Récit de la course : Le Grand Raid des Pyrénées - Le Tour des Cirques 2017, par poildepoilly

L'auteur : poildepoilly

La course : Le Grand Raid des Pyrénées - Le Tour des Cirques

Date : 25/8/2017

Lieu : Vielle Aure (Hautes-Pyrénées)

Affichage : 1127 vues

Distance : 120km

Objectif : Terminer

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Mon tour des cirques

Piau Engaly, 24 aout 2017, départ du tour des cirques. Le moral n'est pas là. Pourtant, tous les voyants sont au vert : pas de blessure, un entrainement aussi cohérent que possible, sur le fil entre le trop et le trop peu, une météo au top, une bonne partie de la famille en supporters de choc (il est bien difficile de convaincre un ado de faire quelque chose dont il n'a pas envie...) et pourtant, une simple gourde qui fuit, suffit à me faire douter du bien fondé de cette entreprise un peu folle... 120km dans les Pyrénées, dans mes Pyrénées... Je connais quasiment chaque pierre du parcours grâce à maintenant 20 ans de randonnées estivales dans ce coin de paradis. Bref, tout ça pour dire que je ne suis pas tranquille et que j'ai peut être vu un peu grand pour un corps si petit...

Malgré tout bien décidé à prendre les ascensions les unes après les autres (comme si on avait le choix...), je me prépare au départ avec un sac trempé à cause de cette *@ de gourde. L'ambiance monte et, avec elle, la confiance revient. J'adore me laisser griser par l'ambiance et l'euphorie de ces instants si particuliers...

C'est donc parti en musique avec Cold Play. La première ascension, je la connais par coeur pour m'être amusé à la monter tous les soirs en février dernier pendant ma semaine de ski, avec mes boots de snow aux pieds et ma planche dans le dos. Enfin, tous les soirs, sauf le dernier, car à midi de ce même dernier jour, je n'ai rien trouvé de mieux que de me péter le poignet lors d'un saut (il aurait été si beau avec un peu plus de style à la réception!)... D'ailleurs, mon cerveau tente de me dire des trucs car cette blessure qui ne s'est pas rappelée à mon bon souvenir durant tous mes entrainements, vient subitement de se réveiller dans cette première montée... Quand je vous dit que le moral n'est pas là.

Toujours est-il que ces sensations bien moyennes m'évitent de partir trop vite, ce qui n'est pas le cas de tout le monde. On dirait que le peloton est parti pour un petit 40 km et je me retrouve, sans vraiment le faire exprès, dans les 100 derniers sur un total de 782 participants! Je me rassure vaguement en me disant que la course est encore longue et que tout le monde ne continuera pas à ce rythme.

La piste est large, monte régulièrement et sans surprise, le sommet se profile rapidement devant moi. La descente est bien casse-gueule dans sa première partie mais les jambes sont encore en pleine forme et rattrape facilement les petites imprécisions de trajectoire...

Le ravito sera vite expédié, je ne m'y arrête même pas ! Il faut dire que je dois avoir de quoi tenir plusieurs jours en autonomie totale avec ce que j'ai dans le sac. Un vieux sage m'a dit un jour, qu'on ne remplissait son sac qu'avec ses peurs... J'ai toujours su que j'étais un foutu trouillard et avec 7.5 kg sur le dos, j'en ai la confirmation si d'aventure j'en avais besoin! Néanmoins, j'ai doublé pas mal de monde, notammant dans la descente et me voilà 516ème à mon retour à la station.

C'est ensuite direction le Col de Campbiel, en empruntant la magnifique vallée du Badet surplombée par le Pic Méchant (qui tient son nom de l'oxyde de fer qui parsème son sommet et qui a la vilaine manie d'attirer la foudre, c'était la minute office de tourisme). La montée est douce ou plus précisément, et au vu de ce qui nous attend plus tard, ce n'est pas trop compliqué jusqu'au mur final qui mène au col où les choses se corsent un peu. Le passage du col se fait en mode éclair pour la simple et bonne raison que le vent s'est levé, que la pluie a fait une apparition légère mais remarquée et que du coup, la chaleur n'est plus du tout, mais alors plus du tout, au rendez-vous... Elle reviendra!

