Récit de la course : La Castilingo 2008, par ericjapon

L'auteur : ericjapon

La course : La Castilingo

Date : 31/8/2008

Lieu : Minot (Côte-d'Or)

Affichage : 967 vues

Distance : 57km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

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La Castilingo 2008 (Trail 57km)

Depuis le temps que je lis les comptes rendus des autres coureurs, je me dis que je devrais moi aussi verser mon obole. Voici donc finalement mon premier CR. J'espère ne pas trop vous ennuyer, donner une idée du parcours à ceux qui hésitent à faire cette course et rappeler des souvenirs à ceux qui l'on faite. Bonne lecture.

 

La Castilingo. 6ème étape du Challenge New Balance des trails de l'Est. Comme toutes les autres étapes, c'est la première fois que je cours cette course. En effet, je n'ai commencé le trail que l'année dernière, alors que j'habitais en Ardèche. Étant sur Besançon depuis le début 2008, je me suis dis que participer au challenge des trails de l'Est était une occasion idéale d'allier plaisir (de la course a pied) et plaisir (de découvrir de nouvelles régions). Je n'ai manqué que la Thilaysienne pour cause de mariage d'un ami la veille.


Bref. Départ de Besançon le samedi matin. Visite de Dijon. Par chance, c'est la fête des vignes, donc en plus d'être belle, la ville est aussi très animée du son des défilés et spectacles de danse. Faux filet frite le midi, je ne crois pas que ce soit recommandé la veille d'une course, mais c'est très bon.

Après quelques heures de marche dans la ville, nous décidons mon épouse et moi de laisser refroidir notre appareil photo et de poursuivre notre route en direction de Minot, non sans nous arrêter au passage chez un ami que je n'avais pas vu depuis plus de 20 ans. Comme quoi, le trail ça n'est pas que courir, mais c'est aussi l'occasion de découvrir et re-découvrir.


Arrivée à Minot vers 8h du soir. Une dizaine de tentes jonche le périmètre du stade de football, mis à la disposition des trailers pour l'occasion. Une dizaine de chevaux sont parqués juste à côté, probablement pour la randonnée équestre qui se déroulera le lendemain en parallèle aux trails, randonnées et autres courses VTT. C'est calme. La plupart des gens sont probablement à la pasta partie. On sort le gaz, on fait bouillir de l'eau, et on se prépare des "cup noodle" les fameuses nouilles instantanées japonaise (du moins fameuses pour ceux qui on eut la chance de visiter le Japon; pour les autres je ne sais pas). C'est un peu léger comme plat, alors un peu de pain et de fromage vont permettre de nous caler un peu l'estomac et peut-être d'emmagasiner quelques sucres lents pour le lendemain...(que les spécialistes de diététiques pardonnent mon ignorance...).

 

Dodo vers 22h. Un peu plus tard j'entends les "pasta partieurs" revenir assez joyeux mais pas trop bruyant quand même, merci à eux. Après une mauvaise nuit (comme prévu...je bouge beaucoup, et dans un duvet c'est pas pratique), lever à 5h50. Je peux constater que tous les chevaux ne dorment pas debout (c'est une question que je me posais...) puisque deux d'entre eux sont allongés.

Direction petit déjeuner gentiment offert par l'organisation. Ça se passe dans la salle qui jouxte le départ, à environ 200m du stade. C'est simple mais très bien: bon et convivial. Café, tartines de bon pain (le boulanger était présent) beurre et confiture. Certains des bénévoles semblent avoir dormi sur place car il y a des matelas et sac de couchage sur le sol. Suite au petit déjeuner, je vais me préparer. Il fait bon, ça sera donc short et T shirt (logique en été me direz vous...). Ne pas oublier la casquette car le soleil devrait être de la partie et je n'ai pas beaucoup de cheveux pour me protéger...


