pause de 8mn et je repars, je retrouve mes collègues du 86 venus m'encourager, ca fait du bien au moral, petite séance photo, ils m'accompagnent un peu puis je poursuit ma route en solitaire.


J'atteins le 2nd ravito 2h20 après, toujours en avance sur mon plan de route. Cette fois les collègues ne sont pas présents, il est déjà tard. Un peu moins de 15mn de pause puis je repars, les voyants sont toujours au vert. Maintenant c'est la grosse étape jusqu'à Sarzeau, le premier gros ravito, et ca va être le début de la galère, ma tendinite se réveille progressivement, j'essaye de relâcher ma foulée au maximum. Mais inexorablement la douleur devient plus forte et va me forcer a marcher déjà une bonne partie sur la fin de cette étape. Je met 2h52, et malgré mes problèmes je suis encore en avance sur mon plan de route. Je décide de m'accorder une bonne pause avec repas complet soupe, pâtes, jambon, riz au lait et cola. Et un café pour me réveiller. Je met ma sous-couche, petit passage au wawas, j'enfile ma veste gore et je repars en marchant. On jardine un peu avec un groupe de coureurs mais on retrouvera assez vite le bon chemin. Je me remet a trottiner un peu, la douleur est la mais ca passe encore, par contre je vais très vite avoir chaud avec la veste. Je cherche un coin éclairé pour enlever la veste (problème de la frontale avec batterie déportée) puis je repars. J'arriverai au ravito d'Arzon 3h07 plus tard, les étapes sont de plus en plus longues. Autre problème je dois me rationner en boisson énergétique car j'avais finalement mal calcule le nombre de sticks a emmener, peut-être l'effet de la chaleur du départ car au lieu de recharger 1 bidon a chaque ravito, j'ai recharge les 2 sur les premiers...

De magnifiques paysages !

J'adore cette photo, même pas retravaillée !!! Sourire Non je n'avais rien pris d'illicite avant de partir !


Je me refais une bonne pause petit déjeuner de 20mn, le jour est déjà levé depuis un petit moment. Je dépanne une coureuse croisée au ravito précédent et que j'ai retrouvée sur la fin de cette étape d'un compeed. Je retrouve pour la première fois depuis le départ leptitmichel a ce ravito, et nous nous retrouverons également plus tard a l'embarcadère. Je remet la frontale dans le sac puis je repars avec pour objectif la traversée. Je vais marcher beaucoup, me forcer a courir, mais la douleur est maintenant forte, je suis d'autant plus dégouté que ma jambe gauche va très bien, aucune douleur, même musculaire. J'appelle mon collègue "support" pour qu'il pense a m'amener des sticks supplémentaires de poudre a locmariaquer. Cette étape est de nouveau interminable avec de longues phases de marche, l'abandon me passe par la tête, mais je veux au moins faire cette traversée. Je mettrai 2h46 a faire ces 17km.

Ici je trottine encore.

un peu plus loin ...

le début des ennuis ...

La montée dans le bateau s'avèrera un exercice périlleux, je ne peux plus guère fléchir ma jambe droite, la douleur est très forte devant le tibia. Enfin je m'installe quand même en grimaçant, nous attendons quelques coureurs pour finir de compléter le bateau puis nous traversons. C'est assez rapide, en 5-10 mn nous sommes de l'autre cote. Le débarquement est plus facile, mais les jambes sont raides et il me faudra presque 1/2h pour rallier le ravito, je n'arrive plus du tout a relancer de la jambe droite. Je suis découragé, ma tendinite me fait souffrir le martyr, mais mes collègues (qui partiront l'après-midi) m'encouragent par SMS. Je retrouve mon collègue "support" qui va également m'encourager. Je passe d'abord manger, soupe, jambon, purée, gâteau de riz. Puis je vais me changer, je voulais au départ prendre une douche, mais je me dis que c'est le piège, avec mon collègue qui est la, si je me douche, je ne voudrais pas repartir. Je me change donc juste, nok, vaseline, puis je dis a mon collègue que je vais quand même essayer de m'allonger 1h pour soulager ma jambe blessée. J'ai de la chance de trouver une couchette disponible juste a ce moment la.

Il y en a qui profitent pour faire une petite sieste sur le bateau !

Le gilet de sauvetage a ete mis n'importe comment par dessus mon sac à dos !

