Récit de la course : Semi-Marathon de Boulogne Billancourt 2018, par Ze Man

L'auteur : Ze Man

La course : Semi-Marathon de Boulogne Billancourt

Date : 18/11/2018

Lieu : Boulogne Billancourt (Hauts-de-Seine)

Affichage : 331 vues

Distance : 21.1km

Objectif : Pas d'objectif

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Semi marathon de Boulogne

Aujourd'hui c'est la dernière course de l'année. Après je débranche le chronomètre pour un bon mois, le temps d'engraisser correctement pendant les fêtes de fin d'année.

 Le semi marathon de Boulogne est réputé « roulant » mais j'avoue que je ne sais pas trop ce que cela veut dire. Ce que je sais par contre c'est que les sas de départ sont plus nombreux que ce dont j'ai l'habitude, signe que les coureurs envoient le bois un minimum. Je choisis le sas <1h30, par exemple, sachant qu'il y en a encore un (<1h25) avant celui des élites, sans parler des <1h35, <1h40, etc.

Il fait un temps idéal pour courir : froid et sec, avec un joli soleil qui devrait pointer le bout de son nez. Seul hic, parce qu'il en faut bien un : il est recommandé d'arriver dans le sas 45 min avant l'heure du départ (10h). Je m'inquiète pour l'accès aux consignes et décide d'arriver un peu plus tôt, et me voilà sur place autour de 8h45, après une belle diagonale en métro depuis mon 20e arrondissement. Et à 8h45 à Paris en ce dimanche 18 novembre, crois-moi camarade, ça meule sévère !

J'ai RDV avec marathon Yann avant le départ, histoire de bavarder un poil. On s'est échangé nos numéros de dossards et nos tenues respectives pour que l'on puisse se reconnaître. Je me dirige vers la zone de départ en me maudissant d'avoir oublié le-dit numéro de Yann. Et d'un coup je croise un coureur affûté avec un sweat rouge kikourou ! Dites-moi pas que c'est pas vrai ! Enchanté, Yann !

On a une bonne heure à tuer, et on se met du coup à trottiner doucettement en discutant course, bien sûr. Je me rends compte que j'ai affaire à un sacré morceau : quand marathon Yann te parle, 18 marathons vous contemplent. Tu respectes, stp. On se découvre plusieurs points communs : même incapacité à maîtriser l'effort (=tout à fond), inaptitude au fractionné et au plan d'entraînement concocté par un spécialiste, … Marrant !

Le temps file mais ce n'est que du plaisir. On rentre dans nos sas respectifs 15 min avant le départ, juste le temps pour moi de faire le débile en suivant les instructions de l'échauffement collectif coordonné par un vieux beau au physique de golgoth. Il n'y a qu'à la fin quand il propose un étirement que je ne suis pas ses instructions, rapport à ce que les étirements d'avant course sont interdits par ma religion.

Du coup je suis bien chaud quand le coup de feu (un vrai !) retentit pour donner le départ des élites.

Magie d'une organisation carrée de chez carré, on part quelques poignées de secondes après les élites. On commence sur des bases un poil élevées, mais bon, c'est un semi rapide ou c'est pas un semi rapide, hein ?

Je me dis que pour une fois, je vais appliquer une stratégie de course : on retient les chevaux pendant 5km, plein gaz après et on voit où on en est vers le 15e. Oui, je sais, je dis 'on' à la place de 'je'. Mais c'est mon compte-rendu, je fais ce que je veux.

1er km 4:05, 2e km 3'59 : caramba, encore raté ! Je suis parti comme une balle... Je me sens super bien par contre et je décide d'y aller au feeling, pour voir, quitte à payer l'addition à un moment ou à un autre. J'enchaîne plutôt bien et suis surpris à chaque fois par les temps que m'indique ma montre : je n'ai jamais couru aussi vite ! Je passe les 10km en 40 min, ce qui est hyper rapide pour moi. Je me demande combien de temps je vais tenir comme ça.