Pour information je cours avec un sac Wasp de Ultimate Direction (que j'aime beaucoup) et des chaussures de trail Asics Trabuco que je porte pour la première fois en compétition (3 sorties à l'entrainement sans soucis). Je finirais la course avec une ampoule pas trop douloureuse au gros orteil (très rare pour moi). A voir si ça se reproduit avec ces chaussures. Je cours d'habitude avec des Asics de route et je n'ai jamais de problèmes. J'ai quand même voulu essayer des chaussures de Trail en espérant glisser un peu moins sur les parties boueuses. Je ne suis toujours pas persuadé que les chaussures de trails soient mieux que les chaussures de route et comme le terrain n'était pas très humide ce dimanche, je ne suis toujours pas fixé.


Retour à la salle d'inscription. Retrait du dossard. Quelques échantillons de produits divers et une jolie petite voiture fait main je pense, à partir de récupération de boites métalliques. Original et très bien fait. Quelques ajustements du matériel, l'album de James Blunt dans les haut-parleurs, puis le briefing de l'organisateur. On entend bien ce qu'il dit, c'est une bonne chose, car ce n'est pas toujours le cas. Ceci ne m'empêchera malheureusement pas de me perdre par la suite...8h sonne au clocher de l'église voisine, et nous sommes une quarantaine (à vu d'oeil, à vérifier) de coureurs à nous élancer pour le 57km. Départ tranquille pour tout le monde. Enfin on croit toujours que c'est tranquille, mais pour la plupart d'entre nous c'est probablement encore trop rapide, puisque ma vitesse de croisière ne cessera de diminuer tout au long du parcours et celle des autres aussi étant donné que j'ai plus doublé que je n'ai été doublé.

Il faut dire que ce trail était plus dur qu'il en avait l'air sur le papier à mon avis. Certes, 57km, ça n'est pas rien et ça n'est jamais facile, mais « seulement » 1300m de dénivelé, c'est relativement faible pour une telle distance. La difficulté réside plus dans l'état des chemins, ou plutôt l'absence de chemins parfois, un balisage un peu délicat à suivre, qui nécessite quelques arrêts, voir même demi-tours, des racines sournoises et des pierres perfides qui nous attendent sous les feuilles des sous-bois et l'herbe des champs (3 « trébuchages » sans gravité c'est plus que ma moyenne). Pas mal de dévers aussi. Et peut-être aussi une chaleur plus importante qu'il n'y paraît. En effet il faisait assez lourd, et bien que je n'ai pas trop souffert de la chaleur, je pense qu'elles à pesée sur nos organisme car j'ai pas mal bu (je dirais deux ou trois litres), et pourtant le lendemain j'avais perdu plus de 3kg.


C'est une région de collines avec donc de très nombreuse montées et descente. Le paysage est varié et très agréable. On traverse des forêts, des champs, des villages, on passe sur une ligne de chemin de fer abandonnée, on traverse quelques rivières. On peut toutefois garder les pieds au sec car il n'a pas trop plu les derniers jours. On dérange quelques vaches, un serpent même, et j'ai failli écraser un crapaud...


Après une dizaine de km, en bas d'une brusque descente, un coureur se tord de douleur. Un autre est à ses côté. Puis un autre arrive, qui a un téléphone portable mais pas de signal. Il va essayer un peu plus haut. C'est la cheville qui est touchée. Nous l'aidons à s'assoir. Après une ou deux minutes, il semble aller mieux et nous dit de continuer. On préviendra les secours un peu plus loin. J'espère que sa blessure n'est pas trop grave et qu'il va vite se remettre. Ça nous rappelle que ça peut nous arriver à tous et je redouble de prudence. Pour moi, les priorités en trail c'est 1) Ne pas me blesser 2) Ne pas me perdre 3) Finir 4) Faire un temps, et biensur prendre du plaisir! Mais on a beau faire attention, on n'est pas a l'abri d'un accident.


