Récit de la course : Saintélyon 2017, par Fanchol

L'auteur : Fanchol

La course : Saintélyon

Date : 2/12/2017

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 691 vues

Distance : 72km

Objectif : Pas d'objectif

3 commentaires

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de Lisbonne à Lyon - le projet 114

Je viens de cloturer un cycle de 15 semaines qui m'ont emmenées de Lisbonne pour y courir le marathon à Lyon pour y courrir la Saintéylon. Une fois n'est pas coutume, j'avais décidé d'écrire une sorte de journal de bord de ces 15 semaines de prépa surtout pour laisser une trace de mes impressions durant la prépa.

Ici pas vraiment un récit de courses mais plus un partage de sensations sur la préparation d'un amateur lambda. J'ai réfléchi à découper le texte en enlevant les points liés à Lisbonne mais ça enlevait du sens à mon récit. Donc pour ceux qui ne veulent que la Saintélyon c'est plus bas.

Le « 114 project »

Lisbonne

Je suis un homme de défi ! Je m’apprête à en relever un nouveau, ou plutôt 2 sur les 3 prochains mois. Ici, on ne parle plus triathlon, on parle endurance pure. Ici on parle d’un marathon et d’un trail de 72Km, la Saintélyon solo. Ici, on parle du 114 project comme l’addition des 2 distances à courir.

Revenons à la genèse du projet. Pris distinctement, le marathon de Lisbonne prend corps en sept 2016. Le club de Martigné running propose à ses membres plusieurs marathons européens. Le choix du plus grand nombre se porte sur Lisbonne. Quant à la Saintélyon, le récit de mon expérience de l’an passé parle de lui-même…Avec Oliv’, nous avions une grosse envie d’aller tenter l’aventure en solo. Voilà, ceci étant dit, il faut aussi (et surtout) se préparer pour ces 2 échéances. Et pour faire le lien entre ces 2 projets un peu fous : Sylvain, jamais loin, dès qu’il s’agit de répondre à l’appel d’un défi (et où il n’y a pas besoin de nager 😊 ).

Début septembre marque la fin de la saison de triathlon et le début de cette longue période de 15 semaines qui nous conduira jusqu’à la Saintélyon. Complètement novice sur ce type de distance et surtout avec une solide échéance à la mi-période avec le marathon, il me fallait envisager une prépa répondant aux caractéristiques des 2 types de course. La contrainte forte était de mesurer les intensités de fatigue pour ne pas arriver cramé sur les épreuves tout en préparant sérieusement chacune des échéances.

Au final, je partirai sur un plan 8 Sem pour le marathon en incluant de la natation une fois par semaine et 2 à 3 sorties de cap en travail spécifique. Une réorientation du plan vers du parcours trail est envisagée après Lisbonne.

Plan qui se déroule sans accroc. Sinon une petite douleur sur l’extenseur droit qui laisse craindre à un début de périostite. La douleur s’est réveillée lors du marathon des écluses où après un semi « soutenu » et suite à un faux pas, je suis pris d’une vive douleur au niveau du tibia. J’ai marché 200m et suis reparti en trottinant doucement. La même douleur 15j après, après 2h de course tranquille. Je décide d’aller voir Cyrille, mon osthéo, pour voir si tout est OK. Quelques réglages mécaniques et c’est reparti. On verra maintenant si ça tient le jour J. Niveau effort physique, c’est étrange de se replonger dans du « longue distance » après avoir mis l’accent pendant plus d’un an sur du court. Les 1ères sorties ne sont pas aisées et comme souvent sur ces débuts de cycle, on s’imagine mal finir un marathon quand, après 1h30 de course, on se retrouve sans jus… mais finalement, la préparation est là pour habituer progressivement le corps à l’effort et la dernière grosse sortie de 2h30 réalisée avec Sylvain va plutôt me rassurer. Les sorties du mercredi soir avec Yohann, Fred, Sylvain et Tanguy sont aussi l’occasion de créer l’émulation nécessaire pour se tirer la bourre sur des exercices parfois durs que, seuls, on serait moins enclins à produire.

