Récit de la course : Raid 28 2012, par leptitmichel

L'auteur : leptitmichel

La course : Raid 28

Date : 21/1/2012

Lieu : Bures Sur Yvette (Essonne)

Affichage : 943 vues

Distance : 85km

Objectif : Pas d'objectif

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Raid28 2012 - L'édition Royale

Né d'un défi que s'est lancée l'EQUIPE TUROOM en préparant le célèbre Raid Gauloises, le trajet de Bures jusqu'à la cathédrale de Chartres était une manière de s'entraîner près de Paris en réunissant des conditions difficiles. 

Jamais, en s'entraînant sur ce parcours, l'EQUIPE TUROOM n'aurait imaginé qu'un jour des dizaines d'autres équipes viendraient affronter les conditions difficiles d'une progression qui part de nuit, en hiver, en pleine nature, sans ravitaillement et en faisant sa route à la carte et à la boussole : le RAID 28® est né en janvier 1994

N'hésitez pas pour commencer, à aller jeter un coup d’œil rapide au
concept du Raid 28. Cela vous donnera une idée de ce qu'est cette épreuve.

Pour cette édition, c'est encore une fois une nouvelle équipe qui va se former. En fait nouvelle oui et non puisque en dehors de Sonia qui était déjà présente l'an dernier, il y a Alex qui aurait du être de l'édition 2011 mais un "heureux évennement" ne lui a pas permis de se joindre à nous. Il y a également Thierry, qui devait remplacer Alex l'an denier et qui s'est blessé 2 semaines avant la course (il sera finalement remplacé par le mari d'Alex...).Donc cette année, ils reprennent tous les deux du service en remplacement de Philipe et Cathy

Pour l'orientation, Sylvain n'étant pas disponible, c'est Sophie, une jeune coureuse qui va participer à son premier raid28, mais qui se trouve être une excellente orienteuse et qui va donc se joindre à nous.

Le point noir de notre avant course restera la blessure de Sonia 15 jours avant la course qui va nous obliger à prévoir son remplacement. Du coup c'est Pierre qui fera le voyage depuis l'auvergne pour venir nous épauler. L'avant course...

Le Raid 28 est devenu pour moi depuis 2001 la première grande course de la saison... Une course particulière entre CO, Raid, Trail et jeu de piste, bref une épreuve unique qui au fil des années a su évoluer pour devenir ludique.

J'ai hésité avant de me lancer dans cette édition. Avec un gros objectif en novembre 2011, j'avais un peu peur de ne pas avoir le temps de récupérer.

C'est Sonia qui va finalement faire pencher la balance vers cette 10ème participation. Après notre odyssée 2011 et notre 6ème place, on s'est dit que ça valait le coup de remettre le couvert, et franchement il n'a pas fallu me pousser beaucoup.

Rapidement on se rend compte qu'il sera difficile de remonter la même équipe que l'an dernier. Cathie est en pleine préparation pour sa saison de triathlon, Sylvain revient aux fondamentaux de la CàP en participants aux championnats de... cross, quand à Philippe, venu nous renforcer au dernier moment l'an dernier, il se sent prêt à laisser sa place cette année à sa petite femme... !

Sonia trouve rapidement les deux remplaçants de Cathie et Philippe dans les personnes d'Alexandra et de Thierry. Pour la petite histoire, Alexandra devait faire partie de l'équipe l'an dernier, mais attendant un bébé, elle avait décliné l'invitation se faisant remplacer par Thierry. Malheureusement Thierry se blesse 15 jours avant la course, et du coup, c'est Philippe, le mari d'Alexandra qui se joint à nous... Vous suivez ???

Donc cette année, c'est comme une petite revanche avec l'arrivée dans l'équipe d'Alex et Thierry.

De mon côté j'avais envisagé de remplacer Sylvain par Benoît avec qui on imaginait depuis plusieurs saisons de faire le raid ensemble. Pas de chance non plus, ce WE là il se retrouve à bosser, mais me propose une de ses camarade de club de CO (le COLE pour ceux qui connaissent) pour le remplacer. Voilà comment Sophie se retrouve embarquée dans cette aventure.

Malheureusement, cette année c'est Sonia qui se blesse à 15 jours de la course. Difficile de perdre son capitaine dans une équipe. Le soucis n'est pas tant de trouver un remplaçant (on a toujours nos féminines et nos orienteurs) que de conserver la dynamique de l'équipe. Après quelques échanges de mails, sur la recommandation d'Alex et Sonia, c'est Pierre qui va nous rejoindre.

Cela fait quelques années qu'il a envie de faire ce raid, et en raider confirmé (multiples participations aux Templiers et à la Sainté), il apportera aussi une renfort côté orientation. il ne reste plus qu'à le faire venir depuis sa lointaine Auvergne.

Avec tout ça, on a une équipe qui tient largement la route, mais qui, comme l'an dernier, ne se connaît pas dans son intégralité...

Pour ma part, je fais une sortie de 2h de CO quelques semaines avant la course avec Sophie, Thierry et Alex se connaissent, Alex fera une CO de nuit (la Cops Night) avec Sophie, quand à Pierre, on fera sa connaissance sur place.

Par contre, on va échanger une multitude de mails pendant la période d'avant course. Pas question de laisser de "zones de flou", que ce soit sur la progression, les objectif, l'esprit dans lequel on part, bref on échanges beaucoup, levant au passage les petits doutes et les interrogations légitimes des un(e)s et des autres. Ca me ramène presque 12 ans en arrière tout ça !


Thierry, impassible...

Si Thierry et Alex sont habitués aux longues distances, le Raid28 représentera quand même un record pour Pierre (pas de beaucoup, mais quand même) et explosera les compteurs de Sophie, plus habituée aux CO de 8km qu'aux raids de 19h... Pour le moment son record de distance est le 56km du raid du golf du morbihan.

Avec tout ça, on met en place la logistique qui va bien et on se retrouve à 18h dans le gymnase de Houdan qui servira de base de départ de cette 19ème édition.

Avec l'arrivée d'Alex, on a le plaisir de revoir Philippe en charge des enfants ce soir... Si on ajoute le coaching à distance prévu par Sonia (elle ne lâche jamais ses petits...) et la présence annoncée de Cathy à l'arrivée, il ne nous manque plus qu'un petit coucou de Sylvain pour intégrer l'équipe 2011 à celle de 2012.


Sophie, Pierre, Thierry, Michel et alex

Le temps va passer vite dans le gymnase. Entre les salutations aux uns et aux autres, les tours de gymnase, les récits des courses de l'année passée, les séances de chambrage, on n'a pas le temps de s'ennuyer.

On expédie les formalités administratives histoire d'être tranquille... Choix du bracelet (le rose obligatoirement pour une feminine...), contrôle des sacs, remise des dossards, bref la routine.


Opérations administratives... Choix des bracelet et prise des dossards

On file se mettre en tenue. Pour moi je garde la même base que les autres années. Vous avez tout le détail dans ma fiche équipement.


Les équipes se préparent

Côté météo, après quelques doutes, on devrait plutôt bien s'en sortir. Non seulement on ne nous annonce pas de températures polaires (entre 6 et 12° sur la période de la course) et on devrait dans l'ensemble éviter la pluie. Je décide de conserver malgré tout la Gore Tex dans le sac , au cas où (on ne sait jamais ce qu'il peut se passer), persuadé qu'elle ne servira pas. Par contre je prend le coupe vent Artkis que j'avais eu en Guyane au 9ème RIMA, léger et efficace en cas de petite pluie et de vent.


Je me prépare tranquillement, no stress !

On passe à l'étape photo d'équipe, puis on se fait un portrait de groupe avec les Kikous présents... une bonne trentaine de personnes !


Les Kikoureurs "en force" cette année

Juste avant 21h, Papy Turoom nous fait le briefing d'usage. Devant la sono récalcitrante, il fera porter sa voix "haut et fort" pour qu'on prenne connaissance des dernières consignes.

Les représentants des équipes se sont alignés et attendent la remise des livres de route.

De notre côté nous nous sommes installés par terre. L'objectif est d'essayer de recopier un maximum de balises en environ une bonne vingtaine de minutes (tant qu'on est au chaud et au sec) ce qui en plus évitera de s'arrêter plus tard. On forme 2 équipes. Alex et Sophie d'un côté qui reporteront les premières cartes, et Pierre et Thierry de l'autre qui reporteront les dernières cartes. Moi j'aiderai les uns ou les autres si besoin, et j'en profite pour regarder le contenu des spéciales.


La gourdasse bleue !

Je ne sais plus si c'est Alex ou Thierry qui est allé chercher le road book, mais une fois le document récupéré, on le détache et on se lance dans le report.

Pour faciliter la compréhension de la suite, voici les 4 pages des définitions de balises

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La première page du road book du départ à PP033
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La seconde page du road book de PP034 à PP063
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La troisième page du road book de PP064 à PP092
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La quatrième page du road book de PP093 à l'arrivée

Première surprise... Pendant le briefing, Papy Turoom nous a demandé si nos frontales marchaient correctement ... Et bien on découvre pourquoi au moment où tout le gymnase s'éteint.


Le report dans le noir

Ce sera un report nocturne que nous allons faire.


En plein boulot...

Cette année, il n'y a pas de carte pré-tracée. On doit tout reporter nous même. Sophie est un peu surprise au début par certaines définitions (coude du fossé sous le O de forêt...) mais avec les précisions qui vont bien, elle s'adapte au mode de fonctionnement turoomesque. Pierre et Thierry font leur petit bonhomme de report...

Après 25mn on décide de stopper le report et de partir. il n'y a plus beaucoup d'équipes dans le gymnase, mais bon, comme je leur ai dit, c'est au lever du jour que la course se joue... pas pendant la nuit. On a tout reporté du départ au PC8, et de PC10 à l'arrivée. Le petit "creux" entre PC8 et PC10, on le reportera à l'occasion plus tard.

Le schéma de fonctionnement de l'équipe sera le suivant. Sophie va prendre l'orientation des le départ, avec mon soutien et celui de Pierre si nécessaire ou en cas de doutes. Si elle a un coup de moins bien, Pierre ou moi reprendrons le flambeau. Alex et Thierry seront nos poinçonneurs attitrés. Je vais essayer de ne pas trop rentrer dans l'orientation détaillée pour conserver un peu de recul sur la partie stratégie de course (on va chercher ou on zappe ?). De plus quand je commence à orienter j'ai énormément de mal à déléguer... Alors là, je préfère me reposer entièrement sur mes équipiers tout en restant présent dès que le besoin s'en fera sentir.

Allez, on termine de s'habiller et hop, c'est parti !

La course...

Du départ à PC03

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On sort du gymnase. Pour démarrer il y a une première balise qui rentre dans le périmètre des "spéciales" avec
un plan spécifique . Du coup c'est moi qui emmène l'équipe sur PP001 située au milieu d'un pré. Mais posée à même le sol, il s'en est fallu de peu qu'on la rate. Il va falloir être vigilant !

PP002 est prise facilement, puis on enchaîne PC1 et PC2 qui sécurisent 2 traversées de routes.

On attaque maintenant les traversées de champs, récoltant PP003 et PP004 avant de rejoindre PC03 sans grande difficulté. En fait si, il y a un petit truc qui me dérange... On est parti comme des bêtes ! Ca va vite, trop vite et à plusieurs reprises je vais essayer de faire ralentir un peu le groupe, aidé par Thierry, parce que à cette allure là, je ne verrai même pas la fin de la nuit.

De PC03 à PC04

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Il y a de la distance entre ces 2 points, et même un peu de forêt... L'enchaînement des balises PP005, 006 et 007 se fait sur chemins pas de soucis. Je crois que c'est vers PP007 qu'on dépasse la Zooteam. Leur féminine n'est pas au mieux ce qui les empêche de dérouler normalement. Quand à nous, on est... à fond dedans, mais à fond de chez à fond...


Pas le temps de se reposer ici !

PP008 correspond au départ de la spéciale de l'étoile. Le but est ici de repositionner sur la carte IGN l'emplacement des balises PP008, 010, 011 et 012, sans oublier la PP009 qui faisait partie du report global. La position de PP008 ne nous a pas posé de soucis, du coup on arrive facilement à positionner les autres. Là la stratégie est simple. On prend PP008, PP011 et PP012 qui sont pratiquement sur la trace directe, et on zappe PP009 et PP010, deux balises bleues qui sont écartées et dans des zones à fort dénivelé. Si on commence a vouloir tout prendre ça ne le fera pas, alors, hop, on zappe.

Je crois que c'est par là que Thierry va nous surprendre. On arrive au bout d'un chemin, où se situe une grande barrière verte. Je parle d'une barrière de 4m de large, un beau morceau quoi. Thierry va droit dessus et rentre simplement dedans, manquant au passage de passer par dessus. Sur le coup, j'ai bien cru qu'il avait fait ça pour faire l'idiot, mais rapidement il nous explique que non. Il a quelques difficultés avec la vision nocturne, et comme sa frontale n'est pas très puissante, il n'a réellement pas vu la barrière. Ok, à partir de maintenant on essayera du prévenir à l'avance quand il y a des obstacles.

La suite de la progression redevient facile. Chemins, balises, intersection, balise. Pas très difficile. On traverse Garancière et on reprend notre progression jusqu'à PP018.

Ici on attaque 3 bleues. On décide d'abandonner PP019 trop excentrée et de nous concentrer uniquement sur PP020 et PP021, qui vues leurs situations nous promettent probablement un petit bain de pieds.


PP020, les pieds dans l'eau

Pour rejoindre PP020, on passe par une petite route qui se transforme ensuite en chemin, puis on coupe vers le petit ru. on trouve la balise. Comme la suivante est de l'autre côté du ru, il nous faut traverser. Là chacun y va de sa technique... Sophie essaye de tout bien enjamber... ça ne marche qu'à moitié, quand à moi je passe tranquillement dans l'eau. De toutes façons on aura les pieds trempés, alors !!!. Une fois de l'autre côté on va chercher PP021, puis on remonte sur PC04.

De PC04 à PC06

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PC04 à PC05 n'est qu'une jonction sans grand intérêt. On prend au passage PP022.

Après PC05, on va attaquer une autre spéciale, celle de
la Spirale de Bernouilli. Cette zone de forêt est truffée de plusieurs zones dégagées. L'objectif est, à partir d'une simple photo aérienne, de savoir dans quelle clairière se trouve la balise suivante, sachant que les définitions sont données à chaque balises. (à la balise 23 on nous donne la définition de la 24, et ainsi de suite).

Positionner la PP023 sur la carte IGN n'était pas très compliqué. On arrive donc sur la balise et là on a la photo de la clairière suivante à trouver ainsi que la position de la balise dans la clairière. On remonte vers la PP024. Après une explication rapide du "jeu" à Sophie, je la laisse prendre la main. De mon côté je suis d'avis de n'en faire que quelques unes et de filer sur la suite du parcours, mais l'équipe veut quand même essayer un peu la spéciale. On récupère PP024 et je laisse Sophie nous mener vers PP025. Là on merdouille un peu, et on cherche la balise probablement dans la mauvaise clairière. On ne trouve rien, et pas question de revenir en arrière pour revoir la définition précédente. Du coup, notre ballade en spirale tourne court.

On retourne directement sur PC06.

De PC06 à PC07

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C'est reparti pour des traversées de champs. Les chemins s'enchaînent, les intersections aussi. On attrape PP032 et PP033, puis on part sur le chemin vers PP034. Là on a un moment d'absence car pris par notre allure de footing, on ne voit pas le chemin qui va vers le réservoir. Ce n'est qu'un peu plus loin que Sophie tire le signal d'alarme. Après contrôle, c'est vrai que le chemin commence à descendre... On se cale et on décide de revenir en arrière, non pas par le chemin, mais en suivant la lisière du bois, comme ça on ne pourra pas rater le réservoir.


La balise en haut du réservoir

C'est vrai qu'en arrivant dessus, il était difficile de le rater... Notre petite erreur n'est pas bien grave, et le plus important est surtout d'avoir réussi à rattraper le tir rapidement.

Depuis PP034, on file droit sur PC07. A partir de là on rentre sur le terrain de jeu commun au Raid et au Semi raid.

De PC07 à PC08

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Au sortir de PC07, on avale PP035, 036, 036, 037, 038 et PP039. On part ensuite à la recherche de PP040. La définition est "Mare de la parcelle 7" et sur la carte il y a une petite mare au milieu de la parcelle 7. On va droit dessus, on trouve la mare mais pas de balise. En fouinant un peu on trouve une balise, mais toute petite, orange et blanche, et portant le n° 41. On la pointe, mais pas de 40 à l'horizon. Du coup on reprend notre route vers le départ de la Memory. On apprendra plus tard que la balise était sur la seconde mare de la parcelle et qu'en raison du doute possible sur la définition, l'organisation neutralisera la balise dans les classements.

On est accueillis sur zone par Pascal et le Bagnard (qui dormait au chaud dans son camion). Allez on est joueurs, alors on décide de la faire. Petite particularité cette année, il faudra mémoriser la position des balises ainsi qu'un azimut. On nous montrera une carte marquée pendant 28 secondes puis à nous de reporter ça sur
la carte memory fournie.


La carte mère de la Memory, cachée par Kikourou...

