Récit de la course : Saintélyon 2015, par laboule

L'auteur : laboule

La course : Saintélyon

Date : 6/12/2015

Lieu : St étienne (Loire)

Affichage : 1256 vues

Distance : 72km

Objectif : Battre un record

2 commentaires

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Ma 2e Saintélyon

Dernier dossard de l’année, et pas des moindres, la Saintelyon. Course mythique, un “raid” plus qu’un trail, une nuit à courir en hiver. C’est ma 2ème fois, pas souvent que je fais 2 fois la même course, là j’ai pleins de repères, le parcours est quasi identique, et j’avais bien géré la fois précédente, une bonne occasion de prendre quelques risques?

Cette année les conditions sont dites “idéales”, pas de précipitations depuis 10 jours, 4-6°C et vent moyen du sud, ciel dégagé. Une nuit pour faire une perf quoi :)
Perso j’aime bien les conditions difficiles, j’ose penser que dans l’adversité des éléments naturels, je suis plus fort que mes congénères. L’an dernier dans la boue, je me suis bien amusé. Eh bien non cette année, pas de boue, pas de glace, pas de neige, on nous promet un terrain sec et “roulant”, donc pour moi ça va être dur.
 
Le parcours est légèrement modifié par rapport à l’année précédente. La distance est quasi identique (72 pour 71km) mais par contre 200m D+ de rabe. A mon avis, ce sera largement compensé par un terrain beaucoup plus praticable.
 
L’entrainement: Après mon abandon sur l’evergreen, j’avais dans la tête de prendre ma revanche à la Saintelyon. Donc 3j après l’evergreen, j’entame l’entrainement: une séance de fartlek avec des bons temps, qui me donne confiance. Oui mais voilà, 17h d’effort ça ne s’efface pas en 3j, et même si je n’étais pas mort après l’evergreen, mon corps était tout de même fatigué. 3j de contracture au mollet après cette petite séance.
Séverine fait de bon massage, mais pour les longs muscles, elle manque d’expérience. Il me faut un “roller”, un rouleau de massage. Je m’en découpe un dans un tube PVC et m’attelle à faire disparaître ces contractures. Ca passe, et je reprend l’entrainement, 4 séances par semaine, je varie les allures et me décide à suivre à la lettre le plan proposé sur le site web de la Saintelyon. Mais voilà après chaque séance de fractionné je vais mettre de plus en plus de temps à récupérer, jusqu’à ce que j’ai une douleur en continue dans la hanche gauche. Ouch.
Bon interdiction de faire le con et de me blesser, je décide de lever le pied, revoir mes prétentions à la baisse, cette Saintelyon sera “à la cool” et l’entrainement se fera “comme je peux”
Je passe donc à 3 sorties par semaine en privilégiant l’endurance fondamentale. Ca avait bien fonctionné pour le marathon de Rome.
Au cours de la préparation je vais quand même enchaîner 3 courses, histoire de garder un peu de vitesse. Mais après la 1ère: la nocturne des Teppes, un trail de 30km, j’ai la hanche qui couine sérieusement. Un petit tour chez l’ostheo me permettra de débloquer tout ça, et d’apprendre à assouplir mon psoas gauche, responsable de mes douleurs. Pas de blessure donc mais beaucoup de fatigue accumulé. Surement du à mon non respect de la semaine de coupure après l’evergreen.
Bon 3 jours après la séance d’ostheo je m’attaque à un petit cross de 9k, puis le weekend suivant une course en relais de 10km (2x5x1km) où je n’ai pas brillé du fait d’un tour du léman appuyé 2j avant. Bref pas flamboyant comme résultat, et un gros sentiment de fatigue qui continu à me plomber le moral.
Pour la récup, une conjonctivite 3 semaines avant la course me forcera au repos, puis après les 3 derniers entraînements, je m’octroie 10 vrais jours de repos avant la course, avec velotaff réduit de moitié.
Pour une fois je vais jouer la carte de la fraîcheur.
 
J’avais prévu de faire le trajet en train avec Christophe et Audrey, mais Audrey s’est trouvé une place au sein d’une équipe bien organisé avec suivi sur toute la course, et Christophe a fini par atteindre la limite de fatigue, et oui après 2 ultras de plus de 24h c’est dur de s’entraîner sans tomber malade. Il sera donc forfait et je me retrouve seul pour prendre le train.
Sauf que non, le petit monde des Triathlètes du pays de Gex est généreux, et Camilo me propose une place aller-retour dans sa voiture. On a des temps de course assez proche qui font que niveau logistique ça devrait être assez simple.
 