Suit la looongue descente vers Gèdre. Je dois bien avouer une chose, je redoute les descentes pour la simple et bonne raison que j'adore les descendre vite mais que, malheureusement, je me fatigue tout aussi vite (et ce, d'autant plus que l'entrainement à la descente dans le Loiret est loin d'être évident...). Alors je me force à prendre un train de sénateur pour affronter ces 1600m de dénivelé négatif. Visiblement, nous ne sommes pas tous dans le même état d'esprit car je me fais régulièrement enrhumer par toute une troupe d'excités de la basket (je soupçonne certains de frôler les 14 km/h...). Je dois confesser, à ma plus gande honte, avoir ressenti une petite pointe de joie des plus mesquines lorsque j'en retrouverai un au ravito de Gèdre, les bras en croix dans la pelouse avec des ampoules plus grosses que mes pouces à chaque pied...

Mais trêve de digressions, la descente est certes longue mais elle ne m'entame pas le moins du monde, même si au fur et à mesure de celle-ci, la température suit exactement la courbe inverse de l'altitude... Je me surprends même à maintenir sans effort mon petit trot sur les portions bitumées qui mènent à Gèdre et je commence à reprendre pas mal de places (indéniablement, l'idée de retrouver toute la petite famille me donne des ailes). J'arrive donc à Gèdre, en pleine forme, le sac bien allégé par une grosse consommation d'eau et le sourire aux lèvres à la vue de toute ma tribu de supporters. Je me retrouve 400ème.

C'est alors que je commets une grosse erreur... Elle part pourtant d'un raisonnement logique : je sais que la montée suivante vers le lac des Gloriettes est un véritable morceau de bravoure, du coup je veux prendre des forces, je grignote un peu tout et n'importe quoi, je bois deux pleins quarts de soupe et refais les niveaux du sac (euh... Enfin, il faut comprendre : je me fais servir comme un prince). Malheureusement, la violence de l'effort et la chaleur font que mon estomac me chuchote à l'oreille, dès la sortie de Gèdre, que je suis bien mignon, mais qu'il a atteint ses limites et que désormais, je devrai me passer de ses services... Impossible de manger, mais aussi de boire... C'est un jeu que je sais ne pas pouvoir jouer très longtemps surtout par cette chaleur... Pour ne rien arranger les défaillances s'enchainent autour de moi et le spectacle tout au long de la montée est tout sauf réjouissant... La connaissance du terrain me permettra de surmonter ce gros coup de moins bien : je sais qu'avant d'arriver au lac des Gloriettes et donc de poursuivre l'ascension vers la Hourquette d'Alans, il y a un bon bout de plat. Il faut que je tienne jusque là pour avoir une chance de me refaire. Le contrat sera rempli : je me force à marcher sur ce superbe plateau malgré les concurrents qui ne manquent pas de me doubler et dont je ne peux m'empêcher de croire qu'ils affichent de petits sourires satisfaits en pensant à ce petit rigolo qui s'est cru plus beau qu'il n'est...

J'ai toujours pensé que, plus on souffre, plus le paysage est beau... Et bien croyez-moi, je n'ai jamais trouvé le Cirque d'Estaubé aussi beau ! Je me console facilement car quelque chose me dit que je suis passé très près du KO!