On regarde la carte, et hop direction le report. Il y a 5 balises, on en a donc mémorisé chacun une. Le report commence. Tout se passe bien sauf sur une ... Alex à oublié l'azimut. Tant pis, on fera les autres. Comme on a déjà la 41 trouvée au bord de la mare, on va directement sur la 42. Là il faut dire qu'on va merdouiller un peu. On est parti un peu vite sans réellement se caler et c'est une erreur. Comme en plus la carte n'est pas vraiment lisible par rapport au terrain, on se perd un peu et on ne trouve pas la PP042. Allez on insiste pas plus et on passe à la PP043.

Pour la 43 on pense avoir trouver la bonne jonction de chemins, mais comme c'est celle où on avait pas l'azimut, on ne la trouve pas (mais on s'y attendait). PP044 et PP045 nous poseront moins de problèmes.

On quitte la Memory avec un score de 3/5, et on reprend notre route. Les balises PP046 à PP049 se passent bien et on arrive à PC08

De PC08 à PC09

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Arrivés à PC08, on rentre en forêt. Là je vais faire une grosse erreur de stratégie... Je balaye rapidement le Road book, on a PP050 et PP051 a prendre puis il y a un bandeau jaune dans le road book que j'interprète comme étant le début de la spéciale de CO. Donc une fois passé PC08, on file chercher PP050 et PP051. Pendant qu'on poinçonne PP051, j'en profite pour sortir les 2 cartes de la spéciale de CO... et ... Oups !!! En fait la CO commençait à PC8... Les balises sont juste présentées dans un ordre différent, mais sur le road book c'est bien indiqué... Et j'ai mal lu...


Des lueurs dans la nuit

J'annonce ça a Sophie (bon j'étais pas fier à ce moment là) et après avoir fait le point avec l'équipe on décide de ne pas faire retour arrière. On file au pont sous l'autoroute et ensuite Sophie va nous guider sur toutes les autres balises de la spéciale...

Un petit coup d'oeil a la carte ? Voici
la carte complète reprenant les 2 cartes A4 que nous avions.

On se lance dans la chasse... direction la PP068. On arrive sur zone, il y a plusieurs buttes mais pas de balise. On cherche un bon moment, élargissant le cercle, mais rien. Et pourtant on est certains d'être au bon endroit, tout concorde, y compris le relief. D'autres équipes arrivent et jardinent aussi. Ok, on décide de laisser tomber. On apprendra après la course qu'on a bien fait car la balise avait disparu. Par contre dommage qu'il n'y ait pas eu de confettis de posés.

La suite de l'enchaînement sera plus clair... Je ne garantie pas le tracé précis que nous avons fait puisque c'est Sophie qui nous a mené directement sur les balises, mais ce qui est sur c'est qu'au final on ramène toutes les balises restantes. Le plus rageant dans tout ça, c'est que sur la première carte on est passé parfois à quelques dizaines de mètre de certaines balises. Quelle erreur de ma part...

On arrive donc à PC09. Ici on peut en théorie se ravitailler en eau... mais on trouve dommage de payer 28mn, donc on décide de ne pas en bénéficier.

De PC09 à PC10

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De PC9, on prend PP073, on rate un sentier ce qui nous fait faire un détour pour prendre PP074, et là après avoir chercher un peu on décide de zapper PP075 et 076. On va donc directement sur PP077, on zappe également PP078 pour aller directement à PP079.

PP079 est dans un tunnel. La trace initiale prévoit qu'en arrivant de PP078, on passe sous ce tunnel, sauf qu'ayant zappé la PP078, on est déjà de l'autre côté. On cherche ce tunnel en longeant la voie ferrée quand à un moment on voit une équipe sortir d'un dévers juste en dessous de nous... Yes, ce doit être par là... On descend et effectivement le tunnel est bien là. Celui là on a bien failli passer à coté (ou plutôt au dessus) sans le voir.

Par la suite, on zappe encore PP080 trop excentrée pour aller sur PP081 puis PC10.

De PC10 à PC12

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Sortie de PC10 le long de l'autoroute pour rejoindre l'ancienne batterie de Noisy. Là je sais à peu près où se trouve la batterie et j'emmène Pierre. Pendant ce temps beaucoup d'équipes contourne la zone et vont trop loin. L'avantage de connaître le terrain. On poinçonne et on file sur la suivante.

PP083 sur une jonction de chemins, puis on a encore une spéciale
sous forme d'une photo. La balise est au niveau d'une porte percée dans un mur. La section où peut se trouver la porte est assez large. Je me doute bien qu'elle doit être vers la fin, mais par sécurité on aborde cette section par une des extrémités... Evidemment, pas la bonne. On remonte tout le mur jusqu'à la porte magique.


PP085 dans le passage souterrain

Traversée de Bailly avec PP085 et 086 au passage, puis on trouve la ligne de chemin de fer. On la remonte (pas toujours facile d'avancer entre le ballast et les traverses aux espacement trop courts...), prenant PP087 au passage, et on arrive au PC11.

Avec l'arrivée à PC11, c'est l'entrée au Domaine de Versailles qui s'ouvre à nous... Une grande première d'où le nom d'édition "Royale" que nous avons donné à la course.

L'arrivée sur zone correspond aussi à une nouvelle spéciale. Celle ci va se faire sur
une ancienne carte des jardins dont les mesures sont... en toise !


Calcul des reports sur la carte du parc

On positionne nos balises, et hop c'est parti. PP088 assez facile, ensuit on revient sur nos pas pour aller chercher 2 bleues PP089 et PP090 accessibles en suivant un petit ru. On arrive alors sur le bord du grand canal, juste au pied du Trianon.


Sur le bord du Grand Canal

PP091 nous pose un souci. On ne l'avait pas placée assez à l'intérieur de la parcelle du coup on la rate. On passe près du bassin d'Apollon, puis on remonte sur PC12.

PC12, c'est la barrière horaire. Il faut passer ici avant 12h30, mais j'ai indiqué à l'équipe qu'il nous fallait au moins une heure d'avance si on veut continuer à prendre des balises sur la fin. On y passe à 11h15, soit environ 1h15 d'avance. Pas trop mal. Ce qui nous surprend, c'est qu'on a peu de marge mais qu'on est dans les premières équipes à passer... étrange.

Le gros souci, c'est que depuis la sortie de la foret de Marly, je suis dans le dur. Je suis juste vidé, crevé, bref je sens que la fin ne va pas être une partie de plaisir.

Comme en plus je suis dejà à sec coté eau, j'en profite pour vider ma bouteille de secours dans la poche à eau, et boire un peu de coca (vive les réserves...)

De PC12 à PC15

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Je repars un peu à la traîne de l'équipe. Maintenant il faut que je m'accroche, et surtout qu'on assure le final.

La balise suivante, PP092, est sur la statue au bout de la Pièce d'eau des Suisses. En fait elle est là pour nous faire passer sous la ligne de chemin de fer. A ce moment là on tombe en plein sur une compétition de run and bike. On traverse jusqu'à la balise, puis on passe la ligne de chemin de fer.


PP092, au bout de la pièce d'eau des Suisses

Une fois de l'autre côté une chemin nous amène sur PC13, puis un petit kilomètre plus loin sur PC14.

A ce moment là, c'est probablement une des périodes où j'ai été le plus mal. Vu notre (surtout mon) allure de progression, je cherche malgré tout à sécuriser le timing de l'équipe. Du coup je vais mettre un peu la pression pour qu'on zappe
la spéciale GPS, au grand désespoir de Sophie qui aurait bien été jouer à la chasse aux balises. Avec le recul, et en relisant la carte, je me dit que le choix n'était pas le plus pertinent et qu'on aurait du y entrer sur cette spéciale et récupérer au moins 2 ou 3 balises. Oui mais... à ce moment là, c'est ce qui m'a semblé être le meilleur choix... Difficile de ne pas se tromper quand on est dans le cirage.

Du coup on décide de contourner par la route et de ne pas s'arrêter avant PC15, l'objectif étant de prendre assez d'avance pour manger toutes les balises sur la fin.

Par chance on va trouver une longue descente ce qui va me permettre de repartir, mais je dois avouer ne pas me souvenir de grand chose de ce passage. Il fallait courir, alors j'ai couru, point à la ligne... Suivre l'équipe pour permettre de continuer à jouer ensemble... la dure vie de raider...

De PC15 à l'Arrivée

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L'approche de PC15. On arrive vers l'aqueduc , le PC est juste au pied. Là on a le choix. Soit un contournement et une pénalité de 30mn, soit on passe sous l'aqueduc dans l'eau en équipe complète. Vu nos objectifs, pas question d'envisager un seul instant le contournement. Hop, on se jette à l'eau. Oh!, à peine au dessus des chevilles, mais la température est... vivifiante ;-)

On pointe la balise et on traverse sous le viaduc. Une fois de l'autre côté ça fait "tilt". On est passé ici mais dans l'autre sens il y a quelques années... On sort de l'eau et on fait une de nos premières poses histoire de reporter les dernières balises qu'il nous manquent (les autres ont été reportées en marchant). La remontée de l'aqueduc se fait par un escalier raide, ça je m'en souviens bien.

