Récit de la course : Marathon de Toulouse 2010, par yves_cool_runner

L'auteur : yves_cool_runner

La course : Marathon de Toulouse

Date : 24/10/2010

Lieu : Toulouse (Haute-Garonne)

Affichage : 961 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

7 commentaires

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Ô Toulouse !

 

 

24 octobre 2010

Marathon de Toulouse

 

24 octobre, le grand jour de mon Marathon 2010 : Toulouse. Malheureusement, les 3 dernières semaines de ma préparation, programmée sur 16 semaines, ont été perturbées par mes problèmes de vertige revenus au plus mauvais moment. Je fais avec depuis 2000 et il y a bien plus grave, mais le résultat c'est beaucoup de fatigue en fin de journée induite par ces « déséquilibres »... Et non par l'abus de boissons fermentées ! Dommage, ma préparation s'était déroulée au mieux jusque là. Un premier cycle orienté VMA m'avait permis de sensiblement faire progresser ma vitesse de base avec notamment en fin de ce cycle un test sur un tour de parc bouclé en 14'48'' alors que je n'étais pas descendu sous les 16' en 2009 et que mon meilleur chrono dans cet exercice solitaire était de 14'57'', il y a bien longtemps. J'avais en plus réussi à maintenir cet acquis avec des chronos réguliers entre 15 et 15'30'' tout au long de ma préparation.

Pour confirmer ces bonnes dispositions, un semi marathon (Mâcon) de préparation à J - 5 semaines qui s'était parfaitement déroulé (voir récit) et qui confirmait un potentiel à 3h10. Mon objectif 2010 étant de faire mieux qu'à Reims en 2009 (3h11mn26s) et si possible moins de 3h10, voire 3h08, pour marquer un maximum de points pour le club. Malheureusement, les vertiges susmentionnés ont frappé, me conduisant (sagement) à ne pas participer au semi de Lyon auquel j'étais inscrit. 2 semaines pour que ça passe à peu près et un entraînement maintenu dans la fatigue avec une ultime semaine de repos quasi intégral (une seule sortie).

Vendredi 22, en route pour la Ville Rose et un long week-end avec ma Christine. Compte tenu des événements, nous sommes descendus en voiture, le trafic ferroviaire restant fortement pertubé. Heureusement, nous n'aurons aucun problème d'essence, toutes les stations du trajet sont approvisionnées et je refais le plein à chaque arrêt. Arrivée en fin d'après-midi à l'hôtel, idéalement situé à proximité du centre ville et de la place du Capitole où se tient le village Marathon. La soirée est consacrée à une première découverte du centre ville, très animé et à l'architecture de briques roses bien préservée.
 
Le temps est magnifique le samedi, consacré à la visite des hauts lieux de la ville, "L'église Saint-Sernin illumine le soir, une fleur de corail que le soleil arrose". Nous passons également au village Marathon pour récupèrer le dossard et surprise : j'ai le 69... Délicate attention de l'organisation pour un lyonnais ! L'après-midi du samedi est consacré au repos à l'hôtel, pendant que Madame fait du shopping. Je n'ai pas de trop bonnes sensations, en fait, je sais que je ne pourrai pas réaliser mon objectif initial, d'autant plus que la météo annonce du mauvais temps pour le dimanche. Donc, je me fixe un objectif nettement revu à la baisse : au moins aller chercher les minima qualificatifs en V2, soit moins de 3h20 (Toulouse est un marathon labellisé FFA, qualifiant).

Dimanche matin, réveil un peu avant 6 heures, et les prévisions météo sont confirmées : il pleut. Bon ça ne contribue pas à remonter le moral. Petit déjeuner à l'hôtel avec l'équipe de chronométrage du marathon, mais pas d'autres coureurs. Je me prépare tranquille et je me rends au départ à 3 stations de métro. A noter que l'organisation avait bien fait les choses, avec un ticket de métro 12 trajets fourni, un poncho pour s'abriter au départ, un très beau tee-shirt technique Mizuno. Petit à petit, une foule de schtrompfs (le poncho est bleu !) se rassemble sur le Pont Saint-Michel où le départ sera donné. Je retrouve un de mes collègues de Lyon, originaire de Toulouse, qui vise moins de 3h15, par contre pas de Kikous en vue, bien que j'ai mis la célèbre casquette rouge comme signe de ralliement. L'organisation est excellente avec notamment une quantité considérable de « petites cabines » permettant de satisfaire aux contraintes logistiques de dernière minute sans attente. Je dois dire que voir un tel niveau de maturité de l'organisation pour une 4ème édition ne peut que rendre admiratif un lyonnais qui doit faire avec un marathon de seconde zone dans sa ville !

