Récit de la course : EDF Cenis Tour - Trail rouge 57 km 2020, par Mazouth

L'auteur : Mazouth

La course : EDF Cenis Tour - Trail rouge 57 km

Date : 2/8/2020

Lieu : Termignon (Savoie)

Affichage : 605 vues

Distance : 57km

Objectif : Se dépenser

2 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

L'EDF Cenis Tour Rouge m'a mis un peu dans le rouge

Ce récit sur mon blog : https://sylrunandbike.blogspot.com/2020/08/ledf-cenis-tour-rouge-ma-mis-un-peu.html

 


Ca commençait à faire longtemps que je ne m'étais pas levé aux aurores pour écouter un compte à rebours dans une raquette de départ avec un dossard sur le ventre. En ce dimanche 2 août, à 6h du matin, ça y est, ma saison 2020 redémarre !


Les photos - le film - la trace


Km 0 à 13 : Lanslebourg - Col du Mont-Cenis : de 6h00 à 8h18

Protocole sanitaire oblige, c'est donc avec le masque sur le nez pendant un kilomètre que 292 traileurs(euses) s'élancent au jour naissant sur le parcours du Trail Rouge qui a été un tout petit peu ralongé, puisqu'à cause de travaux dans le centre de Lanslebourg, nous devrons contourner le village avant l'arrivée. On part donc pour 60 km et 3400 mD+.

Le ciel est encore couvert mais le beau temps est annoncé pour le matin avec des risques de perturbation dans l'après-midi et il ne fait ni trop chaud ni trop froid. Les conditions sont bonnes et je trottine tranquillement sur les premiers kilomètres qui sont en faux-plat montant sur une large piste. Je ne veux surtout pas partir trop vite car la route est encore longue et je suis surtout en mode préparation de l'Echappée Belle. Du coup, pour tester, j'ai rempli mon sac à dos de tous le matos obligatoire pour l'EB, ce qui en comptant l'eau doit avoisiner les 4 kg. L'objectif aujourd'hui est de mettre 12 heures sans trop me mettre dans le rouge...

Après 3 km de chauffe, on attaque de gros pourcentages avant un replat puis 4 kilomètres de pente moyenne. Voici à quoi ressemblent les 11 premiers kilomètres qui nous mènent à la Petite Turra (2470 m). Cette montée passe sans encombres, sans trop forcer, et pourtant plus vite que ce que j'avais prévu, tant mieux. Ceci dit, quand je regarde le chemin où je suis passé quelques minutes plut tôt, je me rends compte qu'il ne reste pas tant de coureurs que ça derrière moi.

Juste après la jonction avec le parcours du Trail Noir et avant de basculer dans le début raide et technique de la descente, le passage à la Petite Turra est superbe, je suis saisi par le spectacle de cette mer de nuage qui occupe la Haute-Maurienne et laisse entrevoir une partie du lac du Mont-Cenis. Pause photo obligatoire !

Passage à la Petite Turra
 
Passé le début où il faut être prudent, le reste de la descente se fait facilement, avec les yeux qui alternent entre le sentier et le paysage. Courte régalade car on arrive vite sur le ravito du Col du Mont-Cenis.

J'y suis en 2h18, en 265e position.


Km 13 à 32 : Col du Mont-Cenis - Bessans : de 8h18 à 11h56

Petit point sur ce premier ravito où je suis resté 5 bonnes minutes, mais pas pour rien.
Déjà il y a le protocole sanitaire sur les ravitos : à l'entrée on met le masque et on se passe les mains au gel hydroalcoolique. Puis il y a une table où des bénévoles nous servent la boisson (St Yorre, jus de pomme, Coca) dans notre gobelet, et une table où on nous sert la nourriture (pain, saucisson, fromage, fruits et fruits secs) dans notre gamelle. Oui, il fallait avoir deux récipients pour les ravitos. Enfin, il y a la table où se trouvent les jerricans d'eau où on remplit soi-même ses bidons, après avoir repassé ses mains au gel. Tout ceci étant fait, il faut se poser dans un coin pour enlever son masque afin de boire et de manger, puis remettre son masque pour retourner se faire servir à boire, puisqu'un seul gobelet de boisson ne suffit pas.
Donc voila, ça prend un peu plus de temps que d'habitude, mais bon, ça se fait bien, on n'a pas à se plaindre de ce protocole.
A part ça j'ai prévu de prendre le temps de bien manger sur ce ravito, car m'étant levé à 4h15 je n'avais pas très faim pour petit-déjeuner beaucoup, donc là je me fais une bonne collation avec du pain, du saucisson, et du Beaufort... et quel Beaufort !! Une tuerie !

