Récit de la course : Trail de la Vallée des Lacs - 58 km 2011, par Papillon

L'auteur : Papillon

La course : Trail de la Vallée des Lacs - 58 km

Date : 19/6/2011

Lieu : Gerardmer (Vosges)

Affichage : 1076 vues

Distance : 58km

Objectif : Pas d'objectif

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Le trail de la vallée des lacs 60 km et 1500m de dénivelé, pluie, grêle, vent...

Nous sommes partis samedi, emmenant dans nos bagages un chouette copain. Covoiturage bien sympathique qui nous a fait passer un voyage à une vitesse express.
Nous sommes arrivés assez tôt sur zone, à Gérardmer. Récupération des dossards, du panier gourmand qui allait avec... pas de bol, ni l'amour de ma vie, ni son ami n'aime le fromage, le munster n'a donc eu aucun succès !!! Dommage.
Ensuite nous sommes allés découvrir notre chambre de gite qui se trouvait à la Bresse. Un superbe emplacement, de bons matelas, des conditions de dodo au top ! Ça commençait bien.

Nous nous sommes alors mis à la recherche d'une pizzeria, et là... bas, pas simple... à part les piz' à emporter, pas grand-chose pour s'asseoir. Nous avons atterri à Gérardmer dans la seul pizzeria où nous avons trouvé table et chaise... tout le monde devait chercher la même chose car peu de temps après nous avons vu arriver Julien Rancon avec sa compagne... en riant, nous avons entamé un espionnage industriel, en regardant le menu du champion de trail... menu que bien sûr nous garderons secret défense. Nous avons effectivement tenter dans un geste de désespoir, de faire le faire boire, juste pour lui alourdir les jambes... mais rien à faire, il a su résister vaillamment à notre traîtresse tentative. Je sais, c'est pas fayr play... mais m'en fous, qui ne tente rien n'a rien.
Nous avons discuté avec notre idole pendant quelques temps... cette conversation sera aussi classée top secrète, car trop longue à écrire.

Bref, nous sommes tous partis dormir, le repos avant la tuerie !!!!

Le matin, nous ouvrons les stores après une super nuit ... et... pluie, vent... TOP !!!

Il se trouve que le hasard a bien fait les choses, j'ai pris mon K-Way... je ne l'emmène jamais... une bonne intuition. Notre pote n'a pas eu la même, zut !

En arrivant sur la ligne de départ, il pleut toujours... j'ai mis mon coupe vent, ce qui est chez de l'ordre du rarissime !!! Nous attendons, un dernier bisous à Jean-Philippe qui ne me quitte jamais vraiment, tant nous nous gardons à l'esprit...

Et hop, tout le monde est un peu surpris par un top donné un peu à l'arrache...

Ça part gentiment, en tout cas pour moi... j'ai dit que j'y allais cool au début... marre des jambes lourdes en course !

Ça monte et ça descend, c'est alsacien, les bonne grimpettes ne sont pas très longues... faux plats et belles descentes se succèdent... le paysage est un peu noyé dans les nuages, mais quand il apparaît, c'est magnifique ! La pluie nous bat le visage, j'adore... c'est décidé, pour noël, je commande la pluie pour tous mes trails de juin !!! C'est vraiment génial !
Le sol est terrible... de la belle terre pas boueuse, des roches granuleuses qui ne glissent pas... que demander de mieux pour courir...

J'accélère progressivement, je suis très à l'aise avec mes jambes. Nous essuyons une belle averse de grêle, nous avançons. Je me fais doubler par une fille... je la récupère dans la descente et la laisse derrière moi. Nous arrivons au bord du premier lac. Je suis vraiment bien. Je me retourne pour voir où en est ma poursuivante, je vois que l'écart se réduit. Celle-là ne m'est pas accessible... ça se voit à sa jolie foulée légère, la descente un peu technique n'était pas son truc, et il n'y en a pas assez ici pour que cela lui joue des tours. Je fais une chouette ligne droite bien rythmée encadrée par un groupe de gars... c'est sympa, je vole.

Un faux-plat, je les lâche, il faut tout de même que je fasse attention à ne pas me cramer dans une envolée lyrique. La nana me reprend à son tour... nous discutons, elle est de Chantilly, elle est toute gaie, très sympathique, nous allons nous suivre pendant un bon bout... sa bonne humeur me redonne de la fraîcheur à un moment où la fatigue me gagne.

Je suis obligée de la laisser partir, ma chaussure gauche est pleine de cailloux ramassés dans un cour d'eau... cela me donne une démarche bancale, ce n'est pas terrible.
Je ne réussirai pas à la rejoindre.

La montée vers le Hohneck arrive, je double une comparse qui a un coup de moins bien, moi, c'est encore bon.

Sur les crêtes, cela devient l'apothéose, en plus de la pluie, nous devons faire face à un vent terrible... j'essaie de suivre ma trajectoire mais c'est difficile, nous sommes dans des conditions hivernales, je ne sens plus mes doigts, ma figure me fait mal... je renonce à attraper ma barre énergétique, je ne trouve pas la fermeture éclaire de mon porte-bidon. Le petit chemin est plein d'une boue quasi liquide, ça glisse. Je ressens des craquements sinistres dans mon genou droit... pas bon... d'un seul coup, ça coince, une vive douleur me cloue sur place, je boitille, ça passe, je recours, la douleur revient... je suis exaspérée... ça marchait tellement bien... jusque là, j'avais réussi à maintenir le même écart avec mon ex-compagne de course, mais à présent je la vois s'éloigner inexorablement... j'ai dû me faire une micro-luxation dans la boue, et le froid contractant tout n'a pas arrangé les choses.

Au 40ème kilomètre, j'en suis à me demander si je ne vais pas être obligée d'abandonner ma course à cause de ce punaise de genoux à la noix... et puis bon... finalement, arrivé en haut du Hohneck, la dame m'a annoncée 5ème... ça me casse les pieds d'arrêter avec une place pareille !!! Après tout, je peux encore courir, et pas si mal que ça... reste l'appréhension que les douleurs intempestives me donnent... mon rythme se ralentit, le moral n'est plus là.

La nana qui avait le coup de moins bien dans la montée me double comme un avion dans la descente, j'en ris en lui criant qu' au moins « elle a retrouvé du jus !!!! » Paf, 6ème, mais bon, vue la vitesse de la minette, je n'aurais jamais dû être 5ème.

J'arrive au ravito, 42ème kilo, il reste 18 km, j'essaie de me convaincre que ça, je sais faire, qu'il y pas mal de distance derrière, et que dans mon malheur, j'ai de la chance, puisque mon genou coince, certes, mais entre ces moments là, je peux courir presque normalement.

Je croise la panneau qui nous indique qu'il reste 10 km, je me fais doubler par une fille qui court avec son mari, je ne cherche même pas à la suivre... mon but, à ce stade là, étant de finir !!! Paf, 7ème... Grrrrrrrrrrr... cette place là, sans ce genou capricieux, je ne l'aurais pas perdue !!!!!

Dernier ravito... une petite dame m'annonce, il reste 4 km, je lui dis merci, elle me soulage, je vais y arriver !!!!! Je retrouve des jambes, et un genou... il était temps après 15 km de galère !!Un randonneur, me crie « courage, je l'ai déjà faite, encore 800 m de faux plat montant, et ça descend sur 2 km !!!» Merciiiiiiiiiiiiiiii !!!!!! Je dévale... j'arrive en 8h06, je suis 7ème féminine sur 20, 3ème vétérane, mais surtout 112 sur 280 arrivants et un peu plus de 315 partants.

 

5 commentaires

Commentaire de gdraid posté le 20-06-2011 à 20:03:00

Bravo mon joli Papillon !
58 km c'est jamais facile, surtout dans ces régions là, et sur un seul genou !
Mais avec 2 ailes parfaitement déployées jusqu'à l'arrivée !
Bises, pour ton podium de 3ème vétérane, bien mérité !
JC

Commentaire de Papillon posté le 20-06-2011 à 21:28:00

pas 58!!! 60, et je t'assure que les 2 km comptent!!! C'est comme les 195m du marathon, ce sont les plus durs!!!
Merci gdraid!

Commentaire de JLW posté le 20-06-2011 à 22:56:00

Malgré les douleurs, malgré la météo, et malgré tout ... j'ai l'impression que cela t'a bien plu et tu m'en vois fort aise vu qu'il s'agit de mon pays ...
Merci pour ton récit et encore une fois, il va falloir que je le fasse ce trail de la Vallée des Lacs, non mais !

Commentaire de jepipote posté le 21-06-2011 à 07:19:00

chapeau pour la perf. fallait aller au bout dans ces conditions. bonne récup

Commentaire de shunga posté le 21-06-2011 à 07:42:00

Ouep bravo ! Vrai que c'est énervant de perdre des places à cause de la douleur. Surtout 5eme. Mais t'as su tenir, relativiser et terminer. C'est bon ça, en tout cas à lire.
Grrr bon par contre le coup des cailloux dans la chaussure hum, on nous l'a déjà faite hein !!

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