Récit de la course : Raid Le Puy - Firminy 2013, par Lolo279

L'auteur : Lolo279

La course : Raid Le Puy - Firminy

Date : 17/11/2013

Lieu : Le Puy En Velay (Haute-Loire)

Affichage : 769 vues

Distance : 67km

Objectif : Faire un temps

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Rais Le Puy - Firminy première

Raid Le Puy – Firminy Première

 

Voilà donc 7 semaines que les 100kms de Millau sont terminés.

Après cet échec, je me suis un peu remis en question : la distance était-elle trop importante ? La préparation incomplète ? Le ravitaillement fautif ? Bref, beaucoup de questions en quelques jours pour en arriver à la conclusion que cet échec était dû (surement et peut-être exclusivement) au manque de préparation à supporter les descentes après de nombreux kilomètres. 

 

J'ai donc bien potassé pendant quelques jours. En fait, ça a duré une semaine. LA semaine de récupération nécessaire à réparer les quadriceps blessés par ces 71kms de Millau.

 

Ensuite, il y a eu le footing de reprise et des sensations particulièrement agréables et donc l'envie de terminer cette saison 2013 sur une bonne note. Je n'ai eu aucune hésitation sur le nouvel objectif à cibler, en effet, ça fait déjà plusieurs années que je pense à ce raid Le Puy – Firminy. Une course mythique qui passe à coté de la maison, je me devais de la faire un jour. Et bien, je vais profiter de ma préparation pour Millau et la valoriser en vue de cette course.

 

Reprise de l'entrainement avec 6 semaines devant moi jusqu'à ce 17 novembre.

 

Toute la préparation s'est très bien passée, mais par rapport à Millau, j'ai rajouté du trail (beaucoup de dénivelé positif et surtout négatif), ça tombe bien, nous organisons un trail de 32 kms au village et les reconnaissances par mi-distance vont se succéder à un rythme effréné (j'en ferai 8 au total). Et une dernière sortie longue un peu particulière sur la célèbre montée de Chaspinhac que les cyclistes connaissent bien. Je n'y amènerai pas mon vélo cette fois mais j'enchainerai 3 montée-descente pour un peu plus de 25kms et 2h00.

 

Mon équipement sera simple, cuissard, manchons, maillot-pull-coupe-vent fluo, bonnet, frontale, porte-bidon et gants.

Le ravitaillement : Barres isostar, pompotes isostar et boisson... Isostar.

 

Jour J : je me sens bien, pas de fatigue, je laisse donc ma petite famille à la maison et me rends en voiture à Firminy pour prendre la navette qui me conduira au départ. Arrivée au stade Lafayette qui accueille les participants (nous serons environ 350 cette année), je vois quelques copains, des amis aussi qui se préparent pour le départ.

A minuit, le député-maire du Puy, Mr Laurent WAUQUIEZ donne le départ. Je sprinte 50 mètres pour passer le virage à la sortie du stade à l'abri des bouchons et c'est parti pour environ 6h00 (j'espère un peu moins) et 67kms de course. Les rives de la Borne, puis de la Loire, avalées rapidement, se présente la première bosse le long de la RN88, je cours tranquille, aucun stress, un peu trop vite mais je vais lever le pied au sommet en rattrapant un coureur avec qui on va partager 5-6 kms et discuter un bout (il a fait les 100kms de Millau en 9h57, et il terminera ce raid en 6h48 à la 15ème place). Une descente, une montée et nous arrivons au sommet de « la boutaresse ». Dans la descente qui suit, je vais laisser mon compagnon (qui préfère lever le pied) et partir pour une vingtaine de kilomètres en solitaire.

 

Premier contrôle-ravitaillement à Malrevers : j'ai prévu mon ravito et j'ai déjà préparé mon bidon, le capuchon est dévissé, la poudre est dedans, je fais le plein d'eau pendant qu'un bénévole des CLCS tamponne mon carton de route et je repars (moins d'une minute perdue). Je croise mon ancien compagnon à la sortie du hangar et c'est reparti en direction de Rosières.

Une partie de montagne russe pour ces 6kms jusqu'à Rosières. Les sensations sont très bonnes, il faut juste penser à freiner pour ne pas aller trop vite.