Je repars en marchant doucement le temps de manger et de remettre de la poudre dans un bidon, en ayant déjà décidé que le petit retard pris sur ce ravito sera compensé par un arrêt plus bref au prochain. Attention, y a de la stratégie là !

Côté terrain ça monte gentiment sur les pistes d'exploitation du domaine skiable, pas très sexy, puis on prend la voie du téléski, droit dans la pente bien raide. Mais j'ai le souffle court, et je rame déjà quand ça grimpe fort. Mince, ça fait tôt pour être déjà à la ramasse en montée, et pourtant c'est le cas. Je mets ça sur le compte de l'altitude. Je m'étais fait surprendre par cet aspect l'an dernier à l'UTB, mais là je crois que c'est clair, dès qu'on dépasse un peu plus de 2000 mètres d'altitude je subis.

Alors je prends sur moi et continue ma lente progression sur le joli single en lacets qui a succédé aux moins jolies pistes. On grimpe ainsi jusqu'à l'Ouillon des Arcellins (2665 m) avec de beaux panoramas pour faire plaisir aux yeux et oublier un peu que je me traîne dans cette montée.
Les nuages de la Haute-Maurienne se sont évaporés
 
Cette deuxième grosse ascension du jour se termine de nouveau sur de larges pistes d'exploitation jusqu'au Col de la Met (2750 m), point culminant de la course, où une plateforme panoramique permet d'admirer le Lac du Mont-Cenis et tous les sommets de la région.
Le Lac du Mont-Cenis depuis le Col de la Met
 
La descente est bien roulante, sur le domaine de Val Cenis, même si ça irait encore mieux avec de la neige et un snowboard, mais bon, ça se passe bien et j'arrive à 10h15, toujours bien en avance sur mes estimations au ravito de Côte Plane (drôle de nom) au 23e kilomètre.

Comme prévu je fais un bref arrêt le temps de refaire les niveaux des bidons et de goûter à mon nouveau cocktail préféré : 1/2 St Yorre + 1/2 jus de pomme, fameux ! Aussitôt rempli, aussitôt reparti, alors que plusieurs coureurs semblent avoir besoin de prendre une vraie pause... ma stratégie est imparable niark niark niark !
Il ondule mon single
Miroir de l'Arcelle, dis-moi qui est la plus belle
Sur le profil, les prochains kilomètres semblent roulants jusqu'au Lac de l'Arcelle, mais en fait je ne vais pas très vite sur ce single qui a une fâcheuse tendance à onduler. Puis, à l'Arcelle, au lieu de continuer directement à gauche, on a droit à un tour complet du petit lac, juste pour le plaisir de l'admirer.
 
 
 
Puis on arrive en forêt, sur le Passage du Single, bien technique en descente et nécessitant de mettre les mains par endroits, et ça continue d'onduler. On croise des torrents, et voilà qu'on remonte une petite côte avant d'attaquer enfin la vraie descente vers la vallée. Tous ces kilomètres de single depuis Côte Plane sont très beaux, mais nécessitent vigilance et relances, ce qui n'est pas toujours facile quand on veut garder des forces après plus de cinq heures de course. Je suis toujours un bon quart d'heure en avance sur mon roadbook, mais j'ai perdu du temps sur cette portion moins roulante que prévu.
Bessans droit devant !
Dans la vallée, on fait un petit détour pour aller chercher le Pont du Ribon, puis un chemin champêtre ensoleillé nous conduit tout droit à Bessans. C'est là qu'on apprécie qu'il ne fasse pas trop chaud aujourd'hui.

