Récit de la course : 24 heures de Brive 2012, par alain

L'auteur : alain

La course : 24 heures de Brive

Date : 17/5/2012

Lieu : Brive La Gaillarde (Corrèze)

Affichage : 907 vues

Distance : 0km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Le récit

Brive le Gaillarde (19), le 18 Mai 2012

 

Tete-d-horloge.jpgQu'est ce que je fout là ? Je serais bien mieux dans mon lit douillet, on est en effet au milieu de la nuit dans le parc autour de la salle Georges Brassens à Brive en train de faire et refaire mainte fois un parcours de 1029m. Quel est donc cette secte bizarre ? Non, pas une secte, ni des fêlés, c'est simplement une course à pied qui doit durer 24h et le but est de faire le maximum de km ! Une discipline d'athlétisme qui hélas ne fait pas trop parler d'elle !

 

Quoi qu'il en soit, pourquoi venir sur cette discipline ? Ben je dirais, c'est pour moi le plaisir de voir jusqu'où je peux aller, où sont mes limites, aller toujours plus loin, la suite logique d'un coureur de fond : On débute sur un 10 km, puis on veut goûter au semi-marathon et pourquoi pas le marathon ? Puis plus tard quand ces distances sont devenues un peu trop familières, on goûte à l'ultra : Le 100 km et pour moi 12 ans après mon 1er 100 km, je goûte à mon 1er 24h.

 

Beaucoup s'imagine que la préparation d'un 24h est plus dur que la préparation d'un marathon, je dirais non, comme pas plus pire de passer du marathon au 100 km et du 100 km au 24h, quand le coureur est suffisamment conditionné physiquement tout au long de l'année dans diverses distances foncières, il suffit de quelques semaines de préparation spécifique pour préparer son corps a telle ou telle allure sur telle ou telle distance. C'est sûr que pendant la préparation spécifique, ce n'est pas facile de concilier vie professionnelle, vie familiale et sculpter quelques heures par semaine son corps pour qu'il passe le mieux possible le défi que l'on veut lui infliger. Mais quand on aime se surpasser, on trouve toujours le moment nécessaire pour trouver un petit moment a consacrer a soit même.

 

Pas facile de se trouver un barre, un seuil, un objectif quand c'est son premier 24h ! A quelle allure dois-je partir pour ne pas finir en miette au bout de 24h ? Du moins si l'on y arrive ! En ce qui me concerne, j'ai trouvé mon allure dans mon entraînement en essayant de courir le moins vite possible tout en étant à l'aise en écoutant le petit ronronnement du moteur avec le cardio comme indice car des fois on est un peu aveugle ou plutôt sourd envers son corps et là c'est un peu dangereux, car des fois on se sent bien, mais on est trop haut ! Il faut apprendre a se freiner.

 

Apprendre a se freiner, telle est ma principale préparation, pour cela, j'ai pris des «courses intermédiaires» et je me suis forcé a ne pas allé «au devant», travailler l'allure 24h plutôt que de suivre un concurrent qui vient de nous doubler alors que d'habitude on est devant lui ! Oui, je sais pour les vrais compétiteurs c'est assez frustrant ! Mais je me dis, pour m'aider, que c'est une course pour le fun, une course pour préparer l'allure du 24h, c'est s'habituer mentalement pour que physiquement çà tienne. Ben oui le cerveau conduit le corps tout comme un chauffeur qui conduit une voiture et suivant la vitesse que va infliger le chauffeur à sa voiture il va plus ou moins consommer et le but avant tout est de ne pas vider trop vite le réservoir d'essence pour aller le plus loin possible.

 

Comme un gamin excité la veille de la noël, la nuit s'est consommée en petits morceaux au cas où je louperai le réveil peut-être, pourtant je ne me sentais pas stressé comme dans mes premières années de compétition.

 

Enfin, c'est le matin, un bon petit-déjeuner et c'est partit.

Sur place, les tables de ravitaillement bien aligné et déjà des coureurs en place en train de déballer leurs petites affaires personnelles, on se serait cru presque a un vide grenier :-)

 24h-Brive-2012---table-ravitaillement.JPG

Ma table, aux côtés de l'A.C Gigouzac qui seront là pour assister aux relais de J.C. Perronnet, un coureur sympathique et très ouvert aux palmarès impressionnant !

Bon, ma station service est prête, le niveau de carburant à la pompe à essence est bien remplie, les pompistes qui se passeront le relais est Chantal et Jean-Pierre à qui le 24h n'a plus aucuns secrets.

 

 


 24h-Brive-2012---J.C.-Perronnet.JPG

Brive-24h-A.C-Gigouzac.jpg

Petite photo familiale d'avant course et c'est partit pour 24h de course

 24h-Brive-2012---Photos-de-famille.JPG

Mon allure de base au départ déterminé suivant les explications ci-dessus avec les arrêts ravitos, les alternances marches et courses se trouve vers 9,5 km/h et comme beaucoup de coureurs néophytes dans cette discipline on se pose beaucoup de questions sur cette fameuse allure, est-ce la bonne? je ne me trompe pas ? …

Allez trop tard pour se remettre en question, on y va, on va suivre le même tempo qu'à l'entraînement, ravitaillement en marchant pour souffler un peu et on repart, sans oublier les arrêts pipi et compagnie çà donne du 9,5 km/h de moyenne pour les 1ères heures de courses. Certains spécialistes qui suivent çà de prêt vont dire que çà va faire plus de 200 km, mais moi je ni crois pas trop car sur une 1ère expérience je pense que mon corps va décliner plus vite que les autres mais au fond de moi je pensais que 180 km çà ne serait qu'une formalité au vu de ma préparation et que je pourrais finir dans la fourchette 180/200 km.

