Récit de la course : Trail Hivernal du Sancy - 23 km 2007, par steph45

L'auteur : steph45

La course : Trail Hivernal du Sancy - 23 km

Date : 28/1/2007

Lieu : Le Mont Dore (Puy-de-Dôme)

Affichage : 2006 vues

Distance : 23km

Objectif : Pas d'objectif

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Le récit

Mon récit débute à l’arrivée sur le site tôt le matin. J’ai réussi à grapiller ¼ d’heure sur le planning d’Igor (c'est le gentil garçon qui nous a entraînés, Tom et moi, dans cette aventure, ) bien involontairement toutefois : je ne trouvais plus ma ceinture porte-gel dans la chambre et pas question d’allumer la lumière, madame dort. Tant pis, je mettrai mes petites doses d’énergie dans mon camelbag. Ce sera moins pratique, mais faute d’autre chose… Arrivés sur le lieu du départ, une nouvelle question se pose à moi: coupe-vent léger ou coupe-vent doublé polaire ? Va pour le doublé, je préfère avoir trop chaud que trop froid. Plus tard, sur les hauteurs auvergnates, je serai content d’avoir fait ce choix.Après nous être préparés tranquillement, nous partons nous dégourdir les jambes sur une petite montée qui, nous apprend Igor, se trouve être la descente finale. Au passage nous constatons qu’il n’y a pas que de la neige dans ce coin, mais également des plaques de verglas. Il faudra être vigilant à l’arrivée.C’est l’heure du départ. Igor va se placer vers l’avant de la course. Quant à moi, je reste aux côtés de Tom . Nous sommes dans les 2 premiers tiers du groupe. Un responsable fait ses recommandations d’avant-course. D’où nous sommes, nous n’entendons rien de ce qu’il dit. J’espère qu’il n’y a rien de particulier.Ca y est ! Le départ est donné.Là où nous nous trouvons, ça démarre tranquillement. Bien que le premier kilomètre soit en descente, tout le monde semble prudent. Rapidement, nous nous trouvons confrontés à la première côte, et elle n’est pas piquée des vers. L’entame se fait en courant,  Mais rapidement, comme beaucoup d’autres, je me mets à marcher : la côte est vraiment raide, et la route laisse la place aux chemins. Il faut maintenant progresser dans la neige. Au fil des kilomètres, la neige se fait de plus en plus épaisse. Nous marchons à la queue-leu-leu sur les traces de notre prédécesseur. Il semble assez périlleux de vouloir mettre les pieds sur un tapis de neige fraîche sans trop savoir ce qu’il y a dessous. Maintenant, nous sommes assez haut pour profiter du soleil. Jusque là, il était trop tôt et nous étions trop bas pour avoir droit à ce plaisir. J’avais prévu mes lunettes de soleil, ça tombe bien. S’ensuivent alors des kilomètres de course, alternés de passages de marche. Tant que le dénivelé est négatif ou que très légèrement positif, j’en profite pour courir. Au bout d’une heure trente de course, j’ai la pêche, j’entreprends de doubler quelques concurrents. Il y en a un qui ne se laisse pas faire. Il a des bâtons et ce n’est pas neutre car pour le dépasser, il faut vraiment passer dans la neige toute fraîche. L’endroit que je choisis pour porter mon accélération me semble approprié : plusieurs traces se séparent à la traversée d’un petit cours d’eau. Malheureusement pour moi, dans ma précipitation, je chute une première fois la tête la première dans 50 cm de poudreuse. Je vois le gars revenir sur moi, je me dépêche de repartir pour m’enfoncer de 50 cm dans la vase du cours d’eau. Sur le coup j’ai l’impression que je vais y laisser une chaussure. Mais en y allant délicatement, j’arrive à ressortir de ce piège entier, mais copieusement trempé, surtout les pieds et les mains. C’est dommage, j’avais réussi à rester à peu près sec jusque là. Et en plus je vois le gars que je voulais doubler prendre plusieurs longueurs d’avance. Ca m’apprendra à être patient. Si tout n’est pas rose, tout n’est pas noir non plus : c’est à ce moment là qu’une belle descente me tend les bras. Je ne peux m’empêcher de penser à Igor qui a essayé de m’expliquer qu’une descente, ça se prend à fond. Je me doute qu’il a dû se prendre un méga pied (si ce n’est une méga gamelle). Pour ma part, j’essaie de ne pas y aller trop doucement, mais je me garde une marge de sécurité pour pouvoir m’arrêter si je veux. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, ça ne tarde pas à remonter et là, les crampes commencent à faire parler d’elles. Le reste du parcours devient une lutte permanente contre les crampes qui m’obligent à m’arrêter pour que ça passe. Les concurrents qui me doublent alors me disent de boire. Je bois. Mais j’ai bien peur que ça ne soit trop tard. Il va falloir que je termine dans cet état là. Ca me rappelle la fin de mon marathon, sauf qu’alors, je pouvais marcher pour faire passer la douleur. Là comme ça monte tout le temps, il faut carrément que je m’arrête. Ca m’énerve. Certains coureurs m’encouragent. Ce n’est pas de courage dont j’ai besoin, mais de muscles en bon état de marche. A un moment, je tombe sur un groupe de 3 jeunes et sympathiques demoiselles dont l’une me propose des raisins secs. J’accepte de bon cœur et je leur emboîte le pas. Leur rythme me convient parfaitement. L’une des 3 tire les autres telle une locomotive. J’en profite pour m’accrocher au convoi. Elles papotent. Ca fait du bien, car tous les coureurs sont bien silencieux, donnant l’impression de faire une économie d’énergie à ne pas dire un mot, et je crois que je partage ce sentiment. Je suis épaté qu’on puisse avoir autant de tchatch dans un moment pareil ! Du coup, j’en oublie presque que j’ai mal aux jambes, d’autant plus que ça sent la ligne d’arrivée : un commissaire nous annonce qu’il reste 1 km 800 à parcourir. C’est à ce moment que nous nous engageons dans un chemin terrible, non par son dénivelé, mais parce qu’il n’est pas possible de poser le pied 2 fois de suite au même niveau : une fois, il y a un trou de 50 cm, l’autre fois, une bosse de 30 cm. J’ai l’impression qu’il n’en finit pas. Après une progression très pénible durant quelques centaines de mètres, on arrive au bout de ce MN~ de chemin. Une descente (celle de l’échauffement), bien verglacée nous emmène vers la ligne d’arrivée où femmes et enfants nous attendent tout appareil photo dehors. Je n’arrive plus à plier les jambes. Je me traîne vers le stand de soupe aux choux pour me faire servir un grand verre de boisson, qui si elle n’est pas des plus fameuse, est d’une chaleur tout à fait opportune. Je suis simplement heureux d’avoir passer 3 heures et 29 minutes dans un magnifique décors de montagnes enneigées sous un soleil radieux.

2 commentaires

Commentaire de titifb posté le 24-08-2007 à 14:06:00

Bravo Steph pour ton CR et pour ta course courageuse. Je trouve que tu t'en es bien sorti. Tu n'as pas trop mal négocié ton affaire, même si les crampes ont eu raison de tes ambitions du départ. Ca avait l'air sympa, et la course en montagne...j'adore.
Bonne continuation Steph !

Commentaire de JLW posté le 24-08-2007 à 22:11:00

Merci Steph pour ton récit rafraichissant en plein été caniculaire. Euh je me trompe ?? Il a eu lieu quand ton trail déjà ?
Super ton passage "tchatche", c'est peut-être une bonne solution pour rester au bon rythme ds un trail.

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