J'arrive au ravito de Bessans (pseudo base de vie pour le Trail Noir) en 5h56, en 228e position.



Km 32 à 44 : Bessans - Chapelle Saint-Laurent : de 11h56 à 14h42

J'avais prévu de rester un quart d'heure sur ce ravito le temps de m'assoir, de bien manger (pain, saucisson, fromage, banane) et de bien boire (St Yorre + jus de pomme bien sûr). Finalement j'y suis resté un peu plus de vingt minutes car j'étais bien là, assis à l'ombre, à essayer de démêler un drôle de quiproquo au téléphone avec Marie-Laure : elle me dit qu'elle est vers un pont, alors moi je pense forcément au dernier que j'ai vu, juste avant Bessans, alors qu'en fait elle est à Lanslebourg... logique, mais bon, pour moi le seul pont qui existait était le denier que j'avais vu...

Bref, j'ai une course à finir, et ça commence par 3,5 km le long de l'Arc, plats de chez plats, alors il faut courir. C'est ce que je fais, avec les bâtons, à 9 km/h, c'est parfait.

Pour faire simple, le menu de l'après-midi c'est deux grosses bosses de 600 mètres de dénivelé, à monter et descendre. Et voici la première, celle du Refuge de Vallonbrun, qui commence par des escaliers rocheux, puis en rondins, puis par un joli single, mais globalement bien raide ! Et là pas de miracle, je me traîne comme le matin. Je suis vraiment à la rue dans les montées, mais je prends mon mal en patience. On va passer de 1700 m à 2300 m d'altitude, donc normalement je ne devrais pas trop en souffrir, mais même si je n'ai plus le souffle court comme ce fut le cas ce matin, je n'ai pas vraiment la pèche.

Début de la montée au Refuge de Vallonbrun
 
J'ai mis une bonne heure pour en venir à bout de cette côté que j'ai trouvée longue et difficile, alors que sur le papier, il y a pire quand-même. Moralement c'était moyen, en pensant qu'il y en avait encore une deuxième du même acabit à se farcir ensuite et surtout que si je suis à la peine ici, qu'est-ce que ça va être dans trois semaines dans Belledonne !?
Fin de la montée au Refuge de Vallonbrun
 
Heureusement, voici la descente, en faux-plat au début, puis en petits lacets plus pentus ensuite. Et ça passe bien aujourd'hui, la descente. Ca ne me tape pas dans les jambes, ni dans les abdos, et à défaut d'être rapide, je ne suis pas trop lent, et ça me permet de rester un peu en avance sur mes prévisions. Tant mieux !

Juste avant la fin de la descente, voici le ravito de la Chapelle Saint-Laurent où j'arrive en 8h42, en 213e position.


Km 44 à 52 : Chapelle Saint-Laurent - Refuge de Cuchet : de 14h42 à 16h52

Je reste un petit quart d'heure au ravito. J'ai besoin de me refaire la cerise, et la soupe qui vient compléter mon alimentation habituelle du jour fait le plus grand bien.

La liaison jusqu'au pied de la prochaine bavante se fait sur un joli chemin en balcon juste au-dessus de la route sinueuse qui va à Lanslevillard. Encore un de ces singles joueur qui serait bien rigolo si je n'avais pas 9 heures de course dans les pattes et encore un mur à gravir.
Début de la montée au Refuge de Cuchet
 
Un torrent à contourner par en bas, et voici le pied de la côte. Et c'est raide, parfois moins, parfois plus. L'environnement est très végétal. On traverse quelques torrents qui permettent à certains de se rafraîchir. Je ne m'y arrête pas. Il ne fait pas trop chaud. Les nuages sont de sortie maintenant et on prend même quelques rares gouttes de pluie parfois. Je suis toujours aussi constant dans ma lenteur ascensionnelle mais au moins je dépasse ceux qui s'arrêtent pour se reposer, c'est toujours ça de pris pour le moral.
Fin de la montée au Refuge de Cuchet avec vue sur le Col du Mont-Cenis et la Petite Turra
 
Après plus d'une heure de grimpette j'atteins enfin le replat (ou j'arrive encore à courir) puis le refuge de Cuchet où se tiennent le dernier ravito (uniquement de l'eau pour refaire les niveaux) et le dernier pointage.

