Récit de la course : Marathon International du Beaujolais 2016, par David Noiseau

L'auteur : David Noiseau

La course : Marathon International du Beaujolais

Date : 19/11/2016

Lieu : Villefranche Sur Saone (Rhône)

Affichage : 1244 vues

Distance : 42.195km

Matos : ALTRA

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Le récit

Mon premier Beaujolais

 

Ce samedi j’ai couru mon premier marathon et j’ai eu de la chance de faire celui du beaujolais.

 

J’ai eu de la chance car l’organisation est fantastique, au top. C’est simplement incroyable l’ambiance, les bénévoles, l’organisation, les ravitaillements. Je n’ai même pas une idée d’amélioration, vous savez le petit truc ou l’on se dit que la « ils auraient pus faire mieux », ben non je vois pas.

Même les paysages, le soleil tout était parfait.

 

Par contre pas simple le parcours, pour faire « un temps » vous repasserez. Les descentes d’escaliers dans les châteaux, c’est génial, mais ça aide pas à garder la cadence. 

Et la côte au Km 17… Les montées c’est pas pour moi, mais dans la boue, c’est vraiment pas pour moi. C’est une grimpette de 3 Km entre le début du Km 17 et la fin du Km 17.

Est-ce que je vous parle de la montée du Km 34? Je vous laisse la découvrir l’année prochaine. Simplement les montées ne se font pas sur la route mais sur des chemins.

 

La fin est plus facile, on descend sur Villefranche, encore un passage sur des chemins et l’interminable arrivée, la grande route de Villefranche est longue longue, longue. Heureusement le public est vraiment sympa et encore nombreux, il vous pousse.

 

En arrivant sur Villefranche, on vous donne des ballons (et des ballons de rouge tt le long du parcours) gonflés à l’hélium. Je m’en suis servi de prétexte pour m’arrêter sur la longue ligne droite avant l’arrivée et les donner à des enfants.

 

Ce beaujolais c’était mon premier marathon, il arrive après 2 années de préparation. Je me suis mis à la cap en octobre 2014, relancé par un copain qui avait besoin d’un acolyte pour se motiver (merci Richard). En décembre je courais 20 km en entraînement en 2 heures 10 minutes environ. La décision de faire un marathon date de cette sortie de 20 km.

 

J’ai suivi un plan début 2015 pour préparer le marathon de Marne et Gondoire, déchirure au mollet à S-6.

J’ai suivi un plan pour préparer le marathon du Beaujolais en 2015, Je me bloque le dos pendant 2 semaines après le semi préparatoire, S-4. J’étais inscris mais je ne me présente pas…

Je fais un autre plan pour préparer Melun, après la dernière sortie longue de 25 km, douleur à la hanche droite, je continue 1 semaine d’entrainement tranquille, ça passe pas je jette l’éponge à S-2.

 

En toute logique après une blessure 6 semaines avant le marathon, une autre 4 semaines avant le marathon, et une troisième à 2 semaines de l’échéance, la 4 ième tentative est la bonne.

 

J’ai appris de ces tentatives et pour préparer ce marathon, je suis parti sur un plan de 14 semaines avec 4 séances par semaine. C’est un peu plus long que les plans précédents qui étaient basés sur 12 semaines, je me suis dis qu’un peu plus de progressivité serait bienvenue. Ma préparation a été peu perturbée j’ai loupé 4 séances, mais j’ai réalisé toutes les sorties longues de prévue.

 

Lors du semi préparatoire à S-4, on hésite souvent entre réaliser un chrono, ou courir à allure marathon. J’ai décidé de faire 20 km en me faisant plaisir et je fais 1 Heure 36. 12,4 km/h de moyenne, j’applique la règle de -1 km/h quand tu doubles la distance et je me dis que 11,4 km/h c’est jouable. J’ai un peu mal derrière le genoux à la fin de cette sortie, je glace toute la semaine, je supprime 2 séances (sur les 4 que j’ai loupées) 

La sortie longue suivante se passe bien pour le genoux, 26 Km mais la fin est compliquée, j’ai des crampes, à partir du Km 18 je lutte pour avancer. J’avais pris du malto la veille, et changé ma boisson d’effort. Je me dis c’est la boisson, que j’ai moins travaillé cette semaine, que c’est pas grave et que cela arrive.