Une fois en haut, on longe l'aqueduc. Alex et Pierre partent devant chercher PP107 sur le bord de la mare. Pour cela ils montent un joli raidillon... Petit moment de flottement quand ils nous rejoignent. Pierre veut faire monter tout le monde, Sophie préfère passer par le bas et remonter plus loin. Je crois que d'un point de vue orientation ce sera un des seuls moments de désaccord. Je suis tellement HS que je n'ai même pas pensé à ce moment là à regarder la carte pour donner mon avis. J'étais en mode "suiveur qui serre les dents" et j'y suis resté. Finalement on passe par le bas (la force de persuasion de Sophie...) pour rejoindre PP108. A y regarder de plus près, l'option proposée par Pierre n'était pas mauvaise non plus... C'est tellement plus facile de refaire l'itinéraire après au chaud...

Je me souviens d'un long chemin en montée pour aller sur PP109, et d'une longue traversée de champs pour rejoindre PC16 qu'on voyait de loin. Je n'arrive plus à courir, mais je m'efforce de ne pas m'arrêter. Il faut avancer, avancer, avancer, même lentement mais ne surtout pas s'arrêter.

Côté timing, notre coupe de la spéciale GPS nous a donné un peu de marge de sécurité. On va donc continuer de tout prendre sur le final. Alex, Pierre et Thierry prennent de l'avance pour prendre PP110 et PP111 pendant qu'Alex reste à mes côtés. On se retrouve un peu plus loin et on pousse ensemble jusqu'à PP112. Ca va le faire, il faut que ça le fasse.

A partir de là je reconnais la zone, donc la confiance revient. On pousse jusqu'à PC17 puis on va chercher PP113. On descend sur Bures, récupérant au passage PP114 située sur le tracé des 12h de Bures. On remonte le circuit le long du bassin de rétention, on traverse une route et on arrive enfin à la dernière ligne droite

L'arche est visible de loin. On y est, c'est tout bon. L'équipe me met un (tout petit) peu la pression car une équipe n'est pas loin derrière... Elle ne va finalement pas plus vite que nous, mais bon il faut bien relancer quand même ne serait-ce que pour passer la ligne en courant.

15h35, on passe tous les 5 main dans la main sous l'arche d'arrivée...

L'après course...

Là c'est le meilleur moment du raid. On s'embrasse, on se congratule... félicitation des spectateurs et des copains présents à l'arrivée, je souffle enfin...


C'est fait... Contrat rempli !

La traditionnelle soupe nous est apportée par Cathy... Elle avait dit qu'elle serait là pour les massages, mais là elle nous fait le service grand standing...

Le temps de récupérer un peu et on rentre dans le gymnase. Retrouvaille avec les quelques équipes déjà arrivée, puis avec celles qui arrivent petit à petit. Je me change, puis direction le traditionnel buffet et ses pâtes chaudes... Que ça fait du bien.

On se retrouve à nouveau tous les 5, entre deux séances de massage de Cathy. J'aime bien ce moment de pause après course.

Il est temps d'organiser les retours des uns et des autres. Je ne veux pas trop traîner car je suis en voiture et que si je me laisse aller je vais probablement m'endormir.

Le p'tit Bottle ayant décidé d'écourter sa course, c'est Ouster qui fera le co-pilote chargé de me tenir éveillé. Merci de m'avoir réveillé au rond point ;-)

Et de 10 !

Une jolie trace finalement de près de 95km,


Le tracé réel

Finalement cette trace n'est pas très éloignée des hypothèses que j'avais présenté à mes équipiers la semaine précédent la course (regardez le tracé en bleu...)


Les hypothèses d'avant course

10 participations, 8 passages sous l'arche d'arrivée, mais un final difficile pour moi cette année. Il y a, je pense, 3 raisons à cette défaillance.

