Récit de la course : Trail des Balcons d'Azur - 46 km 2016, par shef

L'auteur : shef

La course : Trail des Balcons d'Azur - 46 km

Date : 24/4/2016

Lieu : Mandelieu La Napoule (Alpes-Maritimes)

Affichage : 761 vues

Distance : 46km

Objectif : Pas d'objectif

2 commentaires

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Belle perf ou sous entrainement ?

Inscrit à ce TBA en guise de préparation/entrainement pour l'Echappée Belle (85), pour me tester sur une bonne distance. Mais je ne néglige pas non plus l'aspect course, avec l'intention de bien m’éclater. Surtout, je n’ai quasi aucune expérience des courses longues : jusqu’à présent ma plus longue expérience est le trail de la Vésubie l’an dernier (40km avec 3000D+, très oriente montagne, avec 3 grandes montées, beaucoup de marche et peu de course) qui convient assez bien à mon profil de grimpeur correct. J’étais donc assez curieux de voir comment je pourrais tirer mon épingle du jeu sur un trail plus roulant.

J’ai fait un entrainement plus régulier que l’an dernier, avec une sortie de 20-25km chaque week-end, en plus de mes trajets boulot quotidiens a vélo. J’en vois les résultats sur mes sorties classiques ou je baisse mes chronos de manière assez significative. Malgré tout je reste un peu inquiet, surtout à la lecture de nombreux messages sur kikourou qui parlent d’entrainements à base de « 35km par semaine c’est ridicule », etc. Je me demande franchement si j’ai assez de bornes, enfin il est trop tard pour réfléchir. Ayant fait 7h30 à la Vésubie, je me dis qu’avec 7km de plus et 800D de moins, je dois pouvoir faire le même chrono, et avec le bénéfice d’un meilleur entrainement, passer sous les 7h me parait un bon objectif. Je regarde ensuite les résultats de l’an dernier, dans le milieu du panier je vois que c’est plutôt 6h30. Du coup je me dis que ça doit être faisable, sans forcément viser ce niveau. Ca me donnera un indicateur pour la course et les allures à viser.

Comme l’an dernier la nuit de l’avant-veille est agitée par la petite (2 réveils dans la nuit et levé matinal à 6h). Préparation du sac, nombreuses questions sur la quantité de ravitaillement et de liquide à prévoir. Je prévois finalement 1.5l accessible directement et une « réserve de secours » dans le sac d’environ 300mL (c’est que fin avril dans l’Esterel avec le soleil, une panne sèche est vite arrivée). Dernière nuit pitoyable (réveil à 2h15, incapable de me rendormir).

Je rejoins le départ, dossard, m’échauffe vaguement le long de la plage, juste de quoi faire monter le cardio tranquillement pour éviter l’effet « zone rouge » 100m après le départ. Le départ est donne, je suis au milieu du paquet, ça monte tranquillement dans les rues. Petit bouchon a un premier escalier raide. Je me répète comme un mantra « rester calme, la route est encore longue ». Je suis le mouvement, on court dans les montées sauf quand c’est vraiment raide, ça relance des que la pente s’adoucit. Entre 5 et 6 min/km, pas super rapide mais quand même. Je double quand même quand je trouve que ça n’avance pas assez vite. On rejoint ensuite une portion de route puis piste bien large ou j’adopte mon rythme (sur la portion d’avant pas possible de quitter le sentier sauf avec une machette).

6.5 km, on attaque la première grande montée 350m d’abord sur sentier bien raide a la marche rapide. Sur un court plat à la relance je me tords légèrement la cheville (fragile). 7km seulement, la journée va être longue vu le terrain très rocailleux. Du coup sur la suite je suis toujours très vigilant, quitte à ralentir un peu dans les descentes, et il n’y aura pas d’autre incident.

A nouveau grande pistasse, pas assez raide pour ne pas courir (avec mes petites jambes, ma marche rapide n’est pas si rapide que ça dans l’absolu). Je trottine donc toute la montée et je sais que je suis en train de laisser des cartouches mais je persiste. Je reprends beaucoup de monde à la marche. En haut de la cote (km 10), je sens mes jambes, il va falloir bien gérer. Autour de moi ça n’a pas l’air mieux, tout le monde en chie, ça aide à garder le moral. Descente technique très caillouteuse vers le lac de l’Ecureuil, avec un coureur devant moi environ 50m que je ne bouche pas, bien concentre et un peu sur le frein pour ne pas risquer l’entorse. On entame ensuite la 2eme grande montée de 400m vers le pic de l’Ours, je repasse à la marche. Je finis par revenir sur ma locomotive, et on rattrape un petit groupe de 4-5. Arrive le ravitaillement à mi- ascension, je refais le plein de liquide et attrape une demi power-bar et je repas direct, 40s d’arrêt. Je croque ma barre et je me rappelle immédiatement les conseils du « coach » Vince88 : ne pas essayer de nouveauté le jour de la course. Tant pis, trop tard pour cette barre. Finalement pas de soucis de digestion. Je fais bien attention à m’alimenter régulièrement et à petites doses depuis le départ ainsi qu’en liquide et jusque-là tout baigne.

 

On termine la montée, je double ma locomotive au sommet (superbe vue) et on démarre la descente. Rapidement je m’écarte pour une pause technique. Il me faudra 12km pour revenir sur ma loco ! Heureusement j’attrape un autre coureur qui me fait la trace à bon rythme sur le plat, et pas trop dans les descentes, je continue de préserver mes articulations. On revient sur un gars qui ne m’a pas l’air au top, mais on ne doit pas l’être non plus car on reste sagement derrière et le petit 10/11 km convient parfaitement. On attaque ensuite une remontée vers le ravito. Rythme rapide sans plus, je temporise pour garder de la cuisse et je récupère un petit sandwich dans mon sac pour avoir un peu de sale (une bonne fourme d’Ambert !). On arrive au ravito, plein de St Yorre (conseils du coach), j’attrape 6 tucs et je repars, 1min d’arrêt encore. S’ensuit 3 bosse bien raides, a la marche et relance des que c’est plat. Les nuages se sont éclipsés et la chaleur bien rude est en train d’arriver. Je bois pas mal. Descente assez technique vers le col des 3 thermes, je suis encore bien attentif et un peu sur la réserve : il y a derrière un petit 1.5km de piste en léger faux plat ou j’arrive a bien maintenir 5’25/km. Les jambes sont encore la même si je les sens assez dures, il reste encore 20km ! Ca fait plusieurs km que je vérifie et revérifie ma montre, je constate que je suis sur des bases inferieures à 6h alors que je prévoyais plutôt 7. Je sais que je suis parti plutôt vite par rapport à mes capacités, mais quand même. Est-ce que c’est jouable ? Ou bien vais-je m’écrouler sur la fin ? D’autant que la chaleur commence à être vraiment présente et comme je bois pas mal, je sens qu’il va falloir bien doser pour que mon estomac reste tranquille comme il l’a été jusque-là.

 

On entame ensuite une longue descente jusqu’à la mer, encore technique est caillouteuse, entrecoupée par 2 montées bien casse pates. Je me fais déboiter à fond la caisse par un gars que je pense être en-dehors de la course, ce qui est le cas car c’est un concurrent du… 80km, parti 2h avant nous et qui terminera 2eme de la course. Un autre monde.

Je gère à ma main. J’arrive toujours à relancer entre 5 et 6 min/km, et encore une fois tout le monde est dans le dur, donc ça doit être normal d’avoir les jambes un peu lourdes. En bas au bord de mer il fait vraiment chaud. Dernier ravito sur le papier, uniquement du liquide, il reste 12km, je me sens encore en forme relative, en tout cas pas sur le point de m’écrouler. Ce coup je reste un poil plus longtemps, presque 2mins. On repart pour la dernière bonne montée quasi 300m en plein cagnard. Je rattrape un coureur dans le dur, avec sa copine qui le pousse aux fesses. On entame ensuite la descente avec 2-3 pièges (remontées courtes mais bien casse-pattes). Je dépasse un couple et j’entends la fille dire à son copain qu’elle n’a plus d’eau. Il reste presque 10 bornes encore, ça va être long. Je lui donne une moitié de bidon, ça lui fera la fin, et au pire il me reste ma réserve de secours dans le sac.Peu de temps apres, on tombe sur un ravito liquide qui n'etait pas au programme, peut-etre mis en place a la derniere minute par l'organisation. J'imagine qu'il a du faire du bien a pas mal de gens !

 

On a ensuite encore de la piste ou je tiens toujours une bonne allure. Dernière montée 100m (ca fait que des petites montées mais à la fin on aura quand même 2100m a la montre). On termine la course sur une petite crête avec vue superbe et descente sur la mer. Je continue à regarder la montre et je me dis que passer sous les 6h va être difficile car il me faudra boucler les 4 derniers km à 15 à l’heure ! Je continue à mon rythme sans chercher la performance. La fin sur la plage est chouette avec plein de gens qui nous encouragent. 2 petits escaliers bien traitres, et on passe sous l’arche. 6h02. Je suis vraiment content de mon chrono.

A posteriori je me demande si j’avais bien estime mon objectif. Je ne sais pas trop dire si j’avais de bonnes jambes car je les ai senti dès le km 10, mais j’avais déjà été assez vite jusque-là. Je pense que ça montre un manque d’entrainement en volume qu’il va falloir ajuster. Je suis bien content de la manière dont j’ai géré mon alimentation, même si je me demande si j’aurais pu aller plus vite en m’alimentant plus aux ravitaillements ? Et enfin je pense aussi avoir bien géré la fatigue et les jambes puisque j’ai pu terminer dans un bon état et surtout sans m’écrouler sur la fin, en gardant une vitesse correcte et en pouvant repartir à la course des que ça ne grimpait plus.

 

2 commentaires

Commentaire de olneos posté le 25-04-2016 à 17:13:59

Bravo pour ton temps. Marrant ça j'ai fait cette course et moi aussi je suis inscris sur l'échappée belle 85 K: il faudra s'attendre à moins courir là bas c'est sur. Bonne récupération !

Commentaire de thrux84 posté le 25-04-2016 à 18:46:38

Bravo pour ton résultat, idem pour moi aussi, présent au TBA et inscrit fin aout à la traversée nord de l’Échappée Belle qui bien entendu n'aura strictement rien à voir :-)

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