Récit de la course : Trail Blanch' Font Romeu - 23 km 2008, par mic31

L'auteur : mic31

La course : Trail Blanch' Font Romeu - 23 km

Date : 20/1/2008

Lieu : Font Romeu Odeillo Via (Pyrénées-Orientales)

Affichage : 2330 vues

Distance : 23km

Matos : Appareil photo

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Trail Blanch Font-Romeu

 

 

Trail Blanch Font-Romeu
Samedi 19 Janvier, j arrive à Font Romeu vers midi, mais gagner cette espace de liberté fut risqué avec 3 radars mobiles, symboles de la répression pompe à fric, franchis de justesse en 200 km de route.

Je rencontre sur le site Stéphane, un des organisateurs, ainsi que Sylvain, Tintin reporter de Trail Attitude, avant d’installer mon petit stand de présentation des Citadelles.

La concurrence ne sera pas féroce, je suis le seul exposant du salon !


Un coup de fil plus loin, me voici à Osseja où je retrouvre avec plaisir Olivier et Jeff, plus connus comme Isard66 et Corto sur Kikourou. L’accueil et le repas sont des plus chaleureux en compagnie des proches d’Olivier.


Au centre Samuel Arroyo, le célébrissime coureur de l'affiche des Citadelles.
A l’heure de la sieste, je rejoins le salon et mon stand où se succèdent inconnus enthousiastes, curieux venus d’Espagne ou d’Italie et bon nombre de trailers déjà croisés ici ou là.


Le soir venu, effrayé par le froid et le possible verglas, je décline l’offre de repas d’Olivier et je me réfugie dans la chaleur de l’Hôtel où de grands appétits ont du séjourner...


A cause d’un réveil mal enclenché, je rate le départ du 51km, me réveillant à peine 15 minutes avant. Mandaté par Esprit Trail pour couvrir la course, ma carrière de journaliste débute mal…



Le temps de me préparer et de strapper pour la première fois ma cheville tordue une semaine plus tôt, j’arrive au self 1 heure avant mon départ pour déguster le petit déjeuner offert aux coureurs. On est loin des conseils préconisant d’avaler le dernier repas 3h avant de courir…Je m’échauffe ensuite sur la route, rencontrant à nouveau de nombreux compagnons de courses et de sorties. J’aime plus que jamais l’ambiance qui règne dans le monde chaleureux du trail.

Le briefing passé, le départ est donné vers 9h30, pour les 24km et 1070m d+ de ce Trail Blanch, ainsi que pour la boucle de 13km.La course s’annonce pour moi simple et prudente : préserver à tout prix ma cheville blessée, faire de belles photos pour le magazine et découvrir la course sur neige. Autant dire que je ne suis pas là pour la performance.



Je pars donc tranquillement, d’autant plus que le début de parcours n’est que partiellement enneigé et que les défauts du terrain menacent ma cheville. Je n’hésite pas à m’arrêter à chaque fois que le décor se prête à une belle photo, ce qui est pratiquement permanent dans ces paysages de rêve.

La pente commence petit à petit à se redresser alors que l’on se dirige vers le refuge de la Calme, premier ravitaillement, où le parcours du 13 et du 24 se séparent.


Ayant sur moi le profil de la course, je sais que l’on a déjà avalé plus de la moitié de la grande montée.

La piste qui monte vers le Roc de la Calme est damée et sans risque pour moi.

Le sommet passé, la partie devient plus technique et un bénévole me conseille d’ailleurs de ranger l’appareil photo avant la descente.


Voilà un homme sensé car la partie n’est pas gagnée dans cette forte descente plus ou moins gelée. C’est un festival de glissades auquel j’assiste et participe, sous les encouragements et les rires des skieurs qui nous survolent sur leurs télésièges.

La neige est gelée par endroits, profonde à d’autres et piégeuse partout.

 

Après 2 ou 3 gamelles, j’arrive en bas sans casse mais les pieds congelés par la neige qui a pénétré à l’intérieur des chaussures.

Ne jouant pas le chrono, je n’hésite pas à privilégier le confort en me déchaussant pour repartir quelques minutes plus tard les pieds relativement au sec.

Rapidement, je rejoins le 2ème ravito avant de longer l’étang gelé des Pradeilles. N’étant pourtant pas un débutant en trail, je suis sur le sentier qui parait évident 2 autres coureurs. Les cris d’un photographe placé plus bas nous indiquent heureusement que nous prenons la mauvaise direction. Nous suivons dans les bois le balisage jaune de rando et hésitant au bout du lac, nous nous dirigeons vers des balises, étrangement plus longues que les autres. Arrivés en haut de quelques rochers, plus rien. On se retrouve là une vingtaine à "jardiner" un peu dans tous les sens avant de redescendre et de retrouver des traces de pas et une balise…Ce sera le seul point négatif de la course, un balisage insuffisant aux alentours de l’étang des Pradeilles.


L’incident est vite oublié devant la beauté permanente du circuit et l’expérience qui nous attend : se lancer dans la traversée de l’Etang noir, entièrement glacé.

 

Il est sûr que de moi-même je n’y aurais jamais posé un pied alors qu ici nous nous lançons par dizaines sur cette grande patinoire.