Après 10j sans sport, je n’en peux plus, j’ai des fourmis dans les jambes, le petit run de remise en jambe de 30min a été horrible, j’ai l’impression que je vais complètement foirer ma course, j’ai peur et pourtant j’ai tout de même très envie d’y aller. Allez comprendre.
 
Samedi 16h, enfin le départ. Dans la voiture c’est le debrief d’une saison, les projets pour l’année prochaine, et le plan de course de chacun.
Pour moi le plan est simple: Essayer de faire mieux que l’an dernier. Partir tranquille, ne pas forcer dans les bosses, et commencer à accélérer après St Genoux le 3e ravito (40km). J’annonce 9h. Au même moment, sur Facebook Christophe crie haut et fort que je vais faire 8h30, le fou. Je n’y crois pas une seconde.
 
On arrive à Lyon dans les bouchons, mais coup de Chance il y a de la place dans le parking de la halle. On se sépare pour commencer à faire la queue pour les dossards, et là on est pas déçu, il y en a facile pour 2h :(
Je retrouve Olivier, mon pote cyclotouriste et traileur, qui attend déjà depuis un bout de temps.
Un coup de file à un autre Olivier (mon boss) et j’apprend qu’il est sur le point d’avoir son dossard, tout en tête de file. Ni une ni deux, je file et m’incruste avec lui. Une fois là, je contact tous les autres copains dans la file et récupère leurs documents, et 20min après être entré dans la halle, on se retrouve avec 5 dossards, ouf.
Bon petit coup de stress quand je me suis aperçu avoir perdu les cartes d’identité des copains, mais retrouvé rapidement sur la table des dossards. re-ouf.
 
Ensuite on file au bus direction Saint Etienne. Après une fouille minutieuse de nos sacs, merci les terroristes, on entre au parc des expos. Direct à la pasta party. Je reçois pleins de messages de copains dans la halle, mais il me sera impossible de les retrouver avec tous ce monde.
 
Je ne mange que la moitié de mon assiette, pas la peine de s’exploser le bide, j’ai bien chargé les jours précédents.
On ne trouve d’ailleurs pas de place pour se poser et on file dans l’autre salle. On installe le campement et on se repose une bonne heure avant de commencer à s’habiller.
 
Cette année j’ai acheté de la Nok et je me graisse bien l’entre fesse pour éviter les soucis de l’an dernier. Je me masse aussi les pieds avec dans l’espoir que ça chauffe moins.
Ma tenue: collant running nike, merinos icebreaker manches longues, chaussettes marathon Xsocks, buff, sac salomon slab 12l, chaussures nike trail wildehorse goretex. Un coupe vent hyperlight decathlon, des gants fins et 2 buffs en rabe dans le sac. Quelques feuilles de PQ aussi …
Je pars avec 4 gels coup de fouet, 4 cliff bars et 1l d’eau dans les gourdes souples.
J’ai avec moi ma fidèle garmin 910xt, mon cardio Scosche RHYTHM+ et ma frontale Petzl Nao (Ca fait un peu pub, mais je ne suis pas sponsorisé, c’est juste que c’est le genre d’info que j’aurai aimé avoir quand j’ai débuté)
 
 
Et de l’autre côté de l’appareil photo, Olivier
 
 
Ah ouais on est super sexy en collant moule burne hein.
 
Bon c’est pas tout ça mais c’est l’heure de tenter un petit caca de la peur avant la course, eh bah non, pas de caca de la peur. Bon bah j’espère que ce sera pas pour plus tard.
J’ai changé de régime pré course avec du riz à la place des pâtes lors du dernier repas, ça à l’air mieux.
 
En allant remplir mes gourdes, je tombe sur Audrey, on se souhaite bonne course, et je me rend ensuite sur la ligne de départ. J’y suis 50min à l’avance pour être bien placé. Pas de sas cette année, je me met à 20m de la ligne et je m’assois par terre pour économiser mes jambes. Mauvaise idée, les flatulences de mes congénères me font vite relever. Bon bah je vais poireauter 45min debout en guise d’échauffement.
 
 
Juste à côté de moi je retrouve Alex, avec qui j’ai fait la forestière et la MB race, des courses VTT. Il m’avait dit l’an dernier qu’il se mettait à la course à pied, bah il fait pas semblant :)
 
Enfin le compte à rebours, et on s’élance. Comme prévu je pars tranquille, je vérifie souvent ma montre pour ne pas m’emballer à suivre le peloton qui me double en continue. Au début je me fixe sur le cardio, il faut qu’il reste sous les 150. Puis je regarde ma vitesse, 5’15 min/km, je me force à ralentir à 5’20 et là encore je me dis que c’est rapide, mais le cardio tourne à 145, c’est bizarre. Et je continue à me faire doubler par des centaines de coureurs. Je me demande si ma montre fonctionne bien, je vais vite (l’an dernier je tournais à 5’50 au même endroit), le cardio est bas et tout le monde me double, en théorie je devrais me traîner.
Bon à priori si le cardio est bas, je ne me fatigue pas, donc je garde l’allure on verra bien. Dans les premières petites bosses je continue de courir, ca monte à 160 mais pas de problèmes. C’est seulement dans la montée de Sorbier que je me force à marcher. Déjà je commence à sentir ma hanche, aille, mauvais signe. Et j’ai chaud, très chaud. Je regrette de ne pas être parti en Tshirt + manchon, j’aurai pu me découvrir les bras.
La sensation de course avec les pieds graissé à la Nok est étrange mais plutôt agréable. Par contre j’ai une légère douleur sur les metatarses du pied droit. Etant donné que je n’ai pas fait d’échauffement, je ne m’en inquiète pas plus que ça.
 
Finalement on quitte la route et on s’élance dans les premiers chemins. Après cette première partie bitumée le moral n’est pas au top. Je me souviens de l’année précédente, j’étais tellement à l’aise, et là je surveille tout, le cardio, la vitesse, j’ai l’impression d’aller trop vite, pourtant le souffle est bon, mais j’ai la hanche qui picote, j’ai peur pour la suite, ca va être long, est ce que je vais devoir abandonner à cause de ma hanche, déjà 2 abandons cette année, rahhh non pas un 3ème. Et puis ça se passe comment quand on abandonne, est ce que les copains de co-voiturage vont devoir m’attendre, et qu’est ce que je vais dire aux enfants …
Ouaip c’est pas la fête dans ma tête.
 
Donc on déboule sur les chemins, effectivement c’est tout sec, par contre pas mal de cailloux, on les voyait pas tous ces cailloux dans la boue l’an dernier. J’allume ma frontale, mes les bandes lumineuses à l’arrière des dossards font baisser l’intensité de mon faisceaux à cause du reactive lighting, pas terrible. J’hésite à passer en mode continue, mais je ne connais pas la durée de vie de la loupiotte dans ces conditions. Encore au moins 8h de course alors je ne prend pas de risque. Et il y a tellement de monde autour de moi que je vois très bien le sol.
 
Avec le chemin sec, la vitesse sur le plat est bien plus élevé que l’année passé. Et c’est avec 6min d’avance que j’arrive au 1er ravito de St Christo en Jarez. Là je file tout droit, pas d’arrêt, j’ai suffisamment d’eau, à manger sur moi. Pas besoin d’y perdre de temps.
Je passe en 1783e position (contre 2177 l’an dernier) à près de 10kmh de moyenne.
 
On commence maintenant à attaquer les premières bosses du parcours, je n’hésite pas à marcher et comme l’an dernier je relance dans les derniers mètre. Le souffle est bon, mais la hanche couine de plus en plus, surtout dans les faux plats. Ce n’est pas réellement douloureux, mais j’y pense. Quand je marche, dans le raide pas de soucis, c’est vraiment lors des relances que ça pique.
 
Après les premiers montées, forcément les descentes, et là surprise le terrain est assez piégeur, énormément de cailloux. Comme les pentes ne sont pas très fortes, je déboule à fond dedans, et dans l’obscurité il me faut utiliser la même technique que pour les trails plus montagneux pour ne pas me faire une cheville. Les autres coureurs sont au ralentis, et enfin je commence à reprendre des places. D’ailleurs dans les montées aussi je grignote quelques places à chaque fois.
Une fois sur les hauteurs, le chemin bien sec permet de gagner en vitesse, et c’est encore avec 3min de gagner que j’arrive au ravito de Sainte Catherine. Là je m’arrête pour remplir mes gourdes, mais mauvaise surprise il n’y a qu’un filet d’eau au robinet. Heureusement il y a des bouteilles en plastique sur les tables. (Bravo la course ecolo).
Je prend une soupe, 3 tucs, glisse 1 banane dans le sac à dos et je repars 3 minutes 20s plus tard en 1432e position. 350 places gagnées sans m’en rendre compte.
 
