Récit de la course : Saintélyon 2009, par gnouz

L'auteur : gnouz

La course : Saintélyon

Date : 6/12/2009

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1715 vues

Distance : 69km

Objectif : Terminer

5 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Le récit

Saint Etienne 19H40, le TGV s'arrête et la voix du contrôleur retentit:"la SNCF souhaite une bonne nuit...à tous les concurrents de la Saintelyon". 
Je rigole franchement et d'autres personnes du wagon font de même. Ils sont nombreux les coureuses et coureurs montés dans ce train pour participer à la doyenne des raids. Mi trail, mi course sur route, 100% raid nocturne, cette course m'avait attiré à plus d'un titre depuis 2 ans. Trop peur de plonger directement sur du long et de me taper une galere à se dégouter de la course j'avais reporté ma participation.
De lecture en lecture j'étais tombé sur le blog d'arthur baldur et de parcourir ses comptes rendus de course m'avait fortement donné envie d'en faire autant. Mais bon, quand on courre 3 fois par semaine, avec une sortie longue d'un max de 2 heures ca fait un peu short...De fil en aiguille j'ai fini par faire un marathon au printemps dernier (paris en 3H59), une expérience sympa mais qui m'avait fait mal aux jambes (fin de parcours difficile) et pas forcément le mega fun  tout le temps (courir en ville en fait c'est pas tout à fait ce que je préfère) même si l'émotion à l'arrivée était forte. 
Mais de là à se lancer sur la STL ...il y avait un peu plus qu'un pas, finalement franchi en juin avec l'inscription en ligne pour la STL 2009...et 6 mois plus tard je me retrouve à marcher avec une foule de coureurs de la gare au parc des expos de St Etienne. C'est marrant il est à peine 20 heures, ca caille il fait nuit et on croise des types en collant prêts à en découdre...il reste encore 4 longues heures à patienter .
Première étape, le retrait des dossards. L'intérêt de m'être inscrit très tôt c'est que j'ai eu droit à un dossard numéroté 103 donc dans la premiere file de retrait des dits dossards avec seulement 4 personnes devant moi, le pied pour moi qui déteste les files d'attente.
Le welcome pack est composé de l'essentiel: le road book 2009 , la fiche sécurité, la puce à accrocher à la cheville, le gobelet en plastoc réutilisable (une bonne initiative pour éviter les gobelets partout sur les chemins et des sacs poubelles a n'en plus finir aux ravitos mais force est de constater que nombre de gobelets ont cependant été perdus en cours de route car difficiles à arrimer au sac...) et la casquette Saintelyon qui va bien (verte comme ma veste coupe vent).
S'ensuit 3 heures d'attente à manger, boire, se reposer dans le duvet, vérifier la bonne marche de la puce, ne pas se faire marcher dessus par les innombrables coureurs qui traversent le parc des expos (plusieurs milliers de personnes dans cet espace qui fait presque exigu tant il y a de monde...)
23H15 je suis équipé de pied en cap et viens de laisser mon sac à la consigne, direction Lyon, me voilà plus léger. 
Quelques bouchées de gatosport de plus tard je pose pour la photo souvenir au stand Areva  avec  la legende en fond: "69 kms même pas peur"...hum me voilà pleinement rassuré.

