Récit de la course : Saintélyon 2006, par vboys74

L'auteur : vboys74

La course : Saintélyon

Date : 3/12/2006

Lieu : Saint Etienne (Loire)

Affichage : 3044 vues

Distance : 68km

Objectif : Se défoncer

4 commentaires

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Le récit

Saintélyon 2006 : Objectif 7h00 !

Me voici un an après ma première course, de retour sur la Saintélyon avec mon oncle, mon beau-frère et un copain! Au total, 3 « Stéphane » : Stéphane de Dijon (Amibugs), Stéphane de Lyon et Stéphane de Chamonix .

Je me préparai phsycologiquement depuis plusieurs mois pour cette course afin de me défoncer et améliorer mon chrono de l’an passé. Certes 8h20 ne paraissait pas difficile à battre, mais bon quand même !

Ma préparation physique fut dans la continuité des Templiers 2006, c’ est à dire récupération puis reprise progressive et enfin repos avant la course. J’axais mes efforts principalement sur le dénivelé sur sentier de montagne en courant ou en alternance de marche et de course. Donc beaucoup de dénivelé, mais une perte de vitesse conséquente sur le plat. En trois mois je cumulais environ 34000m de D+ et 650km uniquement au plaisir et au feeling : rien de formaté et de rigide, pas de piste (beurk) et 1 % de route.

Je rejoins Lyon chez mon beau-frère et retrouve plus tard mon oncle et Stéphane de Cham.
On parlemente, discute de la météo, de la tenue et des objectifs de chacun. Mon oncle court pour la 3ème ou 4ème fois, les deux autres Steph pour la première. Steph de Lyon est le néophyte de la bande…quand il va lire ça, il va encore me traiter de « père fourrasse » !
Il s’est mis à la course dernièrement pour retrouver la forme (…je suppose) et par défi.
Il a pas arrêté de se plaindre : « j’ai mal aux genoux, j’ai mal là… »et patati et patata…
Mais il y est arrivé et dans le temps qu’avait prédis « père fourrasse »…hein Stéphane ?
Et maintenant, après avoir dit « plus jamais ça », il en reveut du biscuit !

Nous sommes dans la salle de St Etienne, on se détend trankillou en attendant le départ.
J’ai choisi finalement de me charger un peu en prévision de la pluie, même si le froid n’est pas au rendez vous. Cependant je pars en collant, chaussure 100% trail, tee-shirt ML et gilet coupe-vent Odlo, frontale Tikka et lampe à main, 1.5l de boisson et 5 Gels, veste et couverture survie dans mon sac Salomon, Forerunner 205 au poignée .


Départ :
On se déplace vers le départ et nous nous plaçons derrière les autres comme nous devrions tous le faire…Derniers mots entres nous quatre et nous nous souhaitons bonne chance. Le départ retentis et le flot met près de 2mn à s’ébranler là ou nous sommes. Je pars doucement avec Amibugs le temps de s’échauffer un peu, d’ailleurs je testais un gel chauffant sur les cuisses et j’en avais trop mis, je croyais brûlé vif (ne jamais testé le jour d’une course…hein on le sait !!!). Après quelques kilomètres j’accélère progressivement pour m’en tenir au temps que je m’étais fixé sur chacun des points de ravitaillement. Ainsi je m’étais créé une fiche de course sous Excel pour me guider.


Sorbiers 0h38 pour 0h40 prévu :
La longue ligne droite goudronné sort de la zone industrielle se poursuit par une cote moyenne menant sur le 1er ravitaillement. Je récupère une tranche de pain d ‘épice, 2 tucs, 1 morceau de banane et 2 verres d’eau que je prend soin de jeter dans une poubelle… certes mal placée, mais on peu quand même le faire. Je ne perds pas de temps et grignote en marchant dans la cote raide qui suit. En haut de la route, on bifurque dans notre premier chemin vers la droite et l’on n’a déjà atteint une certaine hauteur sur l’itinéraire. Le sol n’est pas technique mais glissant et boueux. Suivrons une série de petites montées et petites descente jusqu’à St-Christo.

St-Christo 1h28 pour 1h30 :
Pas souvenir!

Moreau 2h07 pour 2h05:
Toujours pas !


Ste Catherine 2h39 pour 2h45:
Seul souvenir qu’il me reste, c’ est le changement du lieu du ravitaillement, cette fois ci sur le stade, au lieu de la salle des fêtes minuscules de l’année dernière. Il y a vraiment de la place mais rien sur les tables, juste un peu d’eau et quelques trucs à manger ! Je crois vraiment halluciner, alors je préfère quitter la zone et là un machin de dingue, mais jamais je n’aurais pu imaginer ça : on me propulse dans une table ! Je suis scotché par un coureur…non un connard, oui un vrai avec le sourire et un ricanement en plus. Il joue avec plaisir au auto-tamponneuse, mais vraiment il joue ! Il me regarde et me bloque ! Il tends son bras, oui son bras par dessus moi, pour agripper quelques choses…je me dégage et il me regarde partir en rigolant ! Affligeant !
Très mauvais souvenir que ce ravito.

Beau sentier que le bois d’Arfeuille. La pluie fine mais surtout le brouillard est là depuis un certain temps. Ma lampe à main n’a plus de piles et ma tikka a 3 leds ne fait plus le poids.
Je rage de n’avoir pas pris cette année des piles de rechanges pour ma lampe à main comme l’année précédente. Le chemin n’est pas technique mais nécessite de regarder ses pieds !

