Récit de la course : Courir à Vesoul - Trail - 30 km 2009, par seapen

L'auteur : seapen

La course : Courir à Vesoul - Trail - 30 km

Date : 18/10/2009

Lieu : Vesoul (Haute-Saône)

Affichage : 1019 vues

Distance : 30km

Objectif : Pas d'objectif

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30 kms à vesoul.

Pas d'objectif à venir. C'est assez doux comme idée de n'avoir pas en perspective de course populaire programmée. Le repos s'impose et on l'accepte tout simplement comme une chose irréfutable. c'est le moment et c'est inutile d'y déroger puisque le temps du repos doit venir. Il est là tout simplement. Seulement, seule l'idée, d'aller courir est mise au repos. car on ne peut imaginer que l'on pourrait s'installer dans un temps de repos effectif. Le temps de repos hivernal est-il venu ? pas encore.

Celui-ci n'est dû qu'à une coupure mentale. Elle n'est pas mesurable en durée de temps. Et son effet dû à seulement quelques jours donne l'impression qu'il dure depuis longtemps.

En fait le temps du repos hivernal n'est pas encore venu ou on n'est pas encore allé au terme des courses à effectuer sur la saison pour être satisfait, repu. Alors on profite du répit d'un court laps de temps.

Presque une semaine est passée depuis le trail des 7 monts. L'organisme s'est reposé. Je n'envisage pas les semaines suivantes autrement et compte sur le hasard pour être repris par le démon de la course.

A l'occasion d'une question sur ce que je voulais faire prochainement dans ce domaine je suis dans la foulée amené à feuilleter le calendrier et je tombe immanquablement sur la compétition du week-end organisée dans les environs.

A peine deux jours m'en séparent. Je prends connaissance des éléments la présentant et l'idée d'y participer s'impose immédiatement.

Je ne peux pas la manquer. Elle fait partie des épreuves organisées dans le cadre de  "Courir à Vesoul" modifiées dans leur nouvelle version. En tous cas pour celle nature. Elle est rallongée en distance : 30kms et voit son dénivelé grimper à 820+. (Voir récit de 2008 : 20.4 kms nature, 560+).

C'est séduisant et ne je résiste pas. Je la vois comme une course nature assez roulante. J'espère que ma forme ascendante fera qu'elle m'apparaisse encore plus abordable. Un parcours roulant sur lequel je vais me dépenser le temps d'un matinée automnale avec une bonne préparation vu la prestation de mes deux dernières sorties.

Elle est exactement ce qu'il me faut. Il est temps de vivre des conditions saisonnières qui commencent seulement à montrer leur rudesse en ce mi-octobre afin de m'habituer au froid, à l'humidité et aux petits matins frileux mêlée à l'idée de sortir encore dans de bonnes conditions et de jouir d'un confort que la météo a toujours préservé jusqu'ici.

Une petite transition qui fera que les courses à venir ne me rebuteront pas ou moins. Il est temps d'affronter les conditions hivernales.

On risque d'être bien servi. En froid, la température baisse fort ces jours et en pluie car le risque est grand. 

 

Un bon entraînement bien senti de 50 minutes le samedi me met en totale confiance. Je suis prêt pour une belle balade dans laquelle je vais m'investir généreusement. J'en ai envie.

 

Une certaine paresse m'emprisonne encore car l'idée d'un dimanche matin bien calé chez soi reste en toile de fond et ne demande qu'à passer au premier plan. Cette image est renforcée par l'idée seule qu'il va falloir se lever très tôt encore pour un départ de course à 08h30.

J'agis comme si je devais y aller mais en gardant une possibilité de renoncer jusqu'à la prise de décision irréversible qui se prendra à la dernière seconde précédent un timing serré s'il en est.

C'est pas mal de procéder ainsi. On vit très bien les instants d'avant en évitant tout ce qu'on peut penser de contraintes désagréables dues à une décision certaine de participer prise très tôt comme celle de penser que l'on va courir sous la pluie, de penser qu'il va falloir préparer ses affaires, de penser que l'on ne va pas passer une soirée ordinaire aux activités sympathiques mais une soirée plutôt d'attente. Rester dans l'expectative jusqu'au dernier moment évite toutes ces cogitations vu qu'on n'est pas en situation d'y réfléchir. A partir du moment de décision c'est l'action qui est la priorité et prend le dessus sans laisser place à quelques distractions de la pensée quelle qu'elles soient car il n'est plus temps de s'occuper qu'à un seule chose, l'essentielle, l'avant course proprement dite qui est l'avancée vers l'arche de départ. A la seconde où la décision est prise la course commence. Et pour bien sentir ces choses là il ne faut prendre sa décision que le petit matin à la seconde qui suit la sonnerie du réveil (enfin on peut prendre quelques secondes quand même voire même quelques minutes).

Ainsi tout le temps, qui peut être grand, brouillé parce que se mélange le temps de la course et le temps d'avant avant course est rendu nul. Il n'existe pas. Seuls sont celui-ci du temps ordinaire sur lequel les contraintes de la discipline sportine n'empiètent pas et celui de la course qui est toute d'action en préparation et en expression. L'art d'éliminer les moments nuls et de ne laisser leur place qu'à ceux qui vous apportent du petit bonheur. Génial ! non ?!

(Si vous n'avez pas tout compris, ne vous en faites pas. Celà ne vient pas de vous. Je n'ai pas encore participé aux stages sur les non sens, les contre sens et les faux sens, mes petites bêtes noires.)

 

Par la fenêtre juste après les quelques minutes qui ont suivi le moment de la prise de décision de participer après l'instant de la sonnerie du réveil suivant une nuit de repos paisible après une journée sans souci question compét à venir je constate la nuit noire à travers laquelle scintillent les milliards de particules d'eau en suspens qui captent la lumière maigre émise par les lampadaires. Le brouillard envahit tout. Brrrr... ça fait drôle. Il va falloir y aller. Mais no problème. Je suis prêt. Advienne que pourra.

Durant tout le voyage les feux spéciaux rasent le bitume sous la brume qui n'est pas assez épaisse pour me contraindre à une vitesse ralentie. Je progresse pratiquement comme en temps normal. La chose que je remarque est la température basse. Il fait vraiment froid, d'autant plus que c'est les premiers. Et comme le matin prendra son temps pour se lever il ne fera jour que peu de temps avant le départ. Ce qui  voit toute la préparation se faire dans la pénombre et les sensations de froid humide. Il vaut mieux être bien réveillé afin de ne pas se sentir contrarier. C'est mon cas mais je trouve la situation tout de même drôlement bizaroïde dès l'arrivée sur la zone où sont rassemblés tous les points d'organisation. Nul lampadaire qui éclaire leur proximité et c'est dans le souvenir de ma dernière visite que je fouille pour trouver mon chemin. Le stationnement se fait dans la nuit noire et lorque je me prépare penché sur mes affaires rangées dans le coffre je veille à éviter que les choses ne se dispersent. ça y est, c'est arrivé. Le lien en plastique fourni lors de la remise du dossard et qui sert à fixer la pastille sur la chaussure pour enregistrer le chrono s'échappe, par terre. Je n'y vois rien. Petit désagréement qui s'il n'est pas maîtrisé de suite en entraîne d'autres et c'est vite la panique. Je bouge un peu la voiture et me voici à quatre pattes le nez sur le sol, éclairé par les phares cherchant ce petit morceau de plastique parfaitement invisible. Ouf le voici. Tout est rentré dans l'ordre.

A part ça tout va bien j'ai parfaitement bien préparé mon coup et tout s'enchaîne parfaitement. Mais  "ça caille". On a envie de vite s'habiller chaudement mais ce n'est pas l'ordre à respecter. Un vrai protocole à suivre pour que s'enchaînent rapidement les multiples petites choses à faire et enfin se voir fin prêt.

T'as voulu voir vesoul et tu ne vois rien du tout. Impossible de deviner la ville tout près "à vue de nez" comme on dit partout chez les gens honnêtes (On peut parfaitement l'imaginer en lisant le récit 2008, il faisait beau ce jour là et des sommets atteints la vue était superbe).

 

L'échauffement se fera sur l'aire de départ à quelques kms. Les navettes sont prêtes à partir. Je monte dans la première et dès cet instant je suis vraiment dans le bain. Rapidement nous sommes sur les lieux et la petite place nous accueille dans son cadre sympatique. Tout près le cimetière... qui n'a rien de mortifère. Sous l'ancien préau l'accueil et le musicien qui diffuse à cet instant d'arrivée une valse tyrolienne. Super ambiance qui ravit tout le monde. La journée commence enfin et une bonne partie de la matinée sera consacrée à gambader à travers la campagne. (mais là je n'apprend rien à personne vu que chacun le sait depuis longtemps. Qu'allez-vous croire là ? Désolé, ça n'a rien d'évident. Vous auriez pu apprendre à l'instant que je m'étais déplacé au titre de photographe animalier transformé en l'espace d'un jour en photographe sportif ou en accompagnateur tout simplement mais là c'est un peu plus délicat vu que mon accompagnatrice ne court pas).

 

Et bientôt c'est le départ après quelques conseils utiles dispensés par l'organisateur. 300 coureurs sur les deux circuits de 15 et 30 kms qui partent en même temps. L'échauffement a pu se faire mais qu'est-ce qu'il faisait froid comme disait certainement la boulangère située juste en face et ravie de constater toute cette activité par ce dimanche matin. Le boulanger aussi était sorti n'y résistant pas et de fait a abandonné son four. Quelques clients ont du se farcir du pain trop cuit ce jour là.

Et la course dans tout ça. Ben ça y est on est parti. Le boulanger et la boulangère applaudissent (note de l'éditeur : Est-ce qu'on peut se concentrer sur la course s.v.p. merci)

Tout le monde est content à vrai dire car on va pouvoir se réchauffer un peu. En effet la température monte d'un cran et ça suffit. Comme quoi c'est pas nous les coureurs qui allons faire s'épuiser les réserves d'énergie. En fait on serait assez écolo sur les bords si se suffire de peu est écolo.

Rapidement nous sommes amenés à monter progressivement car les organisateurs ont prévu au début du circuit un 250+ sur 5 petits kms. près du tiers de l'ensemble tout de même. Aujourd'hui il est vrai que celà ne m'effraie guère.

Le terrain humide, mouillé, détrempé, souvent rendu glissant sur les pierres, boueux dans les zones terreuses offre par contre dans la traversée, beaucoup plus haut sur les replats, des terres dégagées, souvent des communaux, parsemées de pousses épineuses ou de bosquets, un sol souple qui amortit bien mais assez instable où il faut éviter les trous, les pierres ou les rochers qui dépassent.

La montée s'effectue sous couvert et l'atmosphère est celle d'un bois sombre et humide. On imagine bien des personnages habitant naturellement les lieux en bottes coiffés d'un chapeau cherchant des champignons ou des escargots isolés dans cet univers forestier ou des animaux rencontrés soudainement et s'échappant d'un bond hors de notre vue surtout dans les parties plates que nous serons amenés à traverser, vastes étendues que l'on perçoit bien. L'envie nous prend de s'arrêter et d'écouter, de saisir l'instant. Et si le moment de la course n'est pas trop dur ou prenant on ouvre la petite fenêtre par laquelle on a la sensation de tout ça et naît alors le plaisir de courir dans les bois.

 

3 - 4 kimomètres de parcourus. Les coureurs sont encore ensemble. Puis une sente étroite, descendante qui on le devine ne durera pas longtemps vu l'environnement mais qui amène la file à ralentir. En effet ça ralentit bien et même trop à mon goût. 7 - 8 coureurs devant moi. J'avais trouvé le bon rythme et voilà qu'il est contrarié. Je peste en moi-même de cette situation qui me va mal. Je suis tant bien que mal et plutôt mal car je ne suis pas du tout à l'aise. La pose des pieds se fait mal, je cherche des appuis sur un faux rythme et vlam ! la cheville gauche qui part brusquement à l'intérieur. J'ai alors la sensation d'un gros élastique très court qui s'étire au maximun et revient dans sa position. Je reste sur ma lancée, j'ai la sensation de partir en avant dans un emballement dû à une pose du pied gauche sur quelques pas qui ne fait qu'effleurer le sol et ne rempli pas son rôle d'amortisseur. Seul le pied droit fait tout le boulot et assure tant bien que mal. J'évite la chute mais emporté par mon élan dans la descente je met un certain temps à me reprendre et l'épaule du coureur qui me précède sur laquelle je m'appuie m'empêche définitivement de tomber. En lui expliquant je récupère et respire. Ouf ! j'ai quand même la sensation d'un "truc pas net". Et des pensées m'assaillent les quelques secondes qui suivent. Course foutue. J'aurais pas dû venir. Comment je vais finir avec une entorse si je le peux. Enfin toutes ces pensées automatiques qui révèlent un insconcient très lucide mettant à jour des alternatives à une vitesse folle pour faire face au dilemme et trouver des solutions. C'est pas le pied je vous le dis.

Les coureurs me passent et ayant ralenti je fais le point. Je continue à courir avec une sensation dure à l'intérieur de la cheville mais qui s'atténue. Je peux poser le pied ; on est sorti du sentier et l'on aborde une partie plate sur chemin qui me permet de me ressaisir et petit à petit je repars. Finalement je n'ai pas perdu beaucoup de temps et les coureurs devant ne se sont pas trop éloignés. La déception disparait devant le fait que je poursuis ma route d'autant plus que je tenais un bon rythme et même un de ces rythmes que lorsque l'on ne le lâche pas peut vous emmener très loin. Je crois que c'est au moment où je libérais un peu les chevaux qu'il a fallu que je ralentisse. Ceci explique celà.

Me pensées sont encore à imaginer la suite quant à cette cheville qui pourrait bien me handicaper. Il reste de nombreux kms et malgré la poursuite de la course j'en ai encore la sensation. Donc il va falloir que je fasse très très attention. Punaise, concentration maximale, écoute de mes foulées et poses de pied. Le terrain que je découvre devant moi est scruté comme jamais il ne l'a été. J'écarquille véritablement les yeux. Heureusement que je fais des poses lorsque je croise des quidams car je pense qu'ils me prendraient pour un fou échappé (non je plaisante) (note de l'éditeur : ll a raison de dire qu'il plaisante car le lecteur à la longue pourrait se faire des idées en ce sens).

 

J'ai repris le bon rythme et c'est l'essentiel. Je ne suis pas marqué mentalement mais je suis blessé (oh... pauvre petit. il est blessé). Je n'en ai cure car mon envie de courir et le plaisir qu'il m'apporte me fait supporter l'épreuve. L'échauffement musculaire est tel que je peux continuer et c'est l'essentiel.

donc je continue et sur le bon tempo qui n'en a pas profité pour se faire la belle. C'est ça, le bon tempo, véloce au rythme rapide. Le souffle fontionne à merveille et mes jambes assurent. Seuls les parties descendantes, souvent des chemins, caillouteuses et pierreuses resteront toujours difficiles à négocier. Pieds sensibles. Utilisation d'une paire de chaussures à la semelle relativement molle. Très accrocheuse. Je m'étais promis de remplacer les semelles intérieures par des plus rigides. J'avais déjà expérimenté cette façon de faire et celà m'avait donné satisfaction.

Là je vais devoir endurer des pieds en espérant qu'ils tiendront le cap sans flèchir et me laisser tomber dans les deux sens du terme.

Le ravitaillement a été passé au 6 ième kilo en 35 minutes.

l'occasion de qualques quartiers d'orange et gorgées d'eau mais très peu. Le ravitaillement s'effectue à chaque foulée ; L'air humide se charge de la besogne.

Prochain objectif : 12 kms, le second ravito.

L'impression de "tailler la route" sans ralentissement. Une vitesse atteinte que l'on ne ressent pas lorsque le dénivelé sur une telle distance est 1.5 à 2 fois supérieur. Là on avance et on ressent à peine, le temps relativement court de les grimper supléant, les quelques montées plus ou moins raides. Le reste constitue des faux plats ascendants ou descendants qui permettent une fois la relance enclenchée de filer. Tout l'effort est vraiment engagé dans l'avancement.

 

Souvent le sentier à la sortie du bois débouche sur un champ ou le longe pour s'engager dans celui d'en face. Dans ces parties nous ne sommes que des ombres hésitantes à trouver leur chemin. La banderole est là mais il faut progresser quelques dizaines de mètres pour l'apercevoir à travers le brouillard toujours présent bien que moins dense. Les rayons du soleil ont fini par délivrer une luminosité basse en perçant la couche nuageuse supérieuse et la lumière éteinte restante filtrée pas le brouillard crée une atsmophère unique en disséminant un éclairage tamisé et pourtant lumineux par ses multiples réverbérations et réflections sur les gouttelettes d'eau suspendues. A ces moments l'ingratitude d'une atmosphère brouillardeuse fait place à tout son charme. Nous côtoyons alors les pays féeriques car ils existent et quelquefois nous les approchons de très près comme maintenant.

 

Restent cependant les divers terrains toujours techniques et quelquefois accidentés. Normal c'est un trail.

Les 12 kms s'effectuent rapidement dans la tête et aussi en le constatant sur le chrono, 01h05mn.

Donc 18kms en 01 40mn. Je suis presque bluffé. Loin de moi en était l'idée même avec ce dénivelé de "taper" ce temps. Et comme celà va bien je ne vois pas la raison de ne pas continuer. La cheville est toujours très présente, je la surveille constamment et assure un suivi permanent lors de la pose. Elle fonctionne normalement et les pieds endurent (Les pauvres. Il faudra bien qu'un jour je leur réserve un régime spécial avec des crèmes, des massages et tutti quanti, ils le méritent).

Il me faut parcourir 6 kms pour un dernier ravito et atteindre la partie finale qui se termine par 2-3 kms sur portion plate stabilisée longeant sur la fin le lac. J'entrevois déjà en accéléré ce sur quoi je me dirige. Tout devrait bien se passer parce que je le veux. Si, si. je suis dans un état d'esprit tel que rien ne semble pouvoir mettre un terme à cette échappée. Rien ne me resiste.

Si, une féminine me résiste ou je ne sais pas si c'est moi qui lui résiste. Depuis le début c'est l'un ou l'autre qui passe devant et ainsi de suite. J'ai quand même l'impression que sa puissante régularité l'emportera si l'un d'entre nous doit l'emporter. Je la sens plus en-deça que moi (vous savez, en-deça ou au-delà de la fameuse ligne fatidique, celle que lorsque vous la dépassez peut vous voir rapidement hors course).

C'en est très stimulant et renforce la nervosité de la course. Avec deux autres coureurs celà s'est senti sur une portion plus courte mais les styles et la légère différence de vitesse ont mis fin à la compagnie.

La féminine en profitera pour filer spontanément au dernier ravito, je ne la reverrai plus et même n'aurai pas l'occasion de la ré-apercevoir. Pourtant à l'arrivée elle ne me distançait que de 1 minute 06. Les virages, les obstacles naturels m'empêchait de la répérer. Mais ma motivation était toujours intacte et puis l'on s'accroche à d'autres éléments de stimulation, quand ce n'est pas des coureurs c'est la volonté propre.

Et la vision du prochain ravito stimule cette volonté. Les parties finalement qui resteront le plus pénibles seront celles qui se présentent maintenant. La course est pratiquement courue et je le ressens tout particulièrement sur mes points faibles. Mais je ne cède en rien. Je continue donc à progresser sans ralentissement. Je négocie les difficultés de la même manière et aussi volontaire qu'au début. Seule une dureté se fait sentir mais c'est tout à fait acceptable. L'attention reste de tous les instants quant à la pose de mes semelles.

Ravitaillement. Reste 5 kms. Petite bonne surprise car je pensais six. Là je souffle un bon coup et me prépare. Ma prise de ravito perso a été nickel jusqu'à maintenant. J'ai géré parfaitement.

Je repars avec cette idée stimulante que la course proprement nature ne durera plus que 2 kms. Ils se négocient rapidement et c'est la traversée sur bitume du village qui nous amène sur le chemin de promenade au bord de la grande étendue d'eau.

Cette partie, lorsque l'on est à bout et qu'on n'en peut plus peut se révéler terrible, sans fin. On espére à chaque instant la vue de l'arche d'arrivée et elle n'arrive jamais.

Aujourd'hui je me présente pour le final dans les meilleures conditions, encore plein d'énergie. J'adopte un rythme dès le début et je caracole ainsi jusqu'à la fin. Ma connaissance du parcours d'arrivée me fait facilement négocier le détour par le parc qui semble rajouter à la distance.

 "Ce n'est que du bonheur" (Une deuxième expression... que je déteste) (la première expression horripilante est nichée dans un ou deux récits. Lesquels ?) (vous ne voyez pas ? il est temps de vous remettre à la lecture) (note de l'éditeur : Excellent. Si ça marche on est bon pour une réédition. vraiment en forme le bonhomme)

 

Sur près de 3 kms on fait durer ce que l'on peut ressentir l'instant seulement du passage de la ligne d'arrivée. On savoure ainsi pendant 10 bonnes minutes le moment qui ne dure que quelques secondes d'ivresse lors du passage de la ligne.

Alors je me régale véritablement et ce moment de la journée efface tous les instants un peu sombres de l'avant course et d'un lever très tôt.

J'atteins l'aire d'arrivée et c'en est fini de cette belle course nature dans les environs de vesoul.

Merci aux organisateurs et bénévoles.

Classement dans ma catégorie : 2ième. Podium. woouahh !!!!! Enfin je suis passé à côté du fait que le classement ne concernait que la catégorie vétéran dans son ensemble. Sniff ! je suis un peu triste. Il y a si longtemps que j'ai grimpé ce genre de marche.

Quand à ma cheville elle s'est fait remarquer 2 jours durant, bien enflée sur les deux côtés surtout à la fin de la journée mais la glace a fait son effet et je marche déjà normalement. Je m'en suis bien sorti et touche du bois. 

 

1 commentaire

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 26-10-2009 à 09:59:00

Le Mustang m'a signalé ton style. Il est en effet unique. Peu de CR sont aussi écrits et je t'en félicite. Il y a de l'introspection et de la description. Une autre façon de voir le CR... merci pour la leçon.

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