Récit de la course : Championnat de France de Montagne 2006, par le p'tit zef

L'auteur : le p'tit zef

La course : Championnat de France de Montagne

Date : 20/8/2006

Lieu : Courchevel (Savoie)

Affichage : 465 vues

Distance : 11.3km

Objectif : Terminer

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Difficile mais expérience à faire

Mercredi 16 Août 2006
Çà y est je pars. J’ai repoussé mon départ d’une journée pour cause de mauvais temps dans les Alpes ce qui s’est avéré une erreur car il a fait beau le mercredi. (En fait sur les 4 jours passés en Montagne, il pleuvra + ou- fort toutes les nuits mais chance , fera beau dans la journée.)
A Paris dans le train, j’aperçois à son tee-shirt estampillé « SeNeCeFe », un collègue Nantais qui lui aussi va sur Courchevel courir la « Courch’pied »et je sympathise.
Jeudi 17 Août 2006
Le président de l’ USCORG (club cheminot de Paris Montparnasse, organisateur de ces courses depuis plusieurs années) nous attend et nous monte à la station. Je ne l’ai pas revu depuis ma mutation professionnelle de Paris en Bretagne en 1988 et il me vient à me rappeler avec nostalgie de mes premières années de cheminot.
Dans leur petit Chalet associatif, devant un bon café réparateur d’une nuit passée dans le train, ils me proposent de courir le petit Trail de 11kms qui a lieu le samedi, la veille du Championnat de France de course en montagne. Il cherche quelqu’un pour fermer la course, faire le coureur « balai »en quelque sorte et ramasser la signalétique. J’accepte leur proposition et je dis donc à samedi 14h.
Je suis content d’avoir retrouvé quelques anciens collègues et surtout motivé par ces 4 jours de Montagne qui m’attendent. Direction Pralognan la Vanoise…
je monte à la Dent du Villard (2284m), chargé de mes 21 kg sur le dos( ma petite maison et mon garde manger) où une table d’ orientation m’ attend prête à me détailler tous les sommets sur 360°.
J’aperçois le beau dôme enneigé du Mont Blanc et les magnifiques glaciers de la Vanoise.
Ce moment, si apprécié des randonneurs montagne, je ne m’en lasserai jamais !
Les crêtes du Mont Charvet passées, le vent ayant essayé plusieurs fois de me déséquilibrer avec mon sac lourd et imposant, je franchis le col de Grande Pierre et je bascule sur la descente sur Pralognan.
Les gouttes de pluie commencent à tomber, le foehn (vent du sud) souffle et il est temps que je monte la »guitoune » au camping municipal. (Accueil sympathique du responsable)
Vendredi 18 Août 2006
Il a bien plu cette nuit, l’abri de jardin mis à la disposition des campeurs avec table et chaises, me permet de déjeuner confortablement et au sec. Je pars pour le refuge de La Valette, tout heureux de n’avoir sur le dos qu’un petit sac de raideur avec mon pique-nique et mon coupe-vent à l’intérieur.
Mes trails (je n’ai pas emporté mes godasses de rando par souci de poids) ne m’empêchent pas trop de glisser sur les rochers humides et je dois redoubler de vigilance pour franchir la faille qui me hisse vers le cirque du petit Marchet.
J’arrive au refuge, le gardien est en train d’éplucher les patates pour les randonneurs mangeant au refuge; Je m’accorde 1 h de sieste près avoir apprécié mon pique-nique devant le petit lac. Je me décide à repartir, je monte sur les crêtes de la Vielle Pomme dominant le refuge et, suprême plaisir, j’entreprends de sortir un peu des sentiers battus en redescendant par le col des Thurges. J’éviterai ainsi de croiser les personnes montant au refuge l’après midi.
(J’aime bien le faire de temps en temps, de cette façon je fais un peu ma montagne, à moi !). Peine perdue, le bout des crêtes s’avère trop périlleux et je redescends sagement par le sentier habituel.
J’arrive dans la magnifique vallée de Chavière au lieu-dit Les Prioux et je me rappelle avoir passé la nuit là, au Gîte, il y a quelques années. Je m’en rappelle tellement bien que, cette nuit là, j’étais tout seul dans le dortoir et j’avais fais mon tour de …cadran. Véridique !
Nuit tranquille et heureusement un peu moins pluvieuse que la précédente.
Samedi 19 Août 2006
Je remballe les affaires et je tends mon pouce pour faire du Stop pour regagner Courchevel. En montagne pas besoin d’attendre longtemps pour que quelqu’un s’arrête, il y a toujours un local (habitant) sympa pour nous acheminer.
J’arrive au Praz, le village de » la Courchevel outdoor »commence à s’animer. Il s’agit d’une manifestation de plusieurs sports nature dont une épreuve de « IRON Tour »( triathlon), de VTT, Raids, Courses d’ orientation ,Trails, la montée des marches du Tremplin et, le fameux Championnat de France de Course en Montagne .