J'y suis en 10h52, en 199e position.


Km 52 à 60 : Refuge de Cuchet - Arrivée à Lanslebourg : de 16h52 à 17h59

C'est parti pour la descente !
Alors que presque tous marchent, je pars au petit trot. Je descends encore bien, et sans souffrir alors j'y vais et je ne relâche pas jusqu'en bas ! J'ai ainsi fait des écarts et gagné quelques places, mais surtout, je suis agréablement surpris de ne pas avoir été traumatisé par tout ce qu'on a déjà descendu, c'est très bon signe.
Bon, en fait si, j'ai bien une petite douleur en descente, et ce, depuis le matin, mais rien à voir avec des genoux ou des quadris qui seraient explosés à force de descendre. Il s'agit du dessous de la malléole externe droite, qui touche le bord de la chaussure, et à force, ça fait mal. Mais comme ça n'a pas empiré depuis la fin de matinée, je n'y pense plus trop.
 
En bas de la descente, nous sommes à Lanslebourg, il ne devrait plus rester qu'à traverser le village direct jusqu'à l'arche, sauf qu'il y a ce détour pour éviter les travaux ! Il reste donc 2 km et 80 mD+ à faire. Une petite bosse de rien du tout mais qui ne fait pas plaisir là.
 
La dernière petite bosse bonus
 
Il est 17h35 et comme je suis maintenant sûr que je vais mettre moins de 12 heures, j'envoie un SMS à Marie-Laure pour lui dire que j'arrive dans environ 15 minutes...
 
optimiste...
 
car c'est 24 minutes plus tard que j'ai le plaisir de les voir, elle et l'arche d'arrivée, après 11h59 de course, en 191e position.
 
 
Bilan :
 
Un bien joli trail avec des paysages magnifiques surtout dans la première moitié du parcours. Il y a certes quelques passages de pistes pas très sexy, mais il y a aussi beaucoup de singles très joueurs. L'organisation et les bénévoles ont été parfaits, merci et bravo à eux d'avoir pu faire vivre l'événement en cette période compliquée.
 
Concernant ma course il y a eu du bon et du moins bon :
 
 - J'ai vraiment trop subi dans les montées avec cette impression désagréable de me trainer. J'en ai plus bavé que prévu.
 - Cette douleur sous la malléole droite causée par la chaussure est préoccupante car je risque fort d'y être de nouveau confronté sur l'Echappée Belle.
 
 + La bonne surprise vient des descentes qui ne m'ont pas fait souffrir, ni aux pieds, ni aux genoux, ni aux cuisses. Et sur le plat j'ai toujours pu courir.
 + Le sac en configuration Echappée Belle se porte bien. J'ai eu des petites courbatures aux trapèzes après la course mais rien de méchant.
 
Maintenant place à la récupération, surtout pour ma cheville droite, et à la préparation mentale du chantier qui m'attend en Belledonne le 22 août !
 
 
 





 

2 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 07-08-2020 à 19:24:18

Belle description de la course, je reconnais tout! Et je te confirme que la montée à Vallonbrun, ça scotche bien.....et aussi que le plat à Bessans, il vaut vraiment mieux qu'il ne fasse pas trop chaud, sinon on fond sur place (même à 1600m).

Amusant, tiens, qu'ils aient ajouté un ravito entre le col du Mont-Cenis et Bessans.....mais il est vrai qu'il y a une bonne montée supplémentaire!

Commentaire de Spir posté le 08-08-2020 à 00:36:56

Belle course et bien menée, dans les objectifs ! Plus qu'à se reposer maintenant avant de t'en remettre plein les jambes Belledonne. On se croisera peut être à l'arrivée !

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran