Récit de la course : Les Templiers 2008, par claude41

L'auteur : claude41

La course : Les Templiers

Date : 26/10/2008

Lieu : Nant (Aveyron)

Affichage : 1987 vues

Distance : 72km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

Le récit

TEMPLIERS 3ème épisode – 72km 

Pour la 3ème fois, je participe à la grande fête du trail. En 2003, c’était la neige, en 2004, la pluie. Pour cette année, le soleil est annoncé ouf !

Nous sommes 8 postiers de l’ASPTT Blois : 4 sur le marathon des Causses, Brigitte, Pascal, Hervé et Patrick, et Christine d’un club voisin et 4 sur les Templiers, Jean Michel, Jean Claude (12ème participation !), Cisco et moi. Je suis orphelin, d’habitude, je cours en compagnie de ma femme, Régine, cette fois, elle est restée à la maison pour garder nos adorables petites filles, jumelles de 4½ ans.

 

SAMEDI 25 OCTOBRE : Evidemment, nous encourageons nos 5 marathoniens, Brigitte effectue une course pleine de sagesse et vient terminer à quelques secondes du podium V1, dommage, ce sera pour la prochaine fois. Pascal, Patrick et Hervé font également une belle course. Nous sommes admiratifs devant le parcours de Christine, pas forcément habituée aux parcours très techniques, elle termine dans un temps plus qu’honorable.

 

Bon, c’est à nous de jouer. Pour une fois nous ne forçons pas trop sur la bière samedi soir, pasta party au camping de St Jean de Bruel (à recommander), eau à volonté ! Jean Claude passe une mauvaise nuit, je ronfle paraît-il, en tout cas, moi, je passe une excellente nuit !

3h30, debout, les Templiers nous attendent ! Enfin devraient nous attendre si Philippe Le Bel ne les avait pas exterminés.

 

DIMANCHE 26 OCTOBRE : Nous arrivons à Nant à 4h45, nous venons nous placer à l’arrière de l’imposant peloton déjà en place. Je suppose que devant, les places sont chères ! Pour nous, le seul objectif est d’arriver (dans les temps si possible !).

Je ressens une impression bizarre, je suis là, mais sans y être, je n’éprouve aucune émotion, pourtant l’ambiance est chaude, agréable. Même la magnifique musique d’Era me laisse de marbre, serait-ce l’absence de Régine à mes côtés ?

Départ 5h15 : ça y est, le coup de fusil a été donné, comme d’habitude, le tireur est maladroit, personne ne reste sur le carreau. Bon, je sais, elle est assez éculée celle-là, mais j’essaie de détendre l’atmosphère bien embrumée. Je passe l’arche, avec les copains, eux sont apparemment très émus. Long défilé dans les rues, un monde incroyable, un accordéoniste nous accompagne, au son d’une valse. La montée sur la route se fait bien,  nous empruntons à droite, un chemin assez large pour éviter les bouchons. Juste avant une grosse montée, petit ralentissement bienvenu, qui permet de souffler un peu. Nous sommes encore tous les 4, dans la nuit, ce n’est pas facile, mais sans le vouloir vraiment, on est au même niveau. Nous atteignons l’ancienne voie ferrée, il n’y a plus qu’à se laisser descendre sur

SAUCLIERES 6h50 : on est dans les temps, j’aime bien cette traversée, beaucoup de monde, nos plus fidèles supporters sont là, même ceux qui ont couru hier. Je complète ma réserve d’eau, direction le St Guiral. Dès le début de la montée, mes adducteurs se rappellent à mon bon souvenir. Depuis 15 jours et  le trail de la Forêt de Russy (St GERVAIS LA FORÊT) je suis en conflit avec eux ! Ce trail emprunte mes sentiers d’entraînement, je cours devant « mon public », je me crois obligé de faire le malin, voilà le résultat !

La douleur est supportable, mais je n’avais pas besoin de ça pour me gâcher la vie. Je suis Jean Claude, Jean Michel et Cisco sans problème, le cœur n’y est pas.

