Récit de la course : Courmayeur - Champex - Chamonix 2009, par ericjapon

L'auteur : ericjapon

La course : Courmayeur - Champex - Chamonix

Date : 28/8/2009

Lieu : Courmayeur (Italie)

Affichage : 836 vues

Distance : 97km

Objectif : Pas d'objectif

1 commentaire

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CR de la CCC


Tout d'abord, quelques détails techniques pour ceux que ça intéresse:

Matériel

Baskets: Asics Trabuco

Chaussettes Kalenji run800

Short Kalenji

Collant chaud Mizuno

T-shirt technique reçu au grand défi des Vosges 2008

T-shirt manches longues Mizuno Breath Thermo (pas ceux près du corps)

Casquette Kalenji

Sac Ultimate Wasp avec poche à haut de type widepac 2 litres

Lampe principale Petzl MyoXP

Lampe secondaire Petzl E+Lite autour de la taille, sur laquelle j'ai fixé le dossard

Veste imperméable Salomon XT Speed Jacket

Deux morceaux de pain d'épice et deux barres de céréales.

Et le reste du matériel obligatoire, plus quelques pansements.

 

Petit déjeuner (3 heures avant le départ):

Brownies de la marque Casino: ça ressemble à du gâteau énergétique spécial petit déj d'avant course, mais c'est moins cher, meilleur à mon goût, et ça a très bien marché (pas de soucis d'estomac pendant les premières heures de course).

Gâteau de riz.

Demie banane.

 

Préambule

Après une première saison de trail en 2008 qui m'a permis de découvrir la région Nord Est dans laquelle je venais d'emménager, grâce notamment au défunt « Challenge New Balance des trails de l'Est », j'avais prévu cette année une montée progressive en distance et en difficulté.


Je me suis donc inscrit dés le début de l'année à la Transju'trail, au Trail des Cerces et à la CCC. J'ai presque regretté pendant les mauvais moment de la Transju'trail de m'être inscrit aux deux autres, mais finalement, je suis content de l'avoir fait.


J'ai eu la chance d'être épargné par les blessures et j'ai pu m'entraîner à peu près comme je le souhaitais. C'est à dire 4 à 5 sorties par semaines, environ 10km en semaine le midi, et entraînement ou compétitions de courses d'orientation le weekend (sport très amusant, que je découvre cette année). Peu de sorties longues, mais je considère les trails auxquels je participe tout au long de l'année comme des sorties longues. J'ai quand même fait quelques jours de randonnées dans les Alpes cet été qui ont été probablement très bénéfiques pour la CCC.


Ma première course de plus de 70km, la Transju'trail, à été dure et pas très agréable. J'ai eu des problèmes d'estomacs pendant les premières heures, puis beaucoup de pluie par la suite. J'étais peut- être un peu tendu aussi. Inquiet par rapport à la difficulté. J'ai trouvé le temps très long et je me suis demandé pourquoi je faisais ça. Je n'avais pas trop envie de recommencer.


Mais j'étais déjà inscrit pour les suivantes, alors je me suis dis que pour le Trail des Cerces j'allais partir encore plus tranquillement, me mettre plus en mode promenade qu'en mode compétition. Essayer de profiter du paysage et de l'évènement. Ça a marché...pendant 40km. A ce moment là je me suis dis que la moitié de la course était passée, et comme je me sentais encore bien, je pouvais accélérer un peu. Grosse erreur. Mauvais timing. C'est à ce moment là que commençait la montée vers le col des Rochilles puis celui des Béraudes, le passage le plus difficile du parcours. Je me suis grillé assez rapidement, et toute la fin a été très dure et très longue. Heureusement, il faisait beau et les paysages étaient magnifiques. La souffrance passe mieux dans un décor de rêve.


J'ai tout de même commencé à me demander si j'étais fait pour ce sport...Et à m'inquiéter pour la CCC. Mais j'avais payé 100 euros, alors pas question de ne pas y aller...


La course

Donc nous y voilà, à cette fameuse CCC. A Courmayeur je suis resté sur la pelouse près du départ pour tenir compagnie à ma femme qui avait eu la gentillesse de m'accompagner. Et comme je comptais démarrer doucement ça ne me dérangeait pas de partir dans les dernier. Au contraire, je pensais que ça m'éviterais de me laisser entraîner par l'euphorie ambiante et de partir trop vite. Le départ était émouvant. Tous ce public qui nous acclamaient comme des héros (alors qu'on partait juste pour une longue promenade bien organisée en quelque sorte), ça faisait quelque chose. J'en avais les larmes aux yeux. Après la passage sous l'arche de départ, j'ai vu ma femme sur le côté, qui tenait une banderole avec un petit Eric tout fringuant dessiné dessus, elle aussi les larmes aux yeux. Elle ne m'a pas vu. Je ne pouvais pas partir sans lui dire merci, alors j'ai bifurqué perpendiculairement au flot pour la retrouver. J'en profite pour demander pardon au coureurs que j'ai pu gêner à ce moment là.

 


Bref nous voilà parti. Tout va bien, je n'ai rien oublié, il fait beau, je n'ai pas mal au ventre, je suis parti doucement, le public est nombreux et enthousiaste. Cette première montée sera vraiment en mode promenade, étant donné le monde, et les bouchons lors des premiers single tracks. Au risque de paraître rabat joie, le début fut un peu gâché par les gens qui doublent, alors qu'on est tous arrêté ou presque, attendant que les bouchons se débouchent. On aimerait tous aller un peu plus vite dans ces moments là mais on sait que si l'on double, ça fera encore plus de bouchons pour ceux qui sont derrière et pour un bien maigre gain. Certains ne s'en soucient pas et c'est dommage. Mais c'est comme ça il faut accepter.


Accepter aussi le fait que 90% des coureurs coupent les virages, alors qu'il est bien stipulé dans le règlement de ne pas couper les sentiers car cela provoque de l'érosion. Je pensais que les coureurs de trail étaient plus respectueux de la nature, et de leurs camarades par la même occasion. Je ne vais pas me faire beaucoup d'amis puisque comme je le disais une grande majorité prenait ces quelques raccourcis, alors que les rubalises étaient clairement visibles à l'angle du chemin. Cela dit je peux comprendre, car moi-même j'ai du me battre intérieurement pour ne pas céder et suivre les autres. Ça n'était pas évident. On a l'impression d'être un idiot de faire un grand tour et de ne pas faire comme tout le monde. Mais c'est un choix. Peut être que la prochaine fois je choisirais de suivre les autres. C'est pourquoi je comprend. Ce que je trouve triste par contre, c'est de ne pas assumer. Un coureur qui lui aussi avait fait le grand tour a dit, probablement à une personne qu'il connaissait « alors, on prend des raccourcis? ». Cette dame a répondue qu'elle suivait les autres, que si des gens avaient commencé à prendre ce passage, elle n'était pas responsable. C'est triste de fuir ses responsabilités à ce point. Couper d'accord, mais il faut assumer! Enfin, passons.


Sur ce, nous arrivons finalement à BERTONE. Je suis alors 1568ème. J'ai déjà perdu 20 minutes sur mes prévisions, qui me faisaient arriver en 20 heures à Chamonix. C'est pas grave. Je bois un coup et je repart. Il y a toujours beaucoup de monde, mais la montée qui suit le ravitaillement est raide et le rythme lent me convient bien. Quand la pente s'affaiblie et que les chemins s'élargissent, j'en profite pour doubler un peu. Un dernier coup de rein pour passer la TÊTE DE LA TRONCHE, et je peux me laisser aller un peu dans la descente. J'aime les descentes.


A BONATTI rebelote. Je bois un coup et je repart. Je suis alors 1172ème. 50 minutes plus tard, je retrouve ma femme à ARNUVA (985ème). Cette fois je m'arrête un peu, je bois ma première soupe de pâte (délicieux), quelques trucs salés et sucrés, et je remplie ma poche à eau. Je discute un peu avec ma femme, qui a eu peur de me rater car elle a du attendre 3 heures le bus à Courmayeur. C'est encore plus dur que pour les coureurs! Et elle n'a même pas pu rentrer à temps pour voir le départ de l'UTMB à Chamonix.


Elle me laisse en bas de la côte pour le grand col Ferret, qui commence assez sêchement d'ailleurs. Cette côte sera un peu longue, mais les paysages sont beaux. Je ne me met jamais dans le rouge. J'aimerais arriver relativement en forme à Champex car je sais qu'après ça deviendra très dur. Je suis 828ème au sommet du GRAND COL FERRET. Je ne m'arrête pas et entame joyeusement la longue descente vers LA FOULY ou j'arrive encore relativement frais en 706ème position.


C'est la que ça commence à ce gâter. J'ai beau aimer les descentes, celle ci est vraiment longue et je commence à languir d'une petite montée...A PRAZ DE FORT, superbe village suisse, je commence vraiment à fatiguer. Et la montée tant attendue vers Champex ne sera pas appréciée pendant longtemps... Bref quand j'arrive à CHAMPEX-LAC (587ème) je suis cuit! C'était pas prévu comme ça, mais bon...on va faire avec. Cette fois je m'arrête un bon moment. Une demi-heure peut-être. Le temps de manger une soupe de vermicelles et des pâtes, de remplir la poche à eau, et de me changer. Je met mes collants et mon T-shirt manches longues. Après m'être changé, je grelotte pendant quelques minutes. Pourtant il ne fait pas très froid. Et là je regarde le profil plastifié que j'avais laissé dans la poche de mon sac, et je vois ce qu'il nous reste. Je n'avais pas trop étudié la course avant et j'ai un petit choc quand je vois ce qui nous attend. Trois montées dignes du Grand col Ferret en fil indienne. Arrrrg...Pas envie de repartir. Mais pas d'excuse pour ne pas le faire. Pas de bobo. Pendant que je me changeais, j'ai discuté avec un coureur qui abandonnait à cause d'une tendinite au genoux. Il m'a dit de penser, dans les moments difficiles, à ceux qui auraient voulu finir mais qui ne peuvent pas à cause d'un pépin physique. C'est ce que j'ai fait, et je suis reparti, tant bien que mal.


Je suis passé a temps pour avoir encore une belle vue sur le lac. Quelques minutes plus tard, j'enfilais ma frontale. A partir de là, les coureurs étaient moins nombreux et il arrivait qu'on soit seuls pendant quelques temps. Dans la montée sur BOVINE, avec ses grosses marches, je me traînais. On m'a beaucoup doublé. Les seuls coureurs que je dépassaient sont ceux qui se reposaient un peu sur le côté du chemin. La montée m'a semblé interminable. Ça doit être à ce moment là que je me suis dis que j'allais me calmer maintenant, qu'il y en avait marre de faire toujours plus dur, que ce n'est pas amusant de toujours souffrir, et que l'année prochaine je ne ferais pas l'UTMB. Je ne me souviens plus bien car après quelques jours, mon cerveau a déjà pris le soin d'effacer les moments difficiles, et ceux-ci sont très flous dans ma mémoire. Belle machine...


Malgré tout, arrivé au sommet à BOVINE, j'ai encore gagné quelques places (525ème), probablement à cause des abandons à Champex. Je bascule dans la descente, et reprend du poil de la bête. Je redouble un bon nombre de personnes, et arrive à TRIENT en 494ème position. C'est dur de repartir, mais un peu moins qu'à Champex car il ne reste plus que deux bosses cette fois. Ces deux bosses se passeront de la même manière que la précédente, à savoir des montée interminables, et des descentes salvatrices. Dans les montées, j'ai eu des doutes pour la première fois en ce qui concerne les bâtons. En effet, il me semble que c'est plus une mode qu'autre chose et qu'ils ne sont pas très utiles. C'est encombrant, et l'énergie qui est économisée dans les jambes est tout de même perdue dans les bras. Mais là, de voir tout ces porteurs de bâtons me doubler en montée, ça m'a mis un doute. J'ai été presque rassuré de voir que quelques « sans bâtons » me doublaient aussi... J'essaierai peut être quand même des bâtons un de ces jours.


En tout cas ça n'est pas trop les jambes qui m'ont gênées pendant cette course, mais plutôt les épaules et le cou. J'avais déjà eu mal pendant d'autres courses, mais comme celle ci durait plus longtemps, c'était encore plus gênant. Mauvaise position? Trop tendu? Pas assez musclé? Pas assez souple? Je ne sais pas. Un peu de tout peut être. Ça n'empêche pas d'avancer mais ça gâche beaucoup le plaisir. C'est aussi un peu pour ça que j'aime les descentes d'ailleurs. En effet, en descente, cette douleur disparaît presque complètement. Il faudra que je trouve un moyen de m'en débarrasser et là, ça deviendra tout de suite plus sympa ces trails de fous.


Bon je vais abréger un peu. Ambiance intéressante sur les sommets, dans le brouillard, quand parfois on ne voit pas à 3 mètres devant. De moins en moins difficile de repartir de la douce chaleur des ravitaillements au fur et a mesure qu'on s'approche du but. Quelques passages où on se sent bien, mal nul part, pas fatigué, pas froid, pas chaud, rares mais tellement agréables. Le reste du temps c'est long! Mais des points positifs, pas trop de soucis gastriques, pas trop sommeil, pas trop mal aux jambes, qui me font espérer que les moments agréables deviendrons de plus en plus nombreux au fil du temps, avec l'expérience et l'entrainement.


J'allais oublier l'arrivée. Une dernière longue descente sur Chamonix. Pendant longtemps, j'ai suivi un coureur qui a couru tout le long depuis LA FREGERE. Moi je marchais vite derrière, l'avantage d'avoir des grandes jambes. Au début parce que ça n'était pas évident de doubler, puis ensuite parce que le rythme me convenait finalement. On a doublé pas mal de monde comme ça. Je pensais qu'on irait jusqu'au bout ainsi, mais à trois ou quatre km de l'arrivée, on a commencé à se faire passer par une ou deux personne alors je me suis remis à courir, et là c'était super, je me sentais en pleine forme et j'ai pu tenir un bon rythme de marathon jusqu'à la fin. La ligne d'arrivée à 7h du matin était assez calme. C'était moins émouvant que le départ, mais j'étais content d'être arrivé. 410ème en 21h03. Une bonne chose de faite et plein d'espoirs pour la suite.


Et bien sur, maintenant que mon coquin de cerveau a bien effacé les moments difficiles de ma mémoire, je commence à me demander si je ne vais pas tenter l'UTMB l'année prochaine...


En tout cas ce fut un très bon séjour et une très bonne expérience. C'est vraiment la grande messe du trail. Bravo à tous les coureurs, finishers ou non, et merci aux organisateurs, bénévoles et supporters!

1 commentaire

Commentaire de Goldenick posté le 04-09-2009 à 14:57:00

Bravo à toi pour cette CCC + que réussie!!

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