Récit de la course : Les Foulées de l'Ile Barlet - 14 km 2015, par les machine-gônes

L'auteur : les machine-gônes

La course : Les Foulées de l'Ile Barlet - 14 km

Date : 13/12/2015

Lieu : St Romain En Gal (Rhône)

Affichage : 835 vues

Distance : 14km

Objectif : Pas d'objectif

10 commentaires

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L'ile Barlet en particulier et St Romain en gal

Combien de fois avez vous pris le départ d'une course...

 

sans réaliser que le bras posé sur votre épaule pour se frayer un chemin vers les premières lignes était celui de la musaraigne grimpante ?

 

Car discrètement elle continue de hanter les pelotons. Et le muscardin géant n'est jamais bien loin. Comme en ce mois de décembre où la neige tarde à se poser sur les sommets et où les spatules s'impatientent au fond des placards. Certes il y a quelques flaques de neige carrelée ici ou là et quelques acharnés du fartage en feraient bien leur quatre heure. Mais quand le sort s'acharne, il s'acharne...

 

Et par devant comme par derrière, quand ça veut pas, ça veut pas.

 

Depuis jeudi soir un ivrogne du 63 s'est associé avec un poivrot du 69 et à eux deux, ils sont parvenus à incarcérer la civic comme il faut. Dommage pour les machine-gones qui avaient prévu un week-end de double poussée à la Feclaz.

Dimanche matin cependant, ô miracle, la voiture a enfin été libérée.

 

  

On a juste pu improviser une sortie course à pied dans les environs. C'est tombé sur les foulées de l'Ile Barlet. Il y a des vestiges archéologiques dans le coin. Raison sans doute pour laquelle, à l'entrée du gymnase, il y a des fouilles. Donc à peine le temps de s'inscrire et nous voilà au milieu de la meute : la musaraigne prête à en démordre et le muscardin sur le bas côté en raison d'un ischio qui n'a pas pu passer le contrôle technique pour un vol à Mach3. Mach 3, c'est d'ailleurs justement le nom de l'association de triathlètes qui organise ce 14 km plat. On ne va pas en faire un pour autant, mais  ce n'est pas vraiment le le terrain de prédilection de musa. On écoute religieusement le sermon du leader charismatique de Mach3 aux 900 furieux qui trépignent. C'est un jour d'élection et il ne faut pas que la région tombe dans l'obscurantisme. Pour cela il suffit de suivre la rubalise, nous dit-on. Admettons. On note qu'il y a beaucoup de gens en rouge dans les premiers rangs mais ça ne veut pas forcément dire grand chose. Sauf la fille vraiment tout devant qui a un regard de tueuse et qui n'est sûrement pas venue pour faire de la figuration. Le muscardin ne courant pas, on décide qu'il fera grand reporter. Et on suivra cette "cliente" de très près (comme on dit dans le jargon).

 

 

Alors voilà : « les fauves sont fâchés » comme ils disent à la télé. L'animateur au micro a eu juste le temps de ranger son escabeau avant que ne déferle la marée humaine. On se croirait un peu au Bangladesh, 10 ans après les décisions non contraignantes prises par la cop21 pour juguler la montée des eaux. Je me range aussi vite que possible pour ne pas être piétiné à mon tour.

 

Pénétré de mon exaltante mission, je pars à la recherche d'un bon point d'observation pour la suite des péripéties. Le missionaire ça me connaît et de toutes façons, ce n'est pas trop compliqué car il suffit de suivre le fléchage, mais à l'envers. On m'avise d'un endroit stratégique. Après avoir bu un petit coup de gnôle avec un père Noël en chasuble fluo, puis proposé des bonbons multicolores à des enfants qui ont fui en courant, j'ai juste eu le temps de me poster au lieu dit pour voir arriver le quatuor de tête.

 

C'est un petit groupe d'une vélocité stupéfiante. Le tiercé du 8 km dans le désordre accompagné du futur vainqueur du 14 km. No comment. Même les enfants qui fuyaient quelques instants plus tôt en restent médusés.