Au final, la préparation du marathon se termine et je trouve que j’ai été sérieux dans le suivi de mon plan. Les allures sur sorties longues ont été globalement plus rapides que prévues. Les séances de VMA et de seuil ont été réalisées consciencieusement avec les gars, encore une fois, surement un peu plus rapides que prévues initialement. Les séances piscines permettent de réaliser un entrainement croisé et donc de continuer de solliciter le cardio sans user les articulations. Maintenant, à 4 jours de la course j’ai des fourmis dans les jambes, une grosse envie d’y aller. J’y vais sans pression sinon celle de se faire plaisir.

Le marathon s’est tenu. 2 enseignements à tirer de cette contre-performance (4h30 pour un sub 3h45 visé), un maitrisable l’autre gérable. Pour le 1er, il s’agit de la fatigue. Il est important d’arriver sur une course en pleine possession de ses moyens physiques mais tout foutre en l’air par une mauvaise gestion du sommeil des nuits précédentes, c’est très con ! Le 2ème, c’est la chaleur. Il faut réussir à la gérer au mieux en s’hydratant régulièrement, sans attendre la sensation de soif, y compris aux moments où ça va moins fort et où l’on ne veut plus rien. Il faut se forcer à boire (et manger).

Reprise de l’activité physique lundi soir prochain (marathon + 1 semaine) avec de la nat. D’ici là, c’est repos complet pour une semaine !

 

Saintélyon

Voilà maintenant 1 mois que le marathon s’est fini. La reprise s’est déroulée en douceur. Mais douceur ne rime pas forcément avec moins…Sylvain et Oliv m’ont ainsi fait recourir 4h, 15 jours seulement après le marathon. Le WE d’après c’était 4h30 avec Sylvain. Avec, en plus de ces longues sorties hebdos une séance de piscine d’1h15 (très appréciée par mes jambes pour le côté « relaxant /massant») et d’une séance rythmée de course d’1h30 environ avec mes compères.

J-30 :  c’était semaine light avec une sortie longue de 2h45. Je l’ai courue seul et de nuit le samedi soir. Je me suis mis dans les conditions de course : la nuit (départ 20h30), le froid (pas trop en fait) et la pluie (un bon vieux crachin breton). Pour la 1ère fois j’avais pris des écouteurs avec moi. C’est dingue l’effet boostant que ça peut avoir. La musique couvre relativement bien les petits bruits nocturnes et donc diminue le flippe dû aux oiseaux qui s’envolent, aux vaches qui courent dans le pré à côté et aux autres bruits inquiétants. Je peux affirmer qu’ainsi équipé, je me suis mis dans ma bulle et j’ai plutôt apprécié le moment. Ça a été également l’occasion de tester plusieurs configurations vestimentaires : coupe-vent différent, sac dessus ou dessous le coupe-vent…et ça sera dessous me concernant car j’ai trouvé que ça favorisait la ventilation isolait relativement le camel back du froid et n’était pas trop oppressant au niveau de la poitrine.

A 20 jours de l’objectif, rien à signaler de particulier, ni fatigue excessive ni blessure. La dernière grosse sortie s’organise ce WE avec un départ nocturne. Il faut réussir à caler 6h de rando/course dans un WE sans trop empiéter sur le planning familial ! Elle s’est conclue sur une impression extrêmement positive. Antho, Oliv, Sylvain m’ont accompagné pour arpenter les pentes du Rochard et du Montaigu. Le départ suggéré par Antho à 4h a été une très bonne idée. Toujours dans la perspective d’une mise en situation au plus proche des conditions de course. Au final : 48Km, des jambes de feu qui répondent même après 6h de course. Tutti va bene ! Et surtout : quel plaisir de courir avec des potes et partager le même trip.

A 15j de l’échéance, un gros rhume de derrière les fagots m’enserre la tête, je passe mon tour pour la séance de nat du début de semaine et probablement pour celle du footing du mercredi soir…on verra au moment de partir ! Allez au final, je l’aurai faite…et comme attendu, elle m’aura fait le plus grand bien !

