Récit de la course : L'Hivernale de Méaudre 2015, par la mouette avinée

L'auteur : la mouette avinée

La course : L'Hivernale de Méaudre

Date : 1/2/2015

Lieu : Meaudre (Isère)

Affichage : 575 vues

Distance : 13km

Matos : Un genou bionique

Objectif : Balade

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Bizarre, vous avez dit blizzard?

Chaque course à laquelle je participe a sa petite histoire (qui deviendra un jour légende j’en suis persuadé), et ce petit cru 2015 de l’Hivernale n’est pas banale…

Pour resituer un peu dans le contexte, 1er janvier 2015 : je ramasse de mon 31 au coin du feu, encore à moitié saoul de la veille, et comme je suis incapable de sortir une seule phrase intelligible à mes potes qui m’entourent, je zone sur la Tête du Bouk, quand je tombe sur une publication d’Endurance Trails qui liste les trails blancs de la saison. Il me faut environ 5 minutes pour percuter que c’est bien du Méaudre que je connais dont on parle. Je viens fouiner un peu ici même voir les CR des années précédentes, la foule est unanime, cette course est labellisée Bouk Powered : emballé c’est pesé, je viendrai courir, ma copine sera bénévole.

L’Hivernale sera donc mon dernier dossard avant une hibernation sportive forcée de 6 ou 7 mois, paix à l’âme de mes ligaments croisés. Le chir n’a pas l’air d’être trop alarmé, il me demande juste de faire gaffe là où je pose les pieds. Faudrait quand même pas tout arracher à 3 semaines du grand saut en béquilles…Courir dans la neige, dans mon plateau du Vercors chéri, voilà de quoi garder de bons souvenirs de la CAP à laquelle je me suis mis il y a bientôt presque un an, et surtout de quoi me motiver à être rigoureux durant ma convalescence pour revenir plus fort encore… Le moral est au beau fixe, ça va être génial !

Niveau physique par contre c’est pas vraiment ça haha. De début décembre à début janvier, je ne branle rien, la Saintésprint bouclée péniblement à cause de problèmes gastriques m’a achevé pendant 2 semaines, puis le froid a eu raison de moi. Début janvier, une contracture au mollet découlant de ma grosse cuitasse de la Saint Sylvestre m’immobilise 1 semaine, puis une tendinite me force à ne faire que du vélo de route la semaine suivante. J’arrive au trail hivernal du Sancy sans condition sans entrainement, avec 2 cuites la veille et l’avant-veille. Bizarrement j’ai à nouveau des problèmes gastriques et je mets 3-4 jours à récupérer. Là-dessus une belle gamelle en vélo sur les pavés me laisse sur le carreau avec des trous dans le genou et un énorme hématome, je crains alors que la rotule ait bougé et que les ligaments externes aient morflé également (à la limite çà c’est moins grave on doit me les retaper un peu aussi dans 3 semaines). Du coup zéro activité sportive jusqu’à la veille, où je fais 2h de skating pépère à Corrençon. Le genou a l’air de tenir, allez on tente le truc, avec une genouillère quand même on est pas des timbrés non plus hein !

La nuit précédant la course on flippe pas mal, il tombe de la blanche à gogo sur Villard, on a chainé les pneus par sécurité en fin d’aprem’ mais on sait pas dans quel état on retrouvera la voiture le dimanche matin… On se lève méga tôt du coup, la nuit a été bercée du doux bruit des chasse-neige qui ont parcouru les routes non stop… Au petit matin, la bagnole se trouve sous un espèce d’igloo de poudreuse… Impossible de voir un quelconque signe distinctif, heureusement qu’elle était seule sur le parking, ça m’aurait fait chier de déneiger 30min durant la mauvaise bagnole ^^

Après 45 minutes de palabres, on se met en route pour Méaudre. Comme prévu la route est blanche, on croise 2-3 kékés qui montent à Côte 2000 pour skier qui manquent de s’exploser dans un rond point. On dépassera pas les 40km/h sur tout le trajet. Une fois garés sur place, l’ambiance est saisissante : c’est le BLIZZARD bordel, le Bouk n’avait pas menti en parlant de Sibérie !