 

Impressionnante traversée, sur une surface glissante par endroits et fendillée à d’autres, comme si la glace était prête à céder. Il suffit d’avancer en évitant de trop réfléchir…


Le lac suivant est également gelé et encore plus glissant. Prudent, je réalise toute la traversée en marchant et en essayant de garder l’équilibre. Certains équipés de chaussures « cloutées » passent en courant. D’ailleurs des coureurs me feront part plus tard de leurs doutes quand à l’égalité des concurrents face à ces différences d’équipement.

 

Nous rejoignons ensuite le refuge du Carlit, croisant sur notre chemin les coureurs du 51km qui en ont terminé avec leur boucle autour du Lac des Bouillouses.




Les charmes du peloton qu'on a pas en tête de course...

Le ravito est ici en partie salé et j’apprécie les dés de fromage qui me changent des gâteaux et des pâtes de fruit que je trimbale. Sur le barrage et comme depuis le départ, je prends le temps d’admirer le paysage et de faire de nombreuses photos.

Le décor est trop beau pour foncer tête baissée vers l’arrivée.

J‘immortalise en passant la webcam qui nous permet depuis des semaines de jauger le niveau de la neige autour des Bouillouses.

Le terrain est ensuite très roulant, presque sans piège, puisqu’en quittant la trace pour faire une photo de mes poursuivants, je fais une magnifique roulade arrière sur une plaque de glace. Pas de bobo, je déclenche l’appareil et je repars. Partie plane et sans risque, je commence un peu à accélérer, vu que je l’ai joué très cool jusque là.


 

Passé le dernier ravito aux Pradeilles, on attaque une véritable montée d’anthologie : elle commence dans les bois, par une pente qui se redresse peu à peu.

Le sentier est monotrace et en super forme je ronge mon frein dans la file indienne qui serpente entre les arbres. Impossible de doubler, il me faudrait quitter la trace et m’épuiser dans la neige épaisse.

Frustré, je sors du rang pour prendre quelques photos des skieurs qui descendent à côté de nous. Je repars à mon rythme et me retrouve aussitôt bouchonné dans la file.

 

La montée s’accentue encore alors que nous arrivons à découvert sur une piste que dévalent les skieurs. Je peux enfin doubler et je commence à faire la course à mon rythme et à reprendre des places par poignées.

 

La montée semble interminable avant de rejoindre le sommet du Roc de la Calme. Conscient d’avoir fait le plein de photos, les grandes pistes damées qui s’ouvrent devant moi me laissent le loisir de courir enfin à un bon rythme, sans danger pour ma cheville.

 

Un passage en neige plus profonde me rappelle à la prudence avant de retrouver de nouvelles pistes où je peux foncer et reprendre un à un de nombreux coureurs épuisés, qui trottinent ou qui marchent.


 

Enfin à fond...
Un bénévole à qui je ne demandais rien m’annonce qu’il reste 3km.Le truc bien démoralisant au vu de ce qui restait réellement à parcourir, mais le trailer expérimenté sait que les bénévoles ne savent généralement pas où ils se trouvent exactement.

L'heure du repos pour un des coureurs.

La fin de parcours est plus technique et en conséquence plus prudente pour moi : un petit sentier glissant descend le long d’un ruisseau avant de rejoindre une prairie bosselée, puis une dernière traversée de forêt me ramène aux abords du lycée et de l’aire d’arrivée. Après 3h26 de course version semi touriste, je pousse le professionnalisme journalistique jusqu’à arriver juste quelques minutes avant le premier du 51km.

Ainsi, ravitaillement en main, j’ai le plaisir de m’entretenir avec Antoine Guillon, grand vainqueur de cette épreuve et Luc Neppel 4ème derrière 2 Espagnols .

Je rejoins ensuite le dernier ravito du 51km depuis lequel je remonte la course en croisant les coureurs , plus ou moins en forme.



La fin est proche...





Sylvain passe aussi, épuisé par ce parcours exigeant.

Assis au soleil, je fais de nombreuses photos, parfois encouragé par des concurrents qui me prennent pour un des leurs, épuisé.

Puis c'est au tour d'Olivier de passer, apparemment en assez bonne forme.

Alors que l'ombre gagne, je laisse un message d'encouragement à Jeff et je reviens sur le site de la course pour retrouver avec plaisir plein de connaissances au self, dont les trailers pirates de Bram dont je partage la table. Un bon repas nous attend, lasagnes, entrées à volonté et gâteau au dessert. Les coureurs sont vraiment chouchoutés par l'organisation.


Le dernier ravito.

Et puis il est temps de quitter tous mes potes pour rejoindre très difficilement Toulouse, après un terrible ralentissement entre Luzenac et Tarascon. Pas très bon pour les radars et les caisses de l'état tout ça…
Salut amical à toutes celles et tous ceux avec qui j'ai partagé ce grandiose week-end, la liste serait trop longue...
La même version avec présentation sur fond noir est sur mon blog :
http://ultrapassions.blogspot.com/2008/01/trail-blanch-font-romeu.html
***

 

2 commentaires

Commentaire de BENIBENI posté le 22-11-2008 à 16:55:00

Ca donne vraiment anvie de le faire, je vais faire tout mon possible pour y aller cette année !

Commentaire de Gibus posté le 23-11-2008 à 22:19:00

Bravo Mic
Ca a l'air fort joli
Ce soleil et cette neige.

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