Récit de la course : Championnat du Canigou 2009, par Sprolls

L'auteur : Sprolls

La course : Championnat du Canigou

Date : 2/8/2009

Lieu : Vernet Les Bains (Pyrénées-Orientales)

Affichage : 2183 vues

Distance : 34km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

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Le récit

Beau week-end de montagne dans les Pyrénées Orientales avec petite rando vers le Carlit le samedi depuis le lac des Bouillouses (coin absolument magnifique : voir les photos, qui compensent l’absence d’images de la course), puis championnat du Canigou le dimanche en préparation du Grand Trail des Pyrénées, en préparation du Grand Raid de la Réunion (j’aime la montagne, donc j’aime la mise en abyme ;-) ).

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C’est l’effervescence à Vernet les Bains ce WE. Ça grouille littéralement de coureurs. Pas mal d’animation autour de la place où se déroulera le départ. Tout tourne déjà autour du Championnat du Canigou, une course devenue traditionnelle et qui a l’air de tenir à cœur à tout le monde ici.

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Le Canigou vu d'en-dessous du village

Dimanche matin réveil 5h15, petit-dej un peu lourd à moins d’1h30 du départ. Le croissant pour finir était de trop ;-) J’ai un peu peur d’avoir mal au ventre en début de course mais ça ira. Par chance mon hôtel donne presque sur la place donc je peux rester au chaud jusqu’à la dernière minute.

 

7h00, c’est parti ! Je suis placé comme il faut dans le « peloton » car je reste à peu près à la même place une fois le départ donné. Ça part quand même vite pour moi, c’est que je me suis habitué aux courses plus longues donc je me fais violence pour tenir un rythme soutenu qui me fait déjà suer à grosses gouttes dans l’humidité de la forêt (gros orages dans la nuit). On rejoint après une grosse demi-heure le col de Jou, 1er ravito.

 

Le parcours nous fait ensuite emprunter une piste forestière vers le refuge des Mariailles, un peu monotone, d’autant que la vue n’est pas encore dégagée. La plupart des participants avec moi courent encore. J’alterne de mon côté marche rapide et course dès que la pente, encore assez raide en moyenne, diminue : je fais l’élastique, perdant quelques longueurs quand je marche que je reprends quand je me remets à courir, car quand je cours je vais plus vite qu’eux. J’ai l’impression de moins me fatiguer en faisant cela plutôt qu’en courant en continu en faisant de très petites foulées… Mais c’est quelquechose de personnel. En tout cas, dans les passages les plus raides où tout le monde marche, je suis plutôt plus rapide, sans doute grâce à mes grandes jambes. Bref je dois avoir une marche efficace, qui gomme sans doute mes limites en côte. Sur ces pensées métaphysiquo-motrices (que j’ai vraiment eu en course, comme quoi ça travaillait aussi dans le ciboulot !), on arrive au refuge et 2ème ravito, avec haie d’honneur et applauses à gogo qui font ma foi bien plaisir.

 

Changement de terrain à partir de là : la piste devient un sentier plutôt technique, d’abord légèrement descendant puis montant doucement, avec pas mal de cailloux et rochers, à flanc de montagne. Les paysages prometteurs commencent doucement à se dévoiler par endroits, même si un peu de brume subsiste encore. La forêt laisse la place progressivement à de la végétation basse d’altitude. Il fait nettement plus frais qu’en bas dans la forêt et je commence à me dire qu’on ne trainera pas au sommet ! Plus trop de place désormais pour doubler. Je grapille quand même quelques places en accélérant dans les passages un peu techniques dans les rochers. Après avoir eu l’impression d’être limite dans le rouge dans les premières parties roulantes, j’ai plutôt malgré tout le sentiment de temporiser un peu avant la montée finale. Ou bien c’est juste la fraicheur qui me fait du bien !

 

Passage à la cabane d’Arago un peu avant 9h, toujours pas besoin de refaire le plein du Kmel de 1L que j’ai pris au départ (je ne le ferai pas de la course finalement). Place aux alpages avant la caillasse qu’on aperçoit sous les crêtes. On découvre enfin le Canigou ! Une belle muraille à grimper. La pente s’accentue et ça a l’air d’être dur pour tout le monde. On monte tous au même rythme mais celui-ci a bien baissé par rapport à en bas en raison de la grosse technicité du chemin et de l’altitude. Je tente d’accélérer un peu juste au pied du mur final mais je vais vite me calmer ! C’est raide de chez raide ! La cheminée qui clôt l’ascension est très sympa avec le bruit des gens au sommet qui nous encourage. Ça me rappelle la fin de la 1ère montée du Trail de la Sainte Victoire, de bons souvenirs. J’adore ces passages aériens mi-rando, mi-escalade. Et nous y voilà !! Le Canigou avec son panorama incroyable, encore bouché par endroits, hélas, par des nuages s’accrochant encore aux pentes. J’en suis à 2h37, 3 minutes d’avance son mon plan de course en 4h, ça peut le faire. Pas beaucoup de place là-haut, avec en plus les spectateurs qui sont montés en nombre. Même ici il y a du ravitaillement ! Je ne sais pas comment il est arrivé là et j’ai oublié de demander : hélico ou sac à dos ?

 

Une fois qu’on est là, il n’y a plus qu’une chose à faire, descendre sur 16km. Hé hé, on va pouvoir envoyer ! Ça commence fort avec un début très technique. Les dépassements sont risqués mais les coureurs proposent généralement de laisser passer quand ils entendent quelqu’un qui les rattrape. Assez vite le sentier se stabilise un peu, même s’il reste pas mal de cailloux et il est globalement très agréable. Déjà un autre ravito aux Cortalets ! A partir de là, la descente devient vraiment roulante, plus trop de piège, autant dire que ça va très vite. Cela dit on reste sur un chemin en forêt très agréable. Ça force dans les cuisses mais on sent les kilomètres qui défile à bonne allure (il y a des petites bornes kilométriques placées par les organisateurs sur le bord du sentier de temps en temps pour le confirmer), c’est tout bon !

 

Après le refuge de Balatg, on revient cette fois sur une vieille piste / route forestière plus plate passant au ras d’une falaise. De jolies vues en contrebas mais c’est un peu long à mon goût et ça tape sur le vieux bitume qui reste par endroits. Je commence à me demander si je n’ai pas raté une bifurcation en ne voyant plus de rubalise pendant quelques temps… puis j’aperçois juste en contrebas qu’on quitte enfin la route pour descendre à nouveau bien raide entre des lacets de la route. Les sous-bois étant toujours humides c’est par endroits bien glissant et je me tords légèrement la cheville 2 fois sans conséquence. Je rejoins le ravito des Citernes et arrive en regardant mon plan de course pour vérifier si je suis toujours dans les temps pour 4h, ce qui fait bien marrer les bénévoles du ravito : « Lui il est très fort, il court en lisant ! ». Il fait maintenant plus chaud et je prends un verre à boire et un verre à verser sur la tête (nouvelle ovation ;-) ).

 

On repasse dans de petits sentiers un peu glissants. Il y a aussi 2-3 raidillons pour se rappeler qu’on n’est plus très frais… Je commence à sentir une bonne ampoule au talon. C’est de ma faute car je n’ai pas pris le temps de resserrer mes lacets, un peu lâches depuis les Cortalets. Mais je ne vais pas m’arrêter maintenant ! On retrouve le bitume à 1km de la fin environ. Il y a beaucoup de monde à encourager tout le long, pff, ça en fait des gens à remercier ;-) Enfin, le village et en arrivant sur la place c’est carrément des tonnerres d’applaudissements, une ambiance incroyable ! J’arrive en 3h53 et des poussières, en 39ème place. Aaaahhhhh ça fait toujours autant de bien d’arriver, les cuisses ont senti passer la descente ! Mais grâce à ça, mission accomplie au niveau du chrono.

 

Belle course de montagne que ce championnat du Canigou, une ambiance vraiment sympa donnée par les bénévoles et le public sur tout le parcours ! Le parcours, justement, est vraiment très varié, depuis la piste large (nécessaire au début vu le monde au départ : plus de 800 coureurs je crois), jusqu’au single-track hyper étroit dans la végétation. Forêt, alpage, pierrier, rocher, tous les aspects de la haute comme de la moyenne montagne sont présents, grâce au profil montée-descente qui nous fait passer de 650 à 2784m. La descente varie du très raide au quasi-plat, de l’ultra technique au très roulant. Je précise que pour certains aspects, on est plus proche de la course de montagne que du trail. Par exemple les ravitos sont nombreux et rapprochés, on est loin de la semi-autonomie de mise sur tous les trails auxquels j’ai participé. Pas trop le temps non plus de discuter avec les autres coureurs pendant la course, ça ne trainait pas, pas de temps mort dans l’effort et tout le monde était un peu dans le rouge. Enfin quelques gestes pas très « course nature » de coureurs qui balancent leurs gels vides ou gobelets par terre ici et là. Il y en a très peu mais c’est quand même la 1ère fois que je vois ça. Vraiment pas classe, quelque soit la course ! Bon j’avoue je ne les ai pas ramassé (d’ailleurs je me suis senti un peu coupable après la course de ne pas m’être arrêté pour le faire, je le ferai la prochaine fois). Malgré ces quelques points, c’est une course à laquelle j’ai eu beaucoup de plaisir à participer, ne serait-ce que pour l’ambiance et le plaisir de découvrir de nouveaux coins de montagne !

 

 

5 commentaires

Commentaire de Ben64 posté le 03-08-2009 à 21:46:00

Sympa ton récit et bravo pour ta perf!
Le championnat du Canigou comme tu l'as décrit m'attire irrésistiblement, ça sera peut être pour l'année prochaine...

Merci pour les superbes photos

@+
Ben

Commentaire de pcm66 posté le 03-08-2009 à 22:48:00

sacrée perf!
Ce sont surtout les 1h16 pour la descente qui sont impressionnantes!

Commentaire de dje94 posté le 04-08-2009 à 11:23:00

merci pour ton com mais le tient est quand meme mieux, moi j'ai oublié la moitié du parcours lol
en tout cas c'est clair tres belle perf
a++

Commentaire de Berty09 posté le 07-08-2009 à 00:11:00

Je n'y suis pas allé cette année mais grâce à toi j'ai pu faire la course dans mon fauteuil...et encore bravo!

Commentaire de Stéphane974 posté le 07-08-2009 à 14:07:00

Bravo pour ce joli récit, qui remet bien dans l'ambiance, même si on n'a pas connu exactement des conditions de course identiques puisque je mets deux heures de plus !

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