 

Quelques minutes plus tard, lancée comme un tgv, passe Sophie Martin (la tueuse du 1er rang). Même pas le temps de la flasher. On est au km6 et il faut bien 1 minute 30 avant de voir Dominique Musset (dossard 208) arriver en grandes pompes (façon de parler). Suivie à 50m par Pascale Rotsaert, ex vainqueur récidiviste de l'épreuve. Les deux filles ne font pas rigoler les patates à la cave. (Comme on dit dans le métier).

 

Hé, hé, juste dans le sillage, en voilà une autre qui ne fait pas rire les tubercules à la cave. Oui, c'est bien Musa qui les talonne à moins de 10 secondes. « Vas-y Musa », j'hurle dans un râle qui laisse livides spectateurs et platanes alentour.

Je me fais le constat que si elle n'est pas partie trop vite, ça paraît bien jouable pour recoller, sauf évidemment sur Sophie qui paraît vraiment avoir chaussé des bottes de 7 lieues et qui ne goûte sûrement pas l'Araldite.

 

Avec une malice dont seul les muscardins ont le secret, votre chroniqueur reprend son raccourci à l'envers pour venir se placer judicieusement au km 7,8... où les plus rapides commencent déjà à arriver. La championne ne tarde pas. Elle ne risque pas de se faire appeler Arthur car pour elle ce sera une victoire détachée...

 

En effet, à notre grand soulagement, elle tourne à gauche dans le stade où monte déjà une clameur bien méritée. Tandis que les coureurs du 14km eux continuent tout droit, imperturbables face aux démonstrations triomphalistes de ceux qui paradoxalement les abandonnent déjà.

 

Moins de 2 minutes après, Dominique et Pascale arrivent à leur tour et entrent également dans le stade pour recevoir une ovation qu'elles se refusaient à attendre plus longtemps. C'est une bien belle opération pour la musaraigne qui reste donc désormais seule en tête de SA course. Je note, sans l'exprimer à haute voix, qu'on aurait du s'appliquer sur le renforcement de la sangle abdominale, parce que ça "dégaine" quand même au quart de tour. Nonobstant la foulée musaraignesque est franche, puissante et ambitieuse. Il y a peut-être un bon coup à jouer.

 

33'20" au 8 km, ça me paraît quand même un peu rapide... j'espère que la musaraigne va tenir. D'autant qu'elle devance d'une trentaine de secondes une coureuse certes petite mais avec une fréquence de pédalage hallucinante. D'ailleurs les signaleurs me signalent – et c'est leur rôle – que « c'est une sacrée mobylette celle-là ». Il reste également une centaine de donzelles qui rêvent plus ou moins de revenir sur la tête. Autant d'indices qui rendent l'affaire à la fois très excitante mais un peu inquiétante.

 

 

 

D'autant plus inquiétante, qu'il y a plus de 2 minutes 30 entre Musa et Lydia Petit avec qui elle a pourtant terminé quasiment dans le même souffle le semi-marathon de Venissieux 15 jours plus tôt. Comment tout cela va-t-il donc tourner ? Manque de discernement de notre insectivore ou imprévisible forme olympique ?

 

 

 

Au bout du suspens et de la grande ligne droite qui amène au km13,5... voilà Musa qui arrive en mode "musaraigne transgénique". Pas de mobylette de chasse à l'horizon : ça sent la bonne affaire du jour ; "pas le moment de heurter un trottoir musa !" entend-on beugler dans un rire sarcastique, qui fait encore s'éloigner les enfants. Le muscardin se réjouit doublement : Panier garni ? Jambon géant ? Papillotes à l'Armagnac ?


En tous cas, il est ravi de n'avoir pas mis le pied dans cette course, où vraisemblablement il aurait encore "pris cher". Parce que 65e au scratch sur 400, c'est pas forcément à la portée du premier rongeur venu...




 

A peine le temps, d'aller clopin clopant jusqu'au stade d'arrivée, et revoici Musa en train de conter fleurette au journaliste du Dauphiné. Visiblement JPR – comme on dit dans le métier – concentre toutes les attentions féminines. La deuxième est Amandine Sordet (59'15) qui a remporté le trail du Pilat cette année. Pas une pinky touristette donc...