Je ne dormirai pas vraiment mais ca fait quand même du bien. Je redonne mon sac intermédiaire aux organisateurs puis après un passage aux wawas, je vais prendre une petite collation avec un café avant de repartir. Mon arrêt a locmariaquer aura donc été au total de 2h10, bien loin des 30mn prévu si tout avait bien été physiquement.
Mon collègue est la pour faire le premier km avec moi. J'essaye de repartir en trottinant mais la douleur est la, c'est très dur. Je vais me retrouver derrière la joelette pendant quelques temps car je n'arrive pas a les doubler sur les parties roulantes, ils vont trop vite, et des que ca se complique je reste derrière eux. Enfin au bout d'un moment je les passerai, je suis en admiration, certaines parties étant tout de même très dures a passer !

Que c'est bôoooo Cool

Jusqu'à Crac'h je vais alterner les phases de course et de marche mais très vite, la douleur devient de nouveau intenable en course. Je passe donc en mode marche, et je ne courrais plus du tout jusqu'à l'arrivée. Je rallie donc Crac'h en 1h20, la moyenne est donc un peu meilleure qu'avant l'arrivée a locmariaquer.


Pas de pause ici, je file direct vers Auray a bonne allure de marche, je mettrais 1h50. Par moments j'écoute un peu de musique grâce a mon téléphone et je danse en marchant ce qui fait rire les gens que je croise. Le ravito est en plein soleil, le chocolat et le fromage sont fondus. 2 coureurs (mari et femme ?) rendent leur dossard juste devant moi... Je mange rapidement et recharge mes 2 bidons, je ne passerai qu'un peu moins de 15 mn a ce ravito. J'ai décidé de réduire mes temps d'arrêt et d'utiliser un peu plus mon ravito personnel pour gagner un peu de temps. Jusqu'à présent je n'avais  consomme qu'une barre énergétique et un gel.


La portion qui va suivre va être très difficile a cause de la chaleur. Je vais reprendre un coureur victime d'un début d'insolation qui va faire un bout de route avec moi en marchant. Il est déçu car il ne s'attendait pas a autant de bitume, et me parle de ses courses passées, dont le GRR qu'il m'encourage a faire un jour. Je l'écoute mais parle peu étant concentre complètement sur ma jambe droite pour éviter toute sur-blessure qui pourrait être fatale, par exemple une entorse.


Ensuite un groupe de coureur va revenir sur nous et un "gruppetto" va se former un peu plus tard et le rythme va augmenter. Je n'arriverai plus a suivre d'autant plus que ma cheville me fait de plus en plus mal, même en marchant, et le moindre obstacle devient difficile a négocier. Ils me lâchent donc inexorablement et je me retrouve de nouveau tout seul. Je met 2h55 pour arriver au ravito suivant ou je m'arrête 17mn. Après coup je ne me souviens même plus de cet arrêt, je devais être dans un quasi état second a essayer de gérer la douleur. Les premiers du 86km me passent dans cette portion, je les laisse passer des que j'entends des pas (j'ai enlevé mon casque pour bien les entendre), car je me traine vraiment et nous commençons a aborder quelques portions techniques ou il ne faut pas que je les bouchonne. Le premier me doublera sur le bitume, il a énormément d'avance sur ces poursuivants qui me doubleront dans des parties plus techniques qu'ils abordent avec une extrême aisance, on dirait qu'ils ont des GPS dans les pieds alors que pour ma part ca fait plutôt club du 3eme age en goguette.
2h06 seront nécessaire pour rallier le dernier gros ravito de larmor baden. Je retrouve mon collègue a ce ravito. Je mange 2 ou 3 soupes (je ne me souviens plus), prend un café, passe en tenue nuit avec t-shirt ml, et juste avant de partir je mettrais même la sous-couche. Je met le buff, la frontale par dessus. Je n'oublie pas au passage la vaseline et la crème nok contre les frottements puis je repars au bout de 48mn (c'est fou comme le temps passe vite dans ces moments de répit !). Mon collègue fait le premier km avec moi, un peu désespéré de me voir marcher. Il reviendra au ravito dans le noir pour attendre mes collègues du 86 !


Enfin le plus gros de la course est fait, les barrières horaires sont encore assez loin, je sais a ce moment de la course que je terminerais quoi qu'il m'en coute. Je repars a la frontale et la des l'allumage c'est l'angoisse, un clignotement qui me dit que la batterie commence a faiblir. N'ayant pas prévu au départ de passer 2 nuits blanches dehors, je n'ai pas trop économisé et couru beaucoup en mode A la première nuit... Je passe donc en mode B. C'est la partie difficile qui s'annonce, celle avec les escalades et descente de rochers et racines. Si je peine pour monter, c'est la catastrophe pour descendre, la douleur est trop forte et je suis contraint de descendre en marche arrière en m'agrippant partout ou c'est possible (arbres, grillages, ...). Quant aux escaliers, c'est en crabe que je les descend. Évidemment des que des coureurs arrivent, je me range pour ne pas les bouchonner.


Lorsque c'est plus roulant je commence a m'endormir en marchant, et je sens parfois qu'il n'y a plus de jus dans la chaudière, j'avance littéralement a 2 a l'heure. Je pioche dans mon ravito perso ce qui me redonne un peu de jus pour quelques minutes. Entre temps ma batterie déportée a rendu l'âme et je suis passe sur la batterie arrière. En mode A j'ai 1h30 de course, or la moitie de la nuit n'est même pas encore passée. Je me met donc en mode d'éclairage quasi minimum ce qui n'aidera pas ma progression sur les parties techniques.


Le ravito suivant est atteint en 3h12 et je m'arrêterai 32mn. Puis 2h31 pour le suivant pour 11 km (heureusement qu'a la fin les ravitos sont plus rapproches sinon ca aurait été très dur pour le moral). Sur cette portion je dormais en marchant, plusieurs fois je me suis rapproche dangereusement du caniveau tellement je zigzaguais. Les yeux se ferment c'est plus fort que moi d'autant plus que je suis en très faible éclairage. A ce ravito je retrouve mon collègue mais je ne m'arrête pas longtemps, mes bidons sont encore bien remplis, je grignote juste quelques trucs sales et sucres, bois un cola pour me réveiller un peu puis je repars après 10 mn. Mon collègue fait de nouveau quelques mètres avec moi et je m'attaque a la dernière grosse étape, 16km, ce qui me semble une éternité a mon allure. Heureusement le jour va se lever progressivement, j'ai tenu la nuit avec ma frontale en mode restreint et j'espère que la lumière du jour va m'aider a rester éveillé.


Il reste encore quelques parties un peu techniques mais le plus dur est passe, maintenant il faut tenir le coup jusqu'à l'arrivée. Je pioche dans mon ravito perso des que je sens un coup de mou, mais je suis oblige de me rationner, je m'en veux de ne pas avoir garde plus de choses. D'autant plus que la boisson énergétique commence également a ne plus trop passer si je ne mange pas quelque chose avant.


La fin va être interminable dans ces conditions. Arrive le virage a gauche après le chemin de douanier ou l'on passe derrière la presqu'ile de Conleau, mais je sais qu'il ne faut pas se tromper, il reste encore une douzaine de km. C'est ensuite le passage en foret, avec le panneau 10km, puis un passage dans une mare de boue qui arrive un peu comme un cheveu sur la soupe, encore un peu de foret puis on rejoint le chemin en stabilise qui signale la fin des difficultés, c'est très roulant jusqu'à la fin. Pour ceux qui sont en forme, c'est le moment de ramasser des coureurs par wagons entiers, mais bien sur ce n'est pas mon cas, je fais plutôt partie des occupants de ces fameux wagons ! Je m'arrête 5-10 mn sur un banc pour enlever ma frontale et retirer mes chaussettes car j'ai des petits cailloux qui sont rentres et qui me font des misères, mais ca va, pas de bobos. Je prends des nouvelles de mes collègues du 86 qui me talonnent depuis quelques ravitos mais ne parviennent pas a me rattraper (nous nous tenions informes par SMS de nos arrivées a chacun des ravitos). Ils n'ont pas encore passe le panneau des 10km.

Je continue donc ma route tout seul mais en marchant difficilement. Je passe le dernier pointage sur la presqu'ile de conleau et je commence a avoir des vertiges. Je sors ma dernière cartouche, un mini tube de lait concentre sucre, je bois un peu et je repars, les encouragements des piétons croises feront le reste. J'ai des larmes aux yeux a chaque petit mot sympa, je suis a bout de forces. J'arrive le long du canal et je retrouve mon collègue qui m'attend sur un banc. Il appelle mes collègues du 86 et ceux-ci ne sont plus qu'a une 20aine  minute. Après réflexion je décide de me poser sur le banc proche de l'arrivée et de les attendre pour une arrivée groupée.

C'est donc main dans la main que nous parcourons les derniers mètres avec mes 2 collègues, qui me "tirent" littéralement. Nous franchirons la ligne d'arrivée les bras en l'air en nous serrant dans les bras une fois la ligne franchie.

Les derniers mètres, main dans la main avec mes collègues du 86.

Enfin l'arrivée !!!!

