Récit de la course : Eco-Trail de Paris® Ile de France - 80 km 2014, par c2

L'auteur : c2

La course : Eco-Trail de Paris® Ile de France - 80 km

Date : 29/3/2014

Lieu : St Quentin En Yvelines (Yvelines)

Affichage : 1153 vues

Distance : 80km

Objectif : Balade

4 commentaires

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Ecotrail 80, 2014, une valse à trois temps

Ecotrail de Paris 80 km. Une valse à trois temps

 

 Photos prises en course à suivre

Ecotrail 2013 : Un repas mal-digéré. Hors d’œuvre de midi servi à 5°C et aromatisé au blizzard. Ragoût de gadoue et pluie fine en plat principal et dessert à la sciatique venue de nulle part 8 jours avant le départ conduisant au forfait. Une première pour moi. Enervé, on oublie au plus vite. On oublie. On oublie. Enfin jusqu’à l’année prochaine !!!! Pas question de lâcher l’affaire.

 

Premier temps : le temps du piège

Ecotrail 2014 : La revanche. « Ouaih, mais pour toi c’est facile !! Toi qui a fait des trucs deux voire trois fois plus longs ». Facile sûrement pas, suis-je amené à répondre. Une épreuve n’est jamais facile. En revanche je pars serein et sans stress.  Comme pour une grosse promenade, sans objectif avec la certitude, que certains jugeront arrogante, hors racine sournoise d’aller au bout dans les délais. Le truc ne me fait pas peur. Marie me l’a dit, tu vas mettre 11h. Ah bon ! Pourquoi 11h ? Je viens uniquement pour le parcours que des valeurs sûres dont je connais les goûts proches des miens m’ont bien vendu. Tu verras, si proche de Paris c’est surprenant. Dont acte. Alors le chrono, il viendra comme il viendra. Ce n’est pas un objectif.

En ce samedi de fin mars assis tranquillement au bout du sas de départ je devise avec Michel, un « petit jeune ». Parti un poil lentement en 2013 et rattrapé pour 2mn par la barrière éliminatoire du 55ième. Unluky Il est en plein doute. Cet Ecotrail en suis-je capable s’interroge-t-il ? Je n’en doute pas mais ne lui dit pas vraiment.

A midi pétante, lâché du troupeau dans ce champ version hippodrome fluidifiant assez vite la meute avec comme seul objectif d’éviter les ornières casse-cheville en attendant le sol plus ferme. Ciel pur et beau soleil.

Le piège, quel piège. Mais ce début roulant bien sûr amplifié cette année comme il y a deux ans par cette première chaleur dans l’absolu modeste qui va j’en suis certain en cueillir plus d’un. Malheur à ceux qui ne boiront pas assez. Finalement ce plan d’eau de cette base de loisir est bien grand. Presque dix bornes tout de même pour en venir à bout dans un contournement par le sud plein ouest puis par le nord plein est. La sournoise albédo élevée de la grave des sentiers en fait chauffer un bon nombre parti un peu vite, mal protégé ou trop chaudement habillé. J’avance le nez en l’air sans m’occuper des autres, sans prise de tête, à la sensation. Je déroule sans regarder une seule fois ma montre. Enchainement en contraste total du béton de la ville version Saint-Quentin en Yvelines qu’il faut bien traverser en opposition avec des passages bucoliques aux étangs retirés après avoir longé le camp militaire de Satory.

En ville quelques mains d’enfants se tendent. On longe la rutilante bâtisse du vélodrome national. Amusement sur ce pont qui nous fait rebondir comme munis de ressorts virtuels sous nos chaussures. Des habitués remarquent d’une année sur l’autre les nouvelles constructions. Le bêton gagne.

24 kilomètres, 2h42 le ravito de Buc me surprend. Mais tous ces coureurs déjà en vrac ! Pourquoi ? Il suffisait de faire le gros dos pendant trois, quatre heures en attendant la fraicheur retrouvée et pourtant le piège fonctionne et se referme doucement. Deux minutes de lâchées pour les niveaux, bidon, camel et gossier et c’est reparti. Ou comment gagner plusieurs centaines de places sans rien faire.