10' minute avant le départ, je rentre dans le sas dossards préférentiels et je me retrouve juste derrière les élites et notamment les kenyans de service (en particulier le grand favori, Benjamin Bitok, déjà vainqueur des deux dernières éditions). Pour une fois, je les vois de près... Ca ne durera pas...part des handisports chaudement applaudis, et 10' plus tard, c'est le peloton des 2500 marathoniens qui s'élance. Je pars quasiment sous la banderole, donc pratiquement pas de différentiel temps officiel / temps réel, de toute façon, je ne prends toujours en compte que le temps officiel, le temps réel n'étant qu'une indication donnée au coureur. Je décide de partir sur les bases de 3h10 et de faire l'état des lieux au semi pour réajuster. Je sens assez vite que je ne suis pas « facile ». Les muscles sont durs avec l'humidité, renforcée par un peu de vent. J'attends le 5ème km pour me faire une idée plus précise de mon état : le temps de faire chauffer un peu la machine. Je suis rejoint par Lydia Petit du team Spode qui a reconnu mon débardeur de l'AAA du Lyonnais. Nous échangeons quelques mots et comme nous avons le même objectif de 3h10 (à ce moment là...), elle me choisit comme lièvre pour lui assurer le tempo, ce que j'accepte avec grand plaisir.

5ème km atteint en 22'15''. Je suis dans le bon tempo, mais comme je l'ai déjà dit, sans facilité, déjà bien humide des pieds à la tête. Le parcours est roulant, avec quelques relances sur des passages de ponts routiers, mais je ne vois pas grand chose du paysage, la visière baissée sur le nez pour ne pas prendre la pluie, fine mais continue, dans les yeux.

10ème km atteint en 44'45''. Toujours dans le rythme des 3h10 (45' pour 10 km), mais je n'arrive pas à rentrer dans la « bulle ». A Reims, j'étais sorti de la « bulle » au 35ème, près à rentrer dans le dur. Là, je sens que je suis presque dans le dur ! On discute un peu avec Lydia. Je la renseigne sur notre rythme, suivi avec mon Garmin, elle n'est pas trop bien non plus : mollets durs, sanction de l'humidité.

15ème km atteint en 1h07'30'' environ. La situation se confirme. Je commence déjà à gérer la difficulté. La stratégie reste d'aller jusqu'au semi et de voir à ce moment là. Mais, je n'ai pas trop « d'envie » aujourd'hui. Le sentiment d'avoir fait une belle préparation, finalement perturbée sur les 3 dernières semaines, pour en « c.... » aujourd'hui, me sape un peu le moral. Au 18ème kilo, je ne sens soudain plus la présence de Lydia derrière moi, je me retourne pour la voir marcher quelques dizaines de mètres en arrière, fini pour elle, un mauvais jour à oublier. On se fait signe et je relance, un peu atteint par cet abandon qui renforce ma gamberge !


Semi marathon : 1h35'11'', soit 4'30''au kilo depuis le départ. Si je suis encore dans les temps pour 3h10, je n'y crois plus. Je décide de lever tout de suite le pied (+ 10'' au kilo) plutôt que d'aller rapidement dans le mur en maintenant le rythme. Qu'est-ce que je fais ? Je continue vers un chrono moyen ou je mets le clignotant ?

25ème km : 1h53'30'', je suis maintenant à 4'40'' au kilo. Je me suis rabattu sur l'objectif d'assurer les minima V2 et la qualif. Donc, moins de 3h20. J'ai de la marge, moins de 3h15 reste jouable, mais je ne suis pas au bout de ce marathon. Allez, un gel pour la route.

30ème km : 2h17'25''. Toujours 4'40'' au kilo. Toujours pas de sensations. Toujours la pluie. Je prends mon mal en patience, mais je commence à avoir des « maux de bide » avec le tee shirt trempé. Et hop, au tapis au 32ème : je glisse sur une bande blanche plastifiée. Manque d'attention et surtout de concentration. Je subis la course, or un marathon doit se gérer dans les moindres détails. Heureusement, pas de bobo, et de sympathiques applaudissements pour m'encourager suite à cette mésaventure. Là encore, bravo aux spectateurs et aux animations sur le parcours (je retiens surtout le couple qui dansait le flamenco et l'orchestre breton). En plus, chacun avait son prénom sur le dossard, d'où des encouragements personnalisés. Au 34ème, nouvelle alerte, douleur derrière la cuisse droite, bonjour contracture, et au revoir aux 3h15.
 
 

Je passe à 4'50'' au kilo pour atténuer la douleur qui heureusement reste diffuse et supportable. Je ne regarde plus trop le chrono. Je gère cette fin de course pour finir en 3h17 / 3h18. Je regarde passer les deux ballons "3h15", sans chercher à les suivre. Maintenant, nous sommes revenus dans Toulouse et il y a énormément de spectateurs. Je profite enfin un peu de la course, mon allure à 4'50'' au kilo sur les 12 derniers étant relativement « confortable ».

 

 

 

"Voici le Capitole, j'y arrête mes pas", je savoure pleinement l'arrivée après une course un peu galère. Encouragements de ma tendre et douce et c'est terminé. Bon l'essentiel est assuré avec une honorable 328ème place sur 2391 classés (36 / 371 en V2) et un chrono de 3h17'24'', soit 8 points et une qualif. V2 pour le club. Finalement, je positive, et un marathon difficile comme celui là apporte de nombreux enseignements. Pour l'anecdote, Benjamin Bitok a fait la passe de 3 et battu le record de l'épreuve en 2h12'37'' devant l'autre kenyan, Patrick Korir.

