Récit de la course : Le Tour des Glaciers de la Vanoise 2017, par catcityrunner

L'auteur : catcityrunner

La course : Le Tour des Glaciers de la Vanoise

Date : 2/7/2017

Lieu : Pralognan La Vanoise (Savoie)

Affichage : 796 vues

Distance : 73km

Matos : Hoka Mafate Speed 2
Bâtons Black Diamond Distance Carbon Z

Objectif : Faire un temps

8 commentaires

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Tour des Glaciers de la Vanoise – 2 Juillet 2017

 

Une préparation mal engagée

 

L’objectif de l’année, c’est la TDS fin Août. Il faut donc un programme de préparation sérieux avec de la montagne et une bonne dose de dénivelé et de technicité !

Sur les conseils de PhilippeG, je choisis le Tour des Glaciers de la Vanoise, positionné début Juillet, date qui rentre dans mon agenda compliqué en Juin-Juillet, mais qui est peut-être un peu trop éloignée de la TDS.

Le début d’année m’a permis de faire un enchaînement improvisé Vulcain – Ecotrail de Paris, sur les traces de Bubulle. Mais voilà patatras, grosse entorse de la cheville début Avril, 3 semaines d’arrêt cap et une reprise progressive qui me laisse peu de temps pour bien préparer le TGV.

Pour corser le tout, mission professionnelle en Juin dans une contrée hostile pour les trailers. Bon il y a la salle de sport, le tapis de course, les divers appareils de torture, mais rien qui se rapproche vraiment d’un trail !

 

Pralognan

Arrivée à Pralognan le vendredi pour profiter un peu en famille de cette belle station fort bien située aux portes de la Vanoise. Le temps s’est orienté à la pluie et à la fraîcheur, avec même un peu de neige à 2500m.

Notre QG est établi à l’hotel Edelweiss, que je recommande vivement pour son accueil très chaleureux et sa position idéale à 50 m du centre juste un peu en hauteur.

Nous avions déjà apprécié cet hôtel l’année dernière pour le Tour de la Grande Casse (le TGC, aussi un très beau trail, que j’ai trouvé moins sauvage que le TGV, mais avec un ratio dénivelé plus élevé).

 

 

Pralognan – col de la Vanoise

 

Le départ a finalement été reporté à 4h30, l’organisation nous octroyant royalement une demi-heure de sommeil supplémentaire. Je pars avec 3 couches, on a tous été prévenus qu’il allait faire froid là haut. Ce que j’ai pu vérifier la veille lors d’une petite reco au lac des Vaches, où la pluie était glaciale.

Dans le sas de départ, un bonnet de kikou pointe son nez. Regroupement inopiné avec Kikikou69, Snail69 et du Lutin, en mission de coaching de kikous alençonnais.

 Photo Kirikou69

 

Je suis placé plutôt dans le premier tiers, avec objectif de partir sur un bon rythme. Après un court passage dans le village de Pralognan, on attaque d’emblée une montée sévère, sans beaucoup de répit.

On sent une bonne fraîcheur, de l’humidité, mais il ne pleut pas. La cohorte de traileurs attaque les premiers lacets, en forêt, dans le silence, seulement troublé par le bruit de la rivière . Chacun est dans sa bulle. L’obscurité n’est pas complète, ce doit être la lune qui perce derrière la couche nuageuse.

Arrivée au lac des Vaches ; je jour se lève.

La pente s’adoucit et on approche du premier ravito au refuge de la Vanoise.

J’arrive au refuge en 1h35, 1100 m de dénivelé déjà. C’est le rythme que j’avais prévu, un peu plus rapide que les1h40 de l’an dernier sur le TGC (le début de parcours est identique). Je refais le plein d’une flasque de 50 cl de Coca et grignote un bout de banane, mais je n’ai vraiment pas envie de grand-chose.

 

Col de la Vanoise – refuge de l’Arpont

 

Après le ravito, on a une longue section relativement roulante et humide. Il faut courir sans se griller et bien surveiller les appuis sur ce terrain piégeux.

J’ai les pieds trempés, qui vont macérer pendant encore 10h dans leur jus.

On arrive à la bifurcation (11,4 km , 2h08), où le TGC descend à gauche vers le Point de Croé-Vie et la vallon de la Leisse, alors que nous prenons le sentier balcon en direction du GR5.

Le sentier nous amène ensuite dans un pierrier où il faut de frayer un chemin à travers de gros blocs rendus glissants par le brouillard. Je joue la prudence: pas le moment de prendre des risques et de se blesser.

Le sentier est doucement redescendu vers 2300m.

On devrait normalement commencer à admirer les paysages somptueux au lever du soleil, mais là on est dans les nuages et mieux vaut regarder où on met les pieds. Cette partie jusqu’au refuge de l’Arpont est la plus technique du parcours.

Avec la lumière du jour, on a l’impression que la couche nuageuse va se dissiper. J’ai toujours mes trois couches pour le moment.

Le sentier remonte tranquillement vers 2500 et là miracle : on passe au dessus de la couche, le soleil perce et les sommets environnants se dévoilent, nimbés dans quelques voiles de brumes. Un moment magique, qui ne durera que quelques minutes.

J’en profite pour faire quelques photos.

 

 

 

Nous voilà vraiment dans le brouillard de nouveau. La descente vers le refuge de l’Arpont est bien casse-gueule ; elle suit une sorte de ruisseau. Finalement je ne vais guère plus vite en descente qu’en montée. J’ai toujours un peu d’appréhension par rapport à mon entorse récente et je préfère ne pas trop m’engager sur ce terrain un peu technique.

 

Avec ce brouillard épais, j’ai oublié l’idée d’enlever une couche. D’ailleurs j’avance doucement dans la descente et je ne me réchauffe pas du tout.

Tout d’un coup je vois un bouquetin qui semble observer tranquillement le passage des coureurs à travers la brume.

 

Le refuge de l’Arpont est atteint en 3h55.

 

Refuge de l’Arpont – Refuge de Plan Sec

 

Je remplis de nouveau une flasque de coca et j’avale un morceau de fromage. Toujours pas trop envie de manger. On se refroidit rapidement avec cette humidité donc je ne traine pas trop au ravito.

Après l’Arpont, le sentier devient moins technique. La progression s’effectue dans le brouillard, encore plus dense maintenant. Une grosse impression de solitude se dégage. Souvent je ne vois plus personne ni devant ni derrière. Il n’y a pas non plus de balisage, mais comme il n’y a qu’un chemin il n’y a pas à s’inquiéter !

Au bout de 26 km de course, je remarque que les 2000 D+ sont dépassés. Déjà la moitié du dénivelé de la course ! En fait c’est même un peu plus, j’aurai 3850 D+ sur ma Suunto au final.

La suite devrait donc être plus roulante..

Jusqu’à Plan Sec, il n’y a pas de gros dénivelé continu mais une succession de montagnes russes et de belles portions roulantes.

J’ai bien aimé la descente en lacet entre les km 32 et 34 : 200 m de D- et 10 mn à 11 km/h. J’ai dû dépasser 5 ou 6 concurrents.

On finit par rejoindre une piste carrossable avec des télésièges en vue. Un signe de civilisation, on approche du refuge de Plan Sec.

6h35 de course, je suis arrivé au 3ème ravito, à un peu plus de la moitié de la course.

 

 

Refuge de Plan Sec - Refuge de l’Orgère

 

Au refuge, les sensations sont plutôt bonnes, si ce n’est que je ne m’alimente qu’avec du coca et un soupçon de soupe. Le sentier suit la bordure du Parc Naturel de la Vanoise et devrait nous offrir de magnifiques vues sur les lacs d’Aussois. Mais avec cette purée de poix persistante, il faut imaginer le panorama et se remémorer les photos des récits des années précédentes.

On a quand même une petite éclaircie du côté du pont de la Seteria, ce qui permet de voir les trailers aux prises avec la montée qui suit. 300 m de D+ parcourus en 35 mn environ ; le rythme commence à baisser.

Ensuite le sentier permet de courir régulièrement, on reste entre 2200 et 2400 m d’altitude. Les quelques bosses sont finalement bienvenues pour marcher un peu !

Il faut garder des forces pour les derniers 1000 d+ et le col de Chavières.

 

Encore 2,5 km de descente et 500 m de D- avant d’arriver au point bas de ce tronçon. Je me fais plaisir et dévale cette descente en 20 mn. Merci à l’amorti des Hoka !

Retour un peu brutal à la montée pour rallier le refuge de l’Orgère. Les encouragements des spectateurs sont les bienvenus, il va falloir serrer les dents dans la dernière difficulté. Nous sommes partis depuis 8h48, il est un peu plus de 13h. Avec ce temps bouché, on perd la notion de l’heure du jour, il pourrait tout aussi bien être 8h du matin ou 8h du soir.

 

Refuge de l’Orgère – col de Chavière

 

Il y a du monde à ce ravitaillement de l’Orgère. Personne ne semble pressé d’affronter le col de Chavières. J’en profite pour faire une bonne pause, enlever une couche, m’alimenter un peu et discuter avec quelques trailers.

Une pause sms aussi, on retrouve du réseau, ce qui permet de rassurer la famille (pas de suivi live sur la course).

Un arrêt de 10 bonnes mn, et j’attaque la montée sèche au dessus du refuge.

Environ 6km et 900 m de D+ à avaler avant le col.

La première partie de la montée fait 2,5km et 512m de D+, soit un peu plus de 20 % en moyenne. On croise de nombreux randonneurs qui nous encouragent. J’en ai bien besoin car la fatigue s’est installée et je redoute l’ascension finale.

 

Là haut dans les nuages, le col de Chavières

Bizarrement il fait de plus en plus chaud dans la montée, le temps commence à se dégager. Arrivé à 2400m, on redescend un peu sur une sorte de plateau suivi d’une montée plutôt facile.

Ce répit ne dure pas et la montée finale se profile, bien pentue. On ne voit pas du tout le col, les sommets sont dans les nuages et d’ailleurs le brouillard nous enveloppe de nouveau quand j’entame le dernier km d’ascension, avec une pente qui s’accentue encore.