La Saintélyon

15j de repos régénérateurs m’auront été nécessaire avant de partir à Lyon. J’ai réalisé des petites séances douces et de la natation. Je pense que cette fraîcheur a été un des facteurs de succès de ma Sainté. Une bonne alimentation tout au long de la course et une gestion résolument tournée vers l’économie m’auront également permis de réaliser une fin de course en mode boulet de canon et de remonter plus de 500 concurrents sur les 20 derniers kilos (pour 11H de course). Un point plus précis par item :

  • Le froid

Après de nombreuses tergiversations, je change mon plan initial et décide de partir en corsaire plutôt qu’en short. En haut, une 1ère couche manche longue technique pour évacuer la chaleur, un Teeshirt manche courte technique pour conserver du chaud et un coupe-vent qui s’avèrera extrêmement utile tout au long de la course. A aucun moment je n’ai éprouvé l’envie ou le besoin de l’enlever. Quant aux chaussures, je ne me suis pas posé la question avant la course entre les trails et les routes. Aucun regret donc d’avoir gardé mes trails, assez passe-partout. Elles m’auront valu d’éviter probablement bien des désagréments dans la neige mais n’auront pas pu m’éviter des chutes sur le verglas. Quant à la partie roulante entre Soucieu et Lyon, elles sont suffisamment souples pour faire l’affaire. Avec une seule paire de chaussures, c’était clairement le bon choix. Si j’avais pu changer de pompes à Soucieu, j’aurais néanmoins opté pour des routes sur cette dernière portion.

  • Le parcours

Un parcours plutôt roulant. Dans les conditions de froid et d’enneigement de dimanche, le parcours était plutôt glissant et ardu ! Une 1ère partie jusqu’à Ste Catherine (Km 28) globalement facile avec néanmoins de bonnes portions de chemins enneigés et exposés à un vent du nord glaçant … brhhhh (jusqu’à -10°C environ). A noter la magnifique arrivée sur St Christo (Km16), de loin le plus beau point de vue du parcours. Des appuis rendus incertains par la neige et la glace épuisent plus que d’habitude les coureurs. Une 2ème portion entre Ste Catherine et St Genou dantesque où j’ai beaucoup marché du fait du circuit. Ici, sont concentrées les principales difficultés avec des descentes rendues dangereuses par des plaques de verglas pernicieuses que vous ne découvrez qu’une fois le pied dessus (ou les fesses, le coude, le genou…en fonction de l’atterrissage de la chute). La portion Rontalon-Soucieu permet de redérouler les foulées doucement et surtout de courir dans certaines descentes. La dernière portion de 21 Km entre Soucieu et Lyon était quant à elle très longue, surtout les 5 derniers kilos. Les 16 1er ont été avalés le temps de le dire dans un très bon rythme. Le passage au panneau 5 kilos restants à l’aqueduc de Bonant est le début d’un labyrinthe dans Lyon avant d’arriver sur les quais et le musée des confluences. Au final, les conditions climatiques ont durci la course mais l’ont rendue encore plus excitante.

 

  • Les ravitos

J’avais prévu de quoi nourrir une famille d’affamés alors que j’aurais pu me contenter des ravitos de course toujours très bien fournis mais pas toujours accessibles car pris d’assaut. Un peu de patience et de contorsions permettent néanmoins d’atteindre les aliments. A l’exception de Chaponost (Km 62) où je n’ai rien pris (erreur), je me suis alimenté à chaque fois de sucré et de salé. J’avais en tête de ne jamais y rester trop longtemps (- de 10’), surtout dans ceux qui étaient fermés (St Christo, Soucieu et Chaponost) au risque d’avoir beaucoup de mal à repartir à cause du choc thermique. Sauf à Soucieu (Km 50) où Sylvain avait besoin de faire un stop récup d’une dizaine de minutes, j’ai respecté le plan. J’ai voulu aller trop vite à Chaponost et n’ai, du coup, pas pris le temps de recharger les batteries. Je le payerai cash dans les 5 derniers kilos. Au final, j’ai passé près de 45’ dans les ravitos sur l’ensemble de la course. J'ai assez peu tapé dans mes réserves de bouffe. Les ravitos sont clairement un point à revoir sur un point de vue stratégie de course.

