Récit de la course : Marathon de Paris 2000, par augustin

L'auteur : augustin

La course : Marathon de Paris

Date : 9/4/2000

Lieu : Paris 16 (Paris)

Affichage : 363 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Terminer

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Marathon de Paris 2000 – mon baptême

Mon premier marathon…

Quand le rêve devient réalité…en effet je comptais courir le marathon de la Liberté (Caen) en 1999 mais on ne m’a pas accepté…car je n’avais que 19 ans!

 

Je ne suis pas seul dans cette aventure, une bande de joyeux lurons m’accompagne, parmi lesquels mon parrain et 5 amis, tous expérimentés sur cette distance.

En terme de préparation j’avais calé 5 semaines auparavant les 30 km de St Paër (en Normandie) puis le dimanche d’après le semi marathon de Paris.

 

Le samedi nous allons retirer nos puces et dossards, jusqu’ici je retrouve l’organisation des semi mais je suis surpris par la foule. Je n’ose même pas imaginer ce que cela sera demain !!!

Les quadragénaires avec qui je vais courir, je les connais bien ce sont tous des amis de la famille depuis qu’ils sont nés ou presque et j’apprécie d’être avec ces « vieux briscards » de la route. Ils me titillent en pronostiquant un temps canon (moins de 4h) et moi je leur réplique que mollo, c’est mon premier et je n’ai que 20 ans alors il ne faut pas que je brûle les étapes!

 

Lever très tôt comme il se doit, je vois le plat de pâtes s’offrir à nous, pas très tentant à 6h du matin !!! Bon on prend des forces quand même et je me repose tranquillement dans la foulée en bouquinant en attendant le lever « définitif »

Avant de partir ils me proposent une goutte d’armagnac…non vous êtes gentils les gars mais ça ne me dit trop rien votre truc !

 

On file se placer, il y a déjà beaucoup de monde et je prends place avec mon parrain. Nous nous concentrons sur le départ imminent, il fait froid mais c’est normal m’explique t’il.

Enfin le coup de pistolet libérateur, mais la foule devant nous est dense et nous mettons du temps avant de pouvoir passer le portique et pouvoir courir à peu près convenablement.

Déjà le 1er km, aie au chrono ce n’est pas terrible nous passons en plus de 5’

Bon progressivement le flot s’étire et on peut mieux courir, n’empêche je ne comprends pas l’intérêt pour ceux qui courent doucement de partir devant ???

Au 5ème kilomètre nous passons en 22’, avec mon parrain nous avons les mêmes foulées et allures, chose rarissime !

Passage au km 10 en 43’ tout baigne, c’est la fête nous refaisons un peu notre retard, je connais déjà cette partie du parcours car le semi avait lieu quelques semaines auparavant.

Déjà le 20ème en 1h 27 puis immédiatement après ça bipe de partout lors du passage au semi (en 1h32), bon restons concentré jusqu’ici c’était la partie « facile » !

Nous continuons notre bonhomme de chemin et arrivons au km 25 en 1h50, jusqu’ici tout va bien…

Chouette le 30ème est en vue, un coup d’œil sur le chrono m’indique 2h13 et maintenant pour moi au-delà c’est l’inconnu, et je sais que c’est là que tout va se jouer ! Je pense au fameux « mur » et espère ne pas avoir rendez vous avec lui, gagné une arche gonflable au km 32.7 (si je me souviens bien) nous indique « bravo, vous avez franchi le mur » J

Bon là ça devient dur, je fatigue et les foulées deviennent moins souples et désormais je suis seul, j’ai laissé mon parrain filer devant car je ne veux pas le retarder, je luis dis de faire sa course et rendez vous à l’arrivée. J’ai déjà été son boulet pendant plus de 30 km !!!

Au passage du 35ème, je prends le temps de m’arrêter au ravito et de m’étirer contre un arbre. Cela fait 2h40 que je cours et je suis claqué! Le redémarrage est douloureux et les jambes sont dures mais je m’accroche et commence le compte à rebours…

Bon an mal an je passe au km 40 en 3h07, alors là je suis tout fou je sais que je finirai ce premier marathon, avec un chrono inespéré et je savoure ces derniers kilomètres, je ne ressens plus la douleur, les jambes avancent toutes seules et je me régale. Je ne cherche pas à sprinter, juste à avoir une foulée efficace et je me dirige vers l’arrivée, ou sont amassées un nombre incroyable de personnes avec un bruit d’enfer.

 

Au final je passe la ligne en 3h19’40, je suis fou de joie, c’est inespéré jamais je ne m’étais attendu à faire un tel temps ! Je finis 4 323ème au général sur 27.396 et 26ème espoir sur 218 (ma catégorie)

Je retrouve mon parrain, je pensais que lui était loin devant mais que nenni il termine avec « seulement » 48 secondes d’avance sur moi! Nous tombons dans les bras l’un de l’autre, c’est un jour extraordinaire et hautement symbolique pour nous car son dernier marathon correspond à mon premier, comme un passage de témoin !

A l’arrivée je retrouve aussi celle qui va devenir ma femme quelques années plus tard, elle est venue applaudir ses champions (mon futur beau-père et moi!) et je suis vraiment heureux de la voir à mes côtés.

 

Enfin, je tiens à remercier mon parrain pour ce succès car c’est à lui que je le dois, lui qui m’a coaché depuis le début de ma préparation et avec qui j’ai partagé mes entraînements.

Pour moi il a toujours été le top coureur aux multiples casquettes, coureur de marathons prestigieux (une palanquée dont NY plusieurs fois) et organisateur d’un défunt marathon. Je l’ai vu courir depuis que je suis tout petit et je suis heureux d’avoir pu échanger autant avec lui grâce à cette passion commune !

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