Récit de la course : Semi-Marathon de Lyon 2009, par zwiling

L'auteur : zwiling

La course : Semi-Marathon de Lyon

Date : 20/9/2009

Lieu : Lyon 06 (Rhône)

Affichage : 976 vues

Distance : 21.1km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Semi Marathon du Patrimoine des Berges du rhône

20 Septembre, 6h00 du matin, mon réveil sonne bien tôt pour un Dimanche mais je me lève sans rechigner car j’ai un truc de prévu ce matin : Le Semi Marathon de Lyon.


Cela fait maintenant 2 ans et demi que j’habite dans cette région bénie des dieux qu’est la région Rhône Alpes et je n’ai jamais vécu très loin des monts du lyonnais. Je passe donc naturellement beaucoup plus de temps à courir sur les sentiers que sur la route que ce soit en entrainement ou en course. Depuis les 10km de Lyon au printemps 2007, je n’ai fait que des trails et des courses natures. Ce semi marathon marque donc mon retour sur le bitume et sur cette distance que je n’ai plus parcourue depuis le Semi Marathon de Paris en 2006 (bouclé en 1h39). J’ai fait pas mal de kilomètres depuis mais je suis quand même curieux de voir si je peux retrouver une foulée de ‘routier’ et courir plus vite qu’à l’époque.

Si je fais ce test c’est aussi car cette année, on m’a trainé dans un traquenard : je suis inscrit en solo sur la Saintélyon ! Et la Saintélyon c’est quand même 50% de route et 30% de chemins très roulant (les 20% restant sont du single track). Pendant les 3 quarts de la course, mes cuisses de trailer ne me seront donc d’aucune utilité et il faut que je réapprenne à allonger la foulée si je veux survivre à ce challenge.


Je n’ai pas vraiment eu de bon échos sur l’organisation de ce semi mais il me fallait une course sur route pas loin de chez moi à la fin de l’été et le parcours de l’an dernier me faisait envie donc Banco !

La semaine avant le départ, en cherchant vainement l’emplacement du village sur le très mauvais site internet de la non moins mauvaise organisation, je réalise qu’exceptionnellement le parcours a été modifié cette année et que la course ne passera pas sur la presqu’ile mais restera cantonné au parc de la tête d’or et aux berges du Rhône. Ce parc et ces berges ont beau être un petit bijou d’architecture paysagère urbaine et, à juste titre, une véritable fierté de la ville, ça risque d’être un peu monotone, surtout pour un marathon qui s’est pompeusement baptisé « Marathon du Patrimoine » (Ce sont les journées du patrimoine ce weekend).

Bref, de toute façon aujourd’hui mon objectif n’est pas culturel mais purement sportif et chronométrique.


Je n’ai pas eu le temps de racheter du gâteau sport cette semaine et je le joue donc ‘old school’ en réchauffant les pâtes de la veille pour mon déjeuner.


Le temps était beau hier mais ce matin, il pleut… Au lieu de me coucher tôt hier soir, j’ai perdu du temps à hésiter longuement sur la tenue à prendre, en faisant des essayages assez ridicules devant ma glace (les volets fermés fort heureusement). Et bien entendu, ce matin, je change encore d’avis pour prendre la tenue la plus légère possible me retrouvant avec un short et un débardeur qui ne vont pas du tout ensemble mais qui sont les vêtements les plus adaptés à la route dans tout ce que je possède (ma garde robe est désormais constitué surtout de vêtements de trail). Comme quoi on peut être un homme rustre, malpoli, barbu et introverti et quand même se prendre la tête avec des histoires de fringues ;o)

J’attrape aussi ma casquette du ‘Team Raidlight’ pour marquer mon appartenance au team et y caser mes cheveux bouclés qui commencent à être bien longs.


7h55, Après avoir embrassé mes enfants qui viennent juste de se réveiller, je saute sur mon scooter avec 15min de retard sur mon planning,…. Comme d’hab’.

Comme trop souvent, un peu de sport mécanique va donc précéder cette course pédestre car il ne faut pas que je traine si je veux avoir le temps de m’échauffer un peu sur place.


Je file donc vers Lyon plein gaz (rassurez vous, sur une vespa, ‘plein gaz’, ca reste normale comme vitesse ;o) ) direction le parc de la tête d’or. J’attache Flo 2 (c’est le nom de ma vespa) près d’une entrée, je me change et je file vers le départ qui bien sûr n’est pas indiqué dans le parc. Ceci dit, vu qu’il y a 4000 partants, il y a des gens qui arrivent en short de tous les côtés et il me suffit de suivre le troupeau pour trouver le départ. La course débute dans 15 min, j’en profite pour faire un mini échauffement puis je fraude un peu pour avancer au maximum dans le peloton. (‘Qui ne fraude pas n’est pas français’ non ?)