Petit à petit, mon estomac se retape et finit par digérer mes excès. La montée de la Hourquette d'Alans se fera sans encombre, désormais je peux boire et manger sans avoir peur de vomir, c'est le pied. Les kilomètres défilent et je commence à me rassurer en me disant que, même si je coinçais maintenant, je ne serais pas complètement ridicule. Puis c'est la descente vers le Cirque de Gavarnie en passant par le refuge des Espuguettes. Le coup est dur en arrivant à ce ravito : plus de soupe, par contre, le jambon... Un vrai régal pour l'âme et le corps. Je repars vite et en grande forme, je suis invulnérable. Le chemin pour rejoindre la cascade est superbe, niché dans le falaises et étrangement l'idée même de passer la nuit dehors ne me paraît plus complètement débile ! Je sais, par expérience, qu'il faut se méfier comme de la peste de ces moments d'exubérance, aussi je me force à ne pas m'enflammer.

Je passe tout de même à l'Hostellerie du Cirque en coup de vent, je veux arriver à Gavarnie avant la nuit. Je suis alors 281ème !!! Et, comme à Gèdre, j'ai hâte de retrouver les miens. J'avais plus ou moins prévu d'alterner marche et course en suivant le gave de Gavarnie, mais pas moyen je trotte, certes pas très vite, mais je trotte tout du long.

Une fois de plus, je me fais servir comme un prince, je profite de la pause pour changer mes chaussettes et m'apercevoir que mes pieds sont comme neufs. Les sensations sont au top pour affronter la nuit. Avant de repartir, il est temps de chausser la frontale (je me suis équipé d'un phare de bagnole car des problèmes de vue me font bénéficier d'une vision digne d'une taupe neurasthénique). Heureusement, la nuit est clémente (je redoutais plus que tout le brouillard), je n'aurai même jamais besoin de mon T shirt à manches longues.

Pour affronter la nuit, les consignes du directeur de course ont été claires : éviter à tout prix de rester seul et, au besoin, attendre un groupe pour avancer... J'ai toujours été un mauvais élève... je pars donc seul et ça me plait beaucoup ! Je connais très bien la partie jusqu'à Gèdre et je ne m'enflamme pas, je sais que la remontée vers les Granges de Saugué est affreuse et que la descente sur Gèdre est pire encore. Bizarrement, ces difficultés passent bien et me voici de retour à Gèdre en 236ème place. Je m'attends à ne voir que ma femme, mais les enfants en ont décidé autrement et malgré un peu de brume dans les yeux, ils font de la résistance alors que minuit approche. De mon côté, le fait de me poser sur un banc me rappelle que je suis peut-être bien un peu fatigué quand même, la reprise de la course est rude et j'aborde la partie que je connais le moins bien jusqu'à Luz. Bref, le rythme est piano piano en cette sortie de Gèdre.

Toujours seul, je commence à faiblir. La frontale s'avère une grande alliée mais aussi une traitresse redoutable car elle éclaire tellement bien, qu'elle révèle devant moi la rubalise sur plusieurs centaines de mètres et je peux ainsi apercevoir le chemin qui monte inlassablement dans la montagne. Un groupe me rejoint... me double... je m'accroche quelques temps mais je dois vite me rendre à l'évidence : la solitude me réussira bien mieux que ce rythme trop rapide ! Je prends ma première pause hors ravito et je peine à repartir... Finalement la nuit tient toutes ses promesses.

J'atteins enfin les passages dotés d'une main courante que j'avais repérés sur le roadbook, puis la conduite forcée, et je me surprends à espérer en finir avec cette interminable montée.

Quelques temps plus tard, c'est la délivrance : la pente s'adoucit pour déboucher sur un plateau et bientôt je peux me remettre à trottiner dans la descente (non sans avoir eu au préalable, un éclair de lucidité qui me fait me rendre compte des dures réalités : la bosse que représente cette montée sur le profil est vraiment ridicule au vu de ce qui m'attend après Luz...).