On file dans la salle polyvalente, et BING ! La queue (de renard obv) du retrait des dossards s’étend à perte de vue, heureusement pour moi mon dossier est complet donc je la coupe avec joie (la queue des dossards, pas la queue du renard hein, j’espère que vous suivez bien !). Je récupère donc également mon magnifique bonnet péruvo-bolchévico-népalais. Il a l’air bien chaud et bien confortable, je croiserai d’ailleurs quelques zouaves sur le parcours qui le porteront bien fièrement !

Je cherche à droite à gauche voir si je reconnais une ganache de Bouk ou d’autres du forum mais personne en vue, la prochaine fois je songerai à proposer un RDV, snif !

J’ajuste au dernier moment ma tenue (collant thermique en bas + 3 épaisseurs ainsi qu’une veste imperméable et respirante en haut, de quoi rester au chaud mais aussi de sentir le renard des sables à l’arrivée) parce que ça caille sévère dehors. Je regrette de ne pas avoir pris mes lunettes tellement la neige tombe fort et bien dans les yeux, j’y songerai avant la prochaine fois. Je laisse ma copine rejoindre les autres bénévoles et je vais m’échauffer en direction de la ligne de départ… Je me hasarde à aller tâter le terrain des 100 premiers mètres : ça a dû être vaguement tassé à un certain moment, mais vu ce qui est tombé depuis le matin, la piste ressemble à un énorme champ de patates labouré à la TNT. Je m’attends donc à un départ dantesque. Je me cale en 4-5ème ligne, le but est d’attaquer la 1ère montée ni trop devant ni trop derrière puisque je sens bien un petit train train à la queue leu leu dès les 1ers singles. En temps normal je vise le 1er tiers du classement, je compte donc essayer de laisser une centaine de coureurs devant moi avant la forêt.

Top départ, ça part n’importe comment, ça tasse, ça pousse, ça tombe un peu (mes collègues de grille de départ braillent « et un malin de moins, à qui le tour ? »), ça essaye de doubler sur les côtés mais ça s’enfonce surtout jusqu’aux genoux… Bref, comme prévu, un sacré cirque pendant les 2 premiers kilomètres, mais le tout dans une très bonne ambiance. Ça rigole de suite un peu moins dès qu’il faut attaquer la 1ère montée. Comme d’hab, et même encore plus avec ces conditions, je me demande quelle tactique adopter : marcher ou courir en montée ? Vu les « bouchons » et la faible allure à laquelle ça trotte devant, j’alterne mini sprints et grand pas de marche rapide. Quelques-uns me doublent mais sinon je n’ai pas l’air de trop bouchonner derrière, du coup je garderai ce rythme tout le long des montées dans la forêt.

La partie en forêt est magique : monotraces dont il ne faut point sortir au risque d’être enseveli jusqu’aux hanches, de la puff en veux-tu en voilà, de beaux conifères bien verts à perte de vue, un silence de cathédrale, bref, la montagne de rêve comme on l’adore ! Juste avant la 1ère bascule on croise donc Samontetro qui nous annonce le 1er ravito à 800m, ravito qui sera d’ailleurs également accessible sur le retour vers le 8ème kilo non ? Je n’ai pas percuté sur le coup mais je viens de m’en apercevoir sur Movescount…C’est à peu près à cet endroit là que je fais la connaissance sans le savoir donc, d’Albacor38, avec qui on papote un peu. Vu la gueule de mon genou, je l’enjoins avec plaisir à me fumer en descente s’il le désire puisque je ne suis point très rapide. Chose qu’il ne fait pas de suite d’après mes souvenirs. Hé bien mon petit Albacor tu as été chanceux sur ce coup car c’est une des premières courses sur laquelle je n’ai pas de problème gastriques haha !