Je reconnais même l’endroit où mon oncle avait chuté.
Je découvre au moins 5 personnes blessés dans le bois qui tentent de rejoindre le prochain ravito en titubant.


St-Genoux 3h24 pour 3h25 :
Après une légère montée, la descente sur Lyon débute dans ce coin. Certes ça descend mais la vitesse est un ton en dessous à cause de la fatigue et du brouillard très tenace.

Soucieux 4h25 pour 4h32 :
Je me vois y arriver en passant dans les rues de la villes. Je me vois au ravitaillement ou il y a plus grand chose sur les tables, mais c’est mieux que l’année dernière ! En 2005 plus rien à part l’eau des toilettes !

On continue dans la ville puis on passe à un moment dans un long parc en partie éclairé ou je vais commencer à avoir mal au ventre ! La douleur similaire au templiers, me fera m’arrêter de nombreuses fois afin de détendre la partie abdominale en me pliant en deux. Le corps est là, l’esprit aussi, mais faut que je détende les abdos absolument. Je me suis retrouvé dans la crainte de revivre les Templiers, mais la douleur apparaîtra en alternance sur environ 15km.
Cependant cette alternance de moment calme et de douleur ne me fit pas trop perdre de temps sur mon objectif.
Au bout du parc dans le noir, on bifurque à gauche dans un layon raide et boueux, sorte de lit de ruisseau ou doubler est difficile. D’ailleurs j’ai doublé personne ici.

La descente sur Beaunant se passe pareillement et la douleur passe et réapparaît. Je me demande si je ne vais pas stopper quelques minutes à Beaunant l’histoire de décontracter tout ça.

Beaunant 5h46 pour 5h53 :
Je survole finalement le ravito, remplis ½ l de mon camel et fonce vers l’arrivée. Je suis malgré tout en avance sur mes prévisions de 7h00, mais j’aurais besoin d’un maximum de temps sur les fameux quais qui m’ont beaucoup fait souffrir l’année dernière.
Mais cette année, le pire a été cette interminable descente en balcon sur les quais .
Le fleuve est juste dessous, mais la descente se fait mètre par mètre : interminable !
Les articulations des hanches me font souffrir mais les muscles sont frais.
Comme a mon habitude dans le moment difficile j’ alterne course et marche ce qui me permet encore une fois de ne pas trop perdre de temps.
Il fait toujours noir mais j’aperçois le pont métallique qui nous enjambe. Je passe dessous et prolonge sur les quais jusqu’au bout de la presqu’île cette année !
Reviens vers l’arrière et passe en vitesse le dernier pont avant de m’engager sur la berge finale. J’accélère progressivement et réalise les 2 derniers kilomètres à 13.5km/h sur un nuage, étonné d’en avoir encore sous la pédale !
J’ai pas le temps de dire ouf que je passe la ligne d’arrivée en 6h55 environ sur 7h00 prévu.
Pas mécontent du tout, je prend mon tee-shirt jaune cocu et part m’installer dans les tribunes attendre mes camarades de courses.


Points négatifs :

- Le monde au depart
- Les déchets et gobelets au sol …vraiment incoyable !
- La position des poubelles contre les tables !
- Les relayeurs qui jouent des coudes…oui oui
- Les auto tamponneuses aux différents ravito.
- Le manque de denrées sur Ste Catherine
- Le démontage de l’arrivée avant le passage des derniers !!!!!!!! Une honte !
- Le son de la sono à St Etienne
- Le speaker quasi absent pour les derniers à Lyon.
- Le nombre de toilette a St Etienne …
- Le fait de mélanger Relayeurs et Solo (15mn de différence insuffisant)

Points positifs :
- La facilité de récupérer son dossard
- La vitesse pour déposer son sac d’allégement à St Etienne
- La facilité pour récupérer ses affaires à Lyon
- La salle d’arrivée à Lyon
- Le repas de fin de course correcte.
- Les douches, soins…
- Les moyens de transports pour se rendre à Lyon ou St Etienne.
- La volonté de bien faire des Bénévoles

Ps : Je me disais plus jamais la STL mais je serais présent en 2007 pour soutenir mon beaufrère qui veut repartir au charbon ! Mes camarades seront tous « Finisher ».

4 commentaires

Commentaire de l'ourson posté le 10-12-2006 à 17:28:00

Belle revanche sur ta SaintéLyon 2005.., c'est tonton qui doit être content pour toi ;-) Encore un peu d'entrainement et tu pourras décrocher ta Sainté d'Or l'an prochain!!

Commentaire de amibugs posté le 10-12-2006 à 18:08:00

Ben oui, Tonton il est content ! ;-)
Belle perf, en quasi parfaite correspondance avec ton objectif.
Ca va donner sur l'UTMB, ça va donner...
Pour ma part, quelques jours de repos total avant une reprise progressive de l'entraînement ;
j'attends le retour du plaisir et de l'envie de courir.
A + Seb et encore bravo pour cette course.
Stéph de Dijon

Commentaire de Kiki14 posté le 10-12-2006 à 19:46:00

merci vboys pour ton récit ça éclaire (malgré les piles défaillantes) pas mal sur la dureté de cette longue course et ça me donne l'occasion de te dire Bravo

Commentaire de vboys74 posté le 13-12-2006 à 20:20:00

Merci à tous!
Avoir la sainté d'or, ca va être dure dure!
Mais on y croit, on y croit...lol
seb

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