Les deux premières sont liées à la Trans 333. Je pensais avoir récupéré (ce qui est globalement vrai), sauf que la fatigue profonde est encore présente. J'y ai certainement laissé plus de jus que ce que j'avais pensé. De plus, ma période de récupération (de mi novembre à mi décembre) a fortement amputé mon entraînement, d'autant que ma reprise a été assez éloignée de ce que j'avais prévu (boulot, congés de fin d'année, motivation...). Je n'avais pas non plus totalement mesuré la difficulté à se remotiver après la réussite d'un gros objectif.

La troisième raison est probablement liée à notre allure de course pendant la nuit. Je ne pense pas qu'en elle même elle soit un problème, mais associée aux deux premières raisons, ça n'a fait qu'amplifier le phénomène. Longtemps pendant la nuit on a été pointés 4èmes (et même 2ème à un moment). Pas vraiment normal, mais bon, on a quand même tenté, on ne sait jamais si ça avait pu passer quand même!

Voilà, en dehors de ça le reste a plutôt bien fonctionné.

Equipement parfait, un tracé dans le pur jus du Raid 28, avec cette année une excellente répartition des spéciales tout au long du parcours, une météo clémente, un passage à Versailles... bref du grand raid 28.

Et puis bien sur il y a l'équipe. Une fois de plus, on démontre que le fait de se rencontrer le jour de la course n'est pas forcément un facteur négatif. Bien sur que l'inverse reste vrai et qu'une équipe soudée et se connaissant bien a un réel avantage, mais l'inverse n'est pas synonyme d'échec. Le risque existe que ça se passe mal, mais désolés, on a déjoué ce piège encore une fois.

Alors un grand grand merci à Sophie, du haut de ses 22 ans elle a explosé tous ses records (distance, durée de course..) qui plus est, en assurant l'orientation pendant pratiquement toute la course... Quand on connaît le niveau de concentration que ça demande, félicitations !

Alex... Ah Quelle bonne idée tu as eu de te joindre à nous... Ton endurance était un vrai apport pour l'équipe, tant que tu ne t'endors pas au pied d'un arbre. Et merci d'être resté avec moi sur PP110 et111, parce que j'avais vraiment du mal à tenir à ce moment là.

Thierry. Et dire que tu as failli rater cette aventure... Franchement j'aurais regretté, d'abord parce que je n'aurais pas pu faire ta connaissance, et ensuite parce que toi aussi ta présence et ta régularité ont été des atouts dans l'équipe. Je sais que tu aurais bien aimé courir plus sur la fin, mais ce n'est que partie remise. Et puis la prochaine fois on demandera à Papy Turoom d'ouvrir les barrières en forêt.

Quand à Pierre, qu'on est allé tirer du fin fond de l'Auvergne au dernier moment pour remplacer Sonia... Toi aussi tu as une sacrée résistance. Je ne sais pas si c'est la soupe froide de chataîgne aux lardons qui te donne cette pêche, mais il faudra que je teste un de ces jours (dès que j'aurais appris à boire de la soupe, ce qui n'est pas gagné en vérité...)

Impossible de ne pas associer Sonia, à qui on a souvent pensé pendant la course, et qui a coaché Alex à distance (merci iPhone)... Toi aussi, il faut que tu remettes le couvert.

Et puis Cathy, Logisticienne de choc à notre arrivée... Qu'est-ce que ça fait du bien de se laisser prendre en main comme ça.

On ne va pas oublier tout l'équipe d'organisation, tous les bénévoles et accompagnateurs croisés aux PC avec toujours un petit sourire, un encouragement, mais aussi les autres équipes avec qui nous avons parfois joué au yoyo en seconde partie de course (on a longtemps été tout seul sur la première moitié), les copains croisés (quand ils étaient dans le mauvais sens), doublés (quand ils marchaient), rencontrés (quand ils essayaient de se recaler sur leur carte ou quand ils jardinaient) :-))))

Bref, merci à la grande famille du Raid 28 !

Voilà.

Je referme la porte de cette édition, mais je suis bien incapable de donner un tour de clé à la serrure... Elle est capable de s'ouvrir à nouveau.

Michel

2 commentaires

Commentaire de Jean-Phi posté le 02-02-2012 à 09:03:56

c'est un chouette récit qui fleure bon l'humanité et l'amitié. d'autant que le raid 28, ça n'a pas l'air banal (je ne connais pas la CO). Bravo et merci, ça donne envie de le vivre. Bonne récup surtout !
JP

Commentaire de Papillon posté le 04-02-2012 à 19:15:29

Bravo pour ce récit précis et détaillé!!! Il n'y avait plus qu'à suivre les balises!

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