Un peu plus tard, je suis à la tête d'un groupe de trois coureurs, et je perd le chemin pour la première fois. Je m'arrête. Les autres n'ont pas remarqué qu'on s'était trompé. Il est vrai que quand on suis quelqu'un, on a tendance à moins faire attention au balisage. Les rares fois ou j'ai pris un mauvais chemin jusque là (pour quelque mètres seulement heureusement), c'est en suivant quelqu'un. Cette fois c'est moi qui ait fait l'erreur. Et ça n'est pas finit...J'aperçois une rubalise à une cinquantaine de mètre, et on peut rejoindre le bon chemin sans trop de dégâts. Les rubalises sont parfois difficile à repérer. Plus que dans les autres courses je pense. Je me dis que ça fait partie du jeux et même que c'est pas si mal, ça permet aux gens qui sont bien attentifs (comme je pensais l'être!) de gagner du temps sur des coureurs plus fort mais moins vigilants...Mais c'est moins amusant quand on est du côté de ceux qui se perdent et la suite me rendra plus humble!


1er ravitaillement au 19ème km, tout va bien. Je rattrape petit à petit quelques coureurs. Deuxième ravitaillement au 38ème km. Là ça commence à être dur dur. Mais c'est peut-être encore plus dur pour les autres puisque je peux doubler à cette occasion plusieurs coureurs. Ils partent peu de temps après moi du ravitaillement, mais ne me rattraperont pas dans les km suivants. Après je ne peux pas dire, puisque je vais suivre un mauvais chemin...A ce moment là j'étais vers la 15ème place. Pour le 57km, nous étions censé suivre les flèches jaunes. A un moment je vois une flèche qui était bleue à l'origine, mais dont la couleur était presque complètement effacée. Dans mon esprit embrumé par la fatigue, je me dis qu'ils n'avaient peut-être plus de flèches de couleur jaune et qu'ils on pris d'autre couleurs pour remplacer. En plus c'était écris Castilingo dessus, et je pensais que sur les flèches des autres parcours étaient inscrits le nom de ces parcours, à savoir « Castilingo-guette » et « trailounet ». Je me trompais. Comme je ne voyais pas d'autres indications j'ai suivi cette flèche. Par la suite j'ai suivi les flèches blanches. Je saurais plus tard que c'était un parcours VTT. Je m'en veux de ne pas avoir été plus vigilant. C'est ma faute bien sur, mais c'est dommage qu'à l'endroit de cette bifurcation, ils n'aient pas mis aussi une flèche jaune indiquant la la route du 57km, pour éviter toute ambiguïté. C'est le seul reproche que je ferais à l'organisation par ailleurs très bonne. La quantité de parcours proposée est impressionnante (trail, VTT, randonnée pédestre, équestre). Ça doit être très complexe à organiser et demander beaucoup de travail. Mais il faut savoir que ça peut rendre les choses plus difficiles pour les coureurs pour trouver leur chemin. Maintenant je suis prévenu, et je ferais doublement attention dans ce genre d'épreuve. Surtout, quand je ne suis plus très vif d'esprit, après 40km, ne pas hésiter à m'arrêter, à prendre mon temps, et à respecter ma règle n°2!


Au final j'ai eu de la chance dans mon malheur, car j'aurais pu allonger le parcours de plusieurs km, voir même tourner en rond des jours et des jourssi j'avais suivi le chemin des VTT de 63km par exemple. Je commençais à me poser des questions quand je suis arrivé à un ravitaillement. On m'a accueilli par un « Qu'est ce que tu fous là toi ». Moyennement sympathique, mais ça n'était pas dis méchamment. C'est là que j'ai compris que je m'étais trompé. Il restait 7km, soit la distance que j'aurais du faire à peu près, j'ai donc continué sur ce parcours. Mais la motivation n'y était plus et j'ai beaucoup marché. Il faut dire que j'étais aussi bien fatigué et pas mécontent finalement de marcher...