Juste avant le 2e ravito, je cherche mon gel dans la poche de mon cuissard, sous mon short. Il me faut déjà un certain temps pour me souvenir que la poche est extérieure. Puis quand j'essaie de dézipper la poche, pas moyen. J'essaie encore, je râle, je souffle – pas moyen. J'en viens à me résigner ! Pas grave, je vais apprendre sur le tas à manger du sucre en courant. Et puis quand même, ayant dû être un âne dans une autre vie, je m'entête et là miracle : le zip n'est en fait pas latéral, mais vertical. Et moi qui forçait comme un bourrin pour ouvrir une fermeture éclair horizontale qui n'existait pas, donc... Bref.

Gel ingurgité, un peu d'eau pour faire passer et roulez jeunesse. Je ne me sens pas trop mal mais les sensations ne sont clairement plus les mêmes qu'en début de course. Les jambes sont plus lourdes, le souffle un peu plus court et je commence à gamberger un peu. Sauf que cette course sera zen ou ne sera pas : je décide que rien à cirer, je continue à tracer. Et mes temps au km restent stables ! J'y crois à peine.

16e km : je le sentais monter depuis quelques minutes mais là je commence à en avoir plein les pattes. Mon allure ne bouge pas d'un pouce sur les 3km qui suivent, mais je force comme un damné. Je commence à me faire dépasser par un nombre conséquent de coureurs. Au lieu de déprimer, je ne peux m'empêcher de les admirer : hé pardi ! Je tiens une cadence de 4'05 au km et les mecs me doublent facilement après 18km de course. Bravo. A ce propos, j'ai lu avec attention plein de récits où les coureurs s'accrochent à des groupes qui les dépassent et se relancent de la sorte. Pour moi c'est walou : je me fais déposer et il n'y a pas moyen de leur coller au train. Je n'ai plus rien dans les chaussettes et eux sont clairement plus forts que moi. Je garde le sourire et mon allure, ça me va de toute façon.

 19e : l'allure évoquée plus haut vient de prendre 10 à 15 secondes dans les dents. Là il va falloir que je me fasse violence si je ne veux pas avoir de regret. Je relance avec tout ce que j'ai, c'est à dire pas grand chose. Je continue à me faire doubler de partout et ça a le mérite de fouetter mon orgueil : je lance un pauvre sprint / accélération et je termine comme je peux.

Au final :

  • 1:25 :13, record personnel amélioré de 6 minutes environ ! Il est content. Content comme un gosse. J'ai un mal de chien aux jambes mais la course s'est tellement bien passée que ça ne m'enlève pas un sourire bête de la figure.

  • Je n'ai pas encore les jambes pour tenir 21km full blast, mais ça vient. C'est en tout cas mieux qu'aux 20km de Paris il y a un mois.

  • La vraie satisfaction c'est le mental. J'ai tout pris de façon légère, en essayant de kiffer autant que faire se peut.

  • Merci à marathon yann, qui est directement à l'origine d'un échauffement réussi et de mon état d'esprit zen sur toute la course. Quand tu veux pour se refaire ça !

Clap de fin des courses pour 2018. Place à 2019 et à ce qui seront mes premiers trails, avec la Foulée des Monts d'Or et le Maxi cross de Bouffémont. Hâte hâte hâte !

2 commentaires

Commentaire de marathon-Yann posté le 19-11-2018 à 10:25:40

Bravo pour ta course ! Quel temps canon !
Et quel récit sympa, comme toujours.
J'ai moi aussi profité de notre long échauffement, ma contracture m'a laissé à peu près tranquille et j'ai fini en 1:31, loin de toi. Comme toi, je me suis fait dépasser de tous les cotés sur les 2 derniers kms, il y a vraiment des spécialistes de l'épreuve.
On remet ça quand tu veux !

Commentaire de augustin posté le 19-11-2018 à 11:22:27

Bravo! chouette récit et super perf! je peaufine le mien et je publie dès que possible...

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