Notre petite balade fort sympathique est parfois égayée de petits panneaux humoristiques de ci de là, encore faut-il avoir la lucidité de lever le nez pour pouvoir les lire ! Un de ces panneaux annonce bientôt la présence de la fameuse Sorcière dont le Bouk avait vanté le bisou, ou le breuvage je ne sais plus. Je m’arrête subrepticement pour boire une lampée d’élixir de Sorcière, et hop ça repart plein gaz car on se traine un peu et on n’est pas là pour sucer des glaçons malgré les conditions. Plusieurs touristes et signaleurs nous annoncent alors bientôt le début de la descente, ma foi salvatrice mais bien éprouvante :  il s’agit d’une piste de fond de déclivité somme toute assez moyenne sur laquelle on doit pouvoir envoyer du pâté quand elle est damée, mais là à chaque foulée on s’enfonce de 30 bons centimètres je dirais. Pour la première fois de la course je fume quelques coureurs qui semblent peiner. Sur le coup je m’éclate mais je finirai très bientôt par en payer le prix avec de vilaines tensions musculaires au niveau du haut des cuissots. Je me refais un pote de balade avec qui on convient qu’il faut quand même en garder sous le pied (tu parles Charles, ça fait déjà 1h20 que je suis à 180 de pulses j’avais pas prévu de courir aussi longtemps). On dépasse une mini-miss qui peine un peu niveau puissance musculaire je pense, j’essaye de me refaire un peu la cerise car on va rentrer dans le money time. Je n’ai aucune idée de mon classement à cet instant, mais vu les files de coureurs de devant, je sais que j’ai la même au cul, et que si je lâche une ou deux minutes je peux facile perdre 30-40 places.

On croise à nouveau le ravito, dernière mini descente dans la poudreuse, c’est un régal, puis se profile la sortie de la forêt. Je regarde ma montre : putain il reste 3 bornes à faire à découvert, je suis rôti fumé tout ce que vous voulez, et je vois des dizaines de coureurs devant moi au loin : l’arrivée me semble être à perpet’ les oies ! Je sers les dents, y’a une nana à veste verte devant moi que j’essaye de fumer mais c’est à ce moment-là que l’Albacor déploie ses nageoires et me fume à vitesse grand V je crois, il colle ensuite au cul de la demoiselle. Je dois être 20-30 mètres derrière, je fais l’accordéon : je reviens puis je décroche. On essaye tous de trouver la portion de piste la plus glacée pour avoir de « bons» appuis, on change tous de trajectoire toutes les 10s on se croirait dans les rues de Naples où ça te fait des queues de poisson en veux-tu en voilà. On entend la speakerine au loin mais l’arrivée est interminable, à 1 kil de la fin je laisse partir l’Albacore et la nana au Kway vert, je ne gagnerai plus de place, je vais juste essayer de ne plus en perdre. A ce moment-là je croise donc sans le connaitre Petit Franck, je donne tout dans la dernière mini montée où je pète le cardio : 193 pulses à la minute, même à l’Altispeed j’avais pas dépassé les 192. Je m’étire rapidement le haut des cuisses puis je file me mettre au chaud. Mini ravito express post course avec du Tuc et des boissons chaudes, puis je monte me délecter de la bière au chanvre bio du Vercors. Un délice pour les papilles !

Je suis frigorifié, je me change rapido et taille la discute dans la salle avec des habitués de la course qui ont bien halluciné sur la quantité de neige sur le parcours. J’essaye d’apercevoir le Bouk et sa bande mais je ne savais pas qu’il était non partant, tant pis les bières belges que j’avais ramenées pour vos beaux yeux obtiennent un sursis. Dehors le blizzard continue de congeler les braves coureurs et bénévoles, la neige continue de tomber en quantité, je suis fatigué et je décide du coup de rentrer au plus vite sur Lyon. Je ne gouterai donc pas au fabuleux buffet mais tout le monde avait l’air conquis ! (Ma copine a d’ailleurs aussi bien apprécié les pizzas réservées aux bénévoles, elles étaient du village ?).

La descente sur Grenoble sera bien longue, on garde les chaines jusqu’à Engins, ça continue de tomber jusque Voiron, j’en ai plein le **** j’ai hâte de me doucher et d’aller faire la sieste comme un gros sac haha.

 

Niveau perf j’estime ne pas m’en être trop mal sorti : 84ème en 1h40. Je fais donc mon 1er tiers du classement habituel, sans entrainement depuis plus de 2 mois et avec tous mes pépins physiques des dernières semaines ça me va bien. En 5 minutes de mois c’était la 30-35ème place assurée mais je vois franchement pas où j’aurais pu gratter 1 minute, alors 5 ^^

Niveau orga : au top au top. Parcours : hormis les parties planes du départ et de l’arrivée qu’on ne peut pas trop éviter j’imagine, la partie forestière est juste majestueuse ! Ça monte ça descend sans cesse, c’est super fun ! Nickel ! L’ambiance entre coureurs est aussi au top, c’est convivial, ça se sent, et c’est vraiment pas le cas partout.