En fin de compte, j'ai comparé le chemin que j'ai fait (à partir des données de mon GPS) et le bon chemin (sur la carte fournie par l'organisation) sur Carto Explorer, et j'ai fait 12,6km avec D+220m au lieu de 11,6km et D+270m. Sachant que le chemin du trail devait être plus difficile, mais aussi plus beau et plus agréable, car pour ma part il y avait beaucoup de ligne droite et même pas mal de route sur la fin. Je constaterais par la suite que beaucoup de coureurs se sont égarés ou on eu des difficultés à trouver leur chemin, ce qui m'a rassuré un peu (je ne suis pas le seul! :). Quelques coureurs que j'avais doublés entre le 20 et 30ème km sont arrivés peu de temps après moi. J'ai signalé que je me suis trompé de chemin à l'arrivée. Ils n'ont pas eu l'air surpris et pas très intéressés. Je ne sais pas si je serais classé ou non. C'est pas grave. C'est pas comme si j'étais dans les premiers. Si je suis classé, j'espère que les concurrents du challenge ne m'en voudrons pas. Mais là aussi je ne suis pas dans les tout premiers, donc ça n'a pas vraiment d'incidence.


Et voilà comment s'est passée ma Castilingo. En conclusion belle région de campagne, parcours agréable, bonne organisation, plus difficile qu'il n'y paraît, avec notamment un balisage qui fait un peu jeux de piste, donc faire doublement attention pour ne pas se perdre.


Eric

5 commentaires

Commentaire de francois 91410 posté le 01-09-2008 à 22:04:00

Belle aventure que cette course très nature!
Bravo pour ce premier récit, qui en appelle d'autres j'espère !

Commentaire de patcap21 posté le 02-09-2008 à 16:13:00

Salut Eric

Bravo pour ta course et pour ton 1er récit qui reflete bien l'ambiance de cette épreuve qui mérite un peu plus de monde au départ.
Dommage pour ta petite erreur de parcours, certes sans trop d'incidence mais c'est toujours rageant...
Pour ma part sur le 28, je n'ai rien à redire au balisage même si il est vrai que j'en ai effectué la majoritée en marchant, sûrement plus facile de se concentrer et pas la même fatigue cumulée, comme quoi sur les 20 derniers km en commun chacun peut avoir son avis.

Bonne récup à toi et au plaisir sur un trail de la région.

Pat

Commentaire de coeurgan posté le 02-09-2008 à 17:51:00

SAlut Eric,

J'étais sur cette course aussi et j'ai fait la même erreur de parcours (probablement). Pour ma part je pense plutot avoir gagné du temps car j'ai doublé un gars qui était devant moi et franchement on peut pas dire que j'ai accéléré. D'un autre coté j'étais plutot dans les derniers et ce genre d'erreur de parcours n'a pas forcément la même influence en fonction du niveau du coureur...

Merci pour ton récit en tous cas, je confirme la difficulté malgré le "faible" dénivelé. Aucun moment pour prendre un rythme, il fallait toujours être sur ses gardes, avec le soleil en plus c'était vraiment dur j'ai trouvé.

Bonne continuation

Commentaire de ericjapon posté le 02-09-2008 à 18:53:00

Merci pour vos commentaires.

Coeurgan, je pense que tu as raison. Le bon parcours était probablement plus difficile et plus long, au moins en temps et peut-être en distance aussi, car le trajet dessiné sur une carte ne représente pas toutes les sinuosités du parcours que nous ont concocté les organisateurs. Si j'ai perdu du temps, c'est certainement parce que j'ai beaucoup marché sur la fin.

Eric

Commentaire de lolo' posté le 04-09-2008 à 21:46:00

Salut Eric

Merci pour ton premier recit et bravo quand meme d'avoir fini TA course ;-)

La prochaine fois n'hesites pas à tailler une bavette avec un ou des kikoureurs avant le départ ou sur la course ,ça fait toujours plaisir

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