par meocli » sa fiche K
» 18 Avr 2019, 10:55
Comme promis, petit retour personnel, sur cette course (ce n'est pas ma spécialité; je fais un effort!).
Lever 4h30 samedi matin et départ pour Cahors.
J'arrive un peu avant 7h, dans les premiers: aucun problème de parking (à deux minutes de la ligne de départ / arrivée); retrait des dossards en quelques minutes (aucun contrôle du matériel obligatoire; GPS pour tout le monde).
Je reste sur place pour préparer mon sac de base de vie qu'ils me prennent tout de suite.
Ça, c'est fait, il n'est même pas 7h30, il fait bien froid (l'herbe du stade et les pare-brise de l'organisation sont gelés); je retourne donc dans la voiture pour une mini-sieste.
7h55, j'arrive dans le sas: nous sommes 95 inscrits (3 féminines!). Sur 180 km, ça ne fait pas lourd. Effectivement, en fin de journée et pendant la nuit, je passerai plusieurs heures sans croiser un seul coureur.
Le départ est ponctuel: petit tour de Cahors en passant par le pont Valentré.
Comme d"habitude, je me cale à la fin.
Enfin presque;, parce que deux gars sont encore plus cool que moi: 5mn de pause pâté / saucisson toutes les 45mn; eux, sont vraiment trop lents pour moi. Je ne sais pas s'ils auront été au bout.
Dans la ville le balisage est inexistant, et très rapidement, je ne vois plus personne devant moi. Heureusement, ce sera beaucoup mieux par la suite.
Je discute avec un coureur qui a également fait le Tor et la Ronda; direct, je lui dis que je cherche un partenaire pour Euforia. Il ne semble pas hyper emballé et me fait part de douleurs aux pieds qui ne font pas de lui un bon coéquipier. Effectivement, je le lâche rapidement pour en rattraper un autre qui lui a fait le GRP 80 l'an dernier et se lance sur le 120 l'été prochain. Il profite de cette course pour tester une nuit dehors. Certes, mais un premier 180 (même avec peu de dénivelé) me semble ambitieux pour préparer le GRP...
Jusqu'au premier ravito (22,5km; que du liquide), nous ferons le parcours “ensemble” en nous doublant à tour de rôle. Au point, qu'ils me suivent alors que j'ai raté une intersection. Pour la première fois, je prenais une photo d'un gars qui installait plein de tas de cailloux dans son champ (genre menhirs): étonnant, plutôt joli.
Au ravitaillement, je les sème définitivement car je ne les reverrai plus.
Je suis à 6km/h de moyenne, ce qui me va tout à fait. Jusqu'à Gramat (90 km, mi-course), je tiendrai ce rythme sans difficulté: pas mal avec une seule semaine d'entraînement!
À partir de là, le paysage se fait de plus en plus sauvage. C'est surprenant, car je connais quand même un peu le coin et je sais qu'il y a des petits hameaux de partout. Là, on a l'impression qu'ils ont vraiment cherché tous les chemins les évitant. C'est souvent de la piste pour 4 x 4 (donc très roulant), parfois du mono-trace et du bitume (toutes petites route de campagne).
Nous sommes dans le Causse, les chênes n'ont pas encore leurs feuilles et lorsque l'on arrive en haut, il y a des vues époustouflantes (j'aime les panoramas!!) Comme c'est très vallonné (ça ne fait que monter et descendre (mais très court à chaque fois), il y a souvent ces points de vue à couper le souffle.
Nous traversons le parking des grottes de Pech Merle (que nous avions visitées en famille l'an dernier; ce qui fait toujours du bien au moral). Grosse impression peu après en arrivant sur Saint-Cirq Lapopie; on surplombe cette église monumentale pendant plusieurs minutes.
Premier vrai ravitaillement (Cabrerets, 45km, 7h30): Tuc, camembert, soupe x 3 (en salé, il n'y a rien d'autre).
Changement de chaussettes, Nok; j'ai très mal sous le pied gauche entre la plante et les orteils (la partie qui appuie le plus, en fait).
Le second quart se passe très bien, la chaleur tombe petit à petit, de plus en plus sauvage.