Je récupère alors un compagnon d'infortune qui ne restera pas longtemps à mes côtés (mais que ça fait du bien de papoter un peu) et qui m'évitera de me croire devenu complètement fou lorsque nous nous mettrons à entendre de l'accordéon : rien de moins qu'un petit ravito sauvage en plein cœur de … rien. Un thé rechargera mes batteries et me fera prendre conscience que je ne bois ni ne mange plus grand chose depuis Gèdre !!! Je me frapperais tellement je me trouve bête ! Enfin, et comme à mon habitude, à mesure que je me rapproche du ravito, le moral et la forme reviennent (et accessoirement parce que, ce coup-ci, je m'applique à manger et boire). Un petit coup de fil pour prévenir de mon arrivée et je me retrouve en train de courir dans les rues de Luz comme si je n'avais qu'une trentaine de kilomètres dans les pattes ! J'arrive en 215 ème place.

Cette fois les enfants sont couchés (il est quand même 3h du matin), mais ma femme fait de la résistance ! Je récupère mon sac, change de T shirt et de chaussettes, mange un peu, boit beaucoup et me laisse convaincre d'aller m'allonger dans un coin (il n'y a plus un lit de disponible). Pendant ce temps, ma petite femme me range toutes mes affaires (si j'avais encore eu besoin de chercher une raison pour tomber amoureux, je l'aurais facilement trouvée en cet instant). Je passe un quart d'heure avec une serviette sur les yeux mais le sommeil ne vient pas et l'idée de profiter au maximum de la fraicheur de la nuit dans la montée vers la Hourquette de Mounicot me décide à repartir après une pause qui durera quand même près d'une heure !

Je rattrape un petit groupe, que je dépose sur place, peu de temps après avoir quitté le bitume de Luz. Je n'en reviens pas de la forme que j'ai l'air de tenir alors qu'il n'y a pas si longtemps, j'aurais vendu père et mère pour une télé et un canapé ! Bref, j'arrive au ravito de Barèges sans encombre, et pour une fois, je me débrouille seul. Il faut bien que ma femme dorme un peu car elle a le trajet de retour vers Saint Lary à faire dans la matinée pour espérer être au lac d'Orédon avant moi. Un lit de camps disponible me fait de l'oeil, mais la nuit tire à sa fin, et je veux repartir sans m'attarder. Je pointe en 184ème place.

Le chemin est agréable en cette sortie de Barèges, large, en forêt. La lumière du jour commence à se faire sentir. Les souvenirs, eux, commencent à se faire troubles, la lucidité n'est plus de saison. Ici et là, je croise quelques coureurs allongés sur les bords de chemin en train de somnoler. Le corps est clairement en mode automatique : je marche, je bois, je mange, je marche... Puis, la pente se fait moins docile pour grimper sec en pleine rocaille. Je suis bien content de ne pas avoir trainé à Luz, car la même chose sous le soleil ne doit pas être de tout repos ! Le refuge de la Glère est enfin à portée d'oeil. L'arrêt est court (une petite soupe et c'est reparti) car dès que je m'arrête, j'ai froid. Je suis 177 ème. La petite descente à la sortie du refuge (première descente depuis fort longtemps) m'arrache un soupçon de frayeur : je boite et les jambes sont raides comme des bouts de bois. Je m'autorise pourtant à penser que boucler la course est envisageable, mais que ce sera loin d'être une partie de plaisir. Heureusement, la montée reprend vite et me réussit mieux. Je grimpe tranquillement jusqu'à la Hourquette de Mounicot. Reste à rejoindre la Hourquette d'Aubert et je sais que ce ne sera pas simple car je ne me rappelle pas qu'il y ait un chemin, et pour cause ! J'ai l'impression de devoir descendre le Néouvielle sans neige et dans mon état, ça ne se fait pas tout seul (je n'ose imaginer passer au même endroit de nuit). Bref, c'est interminable, je suis la rubalise et ses méandres avec la furieuse impression de n'avancer à rien (ce que me confirme ma montre). Pour finir, il faut grimper droit dans la pente pour enfin poser ses pieds sur le foutu chemin qui nous nargue depuis la Hourquette de Mounicot (j'ai le vague souvenir un peu honteux d'avoir, à ce moment là, agoni d'insultes l'ensemble des organisateurs)! La bonne nouvelle, c'est que maintenant, je suis comme à la maison : je connais ce coin par cœur. Je descends en mode tranquille en alternant marche et petit trot. Je commence juste à ressentir une légère douleur aux deux talons... ça sent les ampoules !

