Récit de la course : Marathon du Mont-Blanc 2010, par strac

L'auteur : strac

La course : Marathon du Mont-Blanc

Date : 27/6/2010

Lieu : Chamonix Mont Blanc (Haute-Savoie)

Affichage : 1601 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

8 commentaires

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marathon du Mont-Blanc

Je ne fais pas souvent de récit, mais là, il faut que ça sorte.

J'avais pris un tel pied en 2009, 5h43 de bonheur, des panoramas à couper le souffle, la découverte d'une course fabuleuse, une organisation tip top.

Bref, je remet le couvert en 2010, avec l'espoir disimulé de faire aussi bien voir beaucoup mieux ( je visais 5h15/5h30).

J'embarque parents et beaux-parents pour l'aventure.

Entre temps, je me suis inscrit sur la CCC, recalé , je me "rabat"  sur le TDS, bref, ce marathon du Mt-Blanc n'est qu'un entrainement et servira à ma rassurer sur ma capacité à courir le TDS.

Quelle erreur!!!!!

Je me présente au départ avec un super entrainement dans les jambes, bien reposé , j'ai bouffé de la côte plus qu'il n'en faut, je me suis équipé en batons, chaussettes bvsport, alimentation nickel, poids de forme au juste niveau, grosse motivation, je vais tout exploser.

 Je pars avec mon pote Philippe qui est  meilleur que moi.

Au premier ravito, je suis en 58m, je prends un gel, tout vas bien, je m'arete pour prendre des photos.

Les 18 premiers kilos ne sont qu'une formalité et je double au moins 100 coureurs dans la descente de Vallorcine.

Au ravito, je sors les batons;, je bois du coca, mange du sauc, arret environ 4 minutes.

On repart, on grimpe vers les Posettes, je me fais pas mal doubler dans la première partie, c'est normal, je suis moins bon dans les montées. 

Je suis toujours avec Phil.

Au sortir du bois, on rejoint une piste plus large, je suis encore bien, les batons m'aident bien, je marche mais à un bon rythme .

Les panorama sont fabuleux, on prend notre pied, on fait des photos, le pire reste à venir....

On est au point culminant en 3h05.

Le pire , ce n'est pas encore cette descente qui te ruine les jambes.

Arrivé en bas, je m'asperge d'eau à une fontaine, il commence à faire trés trés chaud!

On descend tranquillou jusqu'au ravito puis c'est de nouveau la montée .

Celle qui tue, qui te fait perdre espoir. je vois petit à petit que mon objectif ne sera pas atteint .Pire, je ne suis même plus sur de faire aussi bien que l'année dernière.

Phil m'attends, me relance, s'arrete sur un banc pour m'attendre, je m'arrete moi aussi, je me repose mais je n'y suis plus, je ne sais pas ce qui m'arrive, je ne sais toujours pas, un jour sans peut-être?.

Au 34ème, j'insiste pour que Phil parte sans moi, maintenant, c'est chacun sa course.

La mienne sera l'enfer.

Je suis un zombie qui met un pied devant l'autre, je me force à boire mais je n'y arrive plus.

Ma gorge est séche; collée.

Un coureur derrière moi me propose qu'on finisse ensemble, lui aussi est à la rue.

On s'arréte une première fois, une deuxième fois, il me dit, on franchis la ligne ensemble, 6h00, c'est encore possible.OK.

On repart et je vomis, à genoux, impuissant, je vomis mes tripes, qu'est-ce qui m'arrive?

A quoi ont servit toutes ces heures d'entrainement, toutes ces côtes que j'ai gravies???

Je veux quand même finir, ma famille m'attend, et dire que je leur avait dit d'être là à midi pour assiter à mon triomphe.

Je pense à mon petit bout, il doit avoir faim à l'heure qu'il est, à cause de moi.

Le 36ème kilomètres est le plus dur, 33 minutes avec des arrêts régulier.

Assis sur une pierre, l'hélico filme mon déséspoir, un coureur me tape sur l'épaule, petit geste mais ressenti intensement.

Je repart, je sais que la délivrance est proche, je sors le MP3 (hard-rock, DIO pour les connaisseurs).

je met un pied devant l'autre car je sais que ces quelques centimètres enchainés me rapprochent du but.

Ma tête est baissée, je serre les dents, les encouragements m'aident.

Au ravito du 37ème, je m'arréte au moins 10 minutes, le pire c'est que je ne peut rien avaler .

Je n'ai pris qu'un gel sur toute la course.

La suite et fin, c'est un pas puis un autre, je me fais doubler sans cesse .

Je termine avec mon fils sur les derniers mètres, j'ai l'impression qu'il à compris que son papa a vécu une grosse galère.

