Récit de la course : Marathon de Séville 2015, par Berty09

L'auteur : Berty09

La course : Marathon de Séville

Date : 22/2/2015

Lieu : Séville (Espagne)

Affichage : 818 vues

Distance : 42.195km

Objectif : Pas d'objectif

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Rendez-vous à Séville

    Mi novembre, mon record sur 10 km tombe. Je m'accorde alors 3 semaines de repos relatif. Uniquement natation et vélo pour garder la condition car ensuite j'attaque la préparation de mon marathon. Tout est calé et c'est avec une grosse envie que je ressors mes baskets le 8 décembre pour préparer Séville et ses 42,195 km. C'est mon troisième marathon. Lisbonne 2011, Prague 2013 et voilà! Cette fois-ci je suis bien décidé à passer sous les 3 heures. Un marathon pour apprendre, un deuxième pour confirmer et un troisième pour s'affirmer.


     Il y a deux ans, je faisais une belle course mais j'échouais à quelques grosses secondes de mon objectif. Cette année tout serait fait pour optimiser ma perf. J'ai 11 semaines à me consacrer à cela. Le programme d'entrainement est affiné avec entre 70 et 100 km par semaine. 2 séances de piste, 1 séance sur route avec travail à allure marathon et 3 séances complémentaires de travail foncier. Le vendredi c'est repos! C'est assez lourd comme programme mais c'est dans mes cordes. Je suis bien entouré avec mon coach CAP, mon kiné et un copain de club (2h35 au marathon) qui m'apporte son expérience.


     Je me fixe une allure cible de 4'10 au km. Ce qui donnerait 2h55. Ca me semble jouable et en plus ça me permettrait de passer sous les 3h en cas de coup dur dans les derniers km. Je reste humble face à la distance. Pour ceux qui ont déjà fait l'expérience du marathon, on sait tous que toutes les belles prévisions peuvent vite s'écrouler. Le jeu de cette préparation est justement de tout optimiser pour réduire les risques lors de l'épreuve. Tout compte; le matériel, la fraicheur, le foncier, la gestuelle, le cardio, l'hydratation, la nutrition, le poids, la vitesse, les dispositions mentales. Je suis prêt.


    Après une semaine de prépa, les sensations sont bonnes malgré quelques tensions musculaires et un état de forme fluctuant. Je suis confiant, ça va se caler. Au début de la deuxième semaine, ce que je croyais être une tension musculaire sous le mollet gauche s'avère être un tendon qui siffle légèrement. Je reste à l'écoute, continue l'entrainement. Tout devrait se mettre en place maintenant. Je cours beaucoup au cardio et commence à mieux me connaître.


   Jeudi, travail à la piste. Je suis tendu. La gêne au tendon ne passe pas et au contraire elle s'accentue. Le coach voit le malaise et me dit que s'il y a quelquechose qui va pas, il faut le dire...Mais non coach, ça roule! Au moment d'attaquer la deuxième série je dois me rendre à l'évidence. Ca cloche vraiment. Le kiné m'en avait parlé la veille, risque de tendinite. J'avoue finalement avec rage que le tendon râle. Ok Bertrand, arrête tes conneries, tu rentres au vestiaire. Arrrrgh!


    Et voilà le grain de sable est bien là. La suite de ma prépa consistera à découvrir et soigner cette blessure. Tendinite au tendon d'Achille. L'erreur principale aura sûrement été dans mon cas de couper 3 semaines avec la course à pied avant d'attaquer cette prépa. J'aurais dû conserver quelques footing. C'est trop tard, le mal est là. En parlant autour de moi, je comprends que ça peut durer des semaines, des mois et même plus. Je passe mon énergie à me soigner au mieux et commence à m'inquietter sérieusement pour Séville.


    ...Je boucle ma valise. Le marathon est dans deux jours. Mes objectifs ont fondu comme neige au soleil. Objectif 1: ne pas agraver la blessure. Objectif 2: finir le marathon. Objectif 3: Y trouver du plaisir. Heureusement, le choix de Séville qui alliait jolie ville au soleil et marathon roulant, me laisse la joie de la découverte de cette destination. Mais je me connais, le moteur dans cette aventure c'était pour moi la performance sportive et le défi à relever. Il m'a fallu du temps mais je me suis rendu à l'évidence, il est impossible que je fasse un chrono dans mes cordes. Il va me falloir courir ce marathon comme un long footing...un véritable défi pour moi!!