 

Musa est aux anges parce qu'elle n'espérait pas réaliser un tel temps : 58'38 sur 14 km ! Certaines sources confidentielles ont même laissé filtrer que le matin même il avait fallu utiliser mille stratagèmes à son compagnon pour l'arracher à celle de son oreiller. La troisième, Maroussia est en 1h01. Et Lydia (1h02), qui part comme une princesse, espérait mieux figurer au tableau des médailles. On la comprend, mais c'est la dure loi du sport.

 

C'est donc le dessus de la boîte qui accueille notre musaraigne. Tandis que Maroussia a déserté la 3e marche pour partir voir le biathlon sur l'Equipe21. Nous, on sait qu'on peut regarder en replay donc on préfère profiter de l'instant jusqu'au bout, agiter des bouquets, poser pour les photographes et récupérer une montagne de lots. D'autant que cette Amandine, on la sent revancharde.

 

 

En plus Didier, le DJ-Master-Animateur des récompenses est presque de la famille. C'est un grand pote à Baptiste Tardy, une vedette du Bessat SH où on vient de se licencier. Pourquoi et comment on a signé chez les verts ?? c'est une longue histoire et si vous êtes sages on vous la racontera peut-être, enfin une autre fois … car pour le moment on est encore sur notre petit nuage de l'Ile Barlet en particulier et de Saint-Romain en gal...

10 commentaires

Commentaire de Arclusaz posté le 15-12-2015 à 20:54:27

ils sont reviendus !!!!!!!!!!!

3 ans et demi qu'on attendait un récit et voila : et quel récit, celui d'une victoire écrasante, d'une véritable boucherie. Un CR où, en plus, on apprend des choses sur les préférences sexuelles du muscardin.

Bien content de vous retrouver....

Commentaire de les machine-gônes posté le 16-12-2015 à 07:23:04

Merci Arclusaz, c'est un peu pour toi que la musaraigne a surmonté fracture du col du fémur, clavicule désintégrée et rotules à changer... maintenant c'est un peu comme Gandalf après le combat contre le Balrog. Quant au muscardin, il n'est pas encore aussi gros que le bouc mais il court encore moins vite. Pour le reste, c'est des libres interprétations purement fortuites du lecteur.

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 15-12-2015 à 21:05:49

1358 jours, c'était vraiment trop long

Commentaire de les machine-gônes posté le 15-12-2015 à 21:20:55

On voulait faire "1336" en hommage à la vaillante coop qui a repris l'éléphant, mais il y a eu un petit souci avec l'enregistrement du cr des foulées venissianes, puis un autre bug avec celui de Tournon. Ah, les zanimaux, comment faire avec ces 77 CR de retard... en ski de fond, à roulettes, trails, peau de phoques, bobsleigh et on en passe!

Commentaire de Benman posté le 17-12-2015 à 21:13:08

au top ce récit: humour, performance, envie; tout y est! Bravooo

Commentaire de the dude posté le 18-12-2015 à 15:42:57

Le Bouk voici le temps venu
D’aller prier pour ton salut
Les Gones sont revenus
Bougnat tu peux garder ton vin
Les V1F boivent leur chagrin
Les Gones sont revenus
Toi l’Albacor toi le Kéké
Vaudrait peut-être mieux vous entraîner
Les Gones sont revenus
Mes amis ne me laissez pas
Il faut qu’je reprenne un dossard
Les Machines Gones puisque vous v'là

Commentaire de Arclusaz posté le 18-12-2015 à 15:55:03

alors, ça c'est du commentaire !!!!!!! bon, j'ai la chanson dans la tête pour la journée mais tant pis...

Commentaire de the dude posté le 18-12-2015 à 16:21:02

J'ai eu 1358 jours pour la préparer ;o)

Commentaire de les machine-gônes posté le 18-12-2015 à 23:00:59

On crache au ciel encore une fois
Sacré le dude, puisque nous v'là !

Ps : Quand on pense qu'on croyait le zoo dissout, Arclusaz assigné à résidence sur Caluire, le kéké en garde à vue dans l'Isère, le dude déchu de son adhésion Kikourou. Et là, une petite poche de résistance perdure, qui fait des CR, des CR, des CR...

Commentaire de Jean-Phi posté le 21-12-2015 à 15:31:06

vite l'apéro, ils sont là !!!

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