Récit de la course : Saintélyon 2010, par ganzer

L'auteur : ganzer

La course : Saintélyon

Date : 5/12/2010

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1251 vues

Distance : 69km

Objectif : Terminer

8 commentaires

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SaintéLyon 2010

SainteLyon 2010 … par où commencer ?

Le début !! (j’adore l’ordre chronologique…)

 

Après avoir emprunté voiture, TGV, bus, TER ; après avoir affronté neige, retards, bousculades… nous voici (les trois beau-frère Pierre, Stéphane et moi mêêêême) sur le pied de guerre au parc des expos de St Etienne.

C’est ma première SaintéLyon. Et malgré avoir lu des CR et bien qu’ayant vu moultes photos sur le net, c’est choc !!! Un camp de réfugiés géant !!! Une sorte de Sangatte pour traileurs insomniaques ! Il ne manquaient que les barbecues !

Reste à tuer les 4 heures qui nous séparent du départ.

De prime abord on pourrait penser : « C’est très long 4 heures »… mais grâce aux efforts et stratagèmes mis en place par les organisateurs pour occuper et divertir les joyeux coureurs cela file …. Pffttt…. 1h15 pour le retrait des dossards, 1h pour se changer à trois dans 1m² (idéal pour les contorsionnistes et les étirements), 20min pour déposer les sacs dans bus-à-sacs, 15min pour atteindre les toilettes, 10min à écouter le speaker nous dire qu’il fait froid et que les chemins peuvent être mauvais en cette saison …. Enfin bref, tout est fait pour ne pas voir le temps passé !!!

23h50 !!! Comme accessoirement nous sommes là pour une « petite coursette », il serait de bon ton que de se rendre sur le lieu du départ des hostilités. Alors…en route pour le départ ! Petite fraîcheur nocturne… (Je n’ai même pas croisé un caribou, c’est un signe !)

5000 coureurs dans une ruelle obscure ! Point positif : Peut de risque de se faire détrousser par un bandit de grand-chemin, Point négatif : il faut prévoir un certain temps avant de voir s’écouler le flot !

Mââ bon … nous avons le temps. La nuit promet d’être longue et nous ne sommes malheureusement pas là pour courir avec Maud Giraud (aahhhh … désespoir…).

Stéphane (qui à juste titre nourrit quelques ambitions) part plus avant, Pierre et moi optons pour une position « milieu-de-peloton » avec comme tout objectif celui de finir.

Et c’est parti !!! Cris, lumières, spectateurs, frissons (pas que de froid) …

Je me laisse porter par le flot, le rythme est bon (la route aussi), nous glissons dans la nuit, très peu de bruit hormis les tap-tap des semelles. Un thermomètre publicitaire indique –9°. Puis déjà la première montée, je m’arrête pour retirer ma 53éme couche (peur d’avoir froid au départ) puis repars rapidement. La route s’élève encore puis se transforme en chemin de neige. Bonheur que de fouler le grand-blanc,  une poudre froide et sèche. La portion jusqu’aux hauteurs de Ste Catherine est un rêve… le serpent brillant des frontales, la neige qui crisse, un décor de moyenne montagne que l’on devine dans la blanc de la nuit.

Je déroule … Pierre me suit.

La descente sur Ste Catherine annoncera la suite des hostilités : Crème glacée au programme !!! Ca bouchonne, ça glisse, ça tombe, ça jure même parfois …

Mais bien peu de choses comparé à ce qui reste à venir !

Ste Catherine !! Tout le monde descend ! Je refaits les niveaux, contrôle la pression et repars vite fait …. Surtout ne pas laisser le moteur refroidir si je ne veux pas finir en homme-papillote. Je lâche Pierre dans la montée suivante. Je me sens bien !

La suite et la célèbreissime descente du bois fut dantesque, surréaliste !!! Bouchon… au sommet du toboggan de glace et neige tassée. On fait quoi ? C’est déjà l’heure du petit déjeuner ? Après analyse de la situation , il semble que le problème soit le suivant : « il faut arriver en bas » … Du coup…exercices de style : Les téméraires tirent tout droit. Les aventuriers partent dans la futaie. Les frileux slaloment sur les fesses entre pierres et racines. Les exotiques glissent en décubitus-quatrepatus-ventral. Les joueurs se transforment en boules humaines et strikent les indécis…. Je passe sous silence la partie sonore de la scène… cris, jurons, hululements … (difficile à imaginer pour ceux qui n’y étaient pas)

Je m’en sors plutôt bien. Une seule chute à mon actif et quelques places gagnées dans ce magma humain !

La suite me semble plus monotone. La fin de nuit, les longs faux plats, les lumières de Lyon au loin, la fatigue qui s’installe lentement…. Et les plaques de verglas sournoises, vicieuses qui cette fois ci semblent faire du dégât. Les chutes sont plus lourdes maintenant, moins « festives » !

Je passe Soucieu rapidement… Enfin je devrais plutôt dire « sans m’attarder » car la rapidité m’a depuis longtemps abandonné !! Je tape sérieusement dans mon ravito perso… Il faut en finir maintenant !

Je passe par le Garon alors que le jour point. La lumière est faible mais l’endroit est super chouette ! Petits ponts, arbres couverts de neige… romantique en diable !! La montée qui suit l’est moins … glace à la boue comme unique carte des desserts… beeuuurk !!

Puis la descente sur Beaunant … toujours le verglas. Je tente une figure de style fort audacieuse devant une ménagère de 50 ans tombée de son lit pour vérifier que la terre tournait encore… Même pas réussi à lui arracher une larme de sourire… Tant pis ! De toutes façons Lyon approche… Dernier ravito, dernière grimpette … Je me rend compte une fois de plus que, lorsque je suis rincé, je préfère quand ça grimpe ! Va comprendre … Ste Foy, il faut relancer, se remettre à courir… C’est vraiment dur à présent ! Je poursuis un bon moment un jolie coureuse que je surnomme mentalement Mary Poppins  (« parfaite en tous point »)…. Hélas je ne la suivrai pas au bout du monde … mes cuisses crient au scandale et refusent toutes maltraitances supplémentaire !

La fin est interminable. Les descentes indécentes de souffrance, les ponts qui voient sombrer mes peines, les quais de glace sans fin… Je marche, je trottine… je glisse… je marche…

Je double (si si !!!) un coureur que son garçon est venu retrouver pour partager avec lui les derniers hectomètres … Le gars est complètement hagard, mais le petit le regarde comme un héro !!! L’image me prend au ventre…Une boule se coince dans ma gorge… j’imagine mes p’tits trolls courirent avec moi… J’éclate en sanglots… Ah bravo !

Ne restent maintenant que quelques mètres. Je cours à nouveau. Du monde partout, des cris, des encouragements, le dernier bip, le t-shirt, la biere « hombre » (sans doute mexicaine !!!)….

Mon temps n’est pas merveilleux …. Mais qu’importe. I did it !!!

Je suis finisher de l’édition 2010 !!!

Et mes beau-frères le sont aussi !!! Un devant moi et un derrière moi …. Une belle brochette de beaufs !!!

 

 

 

 

 

8 commentaires

Commentaire de ThomasL posté le 07-12-2010 à 13:06:00

Super CR et parfaite description de la tactique des GO pour faire passer le temps a St Etienne ;-)et bien sûr bravo pour la course!

Commentaire de benoitb posté le 07-12-2010 à 18:51:00

Merci pour ce super récit, et cette belle course accessoirement !

Commentaire de yves_cool_runner posté le 07-12-2010 à 21:34:00

Bravo Finisher. Sacrée aventure, le plein de souvenirs est fait jusqu'à l'année prochaine !

Commentaire de Pat'jambes posté le 07-12-2010 à 22:00:00

Bravo les beaufs! :o)

Commentaire de Mamanpat posté le 07-12-2010 à 23:01:00

Concis, léger, humoristique, bien écrit, réaliste... Bravo, pour tout !

Et j'imagine très bien les bruitages dans la descente du Bois d'Arfeuille !

Commentaire de Baobab posté le 07-12-2010 à 23:34:00

Un bien beau récit ganzer : merci. Remets toi bien de tes aventures!!

Commentaire de seapen posté le 09-12-2010 à 12:31:00

Bonjour ganzer. Ce saintélyon a dû être quelque chose ! A lire les différents récits des kikous cette course en a généré que des remarquables. Pour la descente du bois on imagine très bien la situation lorsqu'on lit le paragraphe que tu y consacres. un beau talent. Bravo et merci. Salutations.

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 09-12-2010 à 21:24:00

Belle description de la descente infernale ! Bravo !

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