Récit de la course : Les Templiers 2009, par Francis31

L'auteur : Francis31

La course : Les Templiers

Date : 25/10/2009

Lieu : Nant (Aveyron)

Affichage : 2468 vues

Distance : 72km

Objectif : Pas d'objectif

9 commentaires

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Et de 3

Mon récit avec photos également sur mon blog : audeladudela






Tout commence la veille. Arrivé sur Nant la veille pour récupérer mon dossard, je rejoins rapidement le stand des Citadelles, sur lequel Michel et Yvan sont à la manœuvre pour promouvoir cette course également mythique. J'y retrouve également Steve. Nous dégustons ensemble un excellent gâteau aux noix fort peu diététique, mais bon, vu l'effort à fournir le lendemain, on peut se lâcher ...



Je leur fait part de mon manque de motivation lié à mes douleurs récurrentes, ce qui laisse augurer un arrêt bien avant la ligne d'arrivée.
Après avoir devisé sur nos projets pour 2010, je retourne préparer ma nuit dans la voiture transformée en camping-car version minimaliste.
Je n'oublie pas de changer l'heure. Pasta en solo avant de passer une nuit pas si mauvaise que ça, ce qui est rare pour moi.
Le fait de m'être préparé à un abandon rapide y est certainement pour beaucoup.
Debout à 4 heures : céréales + café, massage des guiboles à l'huile arnica, ultime vérification du sac puis direction la ligne de départ pour rejoindre les 2900 "collègues". Il fait très doux et c'est en short + tee-shirt manche courte que je m'élance au son d'Era.
La course est mythique, le départ l'est encore plus.
Et c'est parti pour 70 kms et 3200 mètres de dénivelé positif.



Je trottine donc sans essayer de suivre l'allure générale, à la recherche de sensations ; Dans ces premiers kilomètres, je retrouve "le bagnard" avec qui j'avais échangé quelques mots la veille. J'apprendrai le soir son arrêt prématuré, bloqué par la barrière horaire de Dourbies.



Je consulte ma montre : 5 kms de parcourus et l'impression d'en avoir fait 10; des élancements douloureux dans les ischios, les adducteurs qui titillent...



Et voilà que se profile un abandon  à Sauclières...
Encore faut-il y arriver : faux-plats montants, petit coup de cul qui fait bien monter la température ;



Puis footing sur l'ancienne voie ferrée, traversée des tunnels. Que c'est long, que c'est long...J'arrive finalement à Sauclières avec seulement 20 min d'avance sur la barrière horaire. L'ambiance est formidable, les encouragements fusent et du coup, sans trop réfléchir, je continue ma route..
Le jour commence à se lever, mais le soleil reste timide dans ce début d'ascension vers le col de la guérite :



La troupe s'étire; j'ai du mal à m'y situer : autant de monde devant que derrière!



La pente se redresse et tout le monde passe en mode marche.




Le vent devient violent, mais la température reste supportable pour moi, je ne met donc pas le coupe-vent contrairement à beaucoup d'autres coureurs.



La pente se redresse un peu plus : passage en 1ère lente.



Le paysage prend un aspect fantomatique



Je me sent un peu plus à l'aise dans ces montées franches; il me semble même moins souffrir!


 
De toute manière, mon esprit tourne au ralenti , j'avance sans trop me poser de questions;



Après 25 kms, la troupe reste compacte;






Le col de la Guérite est enfin atteint. Et c'est reparti pour 2 ou 3 kms de roulant en faux plat descendant, toujours dans le brouillard.




Et juste avant d'attaquer le final vers le St-Guiral, le soleil, franc, fait son apparition



La pente est sévère, mais ce soleil adouci l'effort; Je retrouve un bon moral.



Un premier bouchon se forme






Passage serré dans les genets:



Le "St-Graal" est enfin atteint. 35 min d'avance sur la barrière horaire.



C'est le moment de relancer :



Et Oh miracle, je ne ressent pratiquement plus les inflammations diverses du début de course; je trottine donc allègrement ( à défaut de rapidement et avec légèreté )



Dans la descente qui suit, mes quadris encaissent assez bien, mais je pense au rapaillou qui nous attend en face :



Et effectivement, ça remonte dur dur...



Petite balade en balcon, plus que 3 kms avant le ravito..Dans la descente qui suit, mon orteil droit cogne violemment contre une pierre, me donnant l'impression d'avoir l'ongle cassé ou retourné, la douleur est fulgurante et m'arrache un cri.



J'arrive à Dourbies (39 kms) avec 45 min d'avance sur la barrière horaire. L'accueil y est digne d'une étape du tour de France. Le moral se regonfle aussitôt à bloc. Je prend donc le temps de bien me ravitailler (orgie de tartines au Roquefort). La question d'abandonner ne se pose plus; le prochain ravitaillement est à 9 kms, je me sent capable de les faire, j'aviserai donc à Trèves.
Je m'engage donc dans la longue montée vers les crêtes de Suquet.





Cette longue montée me ramène au Grand Raid des Pyrénées, tant ce sentier ressemble à un sentier de montagne,



Arrivé au sommet, je relance tranquillement. La fatigue se fait sentir, et dès que la pente se redresse, même légèrement, je marche.



La vrai récompense de cette course : ce fabuleux paysage :



Envie soudaine de s'arrêter, s'allonger et rester là en contemplation..



Mais n'y pensons pas, et continuons. Au même moment, l'élite du trail passe la ligne d'arrivée, quelques 25 kms au loin. Chapeau à ces performers et performeuses!



Après quelques bosses, c'est la descente vers Trèves, humide et glissante. Je soigne mes appuis et déroule une bonne foulée malgré le supplice que m'impose l'ongle cassé/retourné de mon orteil.




Photo Michel


Arrivé en bas, je n'en croit pas mes yeux : Steve que je croyais loin devant (plan de route en 11 h) et Michel venu sympathiquement à notre rencontre.




Steve est en galère : il n'arrive plus à s'alimenter, rien ne passe. L'hypoglycémie n'est pas loin car il est également pris de vertige.


Photo Michel

Nous rejoignons tranquillement le ravitaillement de Trèves.
Je suis à ce moment persuadé qu'une fois que Steve ce sera refait "la cerise", nous repartirons pour finir à 2 cette course .


Photo Michel

Arrivé à Trèves avec 1h15 d'avance sur la barrière horaire, je prend le temps de bien me ravitailler et m'hydrater (il est 12 h30 et la chaleur se fait sentir) pendant que Steve se fait examiner par un médecin.
Benoit (Benoit11) et Jérôme (Phyléa) qui ont couru l'ultra l'avant-veille sont également là pour nous encourager. Sympa.


Photo Michel

Le verdict tombe : le médecin n'est pas chaud pour laisser repartir Steve, craignant une grosse défaillance ultérieure.
Après lui avoir glissé un petit mot de réconfort, je repars donc seul.


Photo Michel

Je prend en photo Michel (super sympa d'être monté à notre rencontre :)) qui lui même me photographie:



Dans le premier virage, c'est encore Michel qui nous fait un clin d'oeil.



La montée sur le causse est terrible, il fait très chaud et je me sens bien seul, aussi je met en œuvre mon MP3 en fond sonore.
Arrivé sur le plateau, il faut relancer :




j'alterne donc marche et footing...Le temps semble s'être arrêté sur ces plateaux arides et secs :







Arrive une descente technique, en partie en devers glissant; mon orteil me fait terriblement mal, mais pas l'choix, faut avancer;



Arrivé en bas, je ne vous fait pas un dessin : il faut remonter :



La troupe est au ralenti, fatigue et chaleur obligent.



Cette grimpette rocailleuse n'en fini pas.
Quelques concurrents sont à l'arrêt total, la tête entre les jambes . J'ai une pensée pour Steve et me dis qu'il bien fait de stopper à Trèves.



Enfin, nous émergeons à nouveau sur le plateau.



Un peu de relance sur le sentier en balcon







Puis descente technique vers Cantobre. Et ça bouchonne bien comme l'an passé, ce qui permet de descendre prudemment ( c'est le côté positif de la chose). Mon orteil se rappelle à mon bon souvenir Aïe Aîe.



J'arrive à Cantobre,je me ravitaille. J'ai la banane : je sais que quoiqu'il arrive, je terminerai.

Et je repars confiant.
Un concurrent qui redescend dans un brancard me ramène à la réalité : tant que la ligne n'est pas franchie, rien n'est gagné.



Dernier regard en arrière vers Cantobre, village perché.



Grimpette qui n'en fini pas, mais je prend mon mal en patience et savoure les couleurs que donne le soleil s'abaissant sur l'horizon





Arrivé sur le plateau, 2 kms de footing ( tiens, j'ai encore des jambes !) avant le roc nantais qui marque l'amorce du final.
Et là, un coureur derrière moi nous harangue " Allez les gars, moins de 12 h c'est jouable si tout le monde envois".
Imperceptiblement, le train que nous formons accélère. Et le gars qui continue sa harangue "Allez les gars , c'est bien",  " on lâche pas ". Et nous voilà à "dévaler" (tout est relatif après 67 kms de course) comme des furieux.
Nant est vue, la voix du speaker au loin nous donne des ailes



Et je franchi la ligne en 11h50m10s, 1310ème, mais fier de ce 3ème finish sur cette superbe course.



9 commentaires

Commentaire de Papillon posté le 27-10-2009 à 16:00:00

Chouette CR, bravo pour ta course... le trail ce sont des courses dans la course, il vait raison le gars, il ne faut rien lâcher, jusqu'au bout!

Commentaire de ki3404 posté le 27-10-2009 à 16:57:00

super CR qui donne envie d'y revenir ;)
Sébastien

Commentaire de Fredy posté le 27-10-2009 à 18:44:00

Tiens, on a surement du se croiser. Je fini en 11h46. Le kikou avec un genou strapé qui saute à cloche pied, c'était moi ;-)

Au plaisir de faire connaissance.

Commentaire de Le Bagnard posté le 27-10-2009 à 19:42:00

Chouette CR Francis !!! et content de t'avoir rencontrer Bravo pour ta course ;-)) au plaisir de recroiser ta foulée

Commentaire de Phylea posté le 27-10-2009 à 20:17:00

Bravo Francis pour ta course et merci pour le CR.
A bientot peut etre sur un off.

Jérome

Commentaire de Berty09 posté le 27-10-2009 à 21:36:00

Alors cet ongle, cassé ou retourné??
Même si on ne saura pas tout, on imagine bien le courage qu'il faut pour ce genre de courses...
Mille bravos.

Commentaire de Marlène/Mô posté le 28-10-2009 à 17:14:00

Bravo Francis, pour ce 3ème finish. Ce qui m'inquiète dans ces longs trails, ce sont les entraînements que ça nécessite.
Quel courage !

Commentaire de Gibus posté le 28-10-2009 à 21:10:00

Bravo Francis
Encore finisher
Tu es un vrai Templier.

Commentaire de laulau posté le 29-10-2009 à 18:42:00

Bravo Francis pour ton courage. Je n'ai pas eu le même...
Laurent

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