 

A 3 semaines du marathon, un peu de fatigue, beaucoup de boulot, une séance passe à la trappe, la dernière sortie longue passe toute seule, 27 Km 11,3 Km/h de moyenne, je suis confiant. Ce jour là j’aurais pu faire plus long plus vite.

 

S-2, pas grand chose à dire, 37 Km dans toute la semaine EF uniquement,

La dernière semaine, une seule sortie, 8 Km avec une petite accélération sur 4OO m, un petit sprint pour s’amuser.

 

Mercredi, jeudi et Vendredi, je me gave de Malto.

Le vendredi soir on arrive tard avec ma femme pour retirer mon dossard. On aperçoit l’ambiance de la pasta party, c’est animé, il y a beaucoup de monde.

 

Pâtes le vendredi soir avant d’arriver à l’Hotel.

 

C’est le matin, que je pense j’ai fait une erreur, je petit dèj à l’Hotel. C’est pas le petit dèj le problème, c’est qu’il est servi qu’à partir de 7 heure. Le temps que l’on soit servi, il est 7H15. Je prends mon temps pour l’avaler et il est 7H30 c’est bien trop tard.

 

Ma femme me dépose à Fleurie il y a beaucoup d’ambiance, une bande de Bretons fait honneur au Beaujolais avant le départ, on attend au chaud dans le gymnase.

On donne les sacs que l’on retrouvera à l’arrivée. (Juste une apartée sur les sacs, je pensais que ce serait la galère pour les retrouver. Mais l’organisation est rodée, j’ai récupéré mon sac en moins d’une minute à l’arrivée.) Musique, échauffement, un mot des officiels, une chanson improvisée par un asiatique venu de très loin pour courir, un petit mot de Stéphane Diagana et c’est parti. 

 

Ha oui je me souviens maintenant en écrivant ces lignes de ce qui pourrait être amélioré. Les meneurs d’allure partent devant sur la première ligne. Mais le coureur qui va mettre 4 heures il n’est pas sur la première ligne, il part avec 2 minutes de retard sur le meneur. Mais c’est vraiment pour trouver quelque chose à dire.

 

Les  premiers Km sont en descente. Une vraie descente, celle qui fait que même si tu as décidé de partir doucement, c’est pas possible. Le rythme est relativement élevé, mais l’effort n’est pas très intense. je passe les 5km en 26:14, j’avais prévu un bon 27, une minute sur 5 km c’est beaucoup, mais la descente et bien réelle. Je croise mes parents venus me soutenir, je me débarrasse de ma veste et de mes gants.

 

Une pause pipi avant le 10 que je passe en 53:23, j’avais prévu 54… Je retrouve ma femme qui m’encourage au ravitaillement.

 

11, 12, 13

 

C’est ici, que ça se gatte pour moi. C’est pas les jambes, c’est pas la tête… c’est le ventre. Mal a l’estomac. Rien de bien méchant, mais ça commence ici.

 

14, 15 se passent en musique avec des facteurs en vélo qui ont une sono. Ils m’ont accompagné pendant 4 Km environ, vraiment sympa.

 

16, 17, La montée qui me tue, j’arrive en haut le cardio indique 92%. 6:10 au Km avec cette montée c’est bien. Je me calme, le cardio redescend à 83%.

 

18, 19 Je commence à lutter, 

 

dès le Km 20 je marche un peu, je sens bien que mon petit dèj est encore là et que mon estomac n’est pas content. Cela fait un petit moment que j’ai compris que c’est un jour sans. 

 

Au passage du semi, je donne ma gourde à ma femme, je tournerais à l’eau. 

 

Je cours le 22 en 7:32, je me fais doubler par le meneur d’allure des 4 heures (à mon avis il a de l’avance).