À part un couple de randonneurs (très sympa) et le ravito liquide (où les bénévoles s'ennuient ferme et pensent que l'on fait 18km?!), je ne croise absolument personne.
J'arrive à Gramat à 23h, en bon état, si ce n'est cette douleur au pied gauche.
Gros ravito: soupe x 3 encore, pâté, salami, gros bol de piémontaise (qu'il me faudra plusieurs heures à digérer...); change intégral.
Grosse hésitation sur les chaussures. Je portais les Trabuco 6 offertes par Asics en compensation de mes déboires au Tor avec le modèle 5. Indéniablement mieux, mais j'ai quand même un doute, il y a cette douleur au pied. Je change donc et reprend les vieilles (modèle 4) qui date de la 4K 2016 et qui en ont vu depuis (recollées et tout).
Je me retrouve avec des pantoufles, plus la moindre douleur. La chose est décidé s'en est fini des Trabuco; reste à casser la tirelire pour acheter deux nouvelles paires de... Toujours pas vraiment décidé.
En tout cas, bon choix pour les chaussures; en revanche grosse erreur: je ne prends pas le pantalon avec moi.
Je repars restauré, changé, ravi car les douleurs au pied sont passées. Décidé à avaler cette nuit.
Que ce sera dur: j'ai eu terriblement froid (apparemment tous les autres m'ont dit la même chose) et passé 2h du matin: gros coups de fatigue: quelques hallucinations légères, mais j'ai surtout piqué du nez en permanence. J'ai tout fait: crié, chanté, parlé tout seul... Ça a été long, très long.
5h20 pour faire 24km et là (ravito liquide), la bénévole sort de sa voiture congelée, on essaie de discuter un peu mais le coeur n'y est pas. Je repars pas plus réveillé qu'avant et le lever du soleil est long à venir.
Comme d'habitude, les premiers rayons chassent la fatigue et je commence à doubler (pas souvent, nous ne sommes pas nombreux, mais régulièrement). Je suis maintenant à 5 de moyenne.
J'essaie de ne pas trop tarder au dernier ravitaillement solide: 135km, 26h de course. J'y croise encore des coureurs qui ont fait Diagonale, Swiss peaks... Le niveau est relevé!
Il reste un quart; tout le monde nous félicite, je sais que c'est encore très long et ne m'enflamme pas.
Les 21 km, jusqu'au dernier ravito, se font encore bien, moins de Causses, quelques petites grimpettes qui me font plaisir. Il y a un peu plus de civilisation et surtout, les autres courses (180 VTT et relais, 80 trail et VTT) nous rattrapent. Ça fait plus de monde sur les chemins.
Moralement, ça aide; je discute plus souvent.
Par contre, j'ai quand même un doute sur les vélos: quel plaisir trouvent-ils à gueuler toutes les 2 mn: attention, je passe à droite? Limite, je trouve ça dangereux. Mais bon, ça se passe bien.
Il commence à faire bien chaud lorsque j'arrive à ce dernier ravitaillement, il reste 21 km, 100 D+, autant dire que c'est plat. Je me dis que 4h, ça serait bien (et j'y arrive presque: 4h15), mais j'ai l'impression de ne jamais avoir autant souffert sur une course.
Je pensais que ma montre déconnait lorsque que je voyais que j'étais à 5 - 6 km/h. J'ai eu chaud (plus d'eau pendant la dernière heure et demie). L'impression d'être passé par le même chemin la veille (confirmé par une autre coureur), alors que: pas du tout!!
Je me fais doubler sans arrêt, surtout par les autres courses, mais aussi par ceux du 180.
Voilà, sans entraînement, j'aurais eu la caisse pour 160 bornes et 30 heures de course. Là, je le paye.
J'arrive quand même à bon port. Pas de grosse ambiance à l'arrivée (nous sommes trop peu nombreux et c'est dimanche soir, chacun trace; j'ai fait pareil).
Content!
Et puis, je mets 34h05 soit 1h 30 de moins que sur l'ultra-marin en 2015 (qui a moins de dénivelé) pour lequel j'étais entraîné normalement et qui m'avait valu une périostite.
Plutôt en forme le pépère donc!!