Bon voilà, j’ai passé un chouette moment, déçu de pas avoir pu vous rencontrer tous mais ce n’est que partie remise. Encore bravo aux orgas et aux bénévoles, et Albacor RDV l’an prochain pour le retour de la revanche de l’enFUMmage J

 

 

 

 

 

9 commentaires

Commentaire de BOUK honte-du-sport posté le 03-02-2015 à 16:17:38

Je rêve ou j'ai cru lire que tu croyais qu'Albacor allait te fumer... EN DESCENTE ???
Punaise si ça avait été le cas ton chirurgien (écoeuré) aurait refusé de t'opérer je pense gnak gnak !
Et tes stats je crois que tu peux les retraiter, car comme a dit la corne "seuls les braves étaient présents" !!!
Et surtout, surtout, SURTOUT, garde bien tes bières belges au frais !!!

*bonne convalescence*

PS : au moins tu as vu par toi-même que j'étais pas un mytho cette course est certifiée ISO BOUK

Commentaire de Albacor38 posté le 03-02-2015 à 22:01:36


"Je rêve ou j'ai cru lire que tu croyais qu'Albacor allait te fumer... EN DESCENTE ???
Punaise si ça avait été le cas ton chirurgien (écoeuré) aurait refusé de t'opérer je pense gnak gnak !"

Tu vois, Renard, le vrai visage du Bouk : Perfide, vil et tout en méchanceté c'est pour ça qu'on aime tellement le remettre à sa place :)

Commentaire de la mouette avinée posté le 04-02-2015 à 10:50:26

Qui s'occupe de la certification ISO BOUK? La famille Poletti? :D

Commentaire de la mouette avinée posté le 03-02-2015 à 21:32:36

C'est pas le stock de bières qui me manque hein, j'en ai à peu près 250-300 en stock en ce moment. Allemandes et Belges, 50/60 différentes. La prochaine fois pas de DNS hein sinon je vais finir par tout boire :)

Commentaire de Albacor38 posté le 03-02-2015 à 21:43:57

Et bien j'ai bien fait de venir parce que mon petit doigt me dit que je vais pas être devant souvent si tu sors un 28% comme ça sans le moindre entrainement ! Le Bouk non plus du reste :)

Je te confirme que c'était bien moi en effet juste devant : la nana avec qui je me suis tiré la bourre avait effectivement un coupe-vent vert. Elle a fini cramée. Je m'en veux presque encore de l'avoir passé dans les derniers 30m, c'est pas très classe. Je l'ai encouragé mais elle a explosé en plein vol sur la dernière bosse.

Je te dis m*rd* pour l'opération et a bientôt sur une course !

Commentaire de la mouette avinée posté le 04-02-2015 à 10:49:15

La dernière bosse était bien dégueulasse ceci-dit, j'ai pris +10 pulses en 10 mètres!

Ce WE je serai pas très loin de chez toi, je fais le raid blanc de l'ESUV à Vassieux ;)

Tu n'y seras pas par hasard?

Commentaire de Albacor38 posté le 05-02-2015 à 18:59:54

Non renard je n'y serai pas.
C'est effectivement tout près de la Chapelle en Vercors (+/- 10 bornes)
Attention micro-climat à Vassieux-en-Vercors : La bise y souffle souvent. Il y fait donc encore plus froid qu'ailleurs !
Couvre toi bien !

Commentaire de Arclusaz posté le 06-02-2015 à 19:14:04

super CR où on apprend plein de choses sur la diététique d'avant course et la programmation scientifique des entrainements.

Bon, tes bières, elles sont maudites ! ça fait combien de fois que tu les amènes sur des courses ou des off pour rien ? pas raisonnable de les laisser attendre la fin de ta convalescence....

A bientôt : ça va être un peu juste pour les Cabornes (RDV à la station service ?) alors peut être la Val'Lyonnnaise

Commentaire de samontetro posté le 08-02-2015 à 17:10:34

Venir sur l'hivernale de Méaudre et zapper le buffet c'est... petit joueur! Va falloir qu'on ajoute quelques panneaux dans la plaine avec "gardez en un peu sous le pied pour le buffet" pour les petits nouveaux!
Je te souhaite de vite récupérer de l'opération chirurgicale et maintenant que tu as tes repères sur le tracé, la prochaine confrontation avec Albacore et "Bouk j'ai pas pied dans la puff" s'annonce his-to-rique! A bientôt sur le Vercors et un grand merci à la Renarde des sables pour le coup de main.

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