    Jour de course. J'entre dans le sas des 3h-3h15. Il fait magnifiquement beau. Deux speakers, espagnol et Portugais font monter l'ambiance dans ce pays avec une véritable culture de course à pied et de fête. C'est chaud! Ah putain, si seulement, SI SEULEMENT!! Seulement mon p'tit Berty, sois déjà content d'être là et t'emballes pas. Voilà, on est parti. Le grand défilé commence. Je suis étonné de ne pas me faire écraser. Pour autant ça défile de partout. Je n'ai aucun objectif de temps et cherche une foulée la plus adaptée à ma blessure en rémission.




     Les quatre premiers km se font à 5'15 au mille. Je reste spectateur. Premier ravito, comme je me le suis promis, je marche, bois et m'alimente. Je suis très à l'écoute de mon tendon. La gêne est là mais n'empire pas. Je poursuis. Le parcours est vraiment très roulant, les avenues larges et le soleil bien présent donnent à cette ville sa véritable dimension. Un palmier est beau sous le soleil, je suis gâté. J'ai du mal à être dans la course. Je suis en cécallage complet avec les gens qui m'entourent. Tout le monde me dépasse. Je me demande jusqu'à quand cela va durer.




      Mon rythme baisse à 6' puis 6'30. Je passe le semi en 2h08. Ma seule satisfaction est que la gêne au tendon n'empire pas. Ce sont maintenant les papis et mamis, les débutants, les ronds, les rouges qui me dépassent. Je ne m'en offusque pas, bravo. Nous sommes marathoniens et partageons cette aventure. Au trentième km, je commence enfin à doubler des concurents. Une file se constitue sur la droite avec divers naufragés. Je continue mon bonhomme de chemin. Le tendon tire un peu plus mais je m'accorde le droit de continuer. Après un passage dans les quartiers résidentiels et quelques splendides batisses, nous débouchons sur une magnifique avenue bordée de palmiers. Ah ouais, quand même!




     Je cointinue avec ma foulée économique et légèrement claudiquante. C'est vraiment un beau marathon, je ne m'étais pas trompé. Je double de plus en plus de monde. Mais finalement le sentiment est le même qu'au début. Je ne suis pas à ma place. C'est l'heure de souffrir pour mes compagnons et moi je reprends du rythme et retourne vers des temps de 5'30 à 5' au km. Et là, bam! La plaza de Espana. Du beau boulot qu'ils ont fait. Nous profitons au plus près de ce magnifique spectacle. Il reste quelques km. Le tendon tire toujours mais je sais maintenant que je vais pouvoir finir. Je suis content. Enfin, pas de quoi s'enflammer non plus.




     Les derniers km arrivent, j'accélère, pressé d'en finir. Je ne me sens définitivement pas à ma place. Au 40ème km, un mec danse devant le groupe de zik. Il se croit arrivé. Je suis sûr qu'il va trouver les deux derniers km très long. Allez, excusez moi, j'ai un marathon à boucler, je remonte sur le ballon des 4h30. Je rentre dans le stade olympique. Non, je n'ai pas de frissons. La piste d'athlé est pourrie. Je finis mon marathon. Mes trois objectifs sont atteints. J'ai même réussi à y trouver du plaisir...parfois. Pas d'amertume non plus, ne croyais pas. Juste que mon kif est ailleurs. Et là, entre le défi initial et mon temps de 4h24, il y a un monde.



 

 

 

2 commentaires

Commentaire de Yvan11 posté le 28-02-2015 à 16:41:39

Je comprends ta déception, mais bon, c'est déja çà si tu as apprécié la ballade.
La perf, ce sera à coup sur pour la prochaine fois !
( continue de bien te soigner )

Commentaire de Berty09 posté le 28-02-2015 à 23:40:49

Merci Yvan. Guérir et retrouver la forme c'est la prochaine étape. Ça va le faire.

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