Les lacs d'Aubert et d'Aumar sont toujours aussi beaux, je claque une bise au Néouvielle et je descends en marchant les lacets de la route qui mènent au lac d'Orédon. Je ne cours plus, d'une : parce que je n'ai pas envie, de deux : parce que sinon, je sens que je vais me mettre les pieds en sang sur le bitume, de trois : je ne suis pas sûr que ma petite famille ait eu le temps d'arriver et je sens que j'ai besoin d'un peu de réconfort !

Je suis d'un naturel habituellement cartésien, mais c'est pourtant à ce moment là que j'entame le chapitre "sciences occultes" : quelques jours avant le départ, un mal dans l'omoplate droite me faisait craindre de ne pas pouvoir me servir de mes 2 meilleurs amis, à savoir mes bâtons. J'ai donc pris contact avec une collègue de boulot, dont le nouveau petit ami est un sorcier vaudou. À grands coups d'huiles essentielles, il a réussi à transformer ma douleur en souvenir. Ne s'en tenant pas là, ce samedi midi, il est passé devant chez moi pour « ressentir » dans quel état j'étais. Sans surprise, il m'a trouvé un peu fatigué mais a également écrit un sms à ma collègue pour lui dire que j'étais aussi drôlement encombré intestinalement parlant et qu'il faisait son possible pour arranger ça... Au même moment, à près de 800 km de là et peu avant d'arriver au lac d'Orédon, je chiais dans un fossé ! Ce grand sorcier m'offrait par la même un deuxième bonheur, car je ne suis arrivé que quelques minutes après ma famille au ravito, sans cet épisode, je les loupais à coup sûr!

Requinqué, j'avale un bout de jambon et le Col d'Estoudou, en profitant d'un petit groupe qui monte fort, emmené par un de leur copain venu les encourager.

La descente s'enchaine sur le même rythme, quand une vilaine racine manque de me jeter violemment au sol. C'est le coup de panique ! Si je me fais une cheville maintenant à vouloir faire l'idiot pour gagner deux places, je ne me le pardonnerai jamais ! Du coup, je sers le frein à main et laisse partir mon petit groupe. Je veux finir et mon classement, que d'ailleurs je ne connais pas, ne m'intéresse pas le moins du monde !

Je me branche donc en mode balade. Peu de temps après, je me fais applaudir... Je cherche... Personne... Bizarre ! Encore un peu plus loin, c'est une vache que j'entends souffler dans l'herbe... Mais là encore, je suis seul... Je commence à me dire que je dois être un brin fatigué et cela me confirme dans l'idée de lever le pied.

Bon an mal an, je finis par atteindre le Lac de l'Oule. J'entends alors quelqu'un dévaler la pente à toute allure, je me pousse prudemment sur le bord... Personne... Je me rappelle trouver ça hyper amusant sur le coup mais quand j'y repense, j'ai bien du mal à retrouver le côté fun de l'histoire!

Le tour du Lac est une vraie corvée, je ne peux plus courir, mes ampoules au talon ont adoré la descente tout frein serré et en ont profité pour doubler de volume. Bien évidemment, j'ai des pansements à ampoules plein le sac, mais je ne penserai à aucun moment à m'en servir. J'accueille la montée, pourtant raide, vers le Merlans avec un vrai sourire (quitte à se trainer, autant que ce soit parce que ça monte!).