 

Je n’avance plus, je suis complètement cuit. Je ne sais pas si c’est l’altitude, mais j’ai vraiment l’impression de manquer d’oxygène et suis obligé de faire des pauses régulières.

Enfin, le col apparaît, il y a un peu de neige avant le sommet.

Je passe le col de Chavières en 10h54, sans m’arrêter au sommet. Les CRS indiquent 30 mn pour atteindre le prochain ravito au refuge de Peclet-Polset et mettent en garde sur le début de descente raide et glissant.

 

Col de Chavière – Refuge de Peclet-Polset

 

Plus qu’à se laisser glisser vers Pralognan sur les 17 km de descente qui restent.

Le sol est instable sur le début de descente, les bâtons sont bienvenus pour contrôler la trajectoire.

Puis succession de passages dans une neige humide et molle et où les appuis sont fuyants. Les bâtons sont plus gênants qu’utile en fin de compte sur ce terrain.

J’attends néanmoins un peu avant de les replier.

Je me remets à courir enfin. Ca fait un bien fou de dérouler un peu et les jambes répondent bien.

En regardant le chrono, je me dis que les sub-13h sont possibles en courant à bonne allure sur la fin.

J’arrive au refuge en 11h25.

 


Refuge de Peclet-Polset - Pralognan

 Je fais une pause assez longue de 10 mn, grignote un peu, ressort le téléphone pour signaler que je tiens le bon bout.

Un bénévole nous indique que l’arrivée est à 1h30. Je regarde ma montre au moment de repartir : 11h35. Il reste 12 km, je dois pouvoir arriver en moins de 13h.

De toutes façons, on suit une piste carrossable, longue et ennuyeuse. Plus envie de marcher et de s’éterniser sur ces chemins pas très marrants.

Nouvelle pose pour me délester de mon coupe-vent, replier et attacher les bâtons et voilà je mets le régulateur de vitesse sur 11km/h.

Il y a bien quelques faux-plats pour casser un peu le rythme, mais je retrouve de bonnes jambes et passe en mode pacman.

Pralognan s’approche, les encouragements se multiplient. Dernière ligne droite, Mary est là pour m’encourager et je passe la ligne d’arrivée en 12h57.

 

 

 

 En conclusion

Il ne faut pas croire ceux qui disent que TGV manque un peu de dénivelé ou est "roulant". C'est une course magnifique et sauvage, qui se déroule dans un cadre exceptionnel. Certes il n'y a "que" deux gros morceaux avec les cols de la Vanoise et de Chavières. Mais le long passage en balcon entre refuge de la Vanoise et l'Orgère est très varié: de belles bosses, des descentes plus ou moins techniques, un peu de "roulant". Cette année on n'a pas pu admirer les paysages sur cette partie, dommage. Il faudrait donc revenir !

Le seul bémol c'est la descente vers Pralognan avec du chemin carrossable pas glamour. Mais ça ne me dérange pas, à ce stade, j'ai envie de rentrer au bercail sans musarder :-)

L'organisation est sympa et décontractée, loin des grosses machines à trail. Pas de suivi Live, de merchandising. Plutôt Roots et sans chichis.

En plus, Pralognan est une base idéale pour se balader en Vanoise.

Même si j'ai bien souffert dans la montée à Chavières, je vais garder un super souvenir de ce trail. 

 

 

 

 

 

 

 

8 commentaires

Commentaire de campdedrôles posté le 08-07-2017 à 22:18:05

Merci pour ton récit.

On a du se croiser à l'Orgère, j'y étais en 8h46...

Commentaire de catcityrunner posté le 09-07-2017 à 08:22:44

Bravo pour ta course, tu as dû me mettre 30mn dans le col de Chavières...

Commentaire de Kirikou69 posté le 09-07-2017 à 08:36:49

Merci pour ce récit très précis.
Bravo pour ta course, sympa de t'avoir croisé au départ (désolé pour la photo pas nette :( )

Commentaire de Le Lutin d'Ecouves posté le 09-07-2017 à 14:36:00

Bravo à toi, c'était du gros !
J'aurais aimé terminer mais...

Commentaire de snail69 posté le 09-07-2017 à 23:53:40

Bravo, pour cette belle maîtrise. Voilà qui est de bonne augure pour la TDS ! C'est marrant de voir qu'en finissant 1h45 derrière toi, on n'a pas eu les trouées de ciel bleu aux mêmes endroits.

Commentaire de Gibus posté le 12-07-2017 à 21:31:02

Chapeau d'être finisher. Pralo est une superbe terre de trail.

Commentaire de Declo91 posté le 13-07-2017 à 19:58:08

Bravo, et merci pour ce récit précis. J'ai vécu à peu près les même sensations que toi y compris sur la fin (pacman), sauf pour les 11km/h de croisière ;-). Je finis en effet 1h50 plus tard que toi (dossard 214 en 14h47). Excellent souvenir de ce Trail !

Commentaire de catcityrunner posté le 14-07-2017 à 05:27:31

Merci pour vos commentaires.Un trail à refaire avec plus de soleil !

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