Bilan:

je finis en 7h19 soit 1h36 de plus que l'année dernière.

Je pense que je vais annuler mon inscription à la TDS, je ne suis pas prêt .

Curieusement, c'est con mais j'ai envie d'y retourner .

Je n'ai mal nul part et je ne suis pas fatigué.

Je la referai en 2011 pour laver l'affont.

Merci de m'avoir lu.

8 commentaires

Commentaire de akunamatata posté le 28-06-2010 à 22:12:00

c'etait un jour sans...
mais un gel sur tout le parcours ca fait un peu light, avec une bonne hydratation ca devrait vite etre oublier cette galere.
tente le coup pour la TDS, tu as fait l'erreur sur une course secondaire, c'est bien.
en plus le mental n'a pas flanche, c'est encore mieux

Commentaire de tophenbave posté le 28-06-2010 à 22:13:00

bien sur qu'en 2011 tu seras present!et meme sur la tds!!une grosse defaillance,tous on en a vecu dans notre vie de coureurs.ton temps reference de l'an dernier montre ton(bon)niveau.alors recupere tranquille,te prend pas la tete,mets dans un coin de ton cerveau toutes ces mauvaises sensations,et cette experience te rendra plus fort .Rendez vous fin aout dans les rues de Cham.

Commentaire de JLW posté le 28-06-2010 à 23:24:00

Tu as fait 5h43 en 2009 c'est ce que tu vaux, peut-être même moins, probablement.
Tu n'as pas réussi cette année malgré ta prépa ? Cela peut-être du à plusieurs facteurs ...
Excès de confiance ? Parti un peu trop vite, alimentation à Vallorcines un peu baclée ? Chaleur non maitrisée etc ...

Personnellement j'ai connu la galère sur pas mal de trails pour différentes causes. Mon objectif principal pour ce MMB 2010 était justement de bien le vivre, arriver en bon état physique, être capable de manger, de m'hydrater etc dans de bonnes conditions et surtout surtout profiter du parcours, du paysage, de l'ambiance, de l'organisation impeccable.
Résultat un 1/4 d'heure de gagné et termine en 6h36, 15mn de mieux qu'en 2008.

Je suis inscrit sur la TDS ... Une autre paire de manches mais mon objectif sera le même. Bien terminé, bien le vivre, pas de prise de tête avec les chronos. Je sais que si je ne fais pas cette approche cela serait un fiasco.


A chacun sa vérité. Cherche la tienne !

Commentaire de Schtroumpfette74 posté le 29-06-2010 à 09:12:00

Allez courage, je pense que tu as toutes tes capacités pour la TDS ! ça arrive d'être moins bien. Certes, tout semblait parfait pour que tu fasses la meilleure course possible, mais malgré cela, quelquefois ça ne marche pas... Tu as tenu au mental, c'est déjà énorme de ne pas lâcher en voyant qu'on n'avance plus. Prends soin de toi, et je te souhaite de belles courses au top de ta forme !

Commentaire de Francis31 posté le 29-06-2010 à 12:53:00

Ce que je retiens surtout de ton récit, c'est que malgré ton calvaire tu n'as rien lâché, et dans ces conditions c'est un Gros mental qui t'as permis de finir;Bravo pour ton abnégation.

Commentaire de Insigma posté le 29-06-2010 à 14:22:00

Ton récit est réellement touchant.
Bravo à toi d'en avoir terminé, dans une douleur qu'on imagine extrême.
Bonne récup'
Et ne t'en fais pas pour la TDS, tu étais probablement dans un jour sans.

Commentaire de chris78 posté le 29-06-2010 à 20:41:00

Il prend les tripes ton recit !!! Merci pour ce beau témoignage !! j'imagine que quand on a ton niveau les courses se font sur le fil du rasoir. Ca passe et c'est un temps inoui ou ca casse et là ca fait mal car le corps ne répond plus.
Bravo encore pour etre allé jusqu'au bout dans la douleur. Récupère bien et au plaisir de lire ton recit de la TDS !!!

Commentaire de raspoutine 05 posté le 29-06-2010 à 22:43:00

... Ou comment une course peut tourner au cauchemar...
Mais au delà de la difficulté, tu n'as rien lâché !
J'ai bien peur que nous soyons assez nombreux à être passés par ta galère, se posait alors le problème de savoir s'il fallait continuer.
Toi qui avais pourtant les tripes arrachées, tu as choisi de persévérer par ténacité et réalisme et surtout parce que tel était ton bon plaisir;
Alors, forcément, tu te rendras à la suivante parce que tel est ton bon plaisir.
MERCI pour ton récit.
Qui a dit que ce qu'on faisait était une promenade ?

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