Récit de la course : Altispeed 2013, par Bastouille

L'auteur : Bastouille

La course : Altispeed

Date : 14/7/2013

Lieu : Val D'Isère (Savoie)

Affichage : 641 vues

Distance : 32km

Objectif : Pas d'objectif

5 commentaires

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un Altispeed sous le soleil !

Après avoir pris mon pied sur les 15km de sentiers côtiers en Bretagne  lors du trail du bout du monde, me voici quelques jours après à l’autre bout de la France à Val d’Isere pour l’Altispeed.

Principal objectif de l’année pour moi, l’Altispeed est la version courte de l’Ice Trail Tarentaise (ITT) avec 32km, 2500m de D+ et une altitude moyenne de 2600m. Les puristes diront que ce n’est plus du trail mais du « skyrunning »…  En bref le WE dernier je courrais à 0m d’altitude et là je me retrouve au moins 2000m plus haut… en voilà une bonne préparation !

La course se déroulant le dimanche, nous avions prévu d’arriver le jeudi soir afin d’avoir le temps de réaffuter mon pied en mode « montagne » ( pour les globules c’est un peu court comme délai…). Nous avons donc profité de vendredi et samedi pour faire de belles randos au milieu de ce magnifique parc qu’est la Vanoise. Marmottes, chamois, bouquetins et même le fameux couple de gypaètes sont au rendez-vous ! Aussi en ce début d’été tardif, nous profitons de l’explosion de couleurs que nous offrent les fleurs des alpages.

Samedi soir a eu lieu le debrief sur la course. On ne rigole pas, ce trail « le plus haut d’Europe », se court sur des glaciers nécessitant en théorie du matériel d’alpinisme. Malgré les conditions météo splendides des derniers jours, encore 60% du parcours est recouvert par la neige. Depuis une semaine les organisateurs ont travaillé d’arrache-pied pour sécuriser le parcours et éviter tout accident. Petite déception, du fait du cumul de neige trop important sur le glacier du Pissaillas l’Aiguille Pers ne sera pas accessible ; le parcours s’arrêtera à la Pointe Pers 80mètres plus bas.

Bla bla bla…

Bref ils nous font flipper et nous poussent à acheter ce fameux système de chaines pour baskets de la marque Yaktrax partenaire de la course…

4h du matin les courageux coureurs du 65km s’échappent vers la Grande Motte.

8h30 après le contrôle du matériel obligatoire à embarquer, c’est enfin le départ. N’étant pas du tout préparé à ce genre de course typée  « haute montagne », mon seul objectif est de finir avec le maximum de plaisir. Je me place donc en milieu de peloton pour ne pas risquer de partir trop vite.

Les 4 premiers kilomètres sont roulants et nous font remonter la vallée du manchet. Ce seront les seuls kilomètres d’ombre du parcours. Ensuite les choses sérieuses commencent. Nous bifurquons vers l’est en direction du refuge des fours à 2500m. Personne ne court. Le peloton s’étire sur la monotrace qui monte en de courts lacets. Le gars devant moi casse son bâton en le bloquant entre deux rochers. Dommage…

Au refuge nous rejoignons les  premiers concurrents du 65km.  Kilian et Francois D’Haene sont déjà passés depuis plus d’une heure à un rythme impressionnant parait-il. Nous croisons cependant Emelie Forsberg l’actuelle championne du monde de skyrunning.

Le refuge passé, les névés sont de plus en plus nombreux et l’ascension du col des Fours à 2976m se fait pendu aux batons sur une neige fuyante.

Enfin nous arrivons au col. Petite pause photos. Le paysage est grandiose avec en contre bas un lac gelé.

Nous descendons donc prudemment le col sur la neige  à l’aide d’une main courante. L’adhérence est très sommaire et les glissades sont nombreuses comme si le génépi avait remplacé l’eau du camelbak. L’ambiance glaciaire rend l’instant magique. 

Cependant il faut rester concentré. Lors d’un passage sur un rare pierrier déneigé ma cheville vrille… Ouf, pas de mal, un simple rappel à l’ordre….

500mètres plus bas nous rejoignons la route qui relie Bonneval à l’Iseran. Enfin un terrain sec et stable ! Nous profitons donc de cette portion « roulante » de bitume pour vider le surplus d’eau de nos chaussures, manger une pompote et entamer une conversation avec nos compagnons de route. Nous remontons donc jusqu’au télésiège des cascades à 2750m où nous attend le ravitaillement.

Après 2 verres de Nestea, une tranche de saucisson et un Tuc, je repars pour le plus douloureux des passages du parcours. Dawa Sherpa, actuellement blessé, est là pour nous encourager très chaleureusement au pied de ce gros et long calvaire.

Nous allons donc passer de 2750 à 3300m d’altitude en 4km dans la neige et les pierriers. Facile ! Mais les pas du jeune cabri que j’avais été à Brest la semaine passée n’ont rien avoir avec ceux du vieux bouc 3000m plus haut ! Je suis tellement cramponné à mes batons qu’une poigné de l’un d’eux casse. On va faire avec puisqu’on ne peut pas faire sans…

Après une longue, très longue, trop longue, interminable mais magnifique ascension sur une arrête, enfin nous arrivons au sommet de la Pointe Pers à 3300m. J’ai 45min de retard sur le timing que j’avais prévu. Anne-Claire m’attendra un peu plus longuement au Col de l’Iseran… Bizarrement, dès qu’on cesse de monter, le souffle et le sourire reviennent. J’en profite donc pour prendre des photos au milieu de ce panorama à 360°.