 

Les premières heures passent très vite le tempo est suivit à la lettre, je reste confient et je sais très bien que pour l'instant, çà ne sert à rien de s'affoler, la course n'a pas commencer tant que l'on a pas « basculer ». PFFF ! l'après-midi, c'est vrai qu'il faisait chaud, il y avait longtemps que l'on avait pas vu çà ces derniers temps où l'on avait préparé spécifiquement ce 24h sous la flotte pendant plusieurs semaines; Je me protège tout de même avec une casquette sahara et je renforce la boisson avec une bonne gorgée à tous les tours au lieu de 2 tours.

En fin d'après-midi, çà commence à se gâter, l'envie de vomir et n'avoir envie de rien, je prend un fond de coca à la table de ravitaillement de l'organisation et là je vous passe de tous les détails, tout est partis, vidé le petit gars, quel gaspillage, M Raoul venait me dévaliser le peu de carburant qui me restais dans mon réservoir !

24h-Brive-2012---ca-se-corse.JPG

Plus envie de manger, le sucré, rien que d'en parler... Changement de tactique, on change d'alimentation, on prends plus d'alimentation solides, sur de petites quantités et à tous les tours, la partie marche sur la zone ravito je l'ignore, je marche sur les parties difficiles en compensation pour éviter de trop pousser le corps et lui laisser le temps de bien se remettre pour pouvoir courir a l'aise sur les parties roulantes afin d'éviter de trop perdre en vitesse. A ce moment là, je reste encore confiant, je me dis çà va revenir...

 

Tandis que petit à petit, je reprenais du poil de la bête dans la soirée et repatra me voilà a courir sur une allure de misère, ben diou la nuit va être looongue !

Même refrain sur une grande partie de la nuit, s'alimenter comme on peut, parfois en grimaçant mais il n'y a pas a dire soupe vermicelle et yaourt sont les 2 principaux aliments qui passaient le mieux, enfin presque, de tant en tant une petite gorgée d' EDRIXIR de chez Overstim's était pas mal aussi.

 

Patience et attendre que le temps passe, avancer pour faire quelques kms de plus, bien que l'allure était a peine supérieure à celle d'un marcheur, mais bon je me réconforte en regardant le classement au fur et à mesure de mes passages bien que ce n'est pas vraiment l'objectif de ma course, Je m'aperçois que ma place décline pas beaucoup, donc, je conclue que l'on est tous dans le même cas, avec le même mal, en train de ramer tant bien que mal avec les moyens du bord pour faire avancer le bateau.

 

Puis, il y avait aussi le moment du coup de pompe vers la 18ème heure, où même en courant mes paupières pesaient et comme tous chauffeurs qui tombent de fatigue au volant d'une voiture, faut faire la pose pour éviter l'accident et sous les conseils de Chantal, je vais m'allonger quelques minute pour souffler un peu, fichtre que çà fait du bien, mais je n'aurais pas cru que j'allais grelotter autant sous une couverture ! Bon allez assez de se prélasser, on est là avant tout pour avancer, faire des kms ! Je me lève tant bien que mal, qu'est-ce que la terre est basse ! Dur de se remettre sur pied, je tremble encore, je m'habille chaudement, combien de temps je suis rester là sans faire de bornes ? Ben je ne sais pas trop, quand je repasse sur la ligne le chrono marque 45mm sur la dernière boucle de 1029m. Comme mes jambes sont tétanisées, pour relancer la machine, je fais un tour en marchant à la façon d'un petit canard.

 

2ème tour on repart sur le même tempo, marche et course, ravito a tous les tours, soupe et yaourt au passage à la table, Allez un tour de plus, allez un autre tour et petit à petit la nuit s'efface, le jour vient mettre de la couleur et de la gaité. Franchement y'a pas mieux pour retrouver un peu plus de force dans notre mental !

 

Impossible de courir correctement en continue, je me dois alterné avec de la marche rapide et les 2 dernières heures gloup fichtre non ! Impossible de lever les jambes pour courir, crampes a chaque coup ! Et là je me résigne a rester sur de la marche rapide, serrer les dents, avancer comme on peut,

patience...le temps interminable s'effrite petit à petit, je suis surpris de voir que mon classement n'a toujours pas beaucoup bouger, comme quoi, on est tous plus ou moins dans le même cas et finalement avec la marche on fait quand même des km.

 

Les dernières minutes, moment magique... le coup final sonne et enfin c'est la délivrance.

Voilà mon 1er 24h de fait avec une 1ère marque à 177,952 km et enfin me voilà circadien depuis le temps que je l'attendais :-)

Ah oui, pour ceux qui aime savoir le classement : 17ème / 114 classés mais tout est là :

http://www.24h-brive.fr/images/stories/documents/result-2012/resultat24h.pdf

3 commentaires

Commentaire de francois 91410 posté le 20-05-2012 à 19:13:58

Je n'ai jamais fait ni de 100km ni de 24h, mais je trouve ce genre d'aventure personnelle captivante, comme ton récit qui explique bien tous les états dans lesquels tu es passé et dans lesquels beaucoup passent je pense dans ce type d'épreuve. Total respect, félicitations pour le résultat final et bonne récup

Commentaire de lapinouack posté le 20-05-2012 à 19:38:56

waouu belle marque pour un 1er 24h , bravo à toi et bonne récup

Commentaire de CROCS-MAN posté le 21-05-2012 à 07:56:00

Une très belle marque, BRAVO

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran