Récit de la course : Marseille-Cassis 2008, par MC 21

L'auteur : MC 21

La course : Marseille-Cassis

Date : 26/10/2008

Lieu : Marseille 01 (Bouches-du-Rhône)

Affichage : 2467 vues

Distance : 20.308km

Objectif : Objectif majeur

5 commentaires

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Marseille-Cassis 2008

 

Marseille-Cassis 30ème édition 26 Octobre 2008

 

 

 

Autant le dire tout de suite ce récit n'abordera que très rarement les aspects techniques de la course à pied car je n'ai certainement pas suffisamment d'expérience du sujet mais il retrace plutôt ce qui restera pour moi une grande aventure sportive et humaine.

Un événement qui aura modifié à jamais mon opinion de la course à pied.

 

Petit retour quelques mois plus tôt :

Tout a commencé pour moi, au cours d'une discussion banale avec mon frère sur sa passion de la course à pied et son envie de me voir chausser les running sur une telle course.

Me voilà donc lancé en ce mois de Février 2008 dans l'univers de la course à pied.

Mon frère endosse rapidement la fonction de coach officiel et me programme un superbe plan d'entrainement qui me parait bien difficile à tenir. Mais ma décision est prise. J'atteindrais l'objectif fixé.

 

Première étape : l'inscription à la course par internet le 1er Mars 2008.

A l'époque je ne réalise pas l'importance de cette course sur le plan national ni de son engouement populaire.

En avant donc pour de long mois d'entraînement qui seront entrecoupés de quelques courses permettant d'évaluer ma progression. Celle-ci sera constante jusqu'en Septembre, si bien que j'arrive sur un objectif de 1h50 pour Marseille-Cassis.

Evidemment tout cela ne reste que de la théorie...

 

H -24 :

Me voici donc moi, Nico le Bourguignon avec toute la famille, de retour, en ce week-end du 26 Octobre 2008 sur mes terres d'origine.

Après avoir déposé les valises chez mon frère (Riri 51 pour les kikoureurs), dans un charmant petit village de la région aixoise, nous voici partis dans la quête du précieux dossard en ce Samedi après-midi. C'est aussi ça Marseille-Cassis.

 

 

L'entrée dans le Hall 7 du Parc Chanot à Marseille me fait subitement réaliser de l'ampleur de cette course. PHENOMENAL. La pression monte. Nous récupérons les dossards (14363), puis passage au contrôle des puces électroniques pour le chrono. Enfin après un peu d'attente et quelques discussions avec d'autres participants nous prenons livraison de notre sac coureur qui contient notamment le tee-shirt de l'évènement (malheureusement rupture de taille L et de buff). Pendant ce temps là, Stéphane Diagana, Richard Dacoury et d'autres stars répondent aux journalistes sur le podium. Cette course sera donc un mélange de coureurs pros, comme la meute de kenyans, de stars du sport et d'anonymes comme moi et quelques milliers d'autres.

 

 

Nous prenons ensuite la route en direction de Cassis. Je redécouvre le tracé de la course (en voiture bien sûr) car mes lointains souvenirs du site sont bien loin de la réalité qui se trouve devant moi. La pression monte de nouveau d'un cran. Bizarrement, je suis plus impressionné par le profil sur le plateau de Carpiagne que par l'ascension de la Gineste. Prémonition ?

 

Ma longue nuit (changement d'heure), enfin en théorie car l'événement me rattrape dans mon sommeil, trouve son terme à 5 heures du matin quand le réveil sonne.

 

Jour J :

Nous y sommes, le Jour J est là. Petit déj copieux avec le frérot puis départ à 5h40 : direction Cassis. Nous retrouvons le Solitaire (un autre kikoureur) à 6h20 pour prendre la navette en direction du Départ à Marseille. Vers 7h00, nous sommes devant les camions dans lesquels nous mettons nos sacs avec nos effets personnels.

 

7h15         les grilles mythiques du stade vélodrome s'ouvrent et nous traversons l'enceinte pour attendre devant les portes du Boulevard Michelet. C'est le monde à l'envers nous sommes derrière les grilles mais à l'intérieur du stade. Au passage le Solitaire fait une photo souvenir dans les tribunes du stade (superbe CR du solitaire sur lien suivant : http://www.kikourou.net/recits/recit-6440-marseille-cassis-2008-par-le_solitaire.html ).

 

7h30         Cette fois-ci le dernier obstacle avant la ligne de départ s'ouvre et quelques centaines de coureurs font déjà un sprint pour se positionner devant. Quand à nous, nous préférons prendre place un peu plus loin de façon à pouvoir bouger en cas de petit besoin naturel.

 

 

L'attente commence et on se retrouve rapidement assis à discuter et échanger avec d'autres coureurs. De mon côté je profite de l'ambiance. Petit à petit l'espace se réduit entre les coureurs. Il devient impossible de rester assis et toute sortie est synonyme de non-retour vers le groupe ? N'est-ce pas Richard.

 

 

9H20         Une vague d'applaudissements arrive du fond de la ligne de départ et remonte jusqu'à nous.

J'en ai des frissons...

Bien sûr dans ces conditions inutile de parler d'échauffement. Je viens de gagner une dizaine de mètre en avant sans avoir voulu me déplacer.

Soudain...     Coup de pistolet... 9H30 C'est parti, enfin pour les champions.

Nous franchissons la ligne 2 minutes après en trottinant. Richard me rejoint rapidement et me donne l'allure pour assurer le chrono. La remontée du boulevard s'effectue au coude à coude et en slalom. Les encouragements du public sont sympas et les groupes musicaux que nous allons rencontrer tout au long du parcours assurent une ambiance de feu.