 

23 et 24 passent bien en 5:24 et 5:27 on aperçoit le meneur des 4 heures, un coureur me dit qu’il va le rattraper, il est à 50 mètres, je tente de prendre sa foulée mais non c’est pas possible 7:11 au Km 25

 

26, 27, 28, 29 j’arrive à faire presque 10km/h. Je ne manque aucun ravitaillement, j’en profite pour marcher quelques secondes.

 

30, Les encouragements de ma femmes sont bienvenus. 

 

On avait prévu que mon père court quelques Km avec moi, il m’accompagne pour des Km de souffrance, les crampes apparaissent dans le mollet droit. Les montées sont terribles, les crampes sont intenses.

Le Km 34 se fait en 10:14

Le Km 35 se fait en 10:00 On arrive dans un château mon père me laisse finir on se retrouvera à l’arrivée.

 

Les derniers kilomètres sont en descente, enfin il parait… 

 

36 et 37 passent en 7 et 8 minutes, c’est des chemins je pense mais je suis plus très lucide. C’est ici lors d’un ravitaillement que je me fais doubler par le premier du semi. Je lance que « tant pis je finirai deuxième » les bénévoles se marrent, ils sont vraiment parfaits.

 

38 et 39 se passent bien, la route est bonne et c’est vraiment en descente. Je suis accompagné par une femme dans cette descente et on double des coureurs. le 39 passe en 5:30!!

 

Je passe devant des cousins (encore merci pour vos encouragements) et c’est vraiment sympas de les voir à ce moment là.

 

Et puis on traverse New-York, les 150 Km de ville non stop. Enfin pas tout à fait mais c’est l’impression que cela donne.

 

Je cours pendant 2 minutes environ entre chaque arrêt que je suis obligé de faire en attendant que les crampes passent.

Dans la grande rue, on crie mon prénom, c’est très sympa. Quand je m’arrête on m’encourage, cela fait 3 Km que l’on me dit que c’est fini, que l’arrivée est à 300 mètres… A Villefranche ils exagèrent les distances, une sorte de déformation de la réalité.

 

Arrive le dernier virage, je cours bizarrement mon pied droit est complètement rentré, la crampe est terrible. Je m’appuie sur la barrière, à hauteur de ma femme. Mon mollet est déformé, un espace se crée entre mes muscles, c’est impressionnant. Je lis dans les yeux d’une spectatrice qu’elle sait que j’ai mal. Il me reste 150 mètres et je suis arrêté en attendant que la crampe passe.

 

Elle passe.

 

Je lève les bras pour demander des encouragements, les spectateurs m’encouragent.

 

Le speaker annonce qu’il reste 15 secondes pour finir en moins de 4H30. Je sprinte. 

 

Trop tard 4:30:06

 

La médaille!

 

Je suis un peu perdu, une bénévole me couvre d’une couverture de survie.

 

Je suis la foule, je retrouve mon sac.

 

Je vise un banc, il reste une place dessus, je suis à 40 mètres je marche doucement, j’arrive à temps pour m’assoir  OUFFF.  

 

Finalement je fini 1001 sur 1731 mon temps est de 4:29:20

 

Je retrouve ma femme, sourire, émotion. « Heu, mon Chéri, je suis garée à 2 Km tu peux marcher? - Oui comme un robot »

 

Je profite de ce compte rendu pour remercier tout ceux qui m’ont supporté pendant la préparation et pendant la course.

 

Le plus grand merci à Marie, et à mes enfants.

Un grand merci aux équipes de « 8 Numérique » qui m’ont subit au quotidien :-)

Un grand merci à mes parents, notamment pour ces quelques kilomètres partagés et vos encouragements sur le parcours.

Un grand merci à Gérald, Jérome, Bella avec qui j’ai faits quelques kilomètres lors de ma préparation.

Un grand merci à France et Geneviève.

Merci aussi pour vos messages de soutient et de félicitations

2 commentaires

Commentaire de 213micki posté le 20-11-2016 à 19:23:13

Bravo à toi !

Commentaire de doudouX posté le 21-11-2016 à 09:28:28

Bravo pour ta perf. Tu es allé puiser au fond du fond. Mes parents habitant en face de Villefranche, je me disais hier que ça pouvait être un objectif intéressant.
Bon repos

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