Récit de la course : Saintélyon 2012, par rico69

L'auteur : rico69

La course : Saintélyon

Date : 2/12/2012

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 918 vues

Distance : 70km

Objectif : Se dépenser

2 commentaires

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Bis repetita….

Bis repetita….

C’est toujours un peu compliqué de commencer un CR d’une course comme la Saintélyon. On peut avoir peur d’en dire trop, de vouloir passer pour le héros qui a survécu à l’impensable « courir 70km la nuit en décembre ».

Mais bon pour moi le CR fait partie intégrante de MA course, de MA Sainté. 

Flashback :

En fin de préparation du grand Trail de Saint Jacques (70km 1900mD+), j’envisage de tenter le « doublé » avec la Saintélyon. Je suis bien physiquement, le moral est au taquet. Seule condition ne pas arriver trop entamé au Saint Jacques.

Je finis le Saint Jacques complètement cuit. J’ai puisé dans mon mental pour finir cette course alors que mes jambes ont criées STOP !!! à partir du km50.

Après 2 semaines de récup’ je fais le point :

-          plus de douleurs musculaires ou articulaires,

-          une envie de retourner courir,

-          une évidence : il faut travailler le foncier,

Avant de me décider pour la sainté, je fais quelques sorties pour vérifier s’il y a bien adéquation entre le « vouloir » et le « pouvoir ». Mi octobre, je prends ma décision ce sera le doublé !

En préparation, j’insiste sur mes séances longues en endurance et j’espère pouvoir bénéficier de l’effet Saint Jacques (pas le pèlerinage, le trail ;-)). Finir en – de 9h me semble atteignable, en – de 8h30 serait une performance remarquable, en – de 8h un miracle !

Jour J-7, c’est quasiment sûr, la météo s’annonce merdique de chez pourrie ! Le spectre de 2010 ressurgit. Mais bon courir, en hiver, y’a forcément une grosse incertitude sur les conditions météos. Et puis, la neige, le froid, le verglas, de nuit je connais.

Jour J,

Je covoiture pour me rendre à Saint-Etienne mais j’arrive un peu tard pour aller au Flore retrouver les Kikourou à l’AAB (l’appel à bouffer).

En arrivant dans le parc expo j’ai un petit coup de stress : il y a du monde pour retirer les dossards. L’heure tourne, je ne suis pas changé, je ne sais pas où est la consigne des sacs, où sont les sas de départ, il faut que j’appelle Sophie (mon épouse) pour lui donner mon N° de dossard…; STOOOP ! on se calme ! No Stress ! il n’est que 22h. Et finalement, la longue file d’attente avance tranquillement. Je fais la queue avec un non-voyant et son guide. Je suis tellement abasourdi par le courage de ce binôme que je peine à trouver les mots pour engager la conversation. Ils viennent d’IDF et espère être à Lyon pour 18h, pour ne pas rater le train. La personne non-voyante fait preuve d’un enthousiasme impressionnant, respect !

Dossard en main je me rends dans le Hall B pour me changer, Y’a foule ! Normale à 10000 inscrits ca se bouscule. Je sais déjà que je ne pourrai pas me poser tranquille comme en 2010. Je prends le temps de me préparer ; dernière hésitation 3 couches ou 4 couches de vêtements. Ca sera 3 couches : il devrait faire un peu moins froid qu’en 2010 et je devrais normalement courir plus souvent. Je prends mes Yaktrax (mes chaines pour chaussures), au cas où, en me disant qu’avec mes chaussures de trail (Riot 2 gore tex), je devrais pouvoir courir dans la neige.

Je passe à la consigne des sacs à l’extérieur et je me rends compte qu’il ne fait vraiment pas chaud. Nous ne sommes vraiment pas loin des conditions 2010…

Heure H-15mn

Je me rends dans le sas de départ, aucuns soucis pour m’engouffrer dans le sas 7-9h. Je ne suis pas trop loin de l’arche de départ. Il ne fait pas chaud du tout.

Heure H top départ 

Je passe la ligne 2 min après le départ et c’est parti pour 7km faciles. Comme je me doutais que nous rencontrerions de la neige, je force un petit peu l’allure pour être un peu en avant du gros de la troupe. Je suis à 10-11km/h, mais je me fais doubler en masse. Malgré une allure raisonnable, j’ai chaud et je commence à transpirer.

Passage à Sorbier :

La neige fait son apparition sur les bas cotés. Première montée et l’allure de la troupe diminue. Je maintiens le rythme à 9-10km/h ce qui me permet de reprendre pas mal de coureurs, qui commencent à marcher. Le verglas fait également son apparition, ponctué par des « glace !, verglas !, Ca glisse ! ».

Le paysage est féérique. Le ciel est clair, la lune illumine les champs recouverts de neige et traversés par un serpent scintillant de frontales. Plus nous progressons, plus la neige est présente en quantité : 10, 20 puis allègrement 30cm de neige dans les champs et de plus en plus sur le chemin. 