 

Passage à Rosières, pas de contrôle, juste un coucou aux bénévoles du ravitaillement que je zappe sans remord. La suite, c'est une belle montée pour rejoindre le point culminant de la course près de Mézères. D'abord goudronnée, où je marche une partie de la montée (des passages à près de 15% quand même) et la fin sur un chemin herbeux-boueux-enneigé où je me mouillerai un peu les pieds. Ensuite c'est une longue descente en direction de Malataverne (des routes que je connais parfaitement pour les avoir beaucoup pratiquées en vélo). Personne à l'horizon, et pourtant, je sais que je suis dans un très bon rythme, en fait j'espère reprendre des coureurs de devant partis trop vite (je suis 7ème à ce moment de la course). Passage à Malataverne, nous traversons la route de Retournac et nous empruntons un chemin (très humide) qui longe la route. Dernière descente et on entre dans le village de Beaux pour rejoindre le deuxième contrôle-ravitaillement. Il faut traverser tout le village et commencer la descente en direction de la Loire pour arriver à la salle polyvalente.

 

Deuxième contrôle-ravitaillement à Beaux : Comme au premier, mon bidon est prêt, je mets deux pastilles Isostar, je le remplis d'eau et Jean-François BOUSSIT me donne deux pompotes et une barre de plus avant de repartir avec mon carton tamponné, moins de deux minutes pour cet arrêt express. JF me dit que le premier est à 15 minutes et les autres à 10 minutes environ, qu'elle n'est donc pas ma surprise quand je reprends la route et qu'au bout de moins d'un kilomètre je vois dans le faisceau de ma lampe deux silhouettes qui courent devant au loin. J'ai même pensé un moment qu'ils avaient raté le contrôle. Peu importe, je rattrape tout doucement le premier que je dépasse avec un petit mot d'encouragement et me lance à la poursuite du second. Quand je le rattrape enfin, la moitié de la descente est déjà effectuée et nous sommes alors environ à la mi-course. On termine la descente jusqu'au pont de Bransac et on reprend la bosse qui suit. On échange quelques mots et on se reconnaît mutuellement, mon compagnon n'est autre qu'Eric Vernet (une pointure du hors stade alti-ligérien et spécialiste des longues distances), je suis vraiment heureux de me trouver avec un gars de ce niveau et avec cette expérience. Nous allons en fait faire la course à deux. La prochaine étape, c'est Confolent, un chemin forestier, une descente dans les chemins (pas terribles) et puis la route des bords de Loire, passage au contrôle.

 

Troisième contrôle-ravitaillement à Confolent : J'y retrouve JF qui est avec Samuel USSON un très bon coureur mais qui doit abandonner (trop de fatigue en cette fin de saison), il nous encourage, s'enquiert de notre état et nous informe de notre course pour les 4 et 5ème places. Un café, 2-3 minutes, et c'est reparti avec Eric. Direction Pont-de-Lignon où nous franchissons la Loire en même temps que la barre des 42,2 kms (distance marathon en 3h25). Ensuite, il faut remonter (beaucoup), je préfère opter pour la marche rapide pendant qu'Eric continue en trottinant lentement. Et nous arrivons au sommet séparés d'environ 200m. Une longue ligne droite se profile en direction de Monistrol et je suis Eric à distance sans pouvoir le rattraper. Nous entrons dans la salle occupée par les bénévoles du contrôle, j'y retrouve Eric qui décide de repartir avec moi.

 

Quatrième contrôle-ravitaillement à Monistrol : visa du bénévole, un verre de sirop, complément d'eau dans mon bidon et c'est reparti en y laissant moins de 3 minutes. Ensuite c'est un morceau du parcours qui me convient bien, une montée peu pentue pour sortir de Monistrol et ensuite de longs bouts de goudron jusqu'au pont Tranchard. Tout va bien, même si je commence à ressentir la fatigue et les jambes plus dures (déjà plus de 50 kms effectués). Ensuite, c'est de nouveau une partie de montagne russe avec des portions de chemin. Mais l'invité « brouillard » vient troubler notre progression parce qu'il devient très épais et gêne sur les parties non bitumées.

 

L'INCIDENT : et c'est malheureusement aussi ici que surviendra le seul vrai point noir de cette course, ma lampe frontale commence à donner des signes de fatigue. Je n'ai pas pris de piles de rechanges (elles étaient neuves au départ), erreur bête, et je dis à Eric que je vais avoir du mal à terminer comme ça. C'est là que je veux remercier (très fort) ERIC qui me dit que nous allons finir ensemble en profitant de son éclairage. Je commence donc à économiser au maximum le peu de lumière qu'il me reste en éteignant systématiquement ma frontale sur les routes et dans les parties éclairées.