Et j’attaque la partie avec les plus grosses bosses, et surtout la petite nouvelle. C’est maintenant qu’on peut profiter de la guirlande des frontales qui s’étirent sur les monts du lyonnais. La nuit est vraiment dégagé avec un joli croissant de lune et de nombreuses étoiles. On voit bien les lumières des villages en contre bas, c’est vraiment une chouette nuit pour courir.
L’alternance de marche en monté et de course en descente me permet de soulager ma hanche. La nouvelle bosse est effectivement bien raide, mais bon comparé à un trail alpin c’est pas bien méchant. Par contre la descente est rendue difficile par les nombreuses pierres et racines. Je met la frontale en éclairage max et dévale. Et je gueule “ATTENTION, SUR LA GAUCHE, SUR LA DROITE” et je double, je double, je double :)
Sur cette portion je m’étais fixé comme objectif de rester sous ma moyenne de l’an dernier, objectif sous les 8min/kil, j’arrive à St Genoux à 7’43 de moyenne mission accomplie. Je perds tout de même 2min sur cette portion mais celle-ci étant plus longue d’1km et 30m de D+ bref c’est pas mal.
En arrivant à St Genoux, je suis maintenant 1141e, 190 places de gagnées.
J’ai toujours 6 minutes d’avance sur l’an dernier, et on attaque maintenant la descente vers lyon.
 
L’an dernier c’est dans cette partie que j’avais gagné le plus de place, mais là rapidement, j’ai un gros coup de moins bien. J’avale un gel coup de fouet en espérant un retour de forme. Je me traîne pendant la moitié de ce tronçon quand tout à coup je commence à doubler du monde sur le plat, ce n’est pas arrivé depuis le début de la course, ouhhhh c’est bon ça, le mode pacman est enclenché,
Je me surprend à dépasser les 10kmh, je me fais dépasser par un coureur et décide de m’y accrocher, on court côte à côte pendant 3kils, à 11kmh, il est anglais et on tape la discutte, tout en doublant, doublant, doublant. Le moral remonte.
 
Etat des lieux un peu avant le ravito de Soucieu, la douleur à la hanche a dipsaru, par contre je commence à avoir les quadriceps en marmelade, principalement le droit. Après 50km de course ça ne me paraît pas étonnant, surtout après la descente du signal au km 36. Les pieds ne me font pas souffrir du tout, et ma cheville ne bronche pas plus que d’habitude. Ce sera donc arrêt éclair au ravito mais je ralentirai un peu la cadence derrière pour me préserver.
 
Soucieu en jarrest, 988e encore 153 places de gagnées et ouahhhh je passe dans les 1000 premiers!
Dans le ravito je croise Simon un collègue qui faisait le relais 2, je suis euphorique, il me dira le lendemain que je courrais dans le gymnase du ravitaillement. Je repars en marchant, 4 tucs et 5 pims dans les mains. Je mange les tucs et stock les pims.
Pendant que je mange, j’échange par sms avec Christophe qui ne dort pas et suis la course sur internet. Il m’encourage et me fait réaliser que j’ai le 8h30 à porter de la main, j’ai maintenant 16min d’avance, j’ai couru 6h, il me reste 2h30 pour boucler un semi marathon.
Facile …
Calcul rapide il faut tenir le 8,5kmh pour que ça rentre. Bon bah y a plus qu’a, je range le téléphone et me met à courir.
Et là Bim, quelqu’un me plante des poignards dans les quadriceps. Rahhh des pirates sur le parcours. Mais je regarde autour de moi, non, personne. Et là je réalise, ce dernier 5km à 10kmh se paye, cher, très cher, j’ai choppé les jambes de bois.
Chaque relance devient une souffrance, chaque descente un enfer. Une pensée cauchemardesque me traverse l’esprit, les 200 marches de la fin. Vite je la refoule, et me concentre sur ma foulée.
 
Je me souviens d’un passage dans ce livre de référence sur le trail “never wipe your ass with a squirrel” (véritable titre du livre): Quand ça fait mal, accélère.
 
Alors j’accélère, et effectivement une fois l’augmentation de douleur du à l’accélération passé, je me sens mieux, le soucis c’est qu’à chaque petite bosse je ralenti, et il faut relancer, et quel souffrance dans les relances.
J’ai les yeux rivés à ma montre, après chaque bosse, je relance jusqu’à atteindre le 8.5kmh de moyenne sur la section, bon sang que c’est dur, mais j’ai l’envie, le mental. Je suis heureux, vraiment heureux d’être là, heureux d’avoir un pote éveillé au milieu de la nuit qui m’encourage, heureux de ne plus avoir mal à la hanche, heureux de pouvoir pousser la mécanique même lorsqu’elle me dit d’arrêter.
Alors oui j’ai mal et oui j’accélère, ça a l’air complètement masochiste comme comportement, mais à ce moment là je sais que ce n’est que de la douleur musculaire, je ne suis pas en train de me blesser, juste je repousse les limites de la fatigue.
 