Arrivé au Merlans, je suis 178ème et c'est le choc car je me suis habitué à la solitude depuis quelques heures maintenant et le 40 km est en train de rentrer, lui aussi, vers Saint Lary et on doit se partager le ravito (vu le monde, je passe mon tour) mais aussi le chemin. Le différentiel de vitesse est assez net ! Mes pieds n'apprécient pas du tout de freiner dans l'herbe une fois le col de Portet passé. Je me mets donc, comme un vieux salaud, au beau milieu du chemin et je bouchonne à tour de bras. J'en suis encore tout navré mais je n'avais plus les ressources pour faire autrement. Le chemin sur les crêtes est interminable avant de plonger droit dans la pente avec des cuisses et des pieds qui ont allumé la loupiote surchauffe depuis bien longtemps. Ce n'est que 3 ou 4 kilomètres avant l'arrivée que le moral revient. J'y suis enfin. Je repense alors au départ de Piau qui me donne l'impression de s'être déroulé dans une autre vie, et puis c'est le public partout, mes deux gamins qui m'attendent pour finir sur le chemin au bord de la Neste d'Aure. Il ne s'agit quand même pas de finir en marchant alors on court, pas bien vite, mais on court ! La mission est accomplie avec, cerise sur le gâteau, un classement honorable 182ème et 32h de course.

Il ne me reste plus qu'à trouver un nouveau défi !!!! Il revient le 160 km l'année prochaine ?

 

 



6 commentaires

Commentaire de float4x4 posté le 05-10-2017 à 07:56:24

ça m'a rappelé 2014 :) Beau récit, et surtout une jolie remontada !

Commentaire de poildepoilly posté le 07-10-2017 à 09:14:15

Merci! C'est ma deuxième remontada de ce style, la première était sur ... le GRP80 l'année dernière !

Commentaire de GlopGlop posté le 06-10-2017 à 13:56:24

Ben dis donc on s'y croirait ! CE que tu as fait là en une trotte, je l'ai lors de mes randonnées sur plusieurs saisons. Que ce soit la vallée de Campbieil, Le beau Village de Gèdres, le remontée vers le barrage des Gloriettes avant poste du cirque de Troumouse, Gavarnie par la hourquette d'Alan, le retour sur Luz et puis la cerise, la traversée du massif de Néouvielle par ses lacs et la fameuse descente en lacet bitumée vers le Lac d'Oredon, et la remontée du Lac de l'Oule vers St Lary, que de souvenirs. Manque juste si je peux me permettre un petit détour par le col de Bastanet et ses 3 lacs en contrebas du pic de Bastan... Après tout après 120 kms, on n'en n'est plus à quelques kms près non ? :)! Une bien belle ballade que je serais incapable de faire. Si je peux me permettre une question: A la remontée par les granges de Coumelly vers le cirque de Troumouse, tu fais état d'une grande fatigue. Alors comment peut-on engranger 100 kms par la suite ?
Et puis, encore bravo pour avoir pris le temps de décrire cette expérience.

Commentaire de poildepoilly posté le 07-10-2017 à 09:17:17

Merci! Pour ce qui est des hauts et des bas sur ce genre de parcours, ils sont un peu inévitables... et c'est ce que j'adore!!! On croit toucher le fond mais si on est suffisamment patient et bien la machine se relance. Une vraie leçon de vie!!!

Commentaire de Zucchini_41 posté le 06-10-2017 à 16:06:06

Très bien ton récit. Quelle est la marque du phare qui te sers de frontale?? Je suis atteint également du syndrome de la taupe neurasthénique...

Commentaire de poildepoilly posté le 07-10-2017 à 09:22:03

Merci! Ma lampe est une lampe de contrebande achetée sur htmoi (site Réunionnais). Elle est de marque Ferei mais Ferei ne la commercialise pas !!! De mémoire c'est une HL65 (grande soeur de la HL40). Son gros avantage pour moi, c'est une faisceau large et sans point chaud (ce sont eux qui me déglinguent la vue) couplée à une autonomie importante (la batterie était encore en forme après toute une nuit de fonctionnement).

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