 

Cinquième contrôle-ravitaillement à la Chapelle d'Aurec : Un thé bien (trop) chaud, quelques mots avec les bénévoles, une signature sur mon carton et nous repartons. Nous sommes à environ 12 kms de l'arrivée et sans lumière, je me demande comment va se passer la partie de trail dans les gorges de la Semène. Un peu de chemin, toujours aussi délicat avec ce très faible éclairage, et nous arrivons en vue des gorges, la partie d'approche est très compliquée. Entre le manque de lumière, le brouillard (particulièrement épais à cet endroit) et le terrain plus herbeux que vraiment chemin. Mais nous commençons enfin la descente, et frontales à la main, tant bien que mal avec mon guide, nous arrivons à franchir le pont qui se trouve au bas de ces gorges. C'est dans la montée qui suit que je ressens vraiment un coup de fatigue plus important. Les jambes sont vides, la progression dans cette montée très raide est difficile, mais il faut rallier l'arrivée maintenant et le village de Lafayette se profile dans un halo de lumière. J'éteins à nouveau ma frontale qui a repris place sur ma tête et nous nous présentons devant les bénévoles.

 

Sixième et dernier contrôle-ravitaillement à Lafayette : encore un verre de thé, une signature, un regard envieux sur les crêpes (mais sans y toucher) et c'est reparti en direction de Firminy, terme de l'épreuve. Je me rappelle particulièrement bien de ces 5-6 derniers kilomètres, faits l'an dernier en reconnaissance lors de la rando Beaux-Firminy avec Manu, il y a d'abord ce long faux-plat d'abord sur le goudron puis sur un chemin. C'est ici qu'un coureur arrive derrière nous. J'insiste alors auprès d'Eric pour qu'il parte seul afin de conserver sa place et je me dis que je vais me débrouiller seul pour finir avec ma « veilleuse » (on ne peux plus l'appeler autrement maintenant). Le coureur suivant me double, et nous arrivons presque ensemble au sommet avant de basculer dans une descente goudronnée où je profite de ma vitesse pour repasser devant et foncer afin de prendre le maximum d'avance et puis le chemin, virage à gauche et un chemin de terre (que je me rappelle parfaitement en dévers avec des racines). Je rallume ma lampe.

 

L'ACCIDENT : et ce qui devait arriver arriva !!!  CHUTE !!! En fait, je trébuche sur je ne sais pas quoi (pierre ou racine) et je pars en avant, mon genou qui heurte une pierre et je me réceptionne sur le bras gauche (encore douloureux trois jours après). Je me relève, je repars doucement (mal au genou), le coureur qui me suit me dépasse et me dit de le suivre, mais je ne pourrai pas le suivre plus d'une centaine de mètres, je n'y vois rien. Je termine cette partie de chemin tant bien que mal et arrivé au bas, je remet les gaz en espérant pouvoir rattraper le gars devant que je vois au loin dans les lumières de la ville.

 

Il reste donc un peu moins de deux kilomètres de goudron et j'en termine très rapidement mais sans pouvoir recoller. Arrivée dans la salle des CLCS avec les applaudissements des personnes présentes.

 

Je stoppe mon chrono qui m'indique 6H06 de course. Je suis 6ème au classement.

 

Je suis un peu déçu de perdre une place et surement une dizaine de minutes suite à cette erreur (piles de rechange) mais néanmoins heureux d'avoir pu participer à cette course légendaire de la région.

 

Voilà donc la saison 2013 qui se termine sur cette bonne note. Maintenant, il est en temps de prendre un peu de repos. Je veux aussi remercier tous les amis, copains et famille qui ont pensé à moi avant, durant et après cette course et qui m'ont encouragé par leur messages.

 

4 commentaires

Commentaire de bubulle posté le 22-11-2013 à 22:47:22

Bravo, Laurent ! Et content d'avoir fait ta connaissance dans la navette à l'aller....et que tu aies profité (et superbement réussi) de cette course mythique, comme tu dis. Dommage, ce raté de frontale car la 4ème place te tendait les bras avec Eric, certainement (les trois premiers étant plus inaccessibles).

Il n'y a plus qu'à recommencer une autre fois, quoi..:-)

Commentaire de Lolo279 posté le 23-11-2013 à 08:54:41

Merci Bubulle, sympa de papoter avec des gens "en vrai", le bon coté de la toile.

Commentaire de philkikou posté le 23-11-2013 à 19:52:35

Dommage que les piles neuves t'aient fait faux-bonds,.. et dommage pour les crêpes ;-)

MAIS BRAVO POUR LA COURSE ET la perf. après l'arrêt prématuré à Millau

(et merci pour mes yeux de V2 côté police ;-))

Commentaire de Lolo279 posté le 24-11-2013 à 12:37:52

Merci Philkikou (et merci pour le tuto police ;) )

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