 

Pour la descente, en quelques mots, on est entre la course à pied, le patinage, le ski et la luge. Toutes les techniques sont bonnes tant qu’on ne se fait pas mal. Plus on descend, plus on renait. Le souffle est là, les jambes suivent.

Col de l’Iseran à 2750m. Anne-Claire m’attend. Le plus dur est passé. Plus que 300m de D+ à gravir sur les 2500 au total et une longue descente vers Val d’Isère. J’ai le sourire. Je suis bien. Je remplis mon Camelbak, bois 2 verres de Nestea, mange une pompote et un nouveau Tuc. Discrètement je refile à Anne-Claire mes Yaktrax qui m’ont été d’aucune utilité depuis le début du parcours ne voyant pas de différence d’adhérence entre avec et sans.

Je repars cool. Dernière grosse difficulté ; la montée au tunnel des lessières à 3000m. Nous commençons l’ascension dans la neige puis on termine dans un pierrier très instable. Une chute de pierre créée par un coureur en amont manque d’assommer la concurrente devant moi.

Enfin nous parvenons au tunnel ou plutôt au bout du tunnel …. ;-)

A la sortie nous attend tout simplement la piste noire du 3000 pour ceux qui connaissent le domaine. Seulement, nous n’avons pas de ski à nos pieds… Après trois pas très comiques, je décide de faire les 400m de descente sur les fesses. Un pur plaisir très rafraichissant ! Je crois que j’ai gagné plus d’une dizaine de places et surtout de la fatigue en moins pour mes genoux. Seul bémol, une fois lancé je ne pouvais plus contrôler ma trajectoire et me dirigeant tout droit vers un rocher affleurant la neige, j’ai dû faire une petite prière et surtout serrer les fesses pour éviter le gros bobo du postérieur. Et c’est passé sans casser !!!

Ensuite on rejoint le sommet du télésiège du Glacier, on pique vers celui du Cugnai à travers de vastes étendues de neige et enfin après une petite ascension sur une crête, de l’herbe ! 

Il serait dommage de ne pas s’arrêter pour profiter du paysage grandiose. Entre coureurs on se prend en photos. L’un d’eux commence à souffrir de crampes. Pour ma part, le moral est au très beau, les jambes répondent tout à fait bien, aucune douleur, aucun bobos, je suis prêt pour l’ultime descente. 800m à dévaler en 5km.

Pour cette dernière, on enchaine petits lacets et portions « dré dans la pentu ». On passe par la piste rouge du Plan puis la noire Rhône-Alpes. Ca tape fort mais les cuisses et les genoux tiennent étonnamment bon. Le coureur devant moi accuse le coup. L’édition 2012 à laquelle il avait participé, lui avait paru moins difficile car moins neigeuse. Je lui propose de terminer ensemble mais il ne peut plus suivre. C’est à ce moment que sans prévenir une coureuse surgit à moins de 500m de l’arrivée. Ah non, en trail on ne double pas comme ça sans s’excuser juste avant l’arrivée ! Gonflé d’orgueil, je me lance dans un sprint qui manque de me décrocher le cœur et finis devant elle avec 200m d’avance ! Non mais oh !

Par contre grisé par les sensations en descente, j’arrive un peu trop vite pour Anne Claire qui n’aura pas eu le temps d’arriver pour mon finish…

Bilan : 5h48min de course, 159/316 arrivants avec  395 partants

Les yeux remplis de paysages grandioses, de très bonnes sensations ( sauf à 3000m), quelques coups de soleil et même pas mal aux cuisses les lendemains.

 

5 commentaires

Commentaire de celestcyr posté le 17-07-2013 à 09:43:44

J'ai l'impression d 'avoir vécu la meme course que toi ;-)bon j'etais un peu plus loin derrière toi car j'ai fini en 6h12. Memes sensations de plaisir que toi en tout cas pour mon tout 1er trail de montagne,memes souvenirs de paysages grandioses dans la tete depuis mon retour en région parisienne et une furieuse envie de refaire ce genre de course avec les memes conditions météo de préférence :-)

Commentaire de KARO74370 posté le 17-07-2013 à 09:51:36

merci pour ce cr plein de fraicheur! bonne récup !

Commentaire de ludodu93150 posté le 16-08-2013 à 17:33:56

Hello.Bravo pour ta course,j'ai fini juste derrière toi(enfin derrière la femme qui t'as énervé en te doublant mdr.)et que tu as redoublé.On s'est vu le lendemain à la piscine si tu te souviens.Peut-être à une prochaine.Bonne saison pleine de belles courses.

Commentaire de Bastouille posté le 19-08-2013 à 15:25:59

Oui je me souviens très bien de toi Ludodu93. Ca aurait été plus dans l'esprit trail de finir ensemble... Désolé de mon excès d'orgueil ;-)
A bientot!

Commentaire de ludodu93150 posté le 19-08-2013 à 22:46:07

hello bastouille.Il n'y a aucun soucis,ce n'est pas de l'orgueil,juste la fougue de ta jeunesse.A + sur un ptit trail

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