Le verglas est sournois, quasiment invisible sur la route parfois transformé en véritable patinoire. Globalement, je cours et ne marche que sur les portions vraiment pentues et lorsque nous sommes à la queue « leu leu » sur les chemins très enneigés.

Saint Christo : arrivée prévue - 1h43,temps de passage 1h40

L’arrivée à Saint Christo se fait par un petit raidillon en descente et là je vois la première grosse chute ! A 50m devant moi il y un petit regroupement, un coureur (Freddo?) est à terre, il hurle… Sa cheville fait un angle tout à fait anormal avec sa jambe Brrr ! J’en ai froid dans le dos.

Je zappe le ravito comme prévu (merci à l’organisation pour avoir mis en place un « raccourci »). Dans le raidillon que suit, SMS à Sophie « pas mal de neige et de verglas mais ca va, pas froid ». La neige recouvre maintenant abondamment les chemins mais il y a de l’ambiance à la sortie de Saint Christo, c’est fou. Je fais ma première chute quelque part entre saint Christo et Sainte Catherine : dérapage incontrôlé dans une petite descente et réception sur les Camel back. Plus de peur que de mal. La progression est laborieuse, en accordéon, comme sur l’A6 un jour de grand départ ! 

Par contre, ca caille ! Je sens le froid au travers de mes trois couches. Les congères ralentissent sérieusement la progression. La brise, sur le plateau, accentue cette sensation de froid, j’ai les mains frigorifiées. Je tomberai 3 ou 4 sur cette portion : c’est le poignet et la hanche qui trinquent. Malgré ces chutes, je persiste à ne pas mettre mes Yaktrax. J’appréhende l’inconfort sur les zones goudronnée et je ne veux pas passer mon temps à les mettre et les enlever.

Même si les conditions sont difficiles, je prends le temps, le paysage vaut vraiment le coup d’œil, je reste très heureux d’être là. 

Sainte Catherine : arrivée prévue - 3h10, temps de passage 3H10 !

Il y a du monde au ravito mais pas trop de queue. Je fais le plein du camel back. Je prends le temps de boire un thé chaud, parce que dehors il fait vraiment froid et je le sens. J’ai vraiment transpiré sur le début de parcours et mon coupe-vent s’avère copieusement inefficace. En sortant du ravito, je marche en envoyant un SMS à Sophie « encore de la neige à gogo mais ca va ». Je me refroidi vraiment très vite, je n’arrive pas à me réchauffer les doigts… Je me remets rapidement à courir pour me réchauffer. Il n’y a qu’une dizaine de kilomètres jusqu’au prochain ravito. Je me changerai là-bas mais avant il y a… le bois D’arfeuille.

Dès les premières dizaines de mètres, le ton est donné : ça glisse énormément. Même avec mes Trail je ne suis pas sûr de mes appuis.  Alors pour que mes yaktrax n’est pas fait le déplacement pour rien, je les mets. Le changement est radical ! Je ne me pose plus de questions. Enfin presque. Je fais très attention à ne pas faire peur aux autres trailleurs, qui sont en galère dans la descente. Il y a plus de boue qu’en 2010 mais les chaînes font très bien le job dans la boue aussi.

Je passe à mi-parcours en 4h10 dans la montée vers Saint Genoux. Je suis dans le tempo et assez frais. La neige a quasiment disparue du chemin et le verglas est plus discret.

Saint Genoux : Arrivée prévue - 4h30 temps de passage 4H25

Le ravito n’est pas trop bondé. Je prends quelques tucs, du thé bien chaud et je me change. Mon premier tee-shirt est trempé de sueur, le deuxième est bien humide, tu m’étonne que j’ai froid. Avant de repartir du ravito un SMS… et là plus rien. Le froid a eu raison de l’autonomie de mon téléphone. Petit coup de panique, comment je vais prévenir Sophie ? En Attendant, je mets le téléphone au chaud (direct dans le collant sur la peau) et je repars. L’avantage de cet incident c’est que je ne pense qu’à ça et plus à la course… du coup le temps passe assez vite. Le nouveau tronçon (bois des dames) ne m’a pas paru très compliqué. Certes c’est un peu plus technique (et temps mieux). Mais sans le verglas du bois d’Arfeuille ca passe bien. La fatigue musculaire commence à ce faire sentir dans la descente sur le ravito de Soucieux.

Soucieux en Jarrest Arrivée prévue 6h04 temps de passage 6h03

Pour l’instant, je suis parfaitement sur mon plan de marche. Mais pour la Sainté, la course commence à Soucieux.

C’est pas faux… je prend mon temps pour faire le plein du Camel. L’ambiance chaude et relativement calme du gymnase n’invite pas vraiment à repartir. Je me ravitaille (tuc + Thé). J’essaie à nouveau le téléphone... c’est bon un peu de batterie pour un SMS histoire de rassurer Sophie et lui faire par de mon problème de téléphone. Je lui dis de prévenir Yannick ,un ami, qui doit normalement me joindre à Chaponost pour faire les 15 derniers km avec moi (sympas !)