 

 

Retour à l'hôtel et après-midi repos avec un temps qui se dégrade de plus en plus. Le soir, nous allons nous remettre en sacrifiant aux traditions culinaires locales à la Maison du Cassoulet où se retrouvent de nombreux marathoniens arborant fièrement le tee-shirt de la course.

Lundi 25, retour sur Lyon par la route buissonière, Millau et son viaduc (le lendemain d'une très difficile édition des Templiers), les Gorges du Tarn, l'Aubrac et les premières neiges sur les hauteurs. En conclusion, un superbe week-end touristique et sportif, et un bien beau marathon... A refaire par beau temps !

Citations en italique extraites de la chanson Toulouse (C. Nougaro).

 

7 commentaires

Commentaire de DROP posté le 30-10-2010 à 16:24:00

objectif peut etre pas atteint mais avec un chrono qui me laisse encore reveur...

Bonne récup

Commentaire de Fimbur posté le 30-10-2010 à 22:31:00

Salut Yves,
bravo pour ta gestion dans ces conditions.
Bonne récup,

A bientôt au parc pour préparer la STL,
Fimbur

Commentaire de CROCS-MAN posté le 30-10-2010 à 22:36:00

Bravo pour ton courage et ton chrono

Commentaire de Gibus posté le 31-10-2010 à 18:18:00

Sympa ton récit Yves.
Toute l'histoire du marathon : indécis.
Bravo pour ta qualif.

Commentaire de kkris posté le 31-10-2010 à 19:31:00

merci pour le récit, qui prouve une fois de plus qu'on ne maitrise pas tout:c'est le charme du marathon!
bonne récup'.

Commentaire de le_kéké posté le 03-11-2010 à 22:18:00

Pas facile comme distance le marathon, le moindre grain de sable et paf.
Mais bon tu finis dans un temps quand même pas si mal même si c'est pas celui espéré, c'est ce qui fait aussi le charme de la distance.

Commentaire de Pierre qui court posté le 29-10-2011 à 10:40:51

merci pour ton récit très précis
je viens de retrouver, un an plus tard, quelques lignes que j'avais écrite à la même époque... octobre 2010, ce fut MON TOUT PREMIER MARATHON, celui de Toulouse... et à l'époque j'étais en forme et bien préparé je pense, pour mener à bien ce défi en tant que novice de la course à pied :
Tout d'abord QUELLES SENSATIONS...... waouh ! ce fut excellent ! à l'arrivée, tout de suite après la ligne, je me suis posé quelques minutes sur un banc de pierre rose de la célèbre Place du Capitole, pour y goûter ces instants rares et précieux... : me rendre compte que j'étais donc devenu un marathonien ! Sans exagérer, je peux vous avouer que j'en ai chialé quelques instants...de joie biensûr, d'émotion... (probablement que l'adréline y était aussi pour quelque chose... avec le relâchement, après avoir maîtrisé sérieusement mes sensations et pensées sur cette dure épreuve physique et mentale).
Côté chrono, j'ai donc bouclé mon tout 1er marathon en 3 heures 05. Sans bobo, sans ampoule, sans trop forcer, mais en restant sur un rythme régulier, en prenant soin de bien me ravitailler (gels que j'avais testés et qui sont très bien passés + eau + boisson énergétique que j'avais avec moi pour les 20 premiers kilos).
J'avais mis ma tenue légère habituelle, et je n'ai pas vraiment souffert de la fraîcheur et de l'humidité, ça allait (j'avais aussi enduit les jambes et les bras d'une huile pour le sport). J'ai fait gaffe en me couvrant bien pendant la période d'attente sur la ligne de départ (vieux t-shirt et poncho).
Le parcours est bien roulant (à part les flaques...), pour preuve, le vainqueur, le Kenyan Bitok finit en 2H12.
Le public était présent, malgré le sale temps. Autre super point positif de cet évènement : sur chaque dossard, il y a inscrit le PRENOM du coureur !! Je peux donc vous dire que c'était hyper motivant, et même touchant, tous ces inconnus qui clamaient votre prénom pour vous encourager à aller jusqu'au bout !
Voilà, je peux donc dire que ce 1er marathon pour moi, c'est vraiment "que du bonheur" (comme on dit souvent rapidement...), mais là vraiment, des efforts qui payent, et des soutiens et bons conseils de camarades coureurs qui m'ont bien aidé, le tout sans me prendre la tête, pour garder le côté fun et plaisir du sport ! Merci donc encore pour ces coups de main dans la préparation.
Je crois que je vais donc récidiver... avec celui de la capitale en avril 2011. Les distances telles que les 20 km, semi et le marathon, je les apprécie beaucoup (j'avoue que cela me botte plus que des 10 kilos), et tant que la santé est là, je pense continuer de les pratiquer avec assiduité.
Voilà, quelques infos et émotions de coureur novice échangées.

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