Heureusement, avec le lever de soleil les paysages sont somptueux. Je m’arrête de temps en temps pour prendre des photos, je rattrape ma petite troupe, et je recommence !

Col de la Guérite, descente vers le menhir (que je ne vois pas) et montée en colonne au St Guiral, je cherche la croix, pas de croix !

 
Rencontre incroyable, je rejoins Didier, décidemment, nos routes se croisent souvent : en 2007 assis côte à côte au stade du Cap Méchant (Diagonale des fous), Trail du Mt Ventoux, UTMB 2008 (changement de tenue au même endroit dans la nuit en haut de la Charme), nous effectuons un petit bout de route ensemble, ça passe le temps !

La descente sur Dourbies est superbe, quelques petites remontées sèches agrémentent le parcours. Malgré tout, je n’arrive toujours pas à m’enthousiasmer, les adducteurs sont toujours douloureux mais c’est supportable.

 

 

DOURBIES ?h ? : La traversée de ce village apporte son coup de fraîcheur avec la présence d’une foule de spectateurs, imposante, nos supporters sont bien là, on les entend de loin ! C’est vraiment sympa. Dès l’entrée dans la salle, une chaleur moite nous accueille, je prends une ou deux tartines, quelques bricoles à gauche et à droite, je ressors rapidement. Dehors, je finis de me ravitailler. Je repars avec Jean Michel et Cisco, Jean Claude est devant maintenant, on ne le reverra plus. Dès la montée du Suquet, j’ai un petit coup de moins bien. Pourtant, d’un point vue physique tout va bien (hormis les adducteurs), musculairement, aucune douleur, pas de fatigue. Je crois surtout que j’accuse une grosse fatigue mentale et nerveuse, et je n’ai pas à mes côtés, ma p’tite femme pour me booster, m’encourager, me houspiller comme d’habitude. Je dissuade mes derniers copains de m’attendre, je préfère monter tranquille, prendre des photos et JE NE VEUX PAS ME FAIRE MAL, pas envie du tout.

 

 

Rencontre sympa de deux kikous, quelques lacets ensemble, et je laisse filer. Le début de la  descente sur Trèves est assez scabreuse, des pierres se sont habilement cachées sous les feuilles d’automne. J’essaie de trottiner, à la moindre difficulté, je marche ! Je ne suis pas encouragé par une première chute dans les buis, heureusement, c’est doux du buis, pas de bobo, juste une belle estafilade sur la joue, l’épée d’un Templier caché, sûrement. Merci aux participants qui me relèvent, sans eux, je crois bien que j’y serais toujours, tellement j’étais bien allongé par terre ! Je me brosse un peu, rechute, bon, là, Souriau, va falloir regarder ou tu mets les pieds.

Pour bien avoir le temps (de regarder mes pieds), je fais la descente en marchant même sur la route en descendant sur Trèves ! Pas le temps de respirer, ça remonte tout de suite, je ne me bats pas contre ceux qui me doublent, je me range, ça m’arrange ! Malgré tout, je retrouve un peu de gnac, je sais qu’en haut y a mes supporters, enfin s’il ont eu le courage de m’attendre. Je cours un peu, que dis-je, je trottine lamentablement pour essayer de faire bonne figure. Ils sont bien là, peu avant Causse Bégon. Anita m’offre un verre de bière bien frais, qu’est ce que ça fait du bien !

 

 

CAUSSE BEGON 14h00 : Je suis dans les clous, c’est l’essentiel. J’aperçois un coureur, une bouteille de bière à la main, après renseignement, j’en profite aussi ! Quelques tartines de fromages, plein de la poche à eau, c’est reparti … en marchant. Je me trouve plein d’excuses, digestion difficile, adducteurs, ben tiens, je n’ai plus aucune douleur ! Je devrais courir, je pourrais courir, le sentier sur le plateau est roulant mais ça ne le fait pas. Dans la descente sur St Sulpice, la pente m’entraîne, je suis bien obligé d’allonger, heureusement, je recolle à une file, pas question de doubler, ça m’arrange bien !