Bon quelques kilomètres plus loin je commence à avoir une douleur dans le genou gauche, là je sais que c’est une tendinite en train de se déclarer.
Fait chier. Il me reste 13km pour finir la course, la douleur est faible, c’est la dernière course de l’année, derrière c’est la pause hivernale, bon … allez je peux taper dedans. En plus rapidement l’autre genou se met à faire mal aussi, donc c’est plutôt la fatigue qui se fait ressentir. Allez je lâche rien, on verra bien demain si c’était une connerie.
 
Chanopost, dernier ravito, 7h10 de course, il reste un peu plus de 10km à courir. 881e 110 places gagnées à nouveau. Le 8h30 est toujours possible. Bon il y a 2 méchantes bosses à avaler. Je m’en souviens bien car je m’étais laisser surprendre l’an dernier. J’essaye donc d’avoir un tampon de temps pour absorber ces bosses.
Le jour se lève, le ciel est dégagé, je traverse une pinède envahit d’une brume légère, c’est magnifique. Désolé je n’ai pas le temps de prendre une photo, à ce moment là je me bas pour arriver à 9kmh au pied de la 1ère bosse et c’est dur, très dur. Ca y est, j’y suis, 8.9kmh et j’attaque la montée, je marche au plus vite, j’essaye de relancer au moindre replat, mais la douleur dans les cuisses est terrible, alors je marche en balaçant les bras, le powerwalk mes amis, il n’y a que ça qui passe.
Viens ensuite la descente dans le parc d’activité, ouh la la ça pique, mais je double. Et enfin la dernière montée, que je marche à nouveau.
On arrive en ville, mais c’est l’enfer, le moindre faux plat me fait passer à la marche. Je me fais doubler de tous les côtés.
A 2km de l’arrivé il me reste 12min pour passer sous les 8h30. 6min au kilo, 10kmh, facile non? euhhh non!
Ca y est voilà les marches. Une grosse respiration et je me lance, oh ça brûle. Mais ça descend pas trop mal. Arrivé en bas il faut relancer il reste 1km et 4min pour passer sous les 8h. Mission impossible. Je continue de courir, le sourire au lèvre, je sais que je vais faire 8h32, et c’est bien, c’est très bien, je dirais même à mon niveau c’est énorme :)
 
En passant sur le pont Raymond Barre je prend une petite photo du soleil qui se lève au dessus des immeubles lyonnais.
 
 
Beaucoup de supporter par ici, c’est génial. Je croise Jean-Marie le 3e larron de la voiture, il est déjà douché et en civil, ouah il a fini si vite, énorme, mais en fait non il m’annonce qu’il a abandonné, oups.
 
J’entre dans la coure de la halle Tony Garnier, plus que 50m. Et voilà, c’est fait, une 2ème saintelyon de bouclée, et en 8h32min16s mes amis!
 
Un petit message à ma femme, puis je me gave de Saucisson et fromage, un grand verre de coca, rahhhh c’est bon ça. Y en avait sur les ravitos pendant la course mais j’avais peur d’en subir les effets, mais maintenant tout est permis. Je récupère mon TShirt que je trouve bien beau cette année, puis je file à la douche, c’est très dur de m’asseoir, de me déshabiller, les jambes sont tellement douloureuses. Lorsque je sors de la douche j’aperçois Camilo, il a fini 15min après, joli course pour lui aussi.
A la pasta party d’après course mon pote Olivier m’annonce qu’il a fini 68e en 6h37, énorme.
 
Bon le problème quand on fini aussi tôt c’est que le McDo ne sert encore que des ptits dej. Pas de burger ni de frites à 10h :(
Alors on rentre.
 
Quel belle course. Je ne partais pas super confiant, la 1ère moitié ne m’a pas rassuré, mais j’ai sur garder le moral et me pousser dans l’effort, ça c’est bon.

2 commentaires

Commentaire de Benman posté le 07-12-2015 à 21:49:41

ouah, que de détails dans ce récit complet. Je me retrouve pas mal dans ce que tu as vécu, mais je suis arrivé légèrement après. Je confirme que le mental est primordial pour performer dans cette course.
bon, et puis j'ai appris qu'il fallait se graisser l'entre-fesses. je n'ose imaginer ce que ça donne au contact des flatulences du départ... pfiououou, bravo!

Commentaire de hormao posté le 07-12-2015 à 23:20:25

classe de doubler toute la file d'attente pendant que les autres attendent sagement leur tour !

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