 

Deuxième temps : le noyau dur

C’est maintenant que se concentrent les principales difficultés de l’épreuve. Cette succession de petites rampes n’est pas bien méchante dans l’absolu car assez courtes mais qui mal gérées peuvent rapidement émousser les cadences. A chaque bosse je monte tranquilou et en profite éventuellement pour me ravitailler. Dès le haut je relance immédiatement. C’est là que se font de nombreux dépassements de tous ceux qui marchent plusieurs centaines de mètres pour récupérer d’être monté en léger surrégime.

C’est clair cette année le terrain est bien sec. Juste quelques vagues zones humides et quelques passages légèrement caillouteux. Finalement ce parcours est assez roulant. On est loin de la montagne. Les rampes sont entrecoupées de longues zones en partie assez plates qui permettent de bien relancer et d’avancer. Vélizy, une découverte. On oublie le centre commercial et la zone industrielle et on navigue durant 6 km dans les bois. Les autoroutes ou voies rapides s’enjambent : Après l’A12, l’A86, c’est au tour de la N118. Toujours des étangs de ci de là.

Point d’eau du 47km, déjà presque 500 places de remontées sans faire grand-chose. Juste en avançant sur un tempo effort constant. Le calculateur de passage s’est planté de 20 mn. Mais c’est qu’il me sous-estimerait cet idiot !! La coupole de l’observatoire de Meudon et les jardins associés transpirent l’histoire, quelques promeneurs sur les pavés version voie romaine. La tour Eiffel est là dans le lointain, mais il reste du chemin. On oublie vite pour passer à autre chose. Cap plein ouest, la N118 traversée une nouvelle fois, plus au nord dans l’autre sens et encore 6 km de foret tranquille. A force de tourner pour engranger les kilomètres, je ne sais plus trop où je suis bien qu’ayant un bon sens de l’orientation. Pas désagréable. Il suffit de se laisser guider avec un balisage nickel. Je n’oublie pas un petit mot ou salut aux bénévoles qui nous guident et nous protègent aux points stratégiques plus ou moins dangereux.

 

58km Chaville, ma première soupe, trop bouillante, je la coupe à l’eau pour aller plus vite. Un délice. J’embarque quelques dés de fromage et fines tranches de saucisson. Plus que 3 minutes d’avance dans cette section sur la prévision de passage. L’engin informatique a-t-il mieux décodé ma façon de fonctionner ? Un coureur fait une cyrano qui ressemble plus à du fractionné. Surprenante gestion. 5 fois, 10 fois il revient sur moi depuis de nombreux kilomètres. Je n’arrive pas à m’en dépatouiller. Sa tactique m’use psychologiquement. Il me perturbe. Finalement la future pénombre aura, je crois, raison de lui. Etang de Ville d’Avray, lieu apaisant, petite fraicheur, les manchettes par prudence. Suite de la forêt domaniale de Fausses-Reposes, la frontale devient utile. J’intériorise dans cette nuit qui m’enveloppe progressivement. Perte de repères du terrain et de notion de vitesse. Personnellement j’adore. Tout devient pour moi plus facile. Mon esprit s’échappe et je suis ailleurs.

 

71 bornes, brusque réveil. Les lumières crues du dernier ravitaillement, domaine national de Saint-Cloud. 750 places de gagnées depuis Buc. Ma première vraie pose. Une soupe, deux soupes. Je flâne volontairement une bonne dizaine de minutes, je ne sais, peu m’importe. L’impression visuelle d’être un peu au bord d’un plateau avant la dégringolade finale. Et toutes ces lumières de la mégalopole parisienne à nos pieds. Une photo par-ci une petite discut par là. Je me délecte déjà de cette fin roulante et plate.