Le redémarrage après Soucieux est laborieux. Je marche 2-3min avant de repartir en petites foulées. Comme ça descend, le rythme est correct. La traversée sur Garon se fait de nuit. En 2010, il faisait grand jour !! C’est bon pour le moral. Le verglas laisse place à la boue mais à choisir je préfère la boue ! Sur la remontée du Garon, je sens qu’il faut que je commence à gérer la fatigue. Les montées même légères deviennent plus compliquées à faire en courant. En arrivant, sur Chaponost je fais un bout de chemin avec un local, il habite a 5min à pied il connait le parcours par cœur. Il me reste moins de 20km. A l’entrée de Chaponost je retrouve Yannick. Il me trouve pas mal, en tout cas beaucoup mieux que sur le Saint Jacques. Le rythme de course est très tranquille, je suis toujours en mode « gestion ». Il reste encore la côte de Saint foy et la fin interminable sur les quais.

Dès que ça monte je passe en mode marche rapide (rapide c’est vite dit…). L’arrivée en descente sur le rativo de Beaunant me fait sentir les 60km précédents.

Beaunant : Arrivée prévue 7h29, temps de passage 7h41 (aïe ca commerce à dériver…)

Je fais un passage éclair à la table de ravito pour prendre quelques tuc. A vrai dire le sucré ne passe plus depuis Soucieux… Après, je me pose littéralement à Beaunant ! J’essaie de faire quelques étirements. Yannick prévient Sophie que nous devrions arriver « vers 9h » à Gerland. Pour être franc j’ai un doute sur l’objectif – de 9H. 1H20 pour faire 10km en temps normal, même à reculons c’est bon ;-). Mais là, je suis fatigué j’ai les jambes lourdes. Allez ! Yannick m’encourage et c’est reparti pour ce qui est la dernière difficulté : la montée de l’aqueduc de Sainte Foy. Ca grimpe sévère mais pas de glace. Je commence à relancer avant le sommet (c’est bon ça !) puis dans la descente « j’envoie du bois ». Yannick m’annonce 12km/h, je me sens presque bien, voire euphorique. Et oui je profite, je vais finir ma deuxième Sainté d‘anthologie. Dans le bas de la descente je sens la cuisse et mon genou droit qui chauffent. Je lève un peu le pied sur les quais de Saône. Et puis c’est ma dernière chute… je bute bêtement sur un muret et je m’étale lourdement encore sur le poignet. Je me relève doucement.

J’accuse le coup mais j’ai rien de casser. Cette chute m’a tétanisé, je tarde à me remettre en route. La douleur derrière mon genou c’est bien réveillée.

Je finirai cette Sainté en alternant marche et trotinnage. En arrivant à la pointe de Confluence, je sais que je ne serai plus en – de 9h, mais compte tenu des conditions et du petit kilomètre de rab que l’organisation nous a rajouter, je ne suis pas déçu du tout.

J’arrive au palais des sports, j’embrasse Sophie. Au passage de l’arche d’arrivée je me sens heureux parce que j’ai fini mais pas seulement… aussi parce que j’ai profité de ma course et que finalement je n’ai pas trop souffert physiquement.

 Passé la ligne, je récupère le T-Shirt finisher (de la même couleur qu’en 2010, un signe ?…), je me jette sur la table de ravito pour manger et pour boire 2 demis d’une excellente bière artisanale ! Sophie, les filles et Yannick viendrons me récupérer dans le hall.

Conclusion :

C’est ma deuxième Sainté et encore une fois dans des conditions très difficiles. Mais j’y étais bien préparé mentalement et physiquement. Je ne regrette qu’une seule chose ne pas avoir mis mes chaines plutôt ! Ceci m’aurait évité des chutes à répétitions certes sans gravité mais usantes.

Je ne sais pas encore s’il y aura une troisième Sainté. J’avoue que deux versions Sainté neiges/froid/verglas ça me semble suffisant ! Maintenant, il ne faut jamais dire jamais… C’est une course hors du commun !!!

Pour finir merci à Yannick de m’avoir accompagné et encouragé sur ces 15 derniers km, c’est super motivant. Promis je te rendrais l’appareil quand tu feras TA Sainté. Merci aussi à Sophie qui encore une fois n’a pas beaucoup dormie.

Je souhaite meilleurs rétablissement à tous les blessés de la STL 2012

2 commentaires

Commentaire de runny posté le 09-12-2012 à 19:39:24

"je me sens heureux parce que j’ai fini mais pas seulement… aussi parce que j’ai profité de ma course et que finalement je n’ai pas trop souffert physiquement."

100% OK avec toi, c'est éxactement ce que j'ai ressenti. ça change quand même bcp de choses de ne pas se mettre totalement dans le rouge, et de terminer à peu près correctement , en profitant complètement de sa course...
bonne continuation !

Commentaire de Arclusaz posté le 10-12-2012 à 09:26:00

Bravo, super bien géré!
en te lisant, on a même l'impression que ça doit être plus dire pour Sophie qui reçoit des SMS toute la nuit !
On finira bien par se croiser....

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