Nous sommes nombreux, j’apprendrai plus tard qu’il n’y avait pas de groupe « élite » car l’organisation n’avait pas prévu de primes pour les vainqueurs. Quand on voit l’amateurisme de cette même organisation sur pas mal de détails, on se demande bien où est partie la coquette somme qu’on nous demandé pour l’inscription si elle n’est pas partie dans les poches de quelque kenyans venus nourrir leur famille sous la pluie lyonnaise.


Il y a un kikourou à côté de moi mais on va bientôt partir alors je n’ose pas lancer la conversation. Par contre, je ne vois aucun autre maillot ou casquette ‘Team Raidlight’ à l’horizon.


1, 2, 3 Pan, c’est parti. On marche gentiment vers la ligne de départ qui se résume à un coup de bombe verte sur la chaussée… Il m’aura fallu environ une minute pour atteindre la ligne, je lance donc mon chrono en me disant qu’il faudra que je retire une minute à mon chrono officiel puisqu’il n’y a pas de zone de détectage des puces au départ et donc pas de calcul du temps réel… (Trop cher aussi certainement…)


Je slalome tant que je peux pour ne pas me faire bloquer dans un groupe qui ne court pas à mon allure et je profite d’être le seul du peloton en chaussures de trail pour remonter le peloton en courant dans l’herbe à côté de la route. Je cours en effet avec mes Kalendji Kapteren car ne courant quasiment plus sur route, je n’ai pas remplacé ma vieille père d’Asics quand elle a rendu l’âme l’an dernier.


Je finis par rejoindre les coureurs de mon allure et je me range.

La pluie est fine est finalement pas génante. C’est même plutôt agréable de courir au frais.

Mon objectif est d’1h35 et je me suis donc noté les temps de passage requis à chaque kilomètre sur un petit bout de papier que j’ai glissé dans les poches de mon débardeur raidlight (très pratique ces poches). Les kilomètres étant très mal indiqués, je rate le premier mais heureusement pas le second. Je vois que je suis encore un poil en retard sur mes plans, la faute au slalom du début de parcours.

Au 3ème km je suis dans mes plans et à tous les autres pointages que j’arriverai à réaliser je constaterai une légère avance qui augmentera au fil des kilomètres. Je suis donc en forme, c’est bien.

On sort du parc de la tête d’or et on croise une première fois les premiers. Croiser les coureurs, ca peut paraitre démotivant mais quand on a la chance de voir la tête de course, même furtivement, c’est plutôt sympa. C’est vrai qu’on a jamais l’occasion de les voir ces coureurs, nous autres petits moutons bien gentiment garées dans le troupeau. Et c’est marrant de les voir passer. Le premier avait déjà énormément d’avance, de même que le second et tous ces gars sont vraiment très affutés. Étonnamment, quelques uns sont même bien, voir très musclés du haut du corps. C’est d’autant plus impressionnant de les voir filer à cette vitesse car un kilo de plus à porter, même si c’est un kilo de muscle, ça fait quelques secondes en moins à chaque kilomètre. Premier ravitaillement, l’eau est distribuée en petite bouteille et pas en gobelet : au moins un truc de bien niveau organisation ;o) Je me contente de boire un peu et je ferai cela à chacun des ravitaillements car sur un semi, je ne devrai normalement pas avoir besoin de solide.

On tourne à 180 degré devant la cité internationale et on repasse devant le parc en restant sur les quais. Il y a très peu de public et on le voit mal car les spectateurs n’ont pas eu le droit de descendre sur les quais. Niveau sécurité, ça se comprend car on y passe à l’aller et au retour donc il a déjà fallu tracer 2 voies pour les coureurs, ce qui prend quasiment toute la place. Il n’y a pas non plus d’animations sur le parcours à part un sympathique joueur de saxo qui a décidé de nous faire profiter de sa séance de répétition dominicale.

On tourne à nouveau à 180 degré pour revenir vers la tête d’or. Ce virage est très glissant et même à 2 à l’heure certains manquent de tomber.

La ligne droite est longue et, en bon trailer, je ne peux m’empêcher d’accélèrer dans les quelques vagues descentes. Au km 15 je suis commence à avoir 1m30 d’avance sur mon planning, c’est cool.

En arrivant au niveau du parc, on croise encore une fois la tête de course. Ce sera la 3ème et dernière fois. Ce coup ci je n’ai pas réussi à voir les 3 premiers, je commence à avoir trop de retard.