 

Troisième et dernier temps : les bords de Seine

La chute en lacets sur le musée de la céramique de Sèvres est franche et rapide. En bas tout m’agresse spontanément : Les lumières artificielles blafardes. La chaleur lourde de la ville. Le bruit des véhicules adouci tout de même de temps en temps par quelques coups de klaxon complices. Les zones de travaux. Ce mélange de poussière et de pollution ruisselant sur ce quai sans âme qui ne nous donne pas encore une vue sur la dame de fer. Je fuis alors dans ma musique. Heureusement les jambes tricotent bien et j’arrive à relancer sur un tempo peut-être minable dans l’absolu, je ne sais et ne cherche pas à savoir mais qui me convient pour rester en équilibre parfait physique et mental.

Et puis tout se décante progressivement. L’ile Saint-Germain est beaucoup plus reposante. La banlieue laisse la place à la capitale et son phare Eiffelien enfin visible. Je revis. Finir comme cela dans les rues de Paris, quand-même ça a de la gueule. Seuls les escaliers m’empêchent de courir. Je reprends des coureurs, quelques-uns me reprennent. A chacun sa partition finale. Le pont de Bir Hakeim nous barre cette avancée à contre-courant dans l’axe du fleuve. A gauche toute pour attaquer la butte. Je découvre ce quartier. Les marches qui longent le métro de Passy sont avalées gros tempo. Les cuisses piquent un peu. Mais quel plaisir, sourire en coin, de larguer les piétons sur l’escalator à côté de moi sortant de la station.

Premier vrai coup d’œil à ma montre. -5 de dix heures. Ne vais-je pas regretter ce petit coup de fil passé il y a peu en marchant quelques instants sur l’ile « aux cygnes » annonçant à mon staff perso mon arrivée imminente. Tranquille, sans forcer, je sais déjà que ça va le faire. 55 secondes avant dix heures les 3 marches du podium d’arrivée sont enquillées d’une traite. Sous les 10h, sympa. Le temps de prendre une bière et la tour Eiffel se met à clignoter de toute sa hauteur à 22h pétante comme à chaque heure, pour moi tout seul, évidemment.

 

Et puis Michel « le petit jeune » dans le doute, rappelez-vous, arrive le long de la pièce d’eau de ce Trocadéro en 11H21. Pas mal. Il est facile à reconnaitre, avec sa grande barbe blanche on dirait le père Noël. Certains auraient bien aimé faire ce temps. Certains aimeraient peut être encore faire ce temps dans « quelques années ». Ah oui c’est vrai, je crois que j’avais oublié de vous le dire mais Michel à 68 ans.

Christian

 

PS: arrivé un peu tard pour le rendez-vous avant départ. Une autre fois. J'ai pas mal interrogé de "casquettes ou de buff rouges" en course mais à chaque fois c'était pas des kikourou. Merci pour les panneaux eux bien vus au début en forêt ainsi qu'à la fin le long de la Seine. Et aussi es bombons de Sab et le petit bout de chemin avec nicou2000 dans le même tempo.

4 commentaires

Commentaire de Bert' posté le 03-04-2014 à 18:57:46

Ca a toujours l'air si simple en lisant... ;-)

Bien joué la petite balade "just in time" moins de 10h, et merci pour le joli compte du Père Michel :-))

Commentaire de nicou2000 posté le 03-04-2014 à 21:49:51

Une vraie ballade de santé!
Content d'avoir pu te croiser... Au final on aura fait quasiment la même course à qq minutes près à chaque ravito...
A bientôt!
Nico

Commentaire de caro.s91 posté le 03-04-2014 à 23:19:04

Tu as tout compris. Ne pas partir trop vite, et tout devient facile. Bravo pour le chrono. Caro

Commentaire de bubulle posté le 04-04-2014 à 08:10:36

Le calculateur de passage ne s'est pas trompé...;-). Il était à l'*observatoire* de Meudon alors que le ravito en eau était à l'ex-orphelinat. Nuance..;-). Je te rassure, tu n'es pa sle seul à confondre...;-)

Christian, bis.

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