  • La fatigue

Les quelques jours précédents la course, il faut bien gérer son sommeil et sa fatigue en prévision de la course. Bel enseignement de Lisbonne. Le jour de la course, nous avons rejoint l’hôtel dans l’AM pour nous y reposer. Une micro sieste de quelques minutes suffira pour finir de charger les batteries. Une soirée au Flore (merci Arclu pour le tuyau et la famille de Brignais pour l’orga : chouette ambiance) pour apprécier le calme et la tranquillité d’un repas chaud sont une bonne alternative à la halle pleine et stressante. Pendant la nuit, aucun problème de sommeil. Il faut dire que le froid permet de rester en éveil ! Ca va peut-être paraître étrange mais à 38 ans, ce fut ma 1ère nuit blanche…(dans tous les sens du terme)

  • Les spectateurs

Tout d’abord ceux qui sont sur place là-bas. Ils sont juste impressionnants. Jusqu’au cœur de la nuit par des températures glaciales et au milieu de nulle part, on trouve des groupes de gens qui nous hurlent dessus comme si on était les 1ers. Ils tapent dans les mains, encouragent, font du bruit avec des cloches, casseroles, … ils ont 50 ou 10 ans et ils sont là !!! On nous qualifie de fous à courir la nuit, les vrais fous ce sont eux à mon sens.

Ensuite ceux restés chez eux, loin de la course. J’ai été impressionné à mon arrivée de lire tous ces messages d’encouragement sur mon téléphone. Comme je l’ai déjà écrit c’est leur engouement qui transforme une course en un exploit, un bravo en couronne de lauriers, un chemin de trail en une autoroute d’émotions. A J+5 je ne prends seulement conscience que maintenant que j’ai réalisé plus qu’une simple course.

  • Conclusion

J’ai adoré cette épreuve où il faut savoir être patient pour pouvoir s’exprimer tout en avançant même dans les moments plus difficiles. Ce n’est pas faire manque de modestie que de dire que seuls les 5 derniers kilos m’ont couté au niveau des jambes. Je pense avoir bien gérer l’ensemble de mon effort avec en perspective une dernière partie plus roulante où je savais pouvoir récupérer des places et du temps. Si je devais refaire cette course avec pour ambition de réaliser un temps et dans des conditions de course moins extrêmes, il faudrait maintenir cette politique d’économie et de gestion des ravitos en les raccourcissant de quelques minutes (gain d’un 20aine de minutes). Les descentes courues pourraient finir de faire gagner l’heure manquante pour passer sous les 10h. Arriver frais à Soucieu et faire moins de 10h !

 

Conclusion du 114 project

Au final, ça s’est transformé en « 116 project ». 15 semaines d’intenses préparation avec une déception : Lisbonne et une énorme satisfaction : la Saintéylon.

2 types de course aux profils bien différents. Je pense préférer le trail mais sans pour autant détester la partie marathon. Les 2 se complètent assez bien et s’alimentent mutuellement de leurs particularismes. Concernant le trail, ça m’a clairement donné envie de poursuivre. Amoureux des paysages montagnards, l’évolution dans ce cadre et de jour pour en bénéficier me semble un objectif intéressant…plus qu’à trouver les courses !

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3 commentaires

Commentaire de Arclusaz posté le 08-12-2017 à 22:49:11

Bravo les bretons, vous avez bien assuré ! Bien content d'avoir fait ta connaissance et celle de tes amis au Flore.
A mon avis, la meilleure prépa possible pour une STL, c'est une prépa marathon, ton "114 project" était donc parfait.
A l'année prochaine !

Commentaire de Papakipik posté le 09-12-2017 à 14:59:03

Le plan Marathon ça prépare à tout ;-) bien joué en tout cas !

Commentaire de Papakipik posté le 09-12-2017 à 15:01:07

Le plan Marathon ça prépare à tout ;-) bien joué en tout cas !

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