 

 

Le passage sous le pont et sur le pont (ruisseau asséché dommage pour la photo) est magnifique. La montée s’annonce, la beauté de la vallée du Trévézel m’encourage plutôt au tourisme, chaque fois qu’on me rattrape, je me range et je laisse passer. Je m’encourage en me disant que je suis encore mieux que ceux qui sont en train de vomir (2) ou affalés sur des rochers (une bonne dizaine en tout). Jusqu’à ce qu’un compagnon de misère s’inquiète du temps éliminatoire (16h45 me dit-il). Un coup d’œil à ma montre, ah oui, va falloir se secouer le cul ! Je ne veux pas souffrir, mais j’ai encore suffisamment d’orgueil pour ne pas finir dans le car balai.

 

 

Je fais une descente d’enfer, je suis à l’aise dans les passages techniques, j’ai le pied sûr, les jambes vont bien, je n’hésite pas à sauter directement  deux ou trois marches plus bas, je dévale littéralement sur

CANTOBRE 16h40 : ouf ! Je me suis un peu fait peur. Je prends bien le temps de ravitailler et je repars. Objectif suivant, arriver à Nant avant la nuit ! Je me surprends à courir même quand ça monte un peu, du calme, il reste encore une difficulté. Ma fin de course est complètement différente, j’ai retrouvé la hargne, d’autant que je suis bien, une certaine fatigue certes, mais rien de bien méchant. Aucune douleur par ailleurs, je suis sidéré que ma tendinite aux adducteurs ait pu disparaître comme ça par enchantement. Sur le plateau, je cours un maximum, ceux qui m’ont doublés tout à l’heure, doivent bien se demander quelle mouche m’a piqué ! J’aborde la descente sur Nant comme celle de Cantobre, sans prendre de risques, je double quelques participants pas à l’aise dans cette descente abrupte, je n’utilise pas les cordes, il fait encore jour. Finalement, dans le bas, je rejoins, un gros groupe, on me demande si je veux passer, il n’en pas question, d’abord, je trouve complètement idiot de bousculer tout le monde à 1km de l’arrivée, j’avais qu’à aller plus vite avant. La nuit tombe vraiment au moment où je pose le pied sur le chemin en bas, je termine tranquillement avec un autre concurrent.

NANT 18h19 : C’est pas terrible, mais j’ai terminé. Sur la ligne, si physiquement tout va bien, je me sens mentalement et nerveusement complètement épuisé.

Je dois tirer une leçon de cette aventure, j’ai cru que je pouvais enchaîner comme ça impunément,  un certain nombre d’efforts physiques (Merell Sky Race le 13 juillet, UTMB fin août, Trek de 3 semaines au Ladakh en septembre, trail de 25km le 12 octobre), à mon âge (61 ans) ce n’est pas raisonnable, j’ai sûrement manqué d’humilité, de réflexion, de bon sens. Alors, j’ai la chance d’en être sorti indemne, maintenant, je m’astreins à 1 mois de repos complet, puis on verra ! La saison 2009 sera beaucoup plus cool ! Enfin peut-être !

 

Jean Claude : 11h46

Cisco : 11h56

Jean Michel : 12h43

Claude : 13h04

 

5 commentaires

Commentaire de frankek posté le 31-10-2008 à 18:22:00

bravo ! encore bravo pour ton enchainement ! récupère bien....

Commentaire de NICO73 posté le 31-10-2008 à 19:17:00

Je ne sais pas si tes tes enchainements sont raisonnables, mais en tout cas chapeau pour la gestion de l'effort. Repose toi bine pour repartir aussi fort.

Commentaire de caroux posté le 01-11-2008 à 10:34:00

AAAHHH Claude, aussi gourmand de bons petits plats, que de bons gros trails ... Quelle série !!!
Bon repos
à bientôt en Loir et Cher

Commentaire de Stéphanos posté le 01-11-2008 à 19:28:00

Bravo pour cet enchainement!!! dans 20 ans si je fais pareil, je serai trés heureux!
encore Bravo!

Commentaire de Gibus posté le 03-11-2008 à 13:16:00

Bravo pour ta course
finisher des templiers
ca c'est cool

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran