Récit de la course : La Course du Chemin du Tacot 2009, par Lucien

L'auteur : Lucien

La course : La Course du Chemin du Tacot

Date : 20/6/2009

Lieu : Lavoncourt (Haute-Saône)

Affichage : 1335 vues

Distance : 10km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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COURSE DU CHEMIN DU TACOT

Lavoncourt, petite bourgade Haute-Saônoise situé entre Combeaufontaine et Dampierre sur Salon est un petit coin très calme, peut être par le fait que nous étions samedi et que les habitants étaient tous à Vesoul où à Gray, lors de mon arrivée pas un bruit à part celui de mon véhicule. J’arrive toujours tôt pour me balader dans les lieux où je vais en découdre avec mes collègues sportifs. D’ailleurs comme les 2 autres années je file boire mon café au bar de l’Etape. Je rentre et je vois la patronne qui me dit « vous venez pour la course ? ». Soit elle m’a reconnu, soit elle devine un étranger au village et elle pense instantanément « il ne peut venir que pour la course » a croire que les gens ne se déplace que le 3ème samedi du mois de juin pour venir courir à Lavoncourt , la course du Chemin du Tacot. Petite discussion, deux clients sont là qui prennent part discrètement à nos quelques phrases. Je suis adopté.

 
LE BAR
 

La prise du dossard se passe rapidement car peu de monde est présent. Je me change pour effectuer mon échauffement (1h15mn) toujours tranquillement. Mes derniers entrainements ont été totalement nuls, le plus nuls que je connaisse, encore ce matin je me suis permis de faire 4 petits kms pour voir si mes jambes se rendaient compte que le soir même nous allions faire un 10 kms plein de vitesse et de défonce mentale et physique. Et bien non, elles n’en ont eu rien à foutre. Dépité, craignant le pire, je viens avec l’esprit des mauvais jours. Je sais d’avance que la course est ratée. Mon échauffement se passe tant bien que mal à travers rues et ruelles de ce charmant village. Mes jambes se décontractent lentement et sur la fin quelques fractionnés en côte s’effectuent d’abord doucement puis en accélérations progressives. Je rencontre mon pote Dédé qui ne courra pas, car blessé, mais il fera parti des bénévoles pour rester dans le coup. Merci Dédé, pour nous tous.

 

 

           

LAVONCOURT

 

 Juste avant le coup de sifflet pour le départ de la course, je vois arrivé Julius Caius Caesar en tenue. Il est partout, lui qui n’aime pas le bitume, je lui demande ce qu’il vient faire là. Il me répond qu’il habite à quelques kms et il est venu voir ce qui se passait.

« Je mettrai 1 heure s’il le faut mais je fais cette course en guise d’entrainement » me dit-il.

 

PAN. Dans nos oreilles, nous nous élançons sous une température pas trop lourde, virage à droite et nous prenons la poudre d’escampette en ligne droite avant de tourner à gauche pour un faux plat montant et un vent de face qui nous gène beaucoup. Mes foulées sont bonnes, une partie du peloton est derrière moi et devant les meilleurs sont déjà engager dans une course d’enfer. Le vent s’est mis à souffler encore de plus belle en même temps que la portion de route devenait plate. Une belle descente s’en suit avant d’arrivée à Renaucourt. Je suis déjà sorti du plus gros du peloton alors que le deuxième km est en vue, les spectateurs du village nous accueillent de leurs applaudissements. Sortie du village, la route nous mène à travers champs, le soleil apparaît régulièrement en perçant les nuages de moins en moins menaçants, il fait déjà meilleur que cet après midi où les nuages noires et le vent frais présageait de belles averses. L’allure est régulière et un concurrent juste devant me permet de doser mon effort en suivant son rythme. Il se détache et je reviens sans changer quoi que ce soit à mon rythme, j’ai même cru qu’il le faisait exprès pour me narguer. Il se retourne et fonce de nouveau. Celui-ci il me gonfle doucement.

 

 CLOCHER COMTOIS

 

On tourne sur la gauche vers le 3ème km, je ne m’arrête pas au ravitaillement, le coureur devant  court avec son gobelet et s’humidifie la tête, la nuque et les cuisses. Il a tout à fait raison mais pour moi le vent frais me suffit amplement (j’espère ne pas me planter). Une belle bosse devant nous, nous la grimpons tout à notre aise puis une autre plus longue et là il s’incline sur mon accélération très douce pour préparer le faux plat qui nous attends ou je dois me dégager magistralement d’après mes prévisions. Son souffle me tiendra compagnie jusqu’au 4ème km ou le bonhomme s’évaporeras pour toujours.  Enfin un peu d’ombre par la route qui tourne à droite pour se border d’arbres bienvenus, le soleil se dégage de plus en plus des nuages et le vent souffle moins. Une belle butte se présente à cet endroit, la Haute-Saône plate, tiens donc !!! Le prochain qui me raconte ça, je le livre aux paysans qui lui feront traite toutes les vaches du territoire et là il aura du boulot.

 

 LA CHAPELLE ST ANNE 

Au 4ème km, j’ai en vue un groupe de coureurs, je  m’en approche laborieusement, ils ne sont pas facile, ils sont 5 ou 6, je devine un maillot rouge et un maillot bleu pour les autres je ne m’en souviens plus. On va trop vite sur ce plat dès la sortie de la montée. Ce qui m’a surpris c’est de revenir à Renaucourt, on a dû faire une boucle à travers champs autour du village et de nouveau on nous applaudit. On lève la tête d’un air pas du tout fatigué et dès la sortie du village on traine des pieds et on courbe le dos, harrassés (lol). Nous traversons une bonne partie du village avant de nous engager par la route sur la droite, nos positions n’ont pas changées. Mais j’ai la nette impression que je me rapproche. Ce ne sont  que faux-plats montants et descendants. Je ne dois pas bien voir car les coureurs semblent plus éloignés que tout à l’heure, ils ont dû prendre du poil de la bête ou c’est moins qui court moins bien. De loin je vois Maillot rouge qui  recolle à son groupe et s’en dégage aussi sec pour essayer de se faire la belle mais il est vite repris par ses compères. Avec des guignols comme ça, je n’ai pas fini d’en chier. Mais mon arme redoutable va-t-elle faire des dégâts ?  A l’usure et avec de la patience, je les aurai.

 

PAYSAGE

 

 Bien après le 5ème km, nous tournons sur notre gauche (c’est mon pote Dédé qui nous indique le chemin) tout en me criant « super, t’es dans les temps ». La route se change en chemin carrossable à travers un bois ou il fait bien frais. A cet endroit mes pieds rebondissent sur le sol tendre (les leurs aussi, vous avez du bol sinon…). Maillot rouge est décroché par ses amis, je vais profiter de sa fatigue pour revenir et lui adjoindre une correction. Il m’en a fallut du temps pour le doubler et à ce moment je remarque que c’est un jeune. Il s’accroche, il ne me lâche pas, il ne veut pas être battu par un vieux renard. Accélération, il est encore là. Je garde le train pour l’user, une belle côte se profile tout près. J’attends, il revient et en début de côte Accélération, il s’essouffle, n’attendant pas Accélération et le voilà explosé en milieu de côte. En me défonçant pour mettre hors d’état de nuire le jeune homme, je me suis rapproché du groupe, notamment du Maillot bleu qui ferme la marche un peu en arrière.

 

THEULEY LES LAVONCOURT

Le 7ème km et le ravito sont passés. Pas d’arrêt non plus, pas le temps je suis pressé d’arrivée pour l’apéro. Nous sortons du bois et nous voilà en rase campagne au milieu des champs. Ca vallonne dur, une grosse difficulté nous tend les bras, nous, on n’en veut pas mais on ne peut pas traverser les champs alors on lui rentre dans le lard. Bon dieu que c’est dur mais on tient, Maillot bleu se retourne, t’aurait pas dû !!! Tu as peur maintenant… Tu perds tes forces, ma tronche de fou t’a affaibli. Pas la peine de te sauver je vais te doubler. C’est comme ça que j’ai vécu la chose, je savais que je le battrai à plate couture et celui de devant aussi par la même occasion. Après cette difficulté, un court répit et de nouveau une bosse mais moins longue, je continue ma progression et je me colle aux bask de Maillot bleu, mes jambes sont légères, je ne le double pas je lui fais croire que je suis au bout. J’attends qu’il essaye de me fausser compagnie et là mon gaillard tu verras la tête de fou que je suis. D’ailleurs à peine l’ai-je pensé que le gaillard, au sommet de la côte, tente une échappée.

 

 RAY SUR SAONE 

Nous approchons le 9 ème km et Maillot bleu déroule ses foulées, je l’accroche toujours et cela n’a pas l’air de lui faire plaisir. Nous amorçons la descente sur Mont st Léger. D’une belle allure il se rend à l’évidence qu’il ne pourra plus tenir le rythme bien longtemps. Deux bons joviaux, retraités sans aucun doute, verre à la main, sur la terrasse de leurs maisons en pierre de taille, me saluent et me crient « bonne santé et vient nous voir après ta course », la table est mise avec au centre un gros carafon de rosé limpide qui me fait arrondir les yeux et poussé un cri plein d’appétit.  Je passe devant Maillot bleu en coup de vent, l’écart s’agrandit, il est toujours là à quelques mètres mais je sais déjà que son sort est réglé, je me concentre sur mon autre objectif et il faut faire vite il ne reste plus guère et l’apéro mous attend. D’une nouvelle accélération j’élimine Maillot bleu et double l’autre concurrent. Il ne me reste plus qu’un zigoto devant moi sur le plat final, encore 400 m environ je reviens sur lui mais dans mon sprint il m’a entendu et se retourne. En voyant Tête de fou il se met à galoper comme un cinglé et passera la ligne avant moi sous les applaudissements.

 

 

LA POTERNE  

Très belle course et une ambiance digne des petits villages de Haute-Saône. Les récompenses sur les podiums valent le déplacement. On gagne à la tombola, pour moi ce sera une station météo (horloge, hydromètre et thermomètre). Sympa, mais le meilleur reste à venir.

 

Enfin l’apéro, du bon vin de pêche en grosses bonbonnes pour qu’il y en ait pour tout le monde. Nous sommes tous réunis dehors sous un soleil couchant et vers la table où sont déjà remplis les gobelets. Le service n’a pas attendu, l’un des taverniers nous demande de faire très attention de ne pas prendre le jus d’orange qui a la même couleur, l’ambiance ira crescendo, je file vers Julius Caius Caesar, content de sa course entrainement, nous faisons cette fois-ci plus ample connaissance. Il prévoit de se déguiser prochainement en pingouin mais il lui manquerait un sponsor pour l’aider financièrement. Notre discussion s’anime et d’autres s’approchent intéressé. Fin de soirée très chaleureuse où tous ont partagé leurs expériences, leurs histoires et surtout toutes générations confondus et tous tissus sociaux.

 

LE LAVOIR

 

 

Bien joué Hautes-Saônois, nous avons passé une très belle fin d’après-midi et un très bon début de soirée. Je n’ai pas pu rester pour le repas et la fête de la musique mais ce n’est que partie remise car j’ai vraiment apprécié. Pour ceux qui aiment les 10 kms, l’organisation très simple et mené d’une main de maître. Le parcours très vallonné avec de beaux coups de cul comme on dit dans le jargon mérite le déplacement. Les gens très sympas qui identifient la haute patate nous ont montré ce que l’amitié pouvait apporter à son prochain.

 

Résultat : 10 kms en 41’44s, 21ème sur 105 au scratch et 4ème Vh2 sur 19. 

 

Salut à tous.

             

  

          

2 commentaires

Commentaire de lulu posté le 25-06-2009 à 00:22:00

Bravo à toi !!
un beau récit avec une belle page de tourisme pour couronner le tout.....
Tout plat la haute-Saône qui avaient dit...!?
a +

Commentaire de filipe68 posté le 26-06-2009 à 18:34:00

récit tres sympa, jolies photos, et surtout un chrono de fou, 10 kms vallonnés à ce rythme, moi je ne tiens pas..mais bon je ne suis pas une référence non plus..;)

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