Récit de la course : La Transmartinique 2010, par J-T-Rourke

L'auteur : J-T-Rourke

La course : La Transmartinique

Date : 10/12/2010

Lieu : Grand Rivière (Martinique)

Affichage : 786 vues

Distance : 130km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Transmartinique 1ère édition

Bonjour à tous, je vais essayer de faire court mais avec la distance cela risque de durer un peu....

 

Nous avons pris le bus pour le départ au Lamentin vers 2h30, départ du bus vers 3 heures et direction Grand-Rivière.Une bonne heure et quelques virages après, nous voici arrivés.Nous sommes pris en compte par l’organisation et nous déposons les sacs avec des affaires de rechanges dans un fourgon. Le bon plan est que nous retrouverons ces sacs au Palais des Sports du Lamentin (étape ravito 06 au 55,5 km) et au stade du Vauclin (étape ravito 09 et 89,2 km effectués). J’ai pris un cuissard de rechange ainsi que deux t-shirts et des chaussettes + le complément de nourriture et de pharmacie au cas ou.Donc il est environ 04h45 quand nous allons nous enregistrer au départ et l’organisation nous a préparé un petit-dèj et ceci nous emmène tranquillement aux alentours de 05h30, le ciel change de couleur et la luminosité augmente doucement. Nous avons un rappel sur les consignes de sécurité et nous nous mettons en place derrière la ligne. Nous sommes 169 à nous élancer.La première étape est l’ascension de la Pelée…qui commence 600 mètres après le départ. Cela démarre doucement, je fais chauffer les muscles et je regarde les gazelles qui sont parties en sprint disparaître à l’horizon (je n’ai toujours pas trois poumons ni de mollets de rechange).L’ascension de la Pelée se passe bien, un peu en sous bois, ensuite cela grimpe un peu plus sec au milieu d’une végétation assez rase, j’aperçois la Caravelle (une presqu’île située côté Est), la fin de la grimpette se fait avec pas mal de vent et la tête dans les nuages. Partie plate où il fait bon se dégourdir les jambes en trottinant et je suis déjà dans la descente, un peu technique au début au milieu des rochers et des marches. Ensuite bitume pour un court instant et chemin de terre jusqu’au Domaine de la Vallée à côté de Morne-Rouge, 1er ravitaillement à 15.4 km.Ensuite c’est le passage de Morne-Rouge et l’ascension de la crête du Cournant et du Morne Piquionne (c’est là que cette année au trail du Tchimbé-Raid j’ai explosé une durite, un camel bac de 1.5l que j’ai sifflé en moins d’une heure et marcher à sec c’est pas terrible et un manque d’entraînement évident,), là tout va bien, le camel bac de 2.5l est nickel et l’entraînement fait que je suis moins dans le rouge donc forcement je consomme moins (une pensée pour un dentiste de Guyane, le n°69 a qui je donne un coup de main). Descente sur Ste Cécile et 3ème ravito à 27.5. Départ sur la grimpette du Morne Jacob et on bifurque sur le Lorrain et la trace des Jésuites en sous bois…c’est là que de nombreux concurrents ont pris un coup au moral, une descente plus une grimpette, les deux sont interminables, au 4ème ravito à 33.6 certains ne sont plus très frais et la souffrance commence à ce lire sur les visages (pour info nous sommes au 33ème kilomètres mais nous avons déjà  pris 2500m+ sur les 5200 que compte la course). De mon côté tout roule, pas de douleurs….Je finis la grimpette du Lorrain et j’attaque la descente vers le Lamentin, c’est celle-ci qui me semble interminable, je rencontre Dominique avec qui je taille le bout de gras histoire de passer le temps, nous allons nous croiser régulièrement et pour finir nous ferons un petit paquet de kilomètres ensemble jusqu'à l’arrivée.Nous arrivons au ravito 06 au 44.1 km et nous franchissons avec Ludwig un autre pote le passage des 7 gués…rien ne vaut après une bonne marche et des pieds brûlant  7 passages consécutifs dans de l’eau glacée pour se refaire une santé, je pense que c’est là que certains frottements ont commencé à voir le jour. On se retrouve avec un petit groupe de 6 ou 7 personnes, on va rester ensemble jusqu’au petit jour.Nous arrivons enfin au Lamentin de nuit, pause, nous mangeons un morceau, l’organisation est sans faille et les bénévoles comme les Martiniquais que nous croisons pleins d’encouragements et de gentillesse. J’en profite pour faire peau neuve, chaussettes, cuissard, T-Shirt….Nous repartons assez vite, nous ne voulons pas trop nous refroidir, la fatigue commence à se faire sentir. Un bon bout de plat nous emmène au Morne Pavillon avec ses pentes à 25 et 30%, un régal !!!!Nous redescendons sur Le François ravito 07 et 71.8 km, nous arrivons juste avant minuit, à temps pour voir le départ du Défi Bleu (une course de 58 kms qui est organisée par le même club, le même jour ou presque, une course dans la course), je commence à avoir une ampoule au petit doigt de pied et une sur chaque talon à l’intérieur du pied là où j’ai une corne de 2 mm d’épaisseur !!!, ça chauffe dur. Le podologue est au stade du Vauclin dans environ 17 bornes, le toubib me conseille de stopper mais j’ai un subitement un problème d’oreilles et je n’entends pas la fin de sa phrase, désolé docteur. Je pose en urgence deux compeed et en avant, roulez petits bolides. Je serre les dents, je fais 4 kms et je suis obligé de m’arrêter pour refaire les pansements, là je fais un truc au béton pron, prise rapide mais solidité avérée (une grosse partie va tenir jusqu’à l’arrivée). Je dis aux autres de me laisser, je suis donc seul à repartir, avec la fatigue le moral est primordial, après deux cent mètres mes pansements tiennent le choc et je n’éprouve plus de gêne, donc le moral remonte et je rattrape le groupe.Ascension du Morne Valentin et de la Montagne Vauclin que je connais du Défi Bleu de l’année dernière, nous commençons tous à tanguer de fatigue et je commence à rêver du podologue qui va me retaper les pieds….

Stade Vauclin : les podologues sont partis, il est 4h30 du matin et je les comprends mais là, dans la course, je prends une énorme claque au moral, les autres se couchent une demi-heure, avec Dominique nous essayons de faire des réparations de fortune sur nos pieds, nous sommes à 89.2 km et je me refuse à abandonner comme ça. J’enlève la chaussette avec une luxe de précaution, ce n’est plus la peine, l’ampoule qui fait maintenant le tour du petit doigt de pied à exploser et je me retrouve dans le pétrin, heureusement le sac de rechange est là avec mes provisions de compeed et de chaussettes propres…une demi-heure, le jour se lève et  je décolle avec  les autres mais pas à la même allure, je les regarde filer, mais je m’accroche, les pieds froids du départ remontent doucement en température et je peux conserver une marche normale sur plat et en côte, par contre dans les descentes ou sur les cailloux…je chante!!!

Le coup de fatigue est passé et avec le jour il est plus facile de tenir.Je retrouve le groupe deux ou trois fois mais je ne cherche pas à m’accrocher à un rythme qui n’est plus pour moi. Nous nous retrouvons au ravito 09 de Macabou à 97.8 km. Il reste une trentaine de kilomètres à faire dont une bonne vingtaine en bord de mer, les pieds dans le sable…ça promet. Nous repartons ensemble mais je décroche très vite, je n’insiste pas et peu de temps après je retrouve Dominique qui souffre pareil, nous resterons ensemble jusqu'à l’arrivée.Les plages sont magnifiques et certaines peu accessibles sont désertes. Les kilomètres filent mais plus doucement que la veille…au ravito 12 nous prenons notre temps pour nous restaurer et c’est reparti, les plages se succèdent les unes aux autres et nous commençons à rêver de l’arrivée, d’une bonne bière, d’une bonne douche…de pieds neufs.Nous n’allons plus très vite mais nous ne nous arrêtons pas, juste pour les ravitos et à un moment nous achetons un coca dans un bar de bord de plage, cela fait du bien de s’asseoir pour l’apprécier. Nous arrivons à St Anne, je dis à Dominique : « pourvu qu’ils ne nous fassent pas courir pour l’arrivée… »mais à deux cent mètres de l’arrivée nous commençons à trottiner et nous finissons main dans la main les bras levés sur la ligne d’arrivée. Récup de la médaille et du T-Shirt de finisher et nous allons boire une bière…deux minutes après, je prends des vagues de frissons les unes derrière les autres et seule une assiette de riz va me réchauffer suffisamment pour j’accepte de finir ma bière, et encore il faut qu’elle insiste !!!

Près d’une cinquantaine d’abandons, je termine avec quelques ampoules qui sont toutes résorbées maintenant et une bursite (épanchement de liquide séreux, comme un épanchement de synovie mais sur le coup de pied au niveau des tendons), je la sens encore mais je n’ai pas fait sport la semaine dernière ni la semaine prochaine, j’espère que cela va passer. Je la sens en ce moment à peine mais je laisse le temps au temps….

C'est une course magnifique, si vous voulez en savoir plus je vous conseille d'aller sur le site du "Club manikou" vous aurez ainsi accès au photos, parcours.......

Chapeau à l'organisation et aux bénévoles, aux petites mains qui restent dans l'ombre, l'ambiance est familiale alors que le travail est énorme.

C'est une course qui mérite d'être mieux connue et reconnue, si l'envie vous prend....ne luttez pas. Venez vous faire plaisir!!!

2 commentaires

Commentaire de CROCS-MAN posté le 30-12-2010 à 07:57:00

BRAVO JT et merci pour ce récit dépaysant. Bonne fin d'année

Commentaire de francois 91410 posté le 30-12-2010 à 13:30:00

J'étais en Martinique en février et ton récit me rappelle qq spots (cf blog)! Quelle épreuve !
bravo pour avoir terminé malgré tout

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