Récit de la course : La Montée du Grand Ballon 2010, par Génep

L'auteur : Génep

La course : La Montée du Grand Ballon

Date : 13/5/2010

Lieu : Willer Sur Thur (Haut-Rhin)

Affichage : 1144 vues

Distance : 13.5km

Objectif : Se défoncer

2 commentaires

Faire connaître ce récit sur Twitter :

Faire connaître ce récit sur Facebook : Partager

La montée du Grand Ballon 2010

Contexte:

 La montée du Grand Ballon 2010, sûrement la course de montagne la plus connue de l’Hexagone et qui sert depuis 3 ans de support à la coupe du monde de montagne.

Pour nous, c’est l’occasion également d’un déplacement collectif dans le cadre de la coupe de France de Montagne.

Cette course est la seconde épreuve du calendrier … et la seconde pour le club après Vence !

Le déplacement se fait en minibus la veille, une voiture nous rejoignant en soirée.

 

Avant la course:

Le départ et l’arrivée se font dans la pluie et le froid de mai. De l’humidité en veux-tu en voilà :(

Nous avons loué un Bungalow (merci le CMI !) et la soirée s’annonce animée !

Avant ça, 20 min de footing pour se dégourdir les jambes.

Hmmm, muy bien, jambes qui volent, c’est tout bon et cardio bas (36 dans la semaine).

Je me sens bien depuis quelques semaines et mon 1 500 m en 4 min 22 me l’a confirmé.

Ludo a tout préparé comme un chef, ils assurent ces vinois !

 

Ensuite, au menu, le UNO se profile et c’est la grosse ambiance J

23h, heure du dodo, puis à minuit accueil de la suite du convoi du CMI.

Pour moi, début d’une nuit blanche, pas de stress mais je n’ai pas du tout sommeil !

Les minutes et les heures passent. Je branche le mp3, Antony and The Johnsons m’emmène enfin ...

Réveil sous la pluie qui ne s’est pas arrêtée de la nuit, ça s’annonce gras et sûrement bien froid au sommet.

 

Le minibus affiche 6° à 300 m à Wattviller.

Nous nous rendons à Willer-sur-Thur pour retirer nos dossards.

Encore peu de monde, il est 10h .

Nous regardons les photos des éditions précédentes (il s’agit du 30ième anniversaire), superbe !

Des légendes de la course en montagne comme Jonathan Wyatt vainqueur l’an dernier (7 fois champion du monde et un chrono sur 10 km à 27 min 56 !!!)

 

Cette année, un plateau impressionnant pour les 30 ans dont les frenchies Rancon, Meyssat, Burrier et Sandari comptent parmi les favoris.

On suivra ça de loin :)

Le départ est à 15h, il faut gérer cette heure inhabituelle dont un peu de sieste sur les bancs du gymnase.

L’heure approche, la préparation aussi.

Débat technique sur les habits ; long, pas long.

Tout le monde partira sur du long en haut, il a neigé cette nuit au sommet il annonce 2° pour la course.

L’échauffement début et tout de suite, je me rends compte que les sensations de la veille se sont envolées.

 

Ce Jeudi de l’Ascension du Grand Ballon s’annonce délicat.

Je prends quoiqu’il en soit cette course comme une compétition de préparation au France à Murat.

Je ne suis pas encore prêt pour les forts pourcentages.

L’objectif est de marquer de précieux points par équipe et en individuel.

 

Un bon 40 min d’échauffement  et nous sommes prêts.

On nous avait indiqué que ça partait vite pour bien se placer dans le premier single où il est très difficile de doubler.

Point rapide sur le profil et sur le parcours avant le coup de canon:

La course:

Pan !!

 

Un très bon rythme d’entrée, on teste, soit ça passe soit ça casse plus tard.

Je décide de rester près de Maxime Rancon et Paul-Henri Valour de l’ACO Firminy, deux excellents grimpeurs qui connaissent le parcours parfaitement.

Ca envoie gras déjà notamment dans le premier coup de cul !

Pff, mon gars, va falloir assumer !

Je reste avec Paul-Henri Valour, je lui demande sur combien il part. Mon confrère de Haute-Loire m’annonce 1h12 s’il est très bien, 1h15 normalement.

 

Ça me va, je vise 1h12/1h13 en forme normale, j’espère être à 10 min des gros gros costauds.

 

Mais je me rends vite à l’évidence, c’est un jour sans jus.

Pas un jour blanc, mais aucune relance et des jambes vraiment mollassonnes.

Il va falloir serrer les dents. Et je me fais vite doubler.

Ce sera le cas tout le parcours.

Première descente avant le moulin, j’envoie bien avant d’assurer la transition vers la difficile montée vers Goldbach. Chemin assez large mais costaud.

Impossible de suivre mes voisins (plus pour longtemps) de course.

 

C’est ensuite le fameux mur de Honeck, mur qui porte bien son nom.

La traversée du village est vraiment chaleureuse malgré le temps exécrable, impossible de relâcher avec cette ambiance !

 

Nous nous accueillons à coup de cloches sur les chaumes du Hohneck, magique mais tout le monde se met franchement dans le rouge à vouloir courir sous les encouragements.

Heureusement, une descente suit ! Merci pour ce moment de course ! La course de montagne dans toute sa splendeur : simple et chaleureuse.

 

Depuis Altenbach, un large chemin à la pente douce va s’offrir à nous sur près de 6 km et ce jusqu’au col du Haag à 1 223 m.

On ne voit pas à 10 m !

Je me crois au ski en jour blanc.

Sensations vraiment étranges ; je n’arrive pas à relancer alors que je suis sur une partie favorable pour moi, la tête semble tourner et je commence à me retourner persuadé me faire manger tout cru par Ludo et Patrice.

 

Je crois d’ailleurs apercevoir un CMI à une trentaine de secondes. Je m’attends logiquement à Ludo.

C’est Patrice qui grignotte, qui grignotte seconde après seconde !

Je galère et ma motivation est vraiment d’essayer de résister à Patrice même qu’il va finir par revenir J Mais je me prépare surtout à garder le contact avec lui pour assurer des points précieux par équipe et en individuel.

L’esprit collectif prend le dessus.

 

Dans ce brouillard, difficile de se situer, au km 9, un bénévole qui nous avait raconté une belle anecdote avant la course, nous encourage chaleureusement. Ca fait plaisir et il nous annonce le ravito à une centaine de mètres.

 

J’en profite pour prendre un gel et pour boire un verre au passage.

Mais j’attends toujours l’effet coup de fouet :(

 

Au col du Haag, beaucoup de « supporters », cette course est vraiment chaleureuse et ce malgré la météo plus que capricieuse.

On prend à droite pour atteindre le Grand Ballon à 1424 m soit 200 m de dénivelé.

Une personne nous annonce 10 min puis la descente finale.

Pfff, long 10 min :(

La meute derrière se rapproche de plus en plus, prêt à me passer tel un rouleau compresseur.

Le hic, c’est que je ne veux pas mais que c’est presque inéluctable.

Je sens presque désormais le souffle de Patrice dans mon dos et peu de temps avant le sommet, son souffle se transforme en courant d’air.

 

 

Il me dépose et je suis vraiment dans le dur.

Il m’encourage à suivre, mission plus qu’impossible !

 

Il mérite de me passer, il est plus fort aujourd’hui et il a une gestion de course parfaite.

Au sommet, j’ai à peine le temps de jeter un coup d’œil au Radar et au monument des Diables Bleus.

Une courte descente assez technique suit, les cuisses chauffent mais j’essaie de tout donner.

Je reviens sur Patrice et termine finalement à 8 secondes en 1h15 min en 47 ième position sur 409.

Par équipe, nous terminons à priori 3ième derrière l’ACO Firminy et l’Entente de Haute Alsace.

Ludo qui a pris un gros coup de bambou et Renaud (mérité !) complète l’équipe.

Tout le monde a tout donné dans ces conditions difficiles.

Nous terminons notre « week-end » par une excellente choucroute à Willer avec la bière qui va bien :)


Les résultats.

A bientôt au Semnoz dès dimanche !

2 commentaires

Commentaire de Jerome_I posté le 19-05-2010 à 23:17:00

quel niveau il devait avoir pour que plus de 40 finissent devant toi!!! Bravo tout de même pour ta course, le niveau en course de montagne est vraiment monstrueux.

Merci pour le récit.

Jérome

Commentaire de brague spirit posté le 21-05-2010 à 21:03:00

Je te souhaite d'avoir retrouvé de bonnes jambes,pour ce dimanche.
Mais tu as tout de meme marqué des points,et profiter d'une bonne choucroute,bien arrosée,entre amis.N'est ce pas là,le principal.

Il faut être connecté pour pouvoir poster un message.

Accueil - Haut de page - Version grand écran