Récupération des t-shirts, je manque avoir un 86 au lieu du 177 mais mon collègue plus lucide que moi veille. Petite interview ou je réponds a cote de la plaque, je suis vraiment a l'ouest. Nous ne nous attarderons guère au ravito de fin et retournerons au camping rapidement, après avoir récupéré mes sacs, pour une douche et un repos longuement attendu.


Pour quelqu'un non blesse la récupération est rapide. Ma jambe gauche était en état de recourir 3 jours après. Ce n'est pas le cas de ma jambe droite qui me fait encore souffrir même a la marche.


Je suis finisher certes, mais a quel prix .... C'est l'avenir qui me le dira, en tout cas pas question de re-courir pour l'instant.


En toute logique, j'aurais du abandonner, mais en persévérant, j'apporte le bonus a mon équipe ce qui nous permet de nous  classer 6emes/33 au challenge par équipe, alors que nous étions une des plus petites équipes au départ.
Pour le reste j'étais au top aussi bien en terme de préparation que de matériel, logistique, c'était la course parfaite, je n'avais rien laisse au hasard.


Les points positifs que je retiens :
- l'hydratation : beaucoup mieux que l'an dernier ou j'étais parti avec de l'eau pure envers laquelle j'avais fait un blocage.
- l'alimentation : j'ai pu manger de tout, tout le temps, c'est également un gros progrès par rapport a l'an dernier ou je n'arrivais plus a manger après 30km.
- musculairement : aucun problèmes, même si ce n'est pas très significatif du fait que j'ai beaucoup marche. L'an dernier je n'avais plus de jambes au 30eme km, surement du au fait de ne plus pouvoir m'hydrater et m'alimenter correctement!
- pieds : nickel, j'avais bien prépare mon coup avec le tannage et je me suis bien force a faire des contrôles réguliers. J'avais juste mis un compeed préventif a un endroit ou j'avais eu un échauffement lors du 24h.
- sac a dos : C'est génial d'avoir un sac comme le olmo 20l. Pas de prises de tête lorsqu'il faut prendre des affaires ou au contraire en ranger, même si tout est un peu en vrac dedans, j'avais bien regroupe les affaires dans des sacs multi-usages a zips. D'autre part, pas de frottements dans le bas du dos comme j'avais eu au trail des cerfs. La encore, c'est grâce a la vaseline et aux contrôles que j'ai faits lors des arrêts aux ravitos. Les bidons sont un vrai plus lorsque l'on utilise de la poudre énergétique, beaucoup plus simple qu'une poche a eau (c'est d'autre part ce qui m'avait dissuade de prendre de la poudre l'an dernier).
- frontale : la hl40 est un monstre, dotée de surcroit d'une excellente autonomie avec la batterie déportée. Toutefois il 'aurait fallu une 2eme batterie déportée dans le sac d'assistance pour passer confortablement la 2eme nuit.
- roadbook : même si les temps de passage se sont avérés assez rapidement folkloriques, avoir un petit roadbook plastifie est un vrai plus, je m'y reportais a chaque départ de ravito pour avoir une idée de l'étape a venir. L'an dernier j'en avais également préparé un mais je l'avais perdu des les premiers km de la course. Cette fois j'ai bien fait attention et je le garderai même en souvenir !
- équipe : Enfin et surtout une course d'équipe parfaite avec un support présent aux moments difficiles ! Tout seul je n'aurai certainement pas continue après locmariaquer.


Les points a améliorer :
- J'ai sous-estime la quantité de poudre énergétique a prendre pour passer la première nuit, d'un autre cote je ne m'attendais pas a une telle chaleur. D'autre part il faudra que je diversifie les gouts pour une telle durée de course, car il se produit une saturation a la fin.
- Pas assez d'utilisation des aliments (gels et autres) que j'avais pris. Pour dire, je suis reparti de locmariaquer sans même prendre ce que j'avais laisse dans mon sac d'assistance ...
- Il m'a manque un vrai repas a Larmor Baden car j'ai vraiment peine sur la fin, mais quand je suis arrive il y avait déjà beaucoup de monde et j'aurais perdu énormément de temps, donc au final je n'aurais sans doute pas gagne grand chose ...

Sinon l'accueil des bénévoles et du public a été parfait, et je profite de ce CR pour les remercier. Petite anecdote, sur le bateau je discutais avec un coureur qui avait déjà fait le grand raid l'an dernier qui me racontait que c'était une mamie qui l'avait sorti du bateau tellement il n'arrivait plus à marcher, et lorsque nous sommes arrivés à quai, il me dit « Ah eh bien c'est la même que l'an dernier ! » et là nous avons rigolé.