Je plante ma tente dans le champ qui sert de parking et je retrouve mon collègue retraité cheminot, venu donner aussi un coup de main à l’organisation des épreuves de course à pied et qui court également le championnat de France le lendemain matin.
Il est 14h, les derniers concurrents du Trail de 33km finissent d’arriver, je me prépare à participer à celui de 11km qui part de Courchevel 1550 ; le maigre public présent nous encourage et, dès la première pente je rassure et motive une dame (c’est son 1er trail) et un V3 que j’accompagnerai, à courir tranquillement sans s’inquiéter. Mon travail de coureur balai accompli, je franchis la ligne d’arrivée le dernier et je savoure ce beau parcours de trail montagne, effectué au ralenti, mais bénéfique pour l’épreuve dantesque du lendemain !
La kermesse de la Courchevel Outdoor bat son plein, la sono et son speaker s’active, çà grouille de partout et le soir, Jean-Claude, le sympathique président de l’USCORG me garde à diner avec eux.
Dimanche 20 Août 2006
7h: Il pleut encore, je reste bien au chaud et au sec dans mon duvet car la course, le Championnat National de course en montagne n’a lieu qu’à 10h. J’entends les premiers concurrents arriver, la sono et la musique se remettre en route.
8h: La pluie cesse, les premiers rayons de soleil percent les nuages, je me lève pour prendre mon petit déjeuner et accumuler des forces pour cette épreuve inhabituelle pour moi.
9h45 : Je me présente sur la ligne de départ, pas inquiet du tout comme d’habitude, je retrouve Francis toujours aussi « gouailleur » en train de blaguer avec les autres cheminots.
10h : çà y est, nous partons, les officiels de la FFA lâchent » les affamés du dénivelé » et, de suite, je ressens un essoufflement plus intense que d’ habitude: l’altitude commençant à faire son effet sur le « p’tit zef » montagnard.
Au bout de 300m déjà de course, on grimpe dur dans la piste de ski nous montant à Courchevel 1550. Le souffle est de plus en plus court et inévitablement le battement de jambes et la foulée se rétrécissant, il ne reste plus qu’à marcher…
Nous sommes en file indienne, la pente est de plus en plus dure, nous glissons dans l’herbe mouillée, mon champ de vision se bornant aux chaussures du concurrent me précédant.
Le 1er ravito passé, le pourcentage de la pente diminue un peu et nous pouvons par brefs moments nous relancer pour courir (trottiner plutôt) dans le chemin serpentant entre les mélèzes. Le golf passé, les golfeurs plus préoccupés par leur petite balle qu’à notre « souffrance », un bruit de moteur me fait relever difficilement la tête et me rappelle que Courchevel possède aussi un aérodrome….
Un collègue signaleur me tend une bouteille d’eau et je lui rappelle que la course de la veille, courue ensemble, était nettement plus facile…
Nous arrivons au pied de la Saulire, un des points culminant de la station 2670m et terme de la course, je suis accroché à un autre V2 comme moi mais licencié FFA (facilement reconnaissable car était accroché dans leur dos leur appartenance aux catégories). Nous ferons toute la course ensemble, en alternant pour mener, jusqu’ au pied de ce mur et, avant qu’il se détache dans les lacets, il prendra soin de me demander dans quelle catégorie je suis….
J’ai du mal à monter, je ne peux plus tenir un rythme pour marcher et 1 fois, 2 fois , 3 fois, je serais obliger de m’ arrêter complètement pour garder un peu de lucidité et continuer.
Plus haut un autre concurrent placé derrière moi me racontera, peut-être pour se rassurer ou carrément pour mieux me porter l’estocade, ses exploits sur ses trails courus, mais moi, il ne connaitra pas les miens, bien incapable d’avoir la force de lui répondre.
J’arriverais en haut, « bien atteint et dans le rouge »mais heureux et fier d’en avoir terminé. Le comble c’est qu’au moment de redescendre la télécabine est tombée en panne et il nous a fallu repartir en courant pour rattraper les « œufs » placé 400m en D- plus bas.
Le soir, après un dîner pris en commun dans le chalet de l’association, leurs sympathiques dirigeants nous redescendrons à Moutiers et je m’endormirais fourbu mais content d’avoir passé ces 4 jours de Montagne et retrouvé mes anciens collègues d’il ya 25 ans.
Vivement l’été prochain…. !





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