Je déroule facilement les km jusqu'au pied de la Gineste mais déjà un nouvel élément vient perturber ma course, la météo : Il fait un temps magnifique mais sur le bitume ça commence à chauffer. Dès l'attaque de la montée, j'adopte un rythme plus léger. Richard assure toujours l'allure mais de mon côté je commence à faiblir.

Le premier ravito arrive et contrairement à ce que j'avais prévu la veille, je me jette sur l'eau.

La montée se poursuit au train et ce jusqu'au sommet. Richard de son côté souffre de crampe.

 

 

Moi, je commence à me demander si je vais finir cette course puis le 2ème ravito survient avant d'attaquer une partie plus descendante ou je retrouve du jus. Le ballon d'allure 2h00 passe à notre niveau et je veux l'accrocher mais Richard me conseille de rentrer dessus progressivement.

Nous sommes maintenant sur une partie longue en faux plat montant vers Carpiagne et là je commence à être à la « ramasse ». Je manque de jus, les jambes deviennent dures et Richard qui m'a un peu attendu (Il est sympa, il s'inquiète en voyant les premiers coureurs allongés sur le bas côté) me propose une petite séance d'étirements pour mieux repartir et cela marche jusqu'au ravito de Carpiagne où je profite de la douche offerte par la lance des pompiers.

Comme pour les ravitos précèdent, je m'alimente sans compter. J'ai maintenant perdu de vue le ballon d'allure de deux heures et Richard à son tour s'en va vers l'avant.

Nous entamons la descente vers Cassis et je retrouve un second souffle. Mes jambes semblent subitement plus légères et je double de nouveau des concurrents ce qui ne m'était plus arrivé depuis le passage du col. Nous sommes entre le 14ème et 16ème Km et je sens enfin que je peux arriver au bout.

Un petit sourire pour les photographes. Nous retrouvons un public nombreux en bordure de route dès le bas de la descente.

 

Malheureusement pour moi, je subis une terrible défaillance qui m'incite à marcher sur une centaine de mètre avant le ravito du camping des cigales. Les encouragements m'incitent à repartir sur un rythme très, très, très,.... Lent.

Comment vais-je passer la côte des pompiers... Eh bien en marchant !

Pour moi désormais, l'important est de finir. Je reprends en courant dès le sommet et j'entame la descente finale vers le port de Cassis.

Au bord la foule se densifie et les encouragements aussi. Je rejoins un groupe de coureurs qui, avec une « Joliette » permettent à un enfant handicapé de participer à cette course en se relayant. Chapeau bas et applaudissements.

Et puis... à la faveur d'un virage sur la droite puis sur la gauche... Je parviens enfin sur le port.

L'arrivée n'est plus qu'à quelques centaines de Mètres et la foule immense court à la place de mes jambes vers cette improbable ligne d'arrivée que je franchis en 2h14'16''.

Mon frère me saute dans les bras et moi l'émotion m'emporte complètement. Je pleure comme un bébé. Je suis au bout de mon défi. Je l'ai fait certes peut être pas aussi bien que je l'avais souhaité, mais en tout cas je suis là et je savoure jusqu'au ravito d'après course. Nous sommes de nouveau serrés comme des sardines dans le port de Cassis mais quelle extase. Un appel de ma chérie qui vient aux nouvelles et de nouveau l'émotion me submerge.

Nous montons ensuite récupérer nos sacs vestiaires puis nous retrouvons le Solitaire et Nico73.

Inutile d'envisager la plage, c'est noir de...coureurs.

Evidemment leurs performances n'ont pas grand-chose à voir avec la mienne mais ils sont là et nous partageons chacun à notre manière cet instant. Après ce long moment de décontraction nous repartons vers la voiture qui se situe en haut de Cassis à 3 km. Nous retrouvons la voiture et quittons Cassis plein de souvenirs...

 

Quelle joie ! Quel dépassement de soi ! Quelle ambiance ! Quelle émotion ! Quel événement ! Quel public ! Quel paysage ! Quel bonheur !

Et en plus je franchis le pas et je rejoins la communauté des kikoureurs car j'ai pris beaucoup de plaisir à rencontrer le solitaire, Nico 73, KKris et bien d'autres.

 

Prochain objectif : le semi-marathon de la Ventes des Hospices de Beaune le Samedi 15/11/08, avec un départ dans le Sas des favoris.

 

 

 

 

5 commentaires

Commentaire de lulu posté le 07-11-2008 à 09:20:00

Sympa ton CR !!!
Bravo pour ta course...

Commentaire de CROCS-MAN posté le 07-11-2008 à 11:43:00

Merci pour ce super récit, bravo et bien venu dans l'univers de KIKOUROU.ça m'a fait plaisir de te lire en me remémorant cette belle journée et merci pour ta pub. A bientôt j'espère.

Commentaire de riri51 posté le 07-11-2008 à 20:46:00

alors là! je suis sur le cul...après tes exploits dans la gineste ,tu me fais verser une petite larme devant mon ordi..."je suis trop fière de toi" A+ nico et merci de m'avoir permis de partager toutes ces émotions avant, pendant et après la course.

Commentaire de NICO73 posté le 08-11-2008 à 21:47:00

Je suis heureux d'avoir pu partager une petite partie de ton exploit. Bienvenue dans les monde des coureurs!

Commentaire de Trotteuse94 posté le 10-11-2008 à 14:48:00

Emouvant ton CR. Bravo d'être arrivé jusqu'au bout compte tenu des conditions métérologiques qui n'étaient pas faciles à gérer... Moi même j'en ai quelque peu souffert mais quand on franchit la ligne d'arrivée... QUEL BONHEUR !!!! Je comprends tout à fait ton émotion.... partagée !
D'autres nouveaux défis : super et bienvenu chez les runneurs !!!

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