En conclusion, j'ai un petit gout d'inachevé et c'est sur que je reviendrais sur ce grand raid une autre année. En étant au top physiquement cette fois (et en ne faisant pas un 24h 4 semaines avant !), pour faire un résultat plus proche de ce que je vaux réellement et non pas pour me retrouver dans les profondeurs du classement. Mais également et surtout pour mieux profiter de la course, notamment de la journée de samedi que j'ai vécue entièrement dans ma bulle, quasiment insensible a l'environnement extérieur.


Je considère donc cette expérience comme une prise de marques pour la prochaine fois.


Maintenant place au repos puis reprise progressive après avis médical, et j'entamerai une saison "route" moins exigeante pour l'organisme, avec pour point d'orgue le marathon d'Annecy. Retour au trail a partir de mai 2014.

 

 Ma course réelle vs mon roadbook .... No comments ...

10 commentaires

Commentaire de leptitmichel posté le 11-07-2013 à 10:20:02

Le plus important c'est que le morbihan était ton objectif, et que tu as été au bout.

En prépa il faut donner la priorité à la sauvegarde du physique (d'ou mon arret au bout de 110km à feucherolles), mais en course majeure, il n'y a qu'un seul but, finir... Même si ca doit demander un peu plus de récup que prévue ensuite.

Au passage, très sympa ton final en équipe !

A+

Commentaire de PtitLudo posté le 11-07-2013 à 13:03:36

Concernant la prépa je ne referais plus cette erreur c'est sûr, quand le plan d'entrainement prévoit un week-end de rando ou 2 randos-courses, on ne va pas faire un 24h sur bitume !
Pour le final, c'était plus sympa d'attendre les collègues qui n'étaient plus très loin et de finir comme ça, de toute façon je ne me préoccupais plus du tout de mon temps ou de mon classement potentiel, alors autant en profiter !

Commentaire de vinch64 posté le 11-07-2013 à 21:24:32

Bravo Ludo! Tu as fini ce Grand Raid et c'est bien là l'essentiel!
C'est sur qu'à posteriori on trouve pleins de choses qu'on aurait du faire autrement pour mieux réussir mais ça permet surtout d'avancer pour les prochaines courses.
Encore bravo, cotoyez les participants du 177km m'a vraiment impressionné!
Bonne récup!

Commentaire de PtitLudo posté le 11-07-2013 à 21:57:02

Merci ;) Tu sais l'an dernier j'étais sur le 86 alors qui sait ...

Commentaire de Insomniac Trailer posté le 11-07-2013 à 22:22:52

Bravo à toi, tu as un gros mental pour être allé au bout malgré cette blessure. Et maintenant : récup !

Commentaire de PtitLudo posté le 11-07-2013 à 22:29:05

Merci. Sans la dynamique d'équipe toutefois, j'aurais très certainement abandonné. C'est ce qui m'a permis de tenir jusqu'au bout en serrant les dents.

Commentaire de sabzaina posté le 12-07-2013 à 08:04:00

Impressionnant Ludo. Tu as su résisté jusqu'au bout malgré tes déboires de blessures, de frontales... J'espère que tu ne vas pas trop en payer le prix, tiens nous au courant de la suite de cette douleur...
Biz !

Commentaire de PtitLudo posté le 12-07-2013 à 09:11:46

Merci, mais je ne me fais pas d'illusions, sur n'importe quelle autre course j'aurais été rattrapé par les barrières horaires, c'est la particularité de ce grand raid (et même du raid) d'avoir des BH extrèmement larges. Pour l'instant je suis encore loin de pouvoir courir je pense, par contre ça a l'air d'aller pour le vélo. Test plus sérieux demain matin avec le Off2Roues. Biz bonnes vacances ;)

Commentaire de valdes posté le 12-07-2013 à 14:44:50

Et bien dis donc, quelle volonté ... J'espère que ta jambe va mieux. C'était déjà pas évident de faire les 177 km en étant en forme mais en plus en partant avec autant de handicaps et de doutes ... Fichtre ! Chapeau.

En tous les cas, les (5) traversées me donnent rudement envie ... Bravo.

Commentaire de PtitLudo posté le 12-07-2013 à 15:25:29

Merci :) Content de t'avoir vue au départ ! Pour la traversée c'est vrai que c'est la partie "fun" mais il ne faut pas faire le grand raid que pour cela sinon on est un peu déçu je pense. Juste avant la course je n'avais plus de douleurs, donc il fallait que je teste, l'esprit d'équipe a fait le reste. Tu y viendra sur le 177 tu verras ;) Tu as l'air d'avoir bien profité de ton trail d'après ton CR donc il n'y a pas de raisons de ne pas essayer de voir plus loin !

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