23H45 il fait frais, mais il ne pleut pas (il a plu quelques gouttes a une heure du départ mais ca s'est heureusement arrêté juste à temps). Les 4500 personnes du raid individuel se pressent sur la ligne de départ, "ultraviolet de U2 résonne et bientôt c'est le départ.
JE marche tranquillement jusqu'à l'arche de départ avant de déclencher le chrono, je verouille le chrono et ... continue à marcher, pendant 200 metres, avant de trotinner pour remarcher 20 metres plus loin. La foule est compacte, les rues pas super larges, ca n'avance pas. En même temps je me dis qu'on a encore 69 bornes devant nous donc inutile d'en rajouter. Il n'empêche, la zone de départ c'est pas vraiment ça on marche, on trottine puis on courre dans une zone industrielle et commerciale, sans la frontale car l'éclairage public est largement suffisant. Ca grimpe au bout de quelques kilomètres, ca grimpe même pas mal en fait et soudain au bout de 58 minutes, les lumières disparaissent et on se retrouve sur un petit chemin. 
j'allume la frontale et c'est parti on accélère un peu sur le chemin qui s'avère très vite être franchement boueux, avec des ornières bien profondes, remplies d'eau, comme on pouvait s'y attendre. Finalement la première section passe assez rapidement je courre sans cesse, marche vite dans les montées mais sans chercher à forcer comme on me l 'a conseillé. (merci JEan Luc et Stéphane pour ces judicieux conseils) 
Premier ravitio: St christo en Jarez je ne m'arrête pas comme prévu et continue direct sur la suite, je passe de la bouteille de solution isotonique au camel back d'eau et attaque une premiere barre, tranquillement en marchant (en courant c'est hard de bouffer en même temps...) , la suite de l'aventure est la même, des chemins de la boue, des caillasses, un peu de bitume, je courre, marche et désespère devant le sublime panneau peu après le ravito: arrivée à 50 KMS (là c'est de la torture mentale), j'essaye d'accélerer en descente et de marcher régulièrement et vite en montée sans trop perdre de temps sur les parties un peu plus plates. 
Grosse partie de fun entre le ravito de St Moreau (que je zappe également) et ste catherine et continue à bonne allure (relative la bonne allure hein :o) ) vers sainte catherine ou je m'arrete pour recharger le camel. JE m'envoie un premier gel coup de fouet, les montées s'enchaînent et c'est assez long, faut marcher, puis courir dès que c'est possible avant de remarcher 300 mètres plus loin...La descente dans le bois d'arfeuille est notée "technique" dans le road book et c'est vrai que les pierres , la bouillasse et les feuilles associées à une bonne pente n'aident pas vraiment au confort...je trouve peu à peu mon rythme d'alimentation (jamais fait d'aussi longue course avant donc forcément on tatônne par moments) avec un gel ou une barre tous les 3/4 d'heure environ, sinon je sens que ca va pas trop passer. Et au vu des nombreuses personnes qui vomissent en marge des chemins et au beau milieu des ravitos je fais franchement attention sur les aspects alimentation. PAr contre je continue a boire très régulièrement sans souci. 