Je suis en mode ‘loco’ depuis la mi parcours et quand je remonte des coureurs ils m’entendent arriver de loin et se retournent presque pour voir le visage de cet homme qui va leur claquer dans les mains. J’ai en effet la fâcheuse habitude de respirer fort quand je dépasse mon seuil aérobie et ça donne l’impression que je vais mourir à la prochaine foulée. Pourtant je ne suis pas encore complètement dans le rouge et j’arrive encore à aller plus vite que certains qui sont du coup étonnés de me voir les doubler alors qu’ils pensaient me voir m’effondrer dans le bas côté.

Michael Johnson était ‘La loco de Waco’, je suis plutôt  ‘la loco St Pierroise’ ou ‘le petit train de la mine’ (J’habite en effet à St Pierre la Palud, ravissant petit village des monts du lyonnais qui est une ancienne citée minière)


Je continue donc ma progression, bruyamment mais surement. Je me fais un peu doubler mais j’arrive encore à en doubler un peu plus, du moins je crois. Le dernier ravitaillement arrive, je baisse sensiblement l’allure pour pouvoir boire correctement, laissant passer tout un groupe. Je préfère être dans les meilleures conditions possibles pour ne pas craquer dans le final. Je reprends mon allure et je me fais passer par un gars du club de montargis, du moins c’est ce qui est écrit sur son maillot. Je l’appellerai donc Denis de Montargis. Ce Denis a un rythme un tout peu plus élevé que moi et je décide de l’utiliser comme lièvre pour les derniers kilomètres. Je tente de le suivre en perdant le moins de temps possible sur lui. Même si son avance augmente petit à petit, le fait de l’avoir en ligne de mire m’a bien aidé pour ces derniers kilomètres, si tu me lis, merci à toi Denis ! (ou Remy, ou Henry… ;o) )


Dans les tous derniers kilomètres nous sommes de nouveau dans le parc de la tête d’or et il y a un peu de public, ça fait du bien. Par contre on ne passe pas devant les girafes, je suis décu.

Je pousse pour maintenir mon avance et potentiellement passer sous la barre des 1h33 mais le balisage est tellement bien fait que je n’ai plus vu une seule indication kilométrique à partir du 19ème km. Si bien que je ne réalise que je suis dans le dernier kilométre uniquement quand je vois la ligne, c'est-à-dire 100 m avant la fin car si toute la course s’est faite avec de longues lignes droite, la dernière ligne, elle, ne l’était pas….

Je sprinte quand même pour la gloire et pour grappiller quelques secondes. Je passe sous l’arche (car ils avaient quand même mis une arche et un capteur pour l’arrivée ;o) ) alors que l’horloge officiel indique 1h 34min 15secondes. Mais à ma montre j’ai 1h 33min 10sec et ça fait plus de 6min de mieux que mon précédent temps de référence sur Semi !

Je suis super content mais je me retiens de vomir car je suis aussi super poli ;o)

La pluie s’est arrêté momentanément pour me laisser souffler, je passe au ravitaillement pour prendre de quoi me requinquer et je file rejoindre ma femme et mes enfants qui m’attendent au niveau des animaux, car à choisir entre voir papa courir ou voir les girafes manger, ils ont choisi les girafes et je les comprends bien ;o) Pour la peine, ils auront droit à un bisou tout collant. La pluie se remet à tomber bien fort, je suis tout trempé en mini short et en débardeur et, en plus d’être ridicule, je commence à avoir bien froid donc on se sépare

Je marche rapidement (du moins aussi rapidement que mes jambes le peuvent) jusqu’à mon scooter pour récupérer mes vêtements de rechange et retourner dans mes montagnes. Le trajet retour est lui aussi bien technique à cause de la pluie. Je n’ai jamais fait de duathlon vélo-course à pied mais je crois que je vais créer le concept du duathlon vespa-course à pied, car pour ce type de course, je crois que je suis super prêt.


Donc pour résumer : une organisation très très amateur, un temps breton mais un nouveau WRompw (World Record of my personnal world) sur cette distance à la clef donc je suis très content de cette matinée.

Ca me rassure bien pour la Saintélyon, il ne me reste désormais plus qu’à enchainer les kilomètres jusqu’au 6 décembre.


** Z w i l i n g **


2 commentaires

Commentaire de totoro posté le 24-09-2009 à 09:37:00

Excellent le concept de WRompw ! Superbe course comme ton cr. Bonne récupération et have fun à la saintélyon !

Commentaire de CROCS-MAN posté le 24-09-2009 à 10:41:00

Bravo pour ta course et ton chrono.
Merci pour ton CR.

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