Je zappe le ravito de St Genoux et continue sur ma lancée dans une descente assez longue vers soucieu en Jarrest ou je fais un stop ravito camel back , verre d'eau à bulles et pâte de fruit. Un petit coup d'oeil au profil de la course me fait vite comprendre que les 2 prochaines heures vont pas être forcément très drôles: il y a une succession de 2 belles bosses à négocier avant une bonne descente avant d'arriver au ravito de Beaunant situé à 12 kilomètres de soucieu. J'ai dépassé la distance du marathon et je suis encore capable de courir donc va bene , avanti tutti, on y go...PEtit problème technique du côté de mon cardio , je n'ai plus de vitesse indiquée, l'accéléromètre a décidé de me faire faux bond, je n'ai plus ni vitesse instantanée, ni distance totale, mega shit., la faute à la  boue sans doute...me reste l'heure et les pulsations cardiaques...
cette partie s'avère assez longue, mine de rien les 12 bornes qui séparent les 2 ravitos quand tu es bien cramé après 45 bornes tu commences à les ressentir. Du coup je m'arrête au ravito de Beaunant le temps de boire un nouveau verre d'eau à bulles, c'est frais et ca désaltère et en plus ca aide à diluer le 2 eme gel coup de fouet (Schlaka, spéciale dédicace à Seb) , indispensable petite précaution avant ce qui se profile à l'horizon. Car lire le road book ca sert généralement pas mal et en l'occurence ca m'a évité de (trop) râler. En effet, juste à la sortie de ce ravito, je me retrouve nez à nez avec une bonne grosse côte à gravir en marchant (en courant faut vraiment en vouloir, surtout après 57 kilomètres au compteur...) . PAs de panique, j'ai 26 minutes d'avance sur le timing le plus optimiste que j'avais sorti . donc je marche dans la côte sans chercher à pousser trop fort sur les jambes, c'est long ca use et après ca il y a encore une dizaine de bornes à aligner.
 La bonne blague du jour c'est le changement de parcours opéré par rapport au plan à ma disposition...JE ne comprends rien ca monte tout le temps ca n'en finit pas c'est long et c'est casse pattes dans le vieux Lyon (en fait c'est précis dans le road book mais bon , ca m'avait échappé dans l'euphorie du départ). Je marche souvent, pas mal de coureurs me dépassent mais là honnêtemment je m'en fiche complètement il est presque 7 heures du mat, je commence à être vanné et je sais que ce 'est pas tout à fait fini à en croire les échanges que j'ai eus sur la fin de course et tout ce que j'ai pu lire ici ou là, la fin est longue et usante "il faut en garder sous la semelle, sinon tu pleures sur les quais" (le road book 2009 est d'ailleurs ainsi libellé sur ce passage: "la descente finale sur Lyon (quelques descentes raides et escaliers qui font mal aux jambes), la remontée sur Fourvière (nouveauté 2009) et les derniers kms quasiment plats mais qui paraissent interminables aux finishers il faut en garder absolument pour ce final sinon c'est un cauchemar" sic)...
Paroles de sage, je me méfie donc et reste cool dans les dernières montées, préférant marcher quand ca tire un peu (quelle feignasse). Bon mais ce dernier ravito ils l'ont planqué où? Parce que là il est 7H15 , je commence à cailler par moments et j'en ai un chouilla marre de me casser les pattes dans les escaliers, de courir sur les pavés du vieux Lyon . 
Ah le ravito, enfin. Je refais un stop (petite parenthèse, au marathon de PAris je m'etais arreté au ravito du 40 ème kilomètre, un coup à ne pas repartir...) pour boire un bon verre d'eau pétillante et sortitr l'arme secrète du moment le gel de finisher, au bon goût de menthol, le truc qui te réveille -...ca passe nickel, pas de nausée (j'avais jamais testé ce truc avant ce qui n'est pas la meilleure idée...) et repars en courant me taper les  5 denrières bornes... JE me dis que j'irai jusqu'au bout en courant à une vitesse corrrecte sans marche sauf si ca monte mais c'est tout plat la fin de parcours, donc faut juste s'accrocher . 
La fin de parcours se fait en longeant les quais, c'est vraiment long, pas très drôle comme partie de parcours et déprimant quand on se fait dépasser notamment par les relayeurs qui sont un peu plus frais, d'ailleurs ca m'énerve un tant soit peu et j'accélère...Enfin après un dernier virage, on tombe sur les éclairages du parc Gerland, une petite course près des bassins encore un virage et une ligne droite vers l'arche Nike, mais ca continue encore quelques 100 metres plus loin dans le hall de gerland ou se situe l'arche finale.
Gros moment d'émotion je suis super content avec un joli t shirt "finisher" en prime et je viens de terminer en 7H 44, bien au delà de mes estimations. C'est vraiment cool.



5 commentaires

Commentaire de Girith posté le 08-12-2009 à 09:53:00

merci pour ce commentaire bien détaillé, et bravo pour ta course

Commentaire de l'ourson posté le 08-12-2009 à 11:24:00

bravo pour ta très belle 1ère Sainté

L'Ourson_bonne_récup_maintenant

Commentaire de Belet posté le 08-12-2009 à 17:38:00

Bravo, une course bien préparée, un roadbook bien maitrisé.

Arnaud.

Commentaire de vial posté le 08-12-2009 à 23:15:00

je m'intéresses à la gestion des déchets sur les courses
y'a effectivement du travail et la réflexion est en cours sur le sujet pour les courses du Rhône
une belle première pour toi
bravo
michel

Commentaire de yves_cool_runner posté le 09-12-2009 à 21:38:00

Très beau résultat